Voyage à Boulsa, février 2014


Il y a 9 comptes rendus

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    2 mars 2014

    Bonjour à toutes et à tous, Nous voilà parvenus à la fin de notre périple avec le sentiment du devoir accompli. [caption id="attachment_3616" align="aligncenter" width="600"]Les enfants de l'école Les enfants de l'école[/caption] Espérons que tout ce que nous avons mis en place soit suivi d'effets et permette à l'école de Boulsa d'affermir sa position. Pour mettre un terme à ce blog, nous aimerions remercier toutes celles et ceux qui nous ont suivis et toutes celles et ceux qui soutiennent l'action de l'association a-b-c-d en faveur des enfants aveugles au Burkina Faso en général et à Boulsa en particulier. Un merci tout particulier va à Luc Fontolliet sans l'aide duquel l'alimentation de ce blog n'aurait pas été possible. Comme à chaques fois, cela a été un réel plaisir de voyager ensemble Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat

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    1er mars 2014

    La nuit a été difficile. Je ne fermais toujours pas l'oeil à une heure du matin. J'ai donc dû taper dans la boîte du bon docteur Ecklin. Nous sommes allés faire nos emplettes: des poules et autres pingouins en argile chez Martin qui avait prévu son coup, des petites poupées, une poupée avec panier pour Colinette, un joli petit lion pour Louloune, un éléphant pour Marlowe et un cheval pour Lenaïs, les deux petits enfants de Bondi. J'ai une surprise pour la lionne blanche et le jardin de Trogne. Je n'en dirai pas davantage. Avant d'aller manger chez le roi Naré, je lui ai dispensé quelques conseils informatiques et ai fait la connaissance de l'informaticien de son association. Il m'a fait plutôt bonne impression. Nous avons remis 90.000 francs CFA à Lucien Naré pour le coût des nécessaires réparations du bus pour notre déplacement à Boulsa. Mauvaise nouvelle: toutes les poules de Lucien élevées dans la ferme de l'association sont mortes. Cela prouve, si besoin est, que l'aviculture est une activité génératrice de revenus trop fragile et qui requiert beaucoup de soins et de compétences. Cet après-midi, la sieste. Michel a rédigé une marche à suivre pour la gestion du compte réservé aux activités génératrices de revenus, puits et moulins, que nous avons promis d'envoyer à Boulsa avant notre départ fixé à lundi matin. N'hésitez pas à consulter les textes des jours précédents, nous avons réussi à insérer les photos. Nous sommes allés manger chez Ping et non chez Pina. La vue de Bondi, ses origines italiennes, autant que ses compétences en chinois expliquent sa confusion. Alors pong! Francine, tu peux sortir la longeole il y aura du chou de Samsung!

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    28 février 2014

    Nuit excellente, merci au bon docteur Ecklin. Tata Jacqueline nous a offert du piment pour Momo, ainsi qu'un drôle d truc, très bon du reste, composé de petit mil pimenté et sucré. C'est un peu sec mais délicieux. Vous constaterez, chères lectrices et chers lecteurs, que je n'utilise à dessin pas l'expression d'étouffe-chrétien, ce n'est pas l'endroit pour. Cela devrait être délicieux sur la glace vanille. [caption id="attachment_3604" align="aligncenter" width="600"]Fil d'attente devant le puits Fil d'attente devant le puits[/caption] Ce matin, il fait frais. On se croirait en automne. Il a dû pleuvoir non loin de Boulsa et un vent soutenu soulève la poussière. Je me trouve dans la cour de l'école en train de tirer sur ma pipe. Le puits fonctionne sans interruption. Nous allons remettre à Bouba 120.000 francs CFA en complément pour qu'il puisse procéder à l'analyse de l'eau du puits. Cela sera fait dans les mois prochains. Ce sont 27 familles et quelques étudiants qui puisent régulièrement de l'eau. L'activité du puits a généré 30.000 francs CFA de bénéfice en 2013. Nous ramenons dix magnifiques filoches pour Leo pour le marché de Budé à Genève. Nous avons passé commande de cent autres que nous ramènerons en octobre. Michel est en train d'installer le programme de comptabilité que lui a fourni Marlène. La comptable a adopté le système qui paraît parfaitement adapté aux besoins. Bien évidemment, il faudra voir à l'usage, mais l'intraitable caissier Bondi est optimiste. Heureuse nouvelle, le compte des moulins est bon. Cette activité rendue possible grâce au soutien de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants a généré en 2013 1'300'000 francs CFA de bénéfice. Le caissier Bondi est content, moi aussi. [caption id="attachment_3610" align="aligncenter" width="600"]Le corps enseignant en chair et en os Le corps enseignant en chair et en os[/caption] Désormais devenues classiques, ces cérémonies de remise de livres en braille n'en demeurent pas moins très émouvantes. Grâce à Anne Pillet et à l'Association pour le bien des aveugles de Genève, nous avons offert 12 exemplaires du livre de lecture de troisième année. Nous avons promis de remettre le livre de quatrième année en octobre de cette année. Nous avons croisé ce matin un gars qui travaille aux statistiques de l'éducation nationale. Le taux d'alphabétisation dans la province du Nameotenga dont Boulsa est le chef-lieu, n'est que de 48 pourcents. En matière de développement, la province du Namentenga se classe à la dernière place sur les 45 provinces que compte le Burkina Faso. Il y aurait tant à dire, qu'un livre n'y suffirait pas. Ici, les gens sont incapables de concevoir les choses à moyen terme. Je ne parle même pas d'à long terme. Pour nous, c'est facile de juger. Pourtant, cela peut se comprendre. Les choses sont tellement précaire. Je citais comme exemple Martin, notre marchand de poules handicapé physique. Il suffirait qu'il ait un accident avec son tricycle et qu'une de ses mains soit handicapée pour qu'il soit irrémédiablement condamné à mendier au bord de la route. Qui lui viendrait en aide? Personne. Après un repas chez tata Jacqueline dont je vous fais grâce du menu, nous avons demandé la route. Je me propose de vous faire une relation de notre intervention lorsque nous serons rendus à Ouagadougou. Pour l'instant, il y a trop à dire. Il faut laisser un peu reposer les choses. Nous avons vraiment beaucoup travaillé, surtout le père Bondi qui a mis les petits plats dans les grands. Merci à toi Bondex! [caption id="attachment_3608" align="aligncenter" width="600"]Un bel arbre dans le brouillard Un bel arbre dans le brouillard[/caption] C'est la première fois que nous mangeons autant de poussière. Elle est en telle quantité que tout le paysage prend une couleur laiteuse, comme un épais brouillard. On colle, c'est épouvantable, Vivement la douche à Ouaga et un bon repas sympa avec Bondi à la Terra nostra.

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    27 février 2014

    Comme prévu, la nuit a été rude. Entre la chaleur et le bruit d'enfer du ventilateur, j'ai tapé dans la boîte de pilules du bon docteur Ecklin. La cour s'éveille avec ses coqs qui appelle au lever, ses poules qui caquettent, ses jeunes chiens qui se chamaillent. Un âne brait tristement au loin. Tata Jacqueline, la femme d'Etienne, vient me saluer. Elle m'appelle papa. Ici, lorsque les gens demandent des nouvelles de Francine, ils s'informent de la santé de maman. Les enfants vont et viennent tout en se préparant pour l'école qui commence à 7 heures. Toute la famille dort dehors pour nous laisser leurs chambres. Il fait encore un peu frais mais, rassurez-vous, cela ne va pas durer. [caption id="attachment_3601" align="aligncenter" width="600"]La comptable Lucie fait ses comptes La comptable Lucie fait ses comptes[/caption] Pendant que Michel entreprend la comptable Lucie, je m'occupe du blog et de mes courriels. [caption id="attachment_3599" align="aligncenter" width="600"]Sidiki et tous ses camarades de classe Sidiki et tous ses camarades de classe[/caption] A 10 heures 30, nous assistons à la leçon de mathématique que suit le jeune Sidiki, le premier enfant aveugle intégré dans une classe ordinaire du lycée de Boulsa. L'enseignant dirige de main de maître une classe de 100 adolescents. Sidiki est assis au premier rang. Il est dans la bonne moyenne. Il a obtenu un 13 sur 20 à son dernier travail écrit. J'ai juste indiqué à l'enseignant que lorsqu'il est au tableau, les mots ici ou là ne voulaient pas dire grand-chose pour Sidiki. Il a bien rigolé et m'a assuré qu'il ferait attention à l'avenir. Je suis convaincu qu'il tiendra compte de ces remarques car il se sent très concerné par Sidiki qu'il fait participer plus que les autres. Au milieu de cent élèves, cela se remarque vite. C'est incroyable comme ces jeunes sont sages. Il semble que dix enfants devraient rejoindre l'enseignement ordinaire l'an prochain. Cela ne sera pas sans poser de gros problèmes pour assurer l'indispensable aide à ces enfants. Dans la mesure où l'expérience de l'appareil de prise de notes est positive, a-b-c-d envisage de monter un projet pour équiper ces enfants. Nous allons en effet remettre à Sidiki un petit enregistreur qui lui permettra d'enregistrer les cours et aux enseignants volontaires de dicter les choses les plus importantes. Je dois encore rédiger un mode d'emploi pour Mathieu qui suit Sidiki. Après le repas chez tata Jacqueline, pomme-de-terre, chou et aubergine, une bonne douche et une petite sieste à l'ombre du ventilateur avec François Cavanna qui me raconte des histoires de mineurs de charbon. Nous avons eu une séance avec Etienne, Isaac, Bouba. C'était assez dure mais globalement positif. Nous avons encore redéfini notre mode de relation. Selon les dires d'Isaac, l'hygiène s'est bien améliorée. Le tournus assuré en dehors des classes par les enseignants pour surveiller les enfants semble fonctionner. Des petits tabourets percés ont été installés dans les latrines. Ce soir, nous sommes très fatigués. Après un plat de pâte à la sauce chez tata Jacqueline, quelques verres tirés du cubi à Bondi, nous ne demandons pas nos restes mais la route. Demain sera notre dernier jour à Boulsa. Cela sera l'occasion de vous proposer un tableau exhaustif de la situation qui prévaut à l'Ecole Jean-Marc Meyrat. Alors, merci à vous de nous suivre Pour les photos, il faudra attendre encore un peu et ne pas hésiter à reparcourir les jours précédents!

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    26 février 2014

    J'ai à nouveau très bien dormi et ceci sans les petites pilules du bon docteur Ecklin. Je me suis fait engueulé dans la nuit par Bondi parce que je ronflais. Il ne s'entend pas. Mais sa femme Dominique, dite la Doche, m'avait prévenu, il ronfle. Nous mettrons ça sur le compte du saké de Pina.

    Nous voilà partis pour Boulsa

    Nos pasteurs n'avaient qu'un quart d'heure de retard ce matin. Ils sont en progrès. Hier nous avons glandé plus d'une plombe avant que Bouba n'arrive. Après avoir fait bénir le bus par Rosalie, la femme de Lucien Naré, incontournable tradition, nous demandons la route. Ce moment est et demeurera toujours très émouvant. Les mots de cette femme sont si simples. Elle a une pensée pour tous: pour Francine, pour la femme de Bondi, pour Heinz, bref pour toutes celles et ceux qui soutiennent de près ou de loin notre action au pays des hommes intègres. Cela tombait bien car Rosalie était de passage près de notre pension pour prodiguer des soins. J'ai glissé dans mon sac la célèbre cassette factice qui me permet de brancher mon iPhone sur le lecteur de cassettes du Toyota. Il s'agit d'un cadeau de Luc Fontolliet. Merci à toi, cher Luc. Malheureusement, le fil a un mauvais contact ce qui rend l'audition difficile. De toutes les façons, le bus fait tellement de bruit que l'on entend à peu près rien. Je ne suis pas encore au top avec la gestion du blog. J'espère que cela s'arrangera d'ici notre retour en Suisse. Malheureusement, ton élève a ses limites. Cette cassette nous a accompagnés tout au long du voyage à bord de ce même bus qui nous a menés de Lausanne à Ouagadougou en 2009 avec Michel Gilbert Bondi et Philippe Paul Racine. Aujourd'hui, le compteur du Toyote indique 314.500 kilomètres et il roule toujours. Cette fois, nous faisons le trajet Ouagadougou Boulsa d'une seule traite, le travail nous attend. La situation politique au Burkina Faso demeure pour l'instant calme. Cependant, des nuages s'amoncèlent. Des élections présidentielles sont prévues pour 2015. Blaise Kompaoré, l'actuel président, ne peut pas se représenter. Si bien que ce dernier est tenté de modifier la constitution pour asseoir son pouvoir en organisant un référendum populaire. Tous craignent que l'administration en place manipule les votes. L'opposition ainsi que les milieux de l'église ne l'entendent pas de cette oreille. Une commission de médiation a été mise sur pied pour essayer de sortir de l'impasse. Cette commission propose une période de transition qui permettrait à Blaise de rester au pouvoir. Bien évidemment, l'opposition refuse ce processus. A noter de la dissidence au CDP, le parti présidentiel. Certains membres de ce parti qui ont mangé dans la main de Blaise font défection pour tirer les marrons du feu et pour se placer dans l'optique des prochaines élections. On parle également d'une éventuelle candidature de François, le petit frère de Blaise. De toutes les façons, Blaise devrait descendre comme ils disent ici. Il ne risque pas grand-chose puisque tous les crimes commis dont l'assassinat de Sankara ont été abnistiés. Voilà, le petit moment de politique locale est passé. Revenons à nos affaires. Nous venons d'atteindre Zorgho. C'est là que nous quittons la route bitumée pour attaquer la piste qui va nous mener à Boulsa, attention les dents avec la pipe sur la taule ondulée. Nous sommes bien arrivés accueillis par les chants des enfants accompagnés du djembé et les enseignants. La majorité des enfants portent les lunettes serjo apportées en novembre 2013. Ils doivent les conserver précieusement et les sortir lors des grandes occasions. Etienne nous demande ce que nous voulons boire. Si c'est pas malheureux des questions pareilles. La première séance avec Etienne s'est bien déroulée. Le caissier Bondi est déçu en bien. Si ce n'est que quelques erreurs davantage dues à la communication qu'à des problèmes véritablement comptables, les comptes jouent. [caption id="attachment_3585" align="aligncenter" width="450"]Le petit chouchou de Francine est de retour Le petit chouchou de Francine est de retour[/caption] Jules, le petit chouchou de Francine est de retour. Il a bien grandi et arrive à suivre tant bien que mal les cours. Comme il voit encore un peu, il provoque les aveugles qui ont de la peine à l'attraper. J'ai fait un petit tour dans les classes, histoire de réaliser quelques enregistrements. [caption id="attachment_3586" align="aligncenter" width="600"]Casimir et ses protège-oreilles Casimir et ses protège-oreilles[/caption] Nos meuniers sont maintenant appareillés. Délicieux couscous avec chou, aubergine et poulet, quelques verres de rouge tirés du cubi à Bondi et dodo. En voiture avec Chantal parce que Chantal, c'est la femme de Blaise Kampaoré et Simone, celle de l'ex-président Laurent N'bagbo de la Côte-d'ivoire. Nous vous tiendrons davantage informés demain.

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    25 février 2014

    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi. Ecrasés par la fatigue et la chaleur du jour, nous nous sommes couchés tôt. Je me suis réveillé, frais comme une rose. Nous avions un rendez-vous avec un type qui s'occupe d'aveugles mais il n'est jamais venu, tant pis pour lui. [caption id="attachment_3580" align="aligncenter" width="600"]Les mains de Martin Les mains de Martin[/caption] En attendant Bouba chez lequel nous sommes invités pour le repas de midi, nous avons été voir nos marchands de poules, Martin et Marcel. Ils n'ont pas grand-chose en stock. Nous verrons samedi, après notre retour de notre séjour à Boulsa, si nous pouvons ramener quelques objets. Nous devons encore passer au Swisscom local et au marché artisanal pour négocier la girafe de Dominique qu'elle n'a pas réussi à monter. [caption id="attachment_3582" align="aligncenter" width="450"]La petite Schiphra, la fille de Bouba et Agnès La petite Schiphra, la fille de Bouba et Agnès[/caption] Après un excellent repas chez Agnès, la femme de Bouba, nous arrivons au marché artisanal. Il fait une chaleur épouvantable. La température doit avoisiner les 40 degrés et la bagnole de Bouba a des sièges en cuir noir, bien le bonjour. Nous ne comprenons pas. Toutes les pièces sont soudées à l'exception des boulons qui attachent les pattes de la girafe, deux fourches de moto, au corps de notre grand animal, un réservoir de mobylette. Le gars que nous connaissons déjà depuis longtemps nous a filé des boulons, au cas où. Si cela ne devait pas suffir, la girafe de Dominique quittera la région de Bienne pou! nous accompagner à Ouagadougou en novembre prochain. L'activation de la clé internet pour alimenter le blog depuis Boulsa a été laborieuse. La clé que nou; utilisons depuis 4 ans est morte. Il a donc fallu en acquérir une nouvelle, 21.000 francs CFA, 42 de nos francs. Après bien des efforts dans une chaleur d'enfer à même le trottoir, le jeune technicien a réussi à nous connecter. Ils sont vraiment forts. La séance avec Yara s'est bien passée. Le seul problème, ils disent toujours oui, ce qui est un peu déstabilisant. Maintenant, nous attendons un projet qui tienne compte de nos propositions. Demain, nous partons pour Boulsa. Je ne suis pas convaincu que notre visite soit évaluée à sa juste valeur. Il semble que la comptable ne sera pas présente avant jeudi. Pourtant, nous avions bien évidemment averti Etienne de notre visite et que la présence de la comptable était très importante. En attendant le retour de la comptable jeudi, Michel commencera d'éplucher les justificatifs. Il va falloir que je retienne un peu Michel. Mais je ne vais pas trop le retenir car il faut vraiment que les choses changent à Boulsa dans la communication. Ce soir, repas chez Pina, le bistrot chinois du coin. Porc pimenté pour moi, porc aigre-doux pour Michel. Une bouteille de Médoc et un saké avant un gros dodo. A plus tard! PS: Je n'ai pas encore trouvé la combine pour les photos, cela va venir!

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    24 février 2014

    Nous étions un peu fatigués ce matin. Nous avons somnolé jusqu'à 11 heures. A midi, Bondex nous a déniché un pâté brésilien bizarrre. A 1 heure, nous avons rencontré Yara Kambou afin de fourbir nos armes avant notre rencontre à l'ABEPAM avec Madame Caboré, responsable de projets d'alphabétisation dans les régions. [caption id="attachment_3576" align="aligncenter" width="600"]Madame Kaboré, celle qui terrorise Yara Madame Kaboré, celle qui terrorise Yara[/caption] Il a fait chaud aujourd'hui, 35 degrés environ. Je dois dire que la séance l'a été également. Yara Kambou est en conflit ouvert avec le président de l'ABEPAM, l'une des organisations, mais la principale, qui gère l'ensemble du handicap visuel au Burkina. Lorsqu'il a pris la parole pour exprimer sa position quant à l'alphabétisation à Gaoua, j'ai bien cru que Madame Kaboré allait nous jeter dehors. Heureusement que Bouba a réussi à calmer le jeu en faisant preuve de beaucoup de diplomatie. [caption id="attachment_3578" align="aligncenter" width="600"]Une oeuvre d'art dans les jardins de Lucien, de quoi vous faire peur Une oeuvre d'art dans les jardins de Lucien, de quoi vous faire peur[/caption] Michel et moi avons le sentiment que Yara devrait davantage se tourner vers la formation professionnelle des handicapés de la vue grâce aux activités génératrices de revenus que nous pourrions mettre en place et laisser à l'ABEPAM l'alphabétisation des petits qu'elle mène en collaboration avec les écoles catholiques dans plusieurs régions du Burkina Faso. Une autre piste pourrait être le soutien des enfants aveugles et malvoyants intégrés dans les classes ordinaires. Ce sont-là deux pistes qui ne sont pas suivies par l'ABEPAM. Ainsi, les deux activités pourraient être complémentaires. De toutes les façons, ces gens devront collaborer, mais cela ne sera pas facile. L'ABEPAM reproche à Yara delui mettre les bâtons dans les roues pour remplir ses classes et Yara dit que l'ABEPAM ne connaît pas le terrain à Gaoua et qu'eux venant de Ouagadougou, ils seront toujours considérés comme des étrangers par les parents d'enfants handicapés de la vue qui hésiteront à leur confier leurs enfants. Bref, à ce rythme-là, on n'est pas sorti de l'auberge. Cette situation est tout à fait regrettable. Malheureusement elle semble incarner parfaitement bien la société burkinabè où les titres, les fonctions et tout ce qui va avec ont une importance démesurée. Cependant, ce n'est pas à nous de juger. Nous pouvons à peine tenter de prêter nos bons offices et éviter qu'ils ne s'écharpent en pleine séance. Le soir, nous avons mangé à la Terra nostra rebaptisée Cosa nostra: pastis, filet de boeuf au poivre vert, délicieuses pommes sautées dont Bondi a demandé la recette au patron, café et lemoncello offerts par la maison. Bonne journée!

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    23 février 2014

    Bonjour à toutes et à tous, Cette fois, nous innovons. Nous nous rendons au Burkina Faso en recourant aux services de Royal Air Maroc. Le billet coûte 400 francs de moins qu'avec Air France. La nourriture s'est avérée parfaitement épouvantable et le vin désespérément absent. Arrivés à Casablanca pour une escale de 5 heures, nous nous sommes rattrapés en goûtant à un tagine de poulet au citron confit avec frites. Le vin, un peu cher à notre goût, 26 euros la bouteille d'un méchant rosé qui ne doit pas avoir connu la vigne. Ce voyage ne sera pas de tout repos. La mise en place des moulins et d'autres activités génératrices de revenus à Boulsa impliquent davantage de rigueur dans la comptabilité. C'est le but de notre voyage: clôturer l'exercice comptable 2013, mettre en route l'exercice 2014 et mettre au point un système qui pérennise l'Ecole Jean-Marc Meyrat. Cependant, nous devons être prudents. Il ne faut en aucun cas que le frère Etienne se sente mis sur la touche. L'autre enjeu de ce voyage est constitué par le projet de soutien à la future école de Gaoua pour élèves aveugles et malvoyants. Nous allons rencontrer les responsables de l'ABEPAM en présence de Yara Kambou pour examiner d'éventuelles collaboratioos entre les différents projets qui se font jour à Gaoua en faveur des enfants aveugles et malvoyants. L'escale traîne un peu en longueur. Heureusement, nous nous sommes achetés un petit remontant au magasin d'en face, histoire de tenir le coup avant l'embarquement. J'espère que nous pourrons dormir, environ 5 heures de vol car nous faisons escale à Niamey. Michel m'a fait promettre de ne pas le réveiller, même si on sert quelque chose. A part les toilettes, aucun endroit pour tirer une bouffée de ma pipe. Finalement, nous aurons fait trois repas: bœuf aux pruneaux entre Genève et Casablanca, poulet au citron confit à Casa et poulet entre Casablanca et Niamey avec un coup de rouge marocain vendangé à la main, excusez du peu. Mais la main n'était vraiment pas très experte. Tout cela après une excellente fondue chez Jean-Claude à Lausanne, Nous sommes bien arrivés à Ouagadougou accueillis par Bouba et Samsung. Comme notre chambre n'est pas encore prête, nous nous reposons sur la terrasse de la pension avant d'attaquer nos premiers rendez-vous fixés dans l'après-midi. A demain!

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    Prochain voyage au Burkina Faso

    Bonjour à toutes et à tous, Dans le but de donner un coup de main à l'école de Boulsa pour clôturer les comptes 2013 et préparer la comptabilité 2014, Michel et Jean-Marc se rendront au Burkina à la fin février. Ne manquez pas de suivre leurs pérégrinations sur ce blog qui sera régulièrement alimenté. A très bientôt! Jean-Marc Meyrat et Michel Bondi