Voyage à Boulsa, avril 2015


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  • Catégorie: Sur le terrain

    11 avril 2015

    Bonjour,

    Il fait décidément trop chaud. Même les Burkinabè n'en peuvent plus. C'est vraiment à la limite de l'inconscience que de débarquer dans ce pays à cette saison. Bref, ne nous plaignons pas. Nous avons de l'eau pour nous laver, de la bière, des sucreries et de l'eau pour nous désaltérer, l'air climatisé dans notre chambre pour nous reposer et des bistrots sympas pas loin pour manger.

    Nos rendez-vous se succèdent

    Dès 8 heures, Bondi attend Samsung pour aller visiter son jardin. Samsung n'a pas pu récupérer la clé du bus comme prévu. Bondi ronge un peu son frein. [caption id="attachment_4030" align="aligncenter" width="600"]Notre pasteur-agriculteur Sam dans ses cultures maraîchères Notre pasteur-agriculteur Sam dans ses cultures maraîchères[/caption] [caption id="attachment_4031" align="aligncenter" width="450"]Michel pare les choux, cadeau de Sam Michel pare les choux, cadeau de Sam[/caption] Pendant ce temps, nous faisons la connaissance de Laurent, le beau-frère aveugle d'Emmanuelle, une valaisanne qui a épousé un Burkinabè, vitrier de son état à Sion. Le hasard du calendrier veut que j'aie fait la connaissance de Laurent en 2008 déjà, lors de mon premier séjour chez Lucien Naré. De plus, sa fille aînée porte le nom de Francine. A-b-c-d n'est pas en mesure de mettre sur pied un partenariat financier avec l'association de Laurent. Cependant, nous pourrons l'aider à travers l'envoi de papier braille, l'impression de livres et la recherche de matériel. [caption id="attachment_4029" align="aligncenter" width="600"]Rencontre avec Laurent Bangré à Yiri Suma Rencontre avec Laurent Bangré à Yiri Suma[/caption] Dès 10 heures, Bouba nous embarque dans la minuscule Toyota de l'Alliance biblique pour acheter les épices pour Anne et les Bubu, quelques cadeaux pour ses enfants, des objets que nous vendrons sur les marchés en Suisse au profit de l'association dont les célèbres poules façonnées par Martin. Après le repas chez Bouba, nous rentrons écrasés de chaleur. Nous ne ressortons le nez qu'à 17 heures pour faire la connaissance de l'artiste auquel Francine a acheté deux œuvres: une pour le chalet de Trogne et l'autre, pour sa très chère amie Dominique qui demeure à Prêles dans le canton de Berne. Ensuite, nous rendons pour la dernière fois chez Mme Ping. [caption id="attachment_4042" align="aligncenter" width="450"]BONKOUNGOU Boukaré dit Yambou, artiste sculpteur, fondeur BONKOUNGOU Boukaré dit Yambou, artiste sculpteur, fondeur[/caption] [caption id="attachment_4043" align="aligncenter" width="450"]chez Mme Ping, Bondi fait comme chez lui, il se sert dans le frigo! Chez Mme Ping, Bondi fait comme chez lui, il se sert dans le frigo![/caption]

    Les familles d'accueil

    Comme vous l'avez constaté tout au long de ce blog, l'accueil des enfants aveugles et malvoyants constitue une redoutable pierre d'achoppement pour les centres qui alphabétisent des enfants handicapés de la vue. Cette problématique illustre parfaitement bien le rapport qu'entretiennent les Burkinabè avec les personnes handicapées. Les enfants aveugles et malvoyants sont au mieux considérés comme des êtres dont on doit s'occuper jour et nuit, au pire, comme des bouches inutiles à nourrir. La sensibilisation joue donc un rôle déterminant pour trouver des places d'accueil susceptibles de libérer les places limitées dans les différents centres. Cette sensibilisation consiste à démontrer que les enfants sont capables de se vêtir, de manger et même de participer aux travaux de la maison. La sensibilisation des familles constituera la pierre angulaire de la visite de Justine Kaboré à Boulsa. C'est à travers les associations de femmes que cette sensibilisation peut porter ses fruits.

    Aujourd'hui c'est dimanche

    Dans un premier temps, cette journée sera laborieuse. En effet, nous allons examiner tous les rapports établis par Michel et rédiger les diplomatiques courriels à Etienne. Ensuite, nous irons manger chez les Naré. Ce "dernier repas" est devenu traditionnel. Mais cette année, il ne se présente pas sous les meilleurs auspices compte tenu de la chaleur et de l'état respectif de chacun: l'une qui court aux toilettes, l'autre qui aimerait y courir et le troisième qui hésite. De retour de chez le Naré, nous panserons nos plaies et mettrons la dernière main aux bagages. Nous décollons ce soir à 23h05 pour atterrir à Genève le lundi 13 avril 2015 aux environs de 9 heures.

    La Patrie ou la mort nous vaincrons!

    Cette phrase que nous devons au capitaine Sankara prend à nouveau tout son sens aujourd'hui. Le pays vit une période de transition qui est loin d'être facile. Espérons que les élections présidentielles et législatives de l'automne 2015 ne provoqueront pas trop de frustration qui pourraient déboucher sur la violence. Espérons que "ils" ne voleront pas au Burkinabè leur révolution. [caption id="attachment_4033" align="aligncenter" width="600"]L'Assemblée nationale incendiée en octobre 2014 L'Assemblée nationale incendiée en octobre 2014[/caption]

    Galerie de photos

    [caption id="attachment_4035" align="aligncenter" width="600"]Jardin de Yiri Suma Jardin de Yiri Suma[/caption] [caption id="attachment_4036" align="aligncenter" width="450"]Au revoir Jacqueline Au revoir Jacqueline[/caption] [caption id="attachment_4037" align="aligncenter" width="600"]Apprentissage individalisé Apprentissage individalisé[/caption] [caption id="attachment_4038" align="aligncenter" width="600"]Jean-Marc et Souleyman, son petit guide à Boulsa Jean-Marc et Souleyman, son petit guide à Boulsa[/caption] [caption id="attachment_4039" align="aligncenter" width="600"]Un message on ne peut plus clair... Un message on ne peut plus clair...[/caption] [caption id="attachment_4040" align="aligncenter" width="600"]Thérèse ou l'Afrique enchantée! Thérèse ou l'Afrique enchantée![/caption]

    Conclusion

    Avant de prendre congé de vous, nous souhaitons vous remercier de nous avoir suivis au long de ces quelques jours au Faso. Pour connaître davantage notre association et son action en faveur des enfants aveugles et malvoyants au Burkina, n'hésitez pas à visiter régulièrement son site: www.a-b-c-d.net Au nom de tout le comité d'a-b-c-d, nous vous exprimons notre profonde gratitude. "La vache ne cessera de dire merci à la prairie car elle y reviendra" Proverbe africain   Michel Bondi, trésorier Francine Meyrat-Berthoud, secrétaire Jean-Marc Meyrat, président

  • Catégorie: Sur le terrain

    10 avril 2015

    Bonjour, Finalement, je me demande si je ne dormais pas mieux à Boulsa. Je ne sais pas pourquoi, je fais des cauchemars abominables. Il faut que j'arrête les petites pilules du bon docteur Ecklin. Mais sans elle??? Hier soir, nous avons évoqué pour la première fois le renouvellement du comité d'a-b-c-d. Je suis content que nous abordions cette question. C'est le signe que notre association atteint la maturité. La rencontre avec Justine Kaboré, une des responsables de l'Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABPAM), s'est très bien passée. Nous avons reçu certaines assurances que le projet de classes pour les enfants aveugles et malvoyants à Gaoua allait se poursuivre. Elle va nous fournir un document en ce sens à verser au dossier que nous soumettrons à Valais solidaire. Accompagnée de Bouba, elle se rendra à Boulsa dans le courant du mois de mai. Cette visite a pour objectif de soutenir Etienne dans sa recherche de familles d'accueil et également de faire un état des lieux de l'accompagnement éducatif. Il va falloir que nous y allions très prudemment, car Etienne est très jaloux de ses prérogatives. Il y a quelques mois, Bondi et moi avions imprimé et envoyé 10 exemplaires du livre Lire au Burkina première année à Justine. Ils ne sont jamais arrivés. Heureusement, nous avions prévu le coup. Dès 10 heures, je tente d'expliquer le fonctionnement de l'iPad à Lucien Naré qui est aveugle. Au Burkina, un tel "cadeau" n'en est peut-être pas un. J'épate la galerie en demandant à Siri quelle température il faisait à Ouagadougou, 43 degrés. Pendant ce temps, Michel s'attaque à ses rapports. A midi, nous mangeons une salade légère à la Terra nostra. Ils ont écouté les recommandations de Bondi, soit de mettre la grappa au frais. Grâce à nos passages réguliers, nous avons droit systématiquement à la tournée du patron. La lionne blanche s'est rendue au jardin d'enfants où travaille Rosalie, la mama Africa qui a béni le bus avant notre départ pour Boulsa. Cette école maternelle accueille 220 enfants de 3 à 6 ans encadrés par 12 adultes. [caption id="attachment_4022" align="aligncenter" width="600"]Une petite partie des enfants sur "l'arbre à écureuils" Une petite partie des enfants sur "l'arbre à écureuils"[/caption] [caption id="attachment_4023" align="aligncenter" width="600"]La cuisine du jardin d'enfants La cuisine du jardin d'enfants[/caption]

    Nouvelles de l'équipe

    La valise de la lionne blanche est arrivée. Tout y est, mais elle a bien souffert. Avec mes pantalons et le tricot de Francine, la valise verte contient une machine à écrire braille qui, remise à Bouba, rejoindra un centre d'alphabétisation qui en est dépourvue. [caption id="attachment_4024" align="aligncenter" width="600"]Valise retrouvée. Francine enchantée! Valise retrouvée. Francine enchantée![/caption] Pour moi, cette journée de vendredi est de loin la plus pénible. C'est vraisemblablement le contrecoup du voyage à Boulsa. Je dois avouer que ce voyage est pour moi le plus éprouvant. Mettons ça sur le compte de l'âge. Bondi est tellement raide qu'il n'a pas même bu de bière lors du repas chez Bouba. Je n'ai jamais vu ça!

    Qu'est-ce qu'il reste à faire?

    • Rencontrer Laurent, une connaissance aveugle d'Emmanuelle, une valaisanne qui a marié un Burkinabè
    • Acheter du piment et du soumbala pour Anne
    • Aller manger chez Bouba samedi et chez les Naré dimanche
    • Passer faire quelques achats au village de l'artisanat
    • Rencontrer l'artiste avec les œuvres duquel la lionne blanche est tombée en amour avec
    • Examiner ensemble les rapports que ce cher Bondi aura rédigés
    • Et surtout, passer encore de bons moments ensemble.
    Parvenus presqu'au terme de ce séjour au pays des hommes intègres, j'ai le sentiment que ce qui devait être accompli l'a été. J'espère que le retour se passera bien et que la reprise ne sera pas trop pénible compte tenu du lourd programme de la semaine à venir. A demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    9 avril 2015

    Bonjour, Une nuit comme toutes les autres en ce pays et à cette saison. Nous nous sommes souvent demandé quelle était la nature de la participation des parents aux frais d'hébergement de leur enfant à Boulsa. Nous avons appris hier que la participation se monte à 1.500 francs CFA et à trois plats de haricots. Sur l'ensemble des parents, seuls 3 n'ont pas versé leur obole. Cette participation reste symbolique, mais n'en dénote pas moins d'une évolution des mentalités. Les parents reconnaissent par ce geste que leur enfant n'est pas qu'une bouche à nourrir dont on se débarrasse. Si vous ne le savez pas et que vous voulez briller dans le monde, pour ce qui est des plats de haricots, on parle de cantine endogène. A placer dans tout projet, cela doit faire bien.

    C'était la dernière séance

    Nous attaquons notre dernière séance. Celle-ci est consacrée aux aspects pédagogiques de l'école que nous soutenons à Boulsa. Les progrès en matière de braille sont tout bonnement stupéfiants. Par contre, le calcul représente une grande difficulté. Avec l'arrivée du nouveau directeur, on sent une réelle volonté de tenter d'insérer cette école spécialisée dans le tissu scolaire de la ville. Nous profitons de la présence de tous les enseignants pour préciser à nouveau la nature de l'engagement d'a-b-c-d. [caption id="attachment_4009" align="aligncenter" width="600"]Deux enseignantes, Jeannette et Abibou Deux enseignantes, Jeannette et Abibou[/caption] Quelques demandes claires nous sont adressées. Elles seront examinées et j'espère satisfaites, lors de notre prochain comité pour autant que nous soyons en possession des documents indispensables. Suite à cette réunion, les enfants prennent congé de nous avec les chants. [caption id="attachment_4010" align="aligncenter" width="600"]Dernier chant des enfants avant notre départ de Boulsa Dernier chant des enfants avant notre départ de Boulsa[/caption] Nous allons nous recueillir quelques instants sur la tombe de la petite Abi. Le moment est très émouvant. Je crois que ce geste a beaucoup touché Etienne et Jacqueline. [caption id="attachment_4011" align="aligncenter" width="450"]Jean-Marc avec Jaelle, une des petites soeurs d'Abi Jean-Marc avec Jaelle, une des petites soeurs d'Abi[/caption]

    En route pour Ouagadougou

    Avant de demander la route, nous partageons un délicieux plat de crudités avec tous les enseignants du centre et le tisserand Casimir chez Etienne et Jacqueline. [caption id="attachment_4012" align="aligncenter" width="600"]Repas avec les enseignants chez Etienne et Jacqueline Repas avec les enseignants chez Etienne et Jacqueline[/caption] [caption id="attachment_4013" align="aligncenter" width="600"]Jacqueline et Francine Jacqueline et Francine[/caption] On sent que la police burkinabè est sur ses gardes. Nous nous faisons arrêter pour un contrôle de routine du véhicule, mais les policiers ont l'arme prête à tirer. Lors d'un deuxième contrôle, il nous est demandé d'ouvrir nos valises. Ces mesures sont certainement prises suite à l'enlèvement d'un expatrié roumain dans le nord du pays.

    Bel éclat de rire dans le bus

    Nous venons de quitter la piste pour rejoindre le bitume à Zorgho. Le portable de Bouba sonne. C'est Etienne qui nous informe que nous avons oublié une boîte avec Olivier marqué dessus. Tout le monde se demande de quoi il peut bien s'agir. Mais oui, c'est le fameux cubi des Basques. Ce séjour à Boulsa a été laborieux et éprouvant. Quand bien même Etienne et Jacqueline montrent peu leur chagrin, l'émotion était palpable.

    Nouvelles de l'équipe

    En résumé, nous puons, notre peau est de couleur rouge comme celle de la terre du Burkina, mes prothèses oculaires et le dentier de Bondi crissent à cause du sable. La valise est retrouvée. Elle s'est égarée à Paris suite à la chute de son étiquette de destination. Maintenant, apéro, bonne bouffe à la Terra nostra et au dodo. Demain est un autre jour.

  • Catégorie: Sur le terrain

    8 avril 2015

    Bonjour, J'ai passé une nuit bizarre. Je ne sais pas si c'est le mélange des petites pilules du bon docteur Ecklin avec la Brakina qui provoque chez moi des réactions particulières. Quand je me suis levé pendant la nuit, Francine m'a demandé où j'allais et je lui ai répondu qu'on devait changer d'avion. Va savoir! Ce matin, je n'étais pas de bonne humeur. J'étais très impatient et peu enclin à comprendre qui que ce soit. Toutes mes excuses. Le cubi des Basques ne passera même pas à la casserole. Nous avons essayé un pinard acheté à Boulsa, une angoisse. La Gironde est vraiment capable du meilleur comme du pire. Là, c'était le pire. Nous ne sommes même pas arrivés à finir la bouteille. Je ne sais pas s'il y a cause à effet, mais nous avons de la peine à trouver de la bière à Boulsa. Je ne sais pas si c'est Bondi qui m'a filé son mal, mais je tousse et je commence un rhume. Beau temps, belle neige!

    Programme du jour

    Dès 9 heures, nous nous réunissons pour examiner dans les détails l'encadrement des élèves handicapés de la vue intégrés dans les classes du lycée provincial de Boulsa. Globalement, cela se passe bien. Il y a, bien évidemment, toujours des demandes. Pour certaines concernant le matériel, a-b-c-d peut entrer en matière. Par contre, il est hors de question que notre association participe aux frais de fonctionnement, avec le risque de ne jamais s'en sortir. L'autonomie de l'école reste le maître mot de notre action. Une demande très précise a été formulée par un des enseignants pour la valorisation des salaires des enseignants. Nous lui avons promis de lui donner réponse avant notre départ. Pour nous, la chose a été réglée il y a deux ans déjà. Les éventuelles augmentations de salaire ou primes d'encouragement sont du seul ressort d'Etienne et non d'a-b-c-d. [caption id="attachment_3988" align="aligncenter" width="600"]Animation autour du puits Animation autour du puits[/caption] Ce matin, nous remettons des jeux d'éveil en bois, 4 enregistreurs pour les élèves intégrés au lycée, ainsi que 2 machines braille. Maintenant, chaque classe en possède une. [caption id="attachment_3989" align="aligncenter" width="600"]Pierre le préposé à la transcription braille pour les élèves du lycée Pierre le préposé à la transcription braille pour les élèves du lycée[/caption] Francine et Michel sont partis visiter les moulins pour voir s'ils fonctionnent et ils fonctionnent. Une heure seul avec une bouteille d'eau. Il fait vraiment chaud. C'est la journée la plus torride, il fait plus de 40 degrés et pas de douche. Tout à coup, la porte grillagée de la courette s'ouvre et, sans un bruit, je sens la main d'une petite minette se glisser dans la mienne. Puis elle s'en va sans un mot en refermant tout doucement la porte. [caption id="attachment_3990" align="aligncenter" width="600"]Les moulins n'attendent qu'un tour de manivelle! Les moulins n'attendent qu'un tour de manivelle![/caption] A 16 heures, nous attaquons l'avant-dernière séance à Boulsa. Il s'agit de celle consacrée à l'examen des comptes 2014, des investissements 2014, du budget 2015, du rendement des activités génératrices de revenus et du tissage des filets à vendre en Suisse.

    Comptes 2014

    Ils montrent un excédent de recettes de quelques centaines de milliers de francs CFA. Ce bénéfice est dû au versement de 900.000 francs CFA versés par la fondation Liliane.

    Investissements 2014

    Malgré des travaux imprévus pour le comblement d'un immense trou sur lequel se trouve la nouvelle classe, l'ensemble de l'opération entre dans l'enveloppe versée par a-b-c-d

    Budget 2015

    Lors de sa séance du 24 avril 2015, a-b-c-d adressera à l'école de Boulsa un projet de budget 2015 qui tienne compte des changements intervenus à Boulsa

    Les moulins

    Les moulins ne fonctionnent plus depuis le 23 juin 2013. A-b-c-d souhaite que les moulins reprennent le plus rapidement possible, ceci d'autant plus qu'ils sont repartis au premier tour de manivelle. Nous réfléchissons à un système auquel tous les acteurs pourraient être financièrement intéressés à ce que ces moulins soient en activité. Il est inadmissible que les 12.000 CHF investis par la MEB l'aient été pour rien.

    Les filets

    Le grand moment de la journée est sans doute la remise de 240.000 francs CFA, le fruit de la vente en Suisse de 100 filets réalisés à Boulsa par des personnes handicapées de la vue. Nous prenons livraison de 220 nouveaux filets. Bravo Casimir et son équipe. [caption id="attachment_3991" align="aligncenter" width="600"]Remise du fruit de leur travail. Casimir est très heureux! Remise du fruit de leur travail. Casimir est très heureux![/caption] [caption id="attachment_3992" align="aligncenter" width="450"]Les 200 filets commandés sont prêts. Nous attendons les clients! Les 200 filets commandés sont prêts. Nous attendons les clients![/caption]

    Nouvelles de l'équipe

    Ce soir, je suis complètement mort. Nous nous réjouissons de prendre une bonne douche, de se reposer dans une chambre climatisée  et d'aller au restaurant manger autre chose que du riz, du couscous et des pâtes. Nous avons évité le poulet. En effet, ces derniers sont grippés. Michel crache mais sa voix revient! La valise de Francine est toujours introuvable. A demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    7 avril 2015

    Bonjour, Grâce aux petites pilules du bon docteur Ecklin que je salue, la nuit a été assez bonne malgré la chaleur étouffante et le bruit des ventilateurs. J'ai repris mes habitudes burkinabè. Tout en rédigeant les textes pour le blog, je fume ma pipe en écoutant la cour d'Etienne qui s'éveille. Certains oiseaux émettent des bruits bizarres comme le grincement d'une balançoire grippée, d'autres, on dirait des canards. Il y a aussi des poules et des pintades. Mais ce qui domine le tout, c'est le chant du coq qui invite toutes et tous à rouler leur natte. A 6 heures, petits et grands sont déjà levés. Hier soir, cela n'a pas été facile. J'ai ouvert notre réunion en tirant la sonnette d'alarme. La maintenance des bâtiments et du mobilier laisse vraiment à désirer. Là, une porte cassée dangereuse pour les enfants, ici, des lits métalliques cassés, là une planche qui manque à un pupitre, là une serrure arrachée et j'en passe. La lionne blanche avec son œil de lynx et Bondi avec son aplomb habituel vont faire le tour pour noter et prioriser ce qui doit être réparé et dans quels délais. Par contre, ils ont commencé d'arboriser la cour, une bonne chose. Bien que la parcelle ait changé de visage avec la construction de deux nouveaux bâtiments, une classe et un dortoir, le célèbre puits demeure le cœur du Centre de Boulsa. [caption id="attachment_3979" align="aligncenter" width="600"]La nouvelle classe financée par UNITAS (section tessinoise de la Fédération suisse des aveugles) La nouvelle classe financée par UNITAS (section tessinoise de la Fédération suisse des aveugles)[/caption] Nous avons été effarés d'apprendre que ces dernières nuits, les enfants étaient placés sous l'unique surveillance d'un jeune adulte aveugle. Bien sûr, on nous explique que le préposé à cette tâche, une personne handicapée physique, est tombé malade et que sa santé est préoccupante. C'est certainement vrai et nous félicitons Etienne de penser à fournir du travail aux personnes handicapées, peut-être qu'elles coûtent moins cher....,mais pourquoi ne jamais rien prévoir? Personne n'est à l'abri d'un accident ou d'une maladie, non? C'est vraiment ça le plus difficile, cette gestion au jour le jour qui peut avoir des conséquences désastreuses. Je viens de recevoir de mon ami Guy, une réponse à un courriel dans lequel je lui livrais mes états d'âme. Il comprend bien ce qui se passe. Cependant il attire notre attention sur le fait qu'il faut vraiment veiller à ne pas froisser la susceptibilité de nos Burkinabè. C'est leur projet que nous soutenons et non eux qui doivent exécuter nos ordres. Faisons donc attention!

    Remise du livre de lecture 4e année

    La cérémonie s'est très bien déroulée comme d'habitude en présence des autorités locales ou de ce qu'il en reste. La lionne blanche a la larme à l'œil lorsque je raconte aux enfants que je sais maintenant ce qu'ils mangent, à quoi ils jouent, comment se déroulent les fêtes au village grâce aux aventures de Karim et Aïssa, les deux petits héros de ce livre. Nous sommes épatés par la fluidité de la lecture par un élève d'un texte inconnu. Après la cérémonie, une collation est servie, sans bière. J'ai bu un youki, un soda bizarre à la mangue. [caption id="attachment_3980" align="aligncenter" width="450"]Remise du livre de lecture 4ème année Remise du livre de lecture 4ème année[/caption]

    Visite au lycée provinciale

    Nous tombons particulièrement mal. C'est une leçon de géométrie. L'enseignante adapte son cours en dictant lentement la théorie et le contenu du tableau. Cependant, cela reste abstrait. Les deux jeunes filles handicapées de la vue intégrées dans cette classe de plus de 70 élèves très sages, n'ont que leur tablette et leur poinçon qu'ils utilisent aussi vite que Marianne Castella et Daniel Baud. Les connaisseurs mettront chapeau bas. . Ici, l'égalité est de mise: aucun élève ne dispose de livre. L'enseignante dicte tout. J'espère que Mathieu qui soutient les élèves intégrés reprend ça après car sans cela, ils sont dans les choux nos loulous. [caption id="attachment_3981" align="aligncenter" width="600"]Une jeune fille aveugle intégrée au lycée provincial de Boulsa Une jeune fille aveugle intégrée au lycée provincial de Boulsa[/caption]   Pour se rendre de notre cher Centre au lycée provincial, c'est 30 minutes de marche que les enfants font 4 fois par jour accompagnés de leurs copains voyants car les enfants rentrent au Centre pour le repas de midi. Et il y en a qui se plaignent de faire 4 fois par semaine Genève Lausanne en wagon climatisé! L'hébergement des enfants intégrés au lycée provincial risque, à terme, de poser des problèmes pour l'accueil de ces enfants. En effet, leur présence occupe des places nécessaires à de nouveaux petits aveugles et malvoyants. Là se pose à nouveau la problématique des familles d'accueil. Où que l'on aille, les mêmes difficultés se font jour. Mais nous avons des idées.

    L'informaticien décapsuleur

    De retour du lycée, ma soif est telle que je me dis qu'une bière vaut bien mieux qu'un culte. Nous hurlons de rire avec Bondi, en assistant! A l'ouverture de nos bières par l'informaticien sur le bord de la table. J'espère que ses compétences au décapsuleur sont équivalentes à ses connaissances informatiques. Je profite de sa présence pour lui expliquer que l'imprimante braille dont le Centre dispose est davantage conçue pour des petits tirages. Il ne faut pas qu'il se lance dans des gros tirages s'il ne veut pas voir son imprimante rendre l'âme dans de brefs délais. Les tirages importants doivent nous être confiés. Nous sommes équipés à la Bibliothèque Braille Romande et nous avons l'appui de cette chère Anne Pillet.

    Michel a retrouvé Marcel

    Depuis notre arrivée à Ouagadougou, Bondi se lamente d'avoir oublié ses Marcel. Quelle n'est pas sa surprise de les retrouver dans la valise contenant les livres. Ils ont bien failli finir dans la garde-robe de l'école de Boulsa. Tiens, j'y pense, aujourd'hui c'est l'anniversaire de Dominique, la femme de Bondi, un bélier comme moi. Alors, bon anniversaire la Doche!

    Il y aurait tant de choses à dire

    Bondi s'est retiré avec Lucie pour examiner les comptes. Il est globalement content. Les pièces justificatives qui sont présentes malgré que l'ordinateur de Lucie ait rendu l'âme. Par contre, le 23 juin 2014, Etienne a décidé d'interrompre l'activité des moulins à céréales payés par la Mission évangélique braille sans que nous en soyons avertis. Les raisons: une concurrence accrue, des travaux entrepris dans les environs des moulins et des différences  constatées entre les recettes et le travail accompli. Il est loin d'être impossible que nos meuniers aveugles se fassent blouser par les acheteurs. Dans le but que les moulins redémarrent, nous allons examiner au sein de notre comité quelles mesures doivent être prises. Bondi déborde d'idées. A discuter Mais le point est très important car les revenus des moulins constituent une source de financement très importante pour que le centre de Boulsa s'achemine vers l'autonomie. Quand je pense que je dois me préparer pour présenter un exposé sur l'accessibilité le 14 avril prochain devant une classe de mon ami Luc, je me demande quand je vais trouver le temps de m'attaquer à ce gros morceau. A midi, nous n'avons ni eau, ni électricité, que de la bière et du Youki. On a eu chaud. Le courant n'est revenu qu'à 7 heures du soir. Il ne fait vraiment pas bon devenir vieux. Bondi et moi se sont arrangés pour chopper un rhume. Bis morgen!

  • Catégorie: Sur le terrain

    6 avril 2015

    Bonjour,

    Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures. Nous abandonnons l'idée d'aller acheter des bermudas au Grand marché. Francine a coupé le pantalon que je porte depuis Genève. A la guerre, comme à la guerre. En attendant que Francine et Michel fassent la déclaration de perte de la valise, le pasteur Sam, dit Samsung, le meilleur chauffeur de tout l'ouest africain, raconte son voyage aux Etats-Unis. L'an passé, il a été invité par une dame de la paroisse dont il est le pasteur au mariage d'une parente au pays de l'oncle Sam. Il a vraiment dû être dépaysé notre pasteur, cultivateur, chauffeur. Ce qui l'a particulièrement choqué, c'est la place trop importante occupée par les femmes. Avec la candeur qui le caractérise, Samsung explique que s'il y a autant d'homosexuels aux USA, c'est parce que les femmes sont insupportables. Les féministes apprécieront.

    Et la politique?

    Lorsque nous débarquons au Burkina, on ne remarque aucun changement notable à nos yeux. Jusqu'aux élections présidentielles et législatives d'octobre 2015, le pays est dirigé par un Conseil national de transition qui représente toutes les couches de la société. Ces jours, le débat fait rage. Faut-il interdire aux membres du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti du président chassé l'année dernière de se présenter. Si les gens du CDP sont écartés du processus électoral, on peut craindre la réaction de la garde présidentielle toujours présente. Ce corps d'élite a été créé par l'ancien président. Ces membres jouissent de beaucoup de privilèges. Leurs familles occupent les bonnes places. Ils sont mieux payés que les soldats de "l'armée régulière". Selon Bouba, le peuple n'acceptera jamais le retour de l'armée au pouvoir. A quel bain de sang peut-on s'attendre si la garde présidentielle sort de ses casernes? La décision vient d'être prise. Les membres de l'ancien gouvernement, ainsi que ceux qui avaient voté la prolongation illégale de Blaise Compaoré, sont exclus des trois scrutins à venir. Ooit: l'élection présidentielle, les élections législatives et municipales. Trois candidats semblent s'extraire de la mêlée pour la présidentielle: Zéphirin Diabré de l'UPC, Rock-Marc-Christian Kaboré du MPP et Maître Sankara Stanislas de l'Unir-PS. Bien que sankariste, ce Sankara n'a aucun lien de parenté avec Thomas. Seul notre Stanislas n'a pas collaboré avec Blaise Compaoré. Les deux autres ont quitté le CDP sentant venir la fin du régime. Diabré, il est vrai, il y a longtemps, mais Kaboré, très récemment. Cette situation transitoire n'est pas sans conséquence sur notre projet à Gaoua. En effet, la ville de Gaoua sans administration, a été mise sous la tutelle du préfet, ce qui ralentit, voire rend impossible, les démarches pour obtenir certaines autorisations.

    En route pour Boulsa

    Nous passons chez le roi Naré. En effet, il est inconcevable de partir pour Boulsa sans que le bus et notre petite troupe soient bénis par sa femme Rosalie. [caption id="attachment_3968" align="aligncenter" width="450"]Rosalie bénit le bus Rosalie bénit le bus[/caption]

    A propos du bus

    Lorsque Michel Bondi, Philippe Racine et moi ont convoyé ce bus Toyota depuis Lausanne en 2009, il avait 286.000 kilomètres à son compteur. Aujourd'hui, il en compte 415.000. Vu son état général, j'ai le sentiment que c'est la dernière fois que nous voyagerons à son bord. Espérons qu'il roule jusqu'à Boulsa et nous ramène jeudi prochain à Ouaga. [caption id="attachment_3970" align="aligncenter" width="600"]Le bus arrive au bout! Le bus arrive au bout![/caption] Nous ne connaissons pas l'accueil qui nous attend à Boulsa. Dans la nuit du 29 au 30 mars 2015, nous avons appris par SMS, le décès de la petite Abigaël, âgée de 12 ans, la fille de Jacqueline et Etienne, le directeur du centre de Boulsa. Cette nouvelle nous a plongés dans une très grande tristesse. Chaque matin, lorsque je fumais ma pipe en écoutant s'éveiller la cour d'Etienne, Abi venait me tendre sa petite main fraîche. Dès l'aube, elle s'attelait aux tâches ménagères pour aider sa maman avant de partir pour l'école. Adieu, courageuse petite burkinabè, que la terre te soit légère. C'est déjà le second enfant que Jacqueline et Etienne perdent. Nous quittons Ouaga à 11h30. Jusqu'à Zorgho la route est bonne. Parvenus à Zorgho, nous faisons le plein de coca, d'eau et de bière. Cette Beaufort bien fraîche accompagnée de petits beurres passe particulièrement bien par cette chaleur qui dépasse les 40 degrés. Nous attaquons les 56 kilomètres de piste refaite avec un financement états-unien qui nous mène à Boulsa. Les conditions vont être rudes. Pas de drap et pas d'eau. On se lave avec un sceau, comme les éléphants. Il fait terriblement chaud. "C'est l'Afrique qui frappe à la porte!" Nous avons définitivement renoncé au cubi des Basques. Michel a bien tenté d'acheter une bouteille dans un magasin à Boulsa, ce n'est guère mieux. Seule la bière peut encore avoir grâce à nos yeux! Nous avons été visité les nouveaux aménagements. Globalement, c'est bien. Cependant, la maintenance des bâtiments et du mobilier pose problème. Nous vous en dirons davantage demain, mais nous ne sommes pas satisfaits. [caption id="attachment_3971" align="aligncenter" width="450"]Les nouvelles armoires dans les dortoirs Les nouvelles armoires dans les dortoirs[/caption] Bonne journée!

  • Catégorie: Sur le terrain

    5 avril 2015

    Bonjour, Nous n'avons été ni à l'église ni rouler les œufs. Par contre, nous avons bien bossé. Outre le blog, Michel a fait la synthèse des discussions d'hier. Ainsi, nous avons un document de travail pour la séance de 16 heures.

    Vache qui rit, vache qui pleure

    Bondi a sorti son salami, sa Vache qui rit et son célèbre Opinel. Le cubi des Basques a mal supporté le voyage. Il a une drôle de couleur et un goût bizarre. Il a dû tourner. Ma foie, il faudra bien s'y faire. Le problème, c'est qu'on ne peut même pas se fier aux glaçons dans ce pays. [caption id="attachment_3963" align="aligncenter" width="600"]A table! A table![/caption]

    Projet Gaoua

    Nos amis arrivent à 16h00 tapantes. Après bien des soucis informatiques qui ont eu pour effet de me mettre les nerfs en boule, nous sommes parvenus sans peine à établir un document commun qui sera présenté à nos comités respectifs. Pour a-b-c-d, la plus grande difficulté réside à l'importance des fonds à trouver pour faire tourner le centre, salaires, nourriture etc., et le peu d'activités génératrices de revenus envisagées. Celles-ci se limitaient à la vente des produits du maraîchage et du tissage et à l'encaissement des pensions pour héberger et nourrir les enfants des classes inclusives. A notre avis, c'est largement insuffisant. Ainsi, nous avons proposé à Yara que l'AEMAG envisage l'élevage des porcs qui constitue une activité non seulement rentable, mais aussi accessibles aux jeunes aveugles et malvoyants. De son côté, l'AEMAG a proposé d'envisager la transformation des produits locaux comme par exemple la fabrication de beurre de karité ou de soumbala, un condiment qui sent très mauvais qui entre dans la composition de beaucoup de plats dans l'ouest africain. Anne Pillet adore!

    Nouvelles de l'équipe

    La valise de la lionne blanche n'est pas arrivée. Il va donc falloir aller acheter quelques effets et vivre sur les médicaments de Bondi. Avant de partir pour Boulsa, nous passerons à l'aéroport pour finaliser des démarches entreprises'. Mais c'est vraiment chiant, car j'avais dans cette valise une des deux Perkins offertes par mon ami Daniel Baud. La voix de Bondi ne s'arrange vraiment pas. Lorsqu'il rit, ce qui arrive encore beaucoup, on croit entendre une vieille effarouchée qui a fumé 3 paquets par jour. Pour cause de dimanche de Pâques, pas mal de restaurants tenus par les chrétiens sont fermés. Si bien que nous retournons chez Madame Ping.

    Et la politique dans tout ça?

    Promis juré, j'aurai le temps de vous en parler abondamment pendant le voyage à Boulsa. Alors, à lundi!

  • Catégorie: Sur le terrain

    4 avril 2015

    Bonjour,

    La nuit fut bonne. Nous avons fort bien mangé hier soir à la Terra nostra: avocat pour la lionne blanche, brochettes de filet de bœuf pour Bondi et moi.

    Effets collatéraux

    Hier soir, Bouba nous a glissé dans l'oreille que les conditions d'hébergement et de nourriture de l'internat où les enfants aveugles, provenant du centre Siloé, sont intégrés à Ouagadougou n'étaient pas bonnes. Cette situation préoccupe beaucoup la lionne blanche. En effet, à quoi bon intégrer des enfants handicapés de la vue si leurs conditions de vie sont pires que dans les centres spécialisés? Il est vrai qu'à Boulsa, les enfants intégrés au lycée rejoignent chaque soir le centre. Cependant, cela pose de nombreuses questions que nous allons aborder avec Etienne.

    Projet à Gaoua

    La journée va être chargée. Dès 10 heures, nous commençons notre réunion avec Yara Kambou, président de l'AEMAG (association pour l'émancipation des malvoyants et aveugles de Gaoua), Thérèse Palenfo, membre du bureau de l'AEMAG, et Silver Nykièma, l'architecte. Le projet qu'a-b-c-d se propose de présenter à Valais solidaire consiste à créer à Gaoua, un centre d'hébergement pour les enfants aveugles et malvoyants scolarisés à l'école catholique, un centre pour la formation professionnelle de jeunes aveugles et malvoyants de la région et la mise en place d'une unité d'alphabétisation en écriture braille pour jeunes et adultes. Malgré une chaleur épouvantable, 40 degrés, la séance va bon train. De nombreuses zones d'ombre demeurent. L'inconnue la plus préoccupante réside dans l'avenir des classes inclusives pour enfants aveugles et malvoyants à Gaoua. Le financement de ce projet initié par l'ABPAM (association burkinabè pour l'émancipation des aveugles et malvoyants) avec l'église catholique dans 6 régions du Burkina dont Gaoua, s'arrête à la fin de cette année 2015. Le projet de construction d'un centre avec Yara dépend étroitement de l'hébergement de ces enfants pour lesquels il devient de plus en plus difficile de trouver des familles d'accueil, faute de financement. De toutes les façons, tout sera mis en œuvre afin que ces enfants au nombre de 7 pour le moment, ne soient pas laissés sur le bord du chemin. Cette préoccupation illustre parfaitement la situation qui règne au Burkina. On voit éclore une kyrielle de petits projets, souvent mal ficelés, qui tentent de pallier les insuffisances de l'Etat. Et la situation ne s'est pas arrangée depuis le départ de Blaise. Nous sommes globalement contents des plans qui nous sont présentés. Le montant des travaux se monte à 30 millions de francs CFA, soit 50.000 de nos francs forts. Il faut encore revoir ce montant à la baisse pour tenir compte de quelques oublis de nos amis de Gaoua comme le mobilier et la formation des futurs formateurs. L'une des multiples questions qui reste en suspens, c'est la participation financière de l'association présidée par Yara. A l'instar du centre de Boulsa, nous leur proposons de participer, dans la mesure de leurs possibilités, au coût de l'ameublement. Ce projet comprend: deux dortoirs abritant jusqu'à 32 enfants, une cuisine et ses dépendances, des latrines et des douches, une salle polyvalente, une maisonnette pour un gardien, le forage d'un puits et la pose d'une clôture en haie vive pour délimiter le terrain d'un hectare. Yara et son bureau ont fait du bon boulot, leur architecte plutôt compétent. Mais, c'est tout de même curieux que le devis corresponde à quelques francs près à la somme de l'enveloppe que nous avions évoquée dans une première révision vers le bas des budgets. Mais c'est ainsi... Nous sommes très satisfaits de voir qu'une réflexion approfondie a été menée pour l'installation de latrines auto ventilées. Fermées en alternance tous les 6 mois, ces latrines produiront du compost pour le maraîchage. De plus, ils ont prévu des latrines accessibles pour les personnes en "voiturette". Je ne sais pas combien d'handicapés physiques viendront à Gaoua, mais l'intention est louable et montre une évolution des mentalités. Une part réaliste sera également dévolue à l'énergie solaire qui est loin d'être la panacée, mais peut tout de même être envisagée.

    AGR (Activités génératrices de revenus)

    Le but de notre soutien à Gaoua est l'autonomie de cette structure le plus rapidement possible. Les AGR proposées nous semblent insuffisantes. A côté du maraîchage, du tissage et des recettes générées par l'hébergement et la nourriture des enfants provenant des classes inclusives, il faut impérativement trouver autre chose. L'élevage des porcs qui avait été évoqué lors de notre voyage à Gaoua il y a 2 ans, nous semble constituer un complément intéressant. [caption id="attachment_3957" align="aligncenter" width="600"]Yara Kambou et Jean-Marc Meyrat, les présidents Yara Kambou et Jean-Marc Meyrat, les présidents[/caption] [caption id="attachment_3958" align="aligncenter" width="600"]Thérèse Palenfo et Silver Nykièma, l'architecte. Thérèse Palenfo et Silver Nykièma, l'architecte.[/caption]

    Nouvelles de l'équipe

    Bravo à Francine! Elle a réussi à insérer la photo du gâteau des Bubu les doigts dans le nez dans le blog. Ce matin, Bondex a une voix à faire frémir. Il a contracté une petite grippe en Helvétie dont les effets ont été amplifiés par le voyage. La valise de Francine n'est toujours pas arrivée. Nous attendons encore le vol d'Air-France de dimanche soir avant d'aller acheter ce qui nous manque cruellement comme des pantalons pour Francine et moi. Manquent également à l'appel: nos sacs à viande, les médicaments, le tricot de Francine, ainsi que sa trousse de toilette. Excellent le repas chez Madame Ping, Madame Ping qui vient d'accoucher. Nous avons l'occasion de nous entretenir avec l'heureux papa. On a peine à imaginer le destin de ces familles chinoises poussées par la misère à émigrer. C'est le père de Monsieur Ping qui est venu construire un stade de Football au Niger et qui a ouvert un premier petit restaurant. Dimanche, nous allons rester au calme. Après le petit déjeuner, nous allons revoir toutes nos notes et fouiller dans nos esprits écrasés de chaleur pour rédiger un texte final que Yara et nous-mêmes présenterons à nos comités respectifs. Je connais d'ores et déjà le menu de midi. Il va s'agir des portions de fromage de la Vache qui rit et du salami amenés de Suisse par Bondi. Peut-être aurons-nous la chance de goûter au cubi acheté dans le petit bistro basque sis en face de mon job à Genève. Une dernière séance est prévue dimanche à 16 heures. En parcourant ce blog, nous nous sommes aperçus que ce voyage était le dixième que j'entreprends au pays des hommes intègres. A dimanche, si ça vous branche!

  • Catégorie: Sur le terrain

    3 avril 2015

    Bonjour, Pour celles et ceux qui désirent faire mieux connaissance avec Michel Bondi, dit Bondex, ma femme Francine Meyrat-Berthoud, dite la lionne blanche, et votre serviteur, surnommé le lion, vous pouvez découvrir une courte présentation de chacun d'entre nous sur le site de notre association www.a-b-c-d.net Hier soir, tout s'est bien passé. Nous avons enregistré nos 6 valises, 138 kilos à quelques grammes près. Avec nos bagages à main respectifs, ce sont environ 150 kilos de matériel pédagogique que nous apportons au pays des hommes intègres. C'était vraiment sympa chez les Bubu hier soir. Histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je ne résiste pas au plaisir de décliner le menu de mon repas d'anniversaire.

    Pour l'apéritif

    Toasts au foie gras et feuilletés au jambon cru faits maison accompagnés d'un pétillant Baccarat de Genève.

    En entrée

    Un maki de chèvre avec amandes grillées, menthe et courgettes servi avec un excellent viognier genevois bien sec.

    Comme plat de résistance

    Un succulent roast-beef, sauce poivre vert accompagné de pommes boulangères et de carottes et colraves à l'ail des ours, le tout arrosé d'un savoureux Saint.Joseph.

    En dessert

    Un Ying-yang de mousse de framboises fraîches et de mangue sur un fond de speculoos. Merci à vous les Bubu! [caption id="attachment_3954" align="aligncenter" width="600"]Le ying et yang des Bubu Le ying et yang des Bubu[/caption]

    La nuit a été courte et fort mauvaise

    Nous partons à l'heure de Genève. Francine s'est plongée dans le dernier Vargas, tandis que Bondi se transporte au Mozambique avec un Mankell. Moi, je vais attaquer une biographie des Romanov d'Hélène Carrère d'Encausse, ça promet. L'escale de 2 heures à Paris se déroule sans encombre. J'ai même trouvé un coin fumeur. Notre vol va durer plus de 7 heures avec une escale à Niamey où la température est de 40 degrés, ce qui fait dire à Bondex qu'il doit en faire au moins 50 à Boulsa. On attend l'apéro et la dinette. Parvenus à Ouagadougou avec une valise égarée en route et une température de 40 degrés, nous sommes accueillis par un comité de réception au complet, soit: Bouba, notre représentant burkinabè sur place, Lucien Naré, dit le roi Naré, le président de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina et sa fille Josette. Le célèbre pasteur Sam, notre chauffeur, surnommé Samsung n'est pas là. Il a un petit problème à l'oeil. Toutefois, il devrait être d'attaque lundi pour notre départ pour Boulsa. Je suis raide mort. Je me suis levé à 04h30 pour retrouver notre comité d'accueil à 20h heure suisse. Je n'aspire qu'à une chose: à une petite sieste avant un 51 sur la terrasse de la pizzeria du coin, la Terra nostra, rebaptisée la Cosa nostra pour préparer la rencontre de demain avec Yara Kambou. Il s'agira de jouer serré, car les enjeux autant financiers que du point de vue de notre investissement personnel sont très importants. A samedi, si le coeur vous en dit!  

  • Catégorie: Sur le terrain

    2 avril 2015

    Bonjour à toutes et à tous! Aujourd'hui, 2 avril, c'est mon anniversaire. Je ne communique plus mon âge. Sachez simplement que je suis à 9 ans de la retraite. Et comme j'ai commencé de bosser sur le tard, le calcul est facile. Le premier message que j'ai reçu ce matin m'a fait particulièrement plaisir. En effet, c'est notre petite nièce, Colinette qui a souhaité une belle journée à son tonton. Elle a demandé expressément à Francine que nous prenions des nouvelles de la petite Marie, une petite burkinabè aveugle, et de son Oui-oui, la mascotte qui a accompagné notre voyage en bus de Lausanne à Ouagadougou en 2009. Les préparatifs vont bon train. Nous retrouvons Michel ce soir à l'aéroport pour enregistrer nos bagages chez Air-France. En tout, 6 valises de 23 kilos chacune et trois bagages à main de 12. Ensuite, nous irons fêter chez mon pote Bubu à Genève où nous passerons la nuit avant de nous envoler demain à 07h30 pour Ouagadougou que nous rejoindrons à 17h TU comme on dit sur RFI. Du point de vue de l'association, le voyage s'annonce bien. Nos rendez-vous sont d'ores et déjà fixés et les objectifs clairs. Nous sommes parvenus à réunir une grande quantité de matériel pédagogique qui sera très utile aux petits loulous aveugles et malvoyants de l'école de Boulsa. De plus, nous apportons plusieurs dizaines de livres de lecture transcrits en braille du programme scolaire burkinabè qui bénéficieront non seulement aux enfants de l'Ecole Jean-Marc Meyrat à Boulsa, mais aussi aux enfants aveugles et malvoyants d'autres centres scolaires au pays des hommes intègres. C'est la première fois que nous partons à 3. A part notre ami Heinz, le comité de l'association a-b-c-d se rend au complet au Burkina Faso. D'avance, nous vous remercions de l'intérêt que vous porterez à notre voyage et surtout, nous réjouissons de lire vos commentaires. Avant de passer au vif du sujet, j'aimerais remercier tous nos fidèles donateurs, Luc Fontolliet qui a mis en place ce blog ainsi que le site de l'association et Anne Pillet, la directrice de la bibliothèque Braille Romande et livre parlé qui soutient de manière indéfectible notre travail de transcription en braille depuis des années. Nous allons mettre tout en œuvre pour être dignes de leur confiance. A demain, si vous le voulez bien!