Catégorie: Sur le terrain
11 avril 2015
Publié le 12 avril 2015
Bonjour,
Il fait décidément trop chaud. Même les Burkinabè n'en peuvent plus. C'est vraiment à la limite de l'inconscience que de débarquer dans ce pays à cette saison. Bref, ne nous plaignons pas. Nous avons de l'eau pour nous laver, de la bière, des sucreries et de l'eau pour nous désaltérer, l'air climatisé dans notre chambre pour nous reposer et des bistrots sympas pas loin pour manger.
Nos rendez-vous se succèdent
Dès 8 heures, Bondi attend Samsung pour aller visiter son jardin. Samsung n'a pas pu récupérer la clé du bus comme prévu. Bondi ronge un peu son frein. [caption id="attachment_4030" align="aligncenter" width="600"]
Notre pasteur-agriculteur Sam dans ses cultures maraîchères[/caption]
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Michel pare les choux, cadeau de Sam[/caption]
Pendant ce temps, nous faisons la connaissance de Laurent, le beau-frère aveugle d'Emmanuelle, une valaisanne qui a épousé un Burkinabè, vitrier de son état à Sion. Le hasard du calendrier veut que j'aie fait la connaissance de Laurent en 2008 déjà, lors de mon premier séjour chez Lucien Naré. De plus, sa fille aînée porte le nom de Francine. A-b-c-d n'est pas en mesure de mettre sur pied un partenariat financier avec l'association de Laurent. Cependant, nous pourrons l'aider à travers l'envoi de papier braille, l'impression de livres et la recherche de matériel.
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Rencontre avec Laurent Bangré à Yiri Suma[/caption]
Dès 10 heures, Bouba nous embarque dans la minuscule Toyota de l'Alliance biblique pour acheter les épices pour Anne et les Bubu, quelques cadeaux pour ses enfants, des objets que nous vendrons sur les marchés en Suisse au profit de l'association dont les célèbres poules façonnées par Martin.
Après le repas chez Bouba, nous rentrons écrasés de chaleur. Nous ne ressortons le nez qu'à 17 heures pour faire la connaissance de l'artiste auquel Francine a acheté deux œuvres: une pour le chalet de Trogne et l'autre, pour sa très chère amie Dominique qui demeure à Prêles dans le canton de Berne. Ensuite, nous rendons pour la dernière fois chez Mme Ping.
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BONKOUNGOU Boukaré dit Yambou, artiste sculpteur, fondeur[/caption]
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Chez Mme Ping, Bondi fait comme chez lui, il se sert dans le frigo![/caption]
Les familles d'accueil
Comme vous l'avez constaté tout au long de ce blog, l'accueil des enfants aveugles et malvoyants constitue une redoutable pierre d'achoppement pour les centres qui alphabétisent des enfants handicapés de la vue. Cette problématique illustre parfaitement bien le rapport qu'entretiennent les Burkinabè avec les personnes handicapées. Les enfants aveugles et malvoyants sont au mieux considérés comme des êtres dont on doit s'occuper jour et nuit, au pire, comme des bouches inutiles à nourrir. La sensibilisation joue donc un rôle déterminant pour trouver des places d'accueil susceptibles de libérer les places limitées dans les différents centres. Cette sensibilisation consiste à démontrer que les enfants sont capables de se vêtir, de manger et même de participer aux travaux de la maison. La sensibilisation des familles constituera la pierre angulaire de la visite de Justine Kaboré à Boulsa. C'est à travers les associations de femmes que cette sensibilisation peut porter ses fruits.Aujourd'hui c'est dimanche
Dans un premier temps, cette journée sera laborieuse. En effet, nous allons examiner tous les rapports établis par Michel et rédiger les diplomatiques courriels à Etienne. Ensuite, nous irons manger chez les Naré. Ce "dernier repas" est devenu traditionnel. Mais cette année, il ne se présente pas sous les meilleurs auspices compte tenu de la chaleur et de l'état respectif de chacun: l'une qui court aux toilettes, l'autre qui aimerait y courir et le troisième qui hésite. De retour de chez le Naré, nous panserons nos plaies et mettrons la dernière main aux bagages. Nous décollons ce soir à 23h05 pour atterrir à Genève le lundi 13 avril 2015 aux environs de 9 heures.La Patrie ou la mort nous vaincrons!
Cette phrase que nous devons au capitaine Sankara prend à nouveau tout son sens aujourd'hui. Le pays vit une période de transition qui est loin d'être facile. Espérons que les élections présidentielles et législatives de l'automne 2015 ne provoqueront pas trop de frustration qui pourraient déboucher sur la violence. Espérons que "ils" ne voleront pas au Burkinabè leur révolution. [caption id="attachment_4033" align="aligncenter" width="600"]
L'Assemblée nationale incendiée en octobre 2014[/caption]
Galerie de photos
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Jardin de Yiri Suma[/caption]
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Au revoir Jacqueline[/caption]
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Apprentissage individalisé[/caption]
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Jean-Marc et Souleyman, son petit guide à Boulsa[/caption]
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Un message on ne peut plus clair...[/caption]
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Thérèse ou l'Afrique enchantée![/caption]













La nouvelle classe financée par UNITAS (section tessinoise de la Fédération suisse des aveugles)[/caption]
Nous avons été effarés d'apprendre que ces dernières nuits, les enfants étaient placés sous l'unique surveillance d'un jeune adulte aveugle. Bien sûr, on nous explique que le préposé à cette tâche, une personne handicapée physique, est tombé malade et que sa santé est préoccupante. C'est certainement vrai et nous félicitons Etienne de penser à fournir du travail aux personnes handicapées, peut-être qu'elles coûtent moins cher....,mais pourquoi ne jamais rien prévoir? Personne n'est à l'abri d'un accident ou d'une maladie, non? C'est vraiment ça le plus difficile, cette gestion au jour le jour qui peut avoir des conséquences désastreuses.
Je viens de recevoir de mon ami Guy, une réponse à un courriel dans lequel je lui livrais mes états d'âme. Il comprend bien ce qui se passe. Cependant il attire notre attention sur le fait qu'il faut vraiment veiller à ne pas froisser la susceptibilité de nos Burkinabè. C'est leur projet que nous soutenons et non eux qui doivent exécuter nos ordres. Faisons donc attention!








