Voyage à Boulsa, mars 2012


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  • Catégorie: Sur le terrain

    22 et 23 mars 2012

    Nous arrivons au terme de notre voyage. Les résultats de l'analyse de l'eau du puits de l'école Jean-Marc Meyrat sont bons. Rien de suspect n'a été détecté.

    Et la Burkinette? Nous demanderez-vous

    Nous avons réussi à trouver une solution à un problème, et non des moindres, pour trouver sur place l'élastique qui va de la poignée au bout de la canne. Il s'agit d'élastiques découpés à partir de chambres à air de gros véhicules. Les enfants s'en servent pour fabriquer des lance-pierres. La poignée et l'embout ne poseront pas de difficultés particulières. La principale difficulté résidera dans la réalisation des éléments cylindriques qui constituent la canne en elle-même. Il faudra absolument tester la résistance des plaques d'aluminium récupérées dans les cannettes de sodas, lorsque ces plaques seront roulées et collées. Si cette solution ne convient pas, nous devrons, très vraisemblablement, nous rabattre sur de la matière plastique. Là, se posera la question du coût, puisqu'il faudra réaliser un moule et celle des difficultés rencontrées par des personnes aveugles de réaliser ces cannes de façon autonome. Suite au prochain numéro. Nous avons consacré cette dernière matinée à faire quelques achats. Nous avons retrouvé les vendeurs du marché artisanal populaire. Il semble qu'ils soient bien plus durs en affaire qu'auparavant. Cette situation peut être une conséquence de la hausse des prix au Burkina. C'était la cohue. Quatre gars qui vous mettent chacun trois objets dans les mains, comment faire pour se dégager? Dans l'espoir de le diffuser dans l'émission A vous de jouer sur la RTS Espace 2, le samedi matin entre 9 et 10 heures, Bouba m'a aidé à réaliser un petit interview avec le chanteur aveugle, Keyt. [caption id="attachment_2674" align="aligncenter" width="600"]Il est cool ce jeune musicien aveugle Il est cool ce jeune musicien aveugle[/caption] Allez à la rencontre de Keyt et de sa musique en visitant les liens ci-dessous. Audio: Intergview avec keyt [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/03/Intergview-avec-keyt.mp3"][/audio] Audio: Keyt, Mon histoire [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/03/Keyt-Mon-histoire.mp3"][/audio] Nous avons partagé un excellent repas de midi avec Tinou et Philippe. Bien évidemment, on suit ici la situation au Mali avec la plus grande attention. Certains burkinabé disent: "ils ont osé eux". [caption id="attachment_2675" align="aligncenter" width="450"]Dernière photo chez les Fayet Dernière photo chez les Fayet[/caption] A 15 heures, je suis retourné donner des rudiments d'Internet à mes 6 étudiants qui sont très assidus. Malheureusement, nous n'avions qu'une connexion de très mauvaise qualité, si bien que nous avons dû nous résoudre à faire des exercices un peu théoriques. L'équipe m'a fait la demande d'équiper le surveillant d'étude qui soutient les aveugles à l'université, d'un scanner avec un programme de reconnaissance de caractères. Cela sera fait au plus vite. A 17 heures, nous nous retrouvons tous pour les adieux sur la terrasse du jardin du SIAO. Samsung nous a donné des oignons, avec lesquels Francine peut réaliser les meilleures tartes d'Europe occidentale et de l'ouest africain. [caption id="attachment_2662" align="aligncenter" width="600"]Dernières Brakinas et sucreries au jardin du SIAO Dernières Brakinas et sucreries au jardin du SIAO[/caption] Le frère Etienne a débarqué de Boulsa pour nous saluer. Il nous couvre de cadeaux que nous ne pouvons pas prendre, faute de place dans nos bagages. Il faudra prévoir de la place pour notre retour en Suisse en octobre prochain. Attention, ils sont devenus excessivement strictes pour le poids et la dimension des bagages.

    Excellente nouvelle!

    Fati Bovey, la collaboratrice de la coopération suisse, se rendra avec une collègue à Boulsa, le 29 mars prochain, pour aider Etienne à mettre au point sa comptabilité. Je vous livre en pâture le dernier gag de Bondex avant que nous amorcions notre descente sur Paris. A la verticale de Toulouse, il me dit: "Eh! Meyrat, on est en dessus de Toulouse, ouvre la fenêtre et saute". Voici encore un exemple qui illustre, si besoin est, sa légendaire finesse et son sens de l'humour inégalé. A Paris, l'assistance que nous avions demandée, n'a pas fonctionné. Autant se débrouiller par ses propres moyens. Nous avons bien évidemment manqué notre correspondance et nous tirons des bières en attendant le prochain avion, trois heures plus tard. On essaie d'imiter le rire de Philippe Fayet, ce qui nous fait inévitablement passés pour des pochards, qui rient grassement, la bière en main, à 8 heures du matin.

    Conclusion

    Tirer un bilan de ce séjour au Burkina Faso est, pour l'instant, un peu difficile. Il faut que nous nous repenchions sur tout ça, la tête reposée et le calme revenu. Ce bilan, vous en prendrez connaissance dans le troisième bulletin que nous allons prochainement adresser aux parrains des enfants de l'école de Boulsa. Ce document sera également disponible sur le site de l'association a-b-c-d: www.a-b-c-d.net. Dans tous les cas, les choses avancent, les enfants sont en meilleure santé, ils sont mieux nourris, la formation est enfin considérée comme un élément déterminant, les premiers livres scolaires en braille sont arrivés. Bien sûr, la tâche reste immense. Mais nous devons continuer, car ces enfants qui forcent notre respect, méritent qu'on les soutienne pour qu'ils puissent avoir une vie meilleure.

    Que dire de Bondi?

    Michel est très prévenant, parfois au-delà de ce qu'il devrait faire. Je me garde bien de le lui faire remarquer, car j'ai mes aises. Il est drôle, il est infiniment respectueux des gens tout en restant ferme, il s'intéresse à tout, il est curieux de tout et il s'adapte à tout. En résumé, c'est un magnifique compagnon de voyage avec lequel il fait bon vivre et entreprendre. Merci Bondex! Quant à vous, chères lectrices et chers lecteurs, nous vous remercions d'avoir suivi nos aventures et surtout, d'être sensibles au destin de ces petits loulous aveugles qui ne demandent qu'à découvrir le monde. Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat

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    21 mars 2012

    Nous voilà repartis! Nous sommes allés prospecter un logement pour la lionne blanche pour son séjour prévu en octobre prochain. Tout est en ordre. La chambre est très propre avec wifi, climatisation et douche. Petit déjeuner compris, 21000 francs CFA pour les deux et par jour, environ 40 de nos francs. [caption id="attachment_2652" align="aligncenter" width="600"]Un futur nid d'amour à Ouagadougou Un futur nid d'amour à Ouagadougou[/caption] Nous avons également rendu visite à Martin, le célèbre marchand de poules. Handicapé des jambes, il se meut dans le trafic de Ouaga sur une espèce de tricycle qu'il fait avancer à la force des bras. Il doit avoir des muscles impressionnants puisque son trajet de son domicile à son lieu de travail au bord d'une grande artère, dure une heure et demie. Nous lui avons passé commande pour octobre de tout un poulailler pour faire des cadeaux de Noël ou pour vendre ces objets au profit de l'association a-b-c-d. Je suis content, car on en a trouvé une toute grosse. Je ne pense pas qu'elle sera vendue. La lionne blanche voudra certainement la garder au chaud dans le chalet à Trogne. [caption id="attachment_2653" align="aligncenter" width="600"]Soyez le bienvenu Michel Bondi! Soyez le bienvenu Michel Bondi![/caption] Après une visite très émouvante à l'école Siloé, dans le fief du roi Naré, nous faisons un petit saut chez Abraham, le responsable aveugle d'un centre d'alphabétisation pour aveugles adultes. Je vais lui donner mon téléphone portable qui parle. C'est un gars que Bouba admire beaucoup et qu'il a très à cœur d'aider. J'ai été béni au moins cent fois ce matin. Dans ce centre, il y a le frère de Samsung. Il a perdu la vue lors d'un séjour en Côte Ivoire. Il ne lui ressemble pas du tout. [caption id="attachment_2645" align="aligncenter" width="600"]Samsung et son frangin, les yeux, dans la famille: pas terrible Samsung et son frangin, les yeux, dans la famille: pas terrible[/caption] Michel et Bouba sont en train d'examiner les plans d'une éventuelle Burkinette. L'élastique pourrait être fait à partir des chambres à air que les enfants utilisent pour confectionner des lance-pierres. Le bout de la canne devrait être réalisé en bois pour éviter un moule ou, au pire, en plastique. Les élément cylindriques pourraient être faits à partir des cannettes ou, éventuellement, en bambou. La poignée sera en bois recouvert de chambre à air. Comme à son habitude, Agnès, la femme de Bouba, nous a confectionné un excellent repas. [caption id="attachment_2641" align="aligncenter" width="450"]Israël dort dans les bras de son papa Bouba Israël dort dans les bras de son papa Bouba[/caption] La formation dispensée aux étudiants s'est bien déroulée. Pendant que Bouba continue de configurer des ordinateurs, j'ai pu m'occuper des débutants. Je vais repasser demain pour aborder avec eux internet. [caption id="attachment_2648" align="aligncenter" width="600"]La saison des pluies n'a pas apporté ce qu'elle aurait dû La saison des pluies n'a pas apporté ce qu'elle aurait dû[/caption] Pendant ce temps, Bondex s'est rendu chez Samsung pour se rendre compte de l'état de l'exploitation agricole de notre chauffeur. [caption id="attachment_2649" align="aligncenter" width="600"]Une petite troupe chez Samsung Une petite troupe chez Samsung[/caption] Très agréable la soirée passée chez les Fayet avec marie-Luce et François. Marie-Luce est une collègue de Philippe chargée des programmes d'alphabétisation et son mari burkinabé, François, est enseignant. La discussion a roulé sur l'enseignement formel et non formel. Le problème est complexe, car d'un côté, l'état tente de se départir d'un enseignement formel directement hérité du système scolaire de l'ancienne puissance coloniale et un enseignement non formel, qui prend en compte, non seulement la langue vernaculaire, mais aussi et surtout, la réalité sociale de la population. A Boulsa, nous sommes directement concernés par cette question fondamentale. Nous devrons absolument approfondir cette question lors de notre prochain séjour. L'état est mal pris dans cette histoire. Le ministère souhaiterait promouvoir l'enseignement non formel pour s'indépendantiser de la France et se rapprocher des burkinabé, mais tous les grands programmes d'alphabétisation sont soutenus financièrement par les grands organismes tels que la Banque mondiale, où ce sont des Français qui donnent le ton pour l'Afrique de l'ouest. Comme vous l'avez certainement constaté, mon nom est à la une de l'actualité. Je me réjouis de voir la tête des policiers lors de notre départ fixé à ce soir jeudi 22 mars. Aujourd'hui, encore quelques achats, une entrevue avec un musicien aveug;e et une dernière séance de formation informatique avec mes 6 jeunes. A demain pour un premier bilan de ce voyage Michel et Mohamed, pardon Jean-Marc

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    20 mars 2012

    Elle est vraiment magnifique cette Fati Bovey, quelle femme! Collaboratrice de la coopération suisse depuis 5 ans, elle est mariée à un suisse, elle est la maman de deux garçons qui vivent au Burkina. Son mari lui, fait du commerce équitable en exportant vers l'Europe des produits bios. Nous avons bien rigolé. Il faut dire qu'avec Philippe, elle est à bonne école. Elle a compris Michel Bandit au lieu de Michel Bondi, pour le caissier de l'association a-b-c-d, c'est pas mal trouvé, qu'en pensez-vous? Nous avons pu lui parler sans détour en n'omettant aucun élément constatés sur place. [caption id="attachment_2631" align="aligncenter" width="600"]A la coopération suisse, on ne craint pas les minarets A la coopération suisse, on ne craint pas les minarets[/caption] L'objet de la visite que vont effectuer les services de la DDC, consistera à mettre au point une comptabilité générale qui tienne compte de toutes les entrées d'argent et de leur ventilation dans les comptes. Ainsi, nous espérons être en mesure d'appréhender exactement la situation financière de l'école de Boulsa et surtout, de pouvoir rendre l'école viable à long terme grâce aux fonds que vont générer les activités annexes telles que le moulin et le poulailler. Ce qui manque à ce cher Etienne, ce ne sont ni la probité, ni le bon sens, mais les outils indispensables pour gérer une telle association. D'ici dix jours, Fati devrait nous communiquer par mail le programme d'intervention prévu. [caption id="attachment_2632" align="aligncenter" width="600"]Chaleur, poussière et soif Chaleur, poussière et soif[/caption] Nous avons configuré avec Bouba trois PC pour la formation qui se déroulera à 15 heures. [caption id="attachment_2633" align="aligncenter" width="450"]Vous voyez à quoi ça mène? Vous voyez à quoi ça mène?[/caption] Bondex est bien silencieux. Il est allé chez le médecin et il entend encore moins qu'avant. Nous espérons tous que les gouttes qui lui ont été administrées auront des effets positifs, car pour l'instant, cela ne semble vraiment pas s'arranger. Par hasard, Michel a rencontré Martin, le marchand de poules, en céramique bien sûr. Nous allons lui passer commande d'objets que nous récupérerons lors de notre prochain séjour avec Francine en octobre. [caption id="attachment_2634" align="aligncenter" width="600"]Les poules seront bientôt disponibles à la boutique a-b-c-d Les poules seront bientôt disponibles à la boutique a-b-c-d[/caption] Nous avons eu très chaud aujourd'hui. D'autant plus dans le carrosse de Monsieur l'ambassadeur du braille au Burkina Faso, lorsqu'il a mis le chauffage en lieu et place de la climatisation. Bon repas chez les Naré. Je ne vous précise plus le menu, histoire de vous faire gagner du temps. Nous avons reçu des habits traditionnels. Je crois que j'en ai suffisamment pour équiper un régiment. [caption id="attachment_2636" align="aligncenter" width="600"]Ils ne comptent pas leur peine Ils ne comptent pas leur peine[/caption] La formation avec les 6 étudiants s'est très bien passée. Il y en a un ou deux qui s'en sortent pas mal du tout. Pour d'autres, c'est plus difficile. C'est pourquoi, je vais m'occuper prioritairement d'eux, alors que Bouba fera des exercices avec les plus avancés. Mais c'est toujours le même problème, ce sont les bases qui manquent cruellement. Il y en a même un qui vient sans PC, mais cela l'intéresse. J'ai envoyé un SMS à Heinz, pour savoir si un ordinateur serait éventuellement encore disponible pour lui. [caption id="attachment_2635" align="aligncenter" width="600"]Ca bosse! Ca bosse![/caption] A 18 heures, nous avons rencontré Françoise Madray-Lesigne, la présidente de l'Union francophone des aveugles. Ils sont en train de monter un projet au Burkina qui pèse 1,5 millions de dollars sur quatre ans. L'objectif: intégrer en classe ordinaire, 1000 aveugles. Cela impliquera l'installation d'une imprimerie braille qui sera basée à l'ABEPAM. Cela pourrait bien causer d'énormes problèmes à Naré qui pourrait bien en être réduit qu'à imprimer des bibles. Mais du projet à la réalisation, il y a bien plus qu'un pas, il y a un monde. Bref, nous verrons bien, mais tout cela me paraît complètement disproportionné pour des gens comme nous qui sommes sur le terrain. Mais que peut faire le gouvernement ici, si la banque mondiale est d'accord d'injecter dans un tel projet des montants si élevés? Allez-y bien évidemment. Et nous, les petites associations, que fait-on? On travaille, on fait des livres, on fait de la formation, on plonge les mains dans le cambouis et nous serons là, sans aucune arrière pensée, pour recoller les pots cassés avec notre bonne volonté, nos compétences et surtout, grâce à votre soutien à tous. Je ne voudrais pas faire de la morale. Je me demande toutefois, si ces gens sont déjà allés à Boulsa pour se rendre compte de la réalité que vivent ces enfants. Qui seront ces milles? [caption id="attachment_2637" align="aligncenter" width="450"]Le pouvoir en place n'a qu'à bien se tenir! Le pouvoir en place n'a qu'à bien se tenir![/caption] Philippe et Tinou sont rentrés d'un cocktail à l'ambassade du Japon pour fêter le tsunami. Après quelques verres de rouge et une délicieuse croûte aux champignons préparée par Tinou, je demande la route et vais me coucher. Aujourd'hui, j'ai un peu caracolé, terme local qui signifie galérer. A demain! Le sourd et le lion PS: Michel entend mieux. Les voix du seigneur lui sont à nouveau pénétrables!

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    19 mars 2012

    Hier dimanche, je n'avais pas trop la pèche et j'aspirais au calme. Ainsi, je suis resté chez les Fayet à bouquiner et à écouter la radio, pendant que Michel, Philippe et Tinou allaient pique-niquer au bord d'un lac à 40 KM de Ouagadougou. Il s'agit en fait d'une retenue d'eau qui alimente la capitale. Hier soir, nous allons été mangé au Verdoyant, un restaurant pour blancs de bonne facture. N'ayant pas mangé à midi, je me suis tapé un filet de bœuf gigantesque, sauce béarnaise et pommes-de-terre sautées, excellent. Bonne nouvelle: Bondi entend mieux. Ce n'est pas encore du 18, mais on peut avoir de nouveau une conversation à peu près normale. Ce matin, j'ai relevé mes mails. Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'association Notre Dame de la lumière, dont mon ami Louis Polèze est le président, octroie un soutien de Fr' 1000 à l'école de Boulsa. Soyez remerciés les catholiques! Nous voilà installés dans le carrosse de Bouba, son Excellence l'ambassadeur du braille au Burkina Faso, une magnifique Mercedes noir. Nous allons remettre l'eau du puits de Boulsa pour analyse. PH, alcalinité, fer, fluor, magnésium, nitrites et nitrates, sodium et potassium, sulfates et métaux lourds, autant de termes qui me rappellent mes leçons de biologie lorsque je préparais mon baccalauréat. L'opération se fera en deux temps. Une première analyse sera faite avec l'eau que nous avons apportée de Boulsa dans nos bidons, et au cas où des germes suspects seraient détectés, une seconde sera effectuée sur place dans une bouteille stérilisée. Cette analyse va nous coûter, 80.000 Francs CFA avec peut-être une petite remise. Les affaires furent bonnes au marché du SIAO. Nous avons acheté des objets fabriqués à partir de matériel de récupération et des poupées que nous allons vendre en Suisse pour l'association. Malheureusement, nous n'avons pas trouvé les grandes poupées qui portent leur bébé dans le dos pour Francine. [caption id="attachment_2627" align="aligncenter" width="600"]Formation de six jeunes se préparant à des études universitaires Formation de six jeunes se préparant à des études universitaires[/caption] Mon premier cours d'informatique pour 5 étudiants aveugles commence. Il y a d'énormes différences de niveau. L'avantage, ils ont tous le même ordinateur et plus ou moins les mêmes versions de Windows et d'Office. Le problème, ils n'ont que des versions de démonstration de Jaws, cela signifie que ce logiciel de lecture d'écran s'interrompt après 40 minutes. Bouba est en train d'installer une version pas très catholique de Jaws récupérée chez les Français. Quelle galère! On était vraiment mal organisé. Nous avons passé l'entier de la formation a installé la version craquée. Nous allons tenter de rattraper le retard. Demain, nous avons rendez-vous avec Fati Bovey à la coopération suisse pour mettre en place le soutien à l'école de Boulsa. Ensuite, j'irai installer l'ensemble des PCs avec Bouba, afin que nous puissions véritablement commencer cette formation dans les meilleures conditions possibles. Pendant ce temps, Bondex va aller chez le médecin pour lui montré une de ses oreilles qui le fait encore souffrir. Il fait chaud, très chaud, plus de 40 degrés. De retour chez les Fayet, Tinou a préparé une délicieuse tarte campagnarde. Fatigué et légèrement énervé par le temps perdu pour cette formation, je vais me coucher comme les poules. Au plaisir de vous retrouver nombreux, espérons-le! Bonne journée! Michel et Jean-Marc

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    17 mars 2012

    Voilà Jacqueline, la femme d'Etienne, qui vient poser la table du petit déjeuner. Elle me dit: "Bonjour papa". C'est joli, non? On s'adresse ainsi aux vieux ici. Je sens qu'il va faire chaud aujourd'hui, car la douce fraîcheur du matin n'est pas au rendez-vous. [caption id="attachment_2615" align="aligncenter" width="600"]Cadichon et un petit mome dans la cour d'Etienne Cadichon et un petit mome dans la cour d'Etienne[/caption] Bien qu'un peu gutturale, la langue mauré, la langue la plus pratiquée au Burkina au côté du français, est une langue assez belle. C'est un peu comme le suisse allemand, c'est plus joli, lorsque ce sont les femmes ou les enfants qui parlent. Ce n'est qu'à la fin de notre séjour que j'ai pu établir des contacts amicaux avec le minou de la maison. C'est un petit chat beige avec l'arrière-train et la queue tigrés. Il faut bien reconnaître qu'il est davantage intéressé à ce qui tombe de mon assiette, qu'à mes caresses. Michel distribue des bonbons aux enfants qui viennent nous saluer et leur dit de ne pas jeter les papiers par terre. C'est loin d'être gagné. Etienne se pointe avec des cahiers provenant du département de l'instruction publique de Genève. Nous sommes de retour à l'école pour la dernière fois à l'occasion de ce séjour. J'ai tenté à un dernier essai pour imprimer en braille, en vain. J'y aurai passé des plombes. Bondi a brûlé le bord du puits pour prélever deux bouteilles d'eau que nus allons faire analyser à Ouagadougou. [caption id="attachment_2617" align="aligncenter" width="600"]C'est l'heure de la lessive pour madame Aminata C'est l'heure de la lessive pour madame Aminata[/caption] Ce matin, nous avons fait le tour des classes. Avec Matthieu, nous avons suivi une leçon de grammaire consacrée aux adjectifs et aux pronoms possessifs: A la tienne, Etienne! La méthodologie utilisée me rappelle celle en vigueur à l'Asile des aveugles quand j'étais petit. [caption id="attachment_2620" align="aligncenter" width="600"]Au menu aujourd'hui Au menu aujourd'hui[/caption] Avant de demander la route, nous participons encore à une cérémonie qui regroupe les représentants de l'action sociale et de l'éducation de base de la province, l'infirmier de Boulsa, le responsable de la prévention et de l'assainissement, frère Etienne, sa femme et les enseignants de l'école Jean-Marc Meyrat. Il fait épouvantablement soif! Enfin, la Brakina arrive avec son poulet bicyclette. [caption id="attachment_2618" align="aligncenter" width="600"]Etienne et Jacqueline Sawadogo avec un grand sourire Etienne et Jacqueline Sawadogo avec un grand sourire[/caption] Ils viennent de nous accorder la route. Etienne nous accompagne sur sa célèbre moto jusqu'au sortir de Boulsa avant que nous retrouvions la taule ondulée. [caption id="attachment_2619" align="aligncenter" width="600"]Un baobab et un petit village dans les alentours de Boulsa Un baobab et un petit village dans les alentours de Boulsa[/caption] Il fait vraiment très chaud, plus de 40 degrés. Je me réjouis de prendre une bonne douche chez les Fayet, car celle d'Etienne était un peu poussive. Malgré cela, Etienne nous a proposé des conditions d'hébergement tout à fait satisfaisantes, ceci d'autant plus, que nous avons été vraiment gâtés. Mais un peu de calme va nous faire le plus grand bien avant d'attaquer la suite du programme dès lundi. En fin d'après-midi, un drame semble se jouer sou nos yeux. Bondi est devenu sourd en sortant de la piscine. Son ouïe n'était déjà pas terrible malgré ses deux appareils, cela semble préoccupant. Tout le monde rigole, bien que cela ne soit pas du tout drôle. A l'heure où je rédige ces lignes, 8 heures en ce dimanche matin, je n'ai pas encore vu mon pote. J'espère vivement que la nuit lui aura ramené l'audition. Si ce n'est pas le cas, nous allons former un sacré couple: Un aveugle plus un sourd... Que peut faire un aveugle lorsque son chien est sourd? Je vous tiens au courant dès que j'ai des nouvelles. Bondex entend un peu mieux ce matin. Cependant, par prudence, il va aller consulter. Il s'est déjà mis à la lecture labiale et m'explique quels gestes je dois employer pour m'adresser à lui. En rapprochant le pouce et l'index, cela veut dire que je veux un café petit. Attention à ne pas les serrer, car cela veut dire ta gueule! Bref, en Afrique, il faut bien s'adapter. Bondi vient de revenir de chez le médecin. Il lui a expliqué que ces problèmes pouvaient intervenir lors d'un passage du chaud au froid. Il semble qu'il ait de l'eau dans les oreilles. Ce n'est pas encore terrible, mais cela va un peu mieux. Si d'ici 48 heures il ne constate pas d'amélioration, il faudra qu'il retourne consulter. Bon dimanche à tous!

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    16 mars 2012

    Me voici, à 6 heures, dans ma cour à écouter les bruits qui marquent le lever du jour. J'apprécie particulièrement ces moments où il y a encore un peu de fraîcheur. Etant du matin, ce sont des moments que je mets à profit pour réfléchir. Et ici, il y a vraiment de quoi faire. Très intéressant ce petit déjeuner partagé avec Fabéré Sanou, un formateur venu de Ouagadougou. Nous sommes tout à fait sur la même longueur d'onde. Il a déjà mis en place deux structures qui soutiennent quelques élèves aveugles qui ont un bon potentiel, pour les intégrer dans le système scolaire ordinaire. En effet, il n'y a aucune structure spécialisée pour les handicapés de la vue au-delà du niveau primaire au Burkina Faso. Cet exemple inspire beaucoup notre Etienne, qui aimerait bien initier un tel soutien à Boulsa. Aujourd'hui est un grand jour, puisque nous remettons les 12 premiers exemplaires du livre Lire au Burkina, transcrit par Christine Fayet-Berthoud, la sœur de Francine. A 9 heures, le représentant de l'action sociale et celui de l'éducation de base de la province du Namentenga sont présents lors de la remise officielle du livre aux enfants. Je dois avouer que j'ai un peu de peine à parler, tant je suis ému. C'est tout de même l'aboutissement de beaucoup d'efforts partagés. Bien évidemment, cela conforte le souhait d'Etienne et de Matthieu, le directeur pédagogique, de coller au programme officiel burkinabé, soit un enseignement en français et non en langue vernaculaire. [caption id="attachment_2605" align="aligncenter" width="600"]C'est le premier livre scolaire qu'ils auront sous leurs doigts, une première au Burkina C'est le premier livre scolaire qu'ils auront sous leurs doigts, une première au Burkina[/caption] [caption id="attachment_2603" align="aligncenter" width="600"]C'est pas beau ça? C'est pas beau ça?[/caption] Audio: Abdoulai decouvre le lire lire au burkina [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/03/Abdoulai-decouvre-le-lire-lire-au-burkina.mp3"][/audio] Nous avons rencontré le responsable local pour l'assainissement. Il a déjà constaté une amélioration de l'état général de la santé des enfants. Nous prévoyons qu'il passe deux fois par mois. Nous allons évaluer nos possibilités financières pour mettre en place une formation de 5 jours pour les enseignants uniquement consacrée à l'hygiène et à la prévention. Cette formation devrait se dérouler la semaine précédant la rentrée d'octobre. Une autre formation de deux jours sera proposée aux cuisinières. [caption id="attachment_2600" align="aligncenter" width="450"]Aminata nettoie un dortoir à grande eau Aminata nettoie un dortoir à grande eau[/caption] Un programme de déparasitage sera administré sous forme de pilules aux enfants. Un en mars, un second à la fin de l'année scolaire, un troisième à la reprise des classes et un dernier en décembre ou janvier. Mais tout cela coûte. [caption id="attachment_2599" align="aligncenter" width="600"]Les petits louloups sont à table Les petits louloups sont à table[/caption] Bondi qui fait chaque jour le tour des popotes en goûtant systématiquement ce que les cuisinières mijotent, constate que le menu est différent tous les jours. Selon notre interlocuteur, la variété des menus devrait palier à l'absence d'œufs. [caption id="attachment_2598" align="aligncenter" width="600"]Corvée de vaisselle Corvée de vaisselle[/caption] Michel a grand soif. Aussi, il emprunte la moto d'Etienne pour aller chercher deux Bravolta, l'ancienne dénomination de la Brakina pour calmer ce besoin inextinguible. Le vent souffle et nous déshydrate et commence de me faire mal aux yeux. Michel s'enquiert des duplos. Une des enseignantes le rassure en lui expliquant que les briques ont été mises au programme de l'école. Voilà le père Duplo satisfait. En fin de matinée, nous avons présenté les livres de contes achetés par Francine. Ces livres ont été très bien accueillis, ceci d'autant plus que quatre d'entre eux sont transcrits en braille. J'ai proposé aux enseignants de communiquer leurs remarques et suggestions à Matthieu qui les transmettra par mail à Francine. Voilà une matinée très positive à bien des égards. [caption id="attachment_2601" align="aligncenter" width="600"]Nous vous présentons les cinq enseignants de Boulsa Nous vous présentons les cinq enseignants de Boulsa[/caption] Après un excellent repas de midi composé de pommes-de-terre en sauce avec de la viande de chèvre mitonnées par Jacqueline, petite sieste à l'ombre du ventilateur.

    Je m'accroche

    Je n'aime pas rester sur un échec. Dès 16 heures, je m'assois à nouveau devant l'ordinateur qui pilote cette maudite imprimante braille. Je tombe à nouveau sur un os. J'y pense tout le temps, conscient de l'importance que revêt cette imprimante pour l'école. A l'heure à laquelle j'alimente le blog, trois heures du matin, des idées me viennent encore. Je vais tenter de dormir encore un peu en écoutant un roman policier assez palpitant, avant de tenter le tout pour le tout. [caption id="attachment_2607" align="aligncenter" width="600"]Dernier coucher de soleil lors de ce séjour à Boulsa Dernier coucher de soleil lors de ce séjour à Boulsa[/caption] A bientôt! Nous quittons Boulsa, le samedi 17 mars à 11 heures. D'ici ce délai, je peux toujours rêver trouver une solution.

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    15 mars 2012

    La nuit a été rude à cause de la chaleur et du bruit du ventilateur. Ma moustiquaire était mal arrimée. J'ai senti tout à coup une énorme bête me passer dessus. Je l'ai assommée avec mon oreiller. Je suis à nouveau assis dans notre salon extérieur. J'écoute le bruit de la cour qui est déjà éveillée depuis longtemps. Les gens vaquent à leurs occupations, les poules caquettent, le coq chante, les enfants d'Etienne jouent et viennent me serrer la main les uns après les autres. Jacqueline, la femme d'Etienne, pose la table du petit déjeuner. Elle demande: "Comment va ma maman?" Sa maman, c'est Francine. Il y a un petit minou qui se ballade. Il n'a pas de nom. On ne donne pas de nom aux chats ici. Il y a aussi un âne qui brait tristement. Ce matin, Michel, Etienne et votre serviteur, le trium vira de choc, se réunissent pour faire le point sur la mise en œuvre des mesures décidées en octobre dernier. L'école de Boulsa compte 12 collaborateurs: 5 enseignants, 3 cuisinières qui rigolent lorsque Michel va goûter les plats, une préposée au nettoyage, une secrétaire, un surveillant aveugle et un gardien durant la nuit. Avec Etienne, cela fait 13. Tout en nous référant au dernier bulletin que nous avons adressé à celles et ceux qui soutiennent notre projet, nous examinons, point par point, la mise en œuvre des mesures prévues.

    Nettoyage des lieux communs

    Madame Aminata a commencé son activité début mars. Je me suis permis de demander à Etienne, sur le ton de la plaisanterie bien sûr, s'il l'avait engagée en fonction de notre date d'arrivée. Elle nettoie, chaque jour, les latrines, les douches et les dortoirs. Elle s'occupe en outre du nettoyage des habits des enfants. L'infirmier scolaire a promis de passer chaque semaine. Selon les usages, il faut lui donner (une prime d'encouragement), bien qu'il reçoive un salaire de l'état. Il va sans dire que s'il ne reçoit pas ce petit cadeau, il ne passera pas régulièrement. Le père Bondi feuillette le carnet de santé d'un des enfants. Depuis l'année dernière, chaque enfant a son carnet de santé dans lequel l'infirmier consigne précisément tous les actes médicaux. Matthieu, le directeur, est chargé de l'administration des médicaments. Les enfants se lavent une fois par jour. Un robinet alimenté par une grande barrique sera installé au sortir des latrines pour que les enfants n'oublient pas de se laver soigneusement les mains. Chaque enfant a une paire de chaussures pour se protéger des infections causées par les blessures que les petits aveugles se font en marchant dans la cour. Etienne a réussi à doubler la quantité de poisson nécessaire à la confection du plat quotidien. L'apport protéinique représenté par un œuf par semaine et par enfant, n'a pas pu être mis en place. Les poulettes d'Etienne n'ont que 5 mois et cette denrée est rare sur le marché local. [caption id="attachment_2595" align="aligncenter" width="450"]Une copine à Bondi le gourmand Une copine à Bondi le gourmand[/caption] Nous avons été surpris d'apprendre que ce ne sont pas moins de 70 personnes qui mangent quotidiennement à l'école. Aux dires de Bondi, c'est pas du tout mauvais et la quantité y est. [caption id="attachment_2594" align="aligncenter" width="600"]Coup de feu à la roulante Coup de feu à la roulante[/caption] Etienne nous propose de l'eau. Bondi préférerait de loin une bière. Son vœu, le mien aussi d'ailleurs, est immédiatement exhaussé. Même si tous les objectifs ne sont pas atteints et qu'il nous est difficile d'avoir une vue d'ensemble précise, on sent une réelle volonté de faire le mieux possible et d'appliquer au plus près les mesures qui justifient le parrainage de l'école braille Jean-Marc Meyrat. Bravo Etienne! Après le repas de midi, une petite sieste. Il fait une chaleur à crever. Michel et moi buvons un coca. Etienne s'inquiète: "c'est fini la bière?" Notre réputation est définitivement faite. Nous allons nous rendre à l'école pour tâter de l'imprimante braille. Inch Allah! Comme je l'avais pressenti, Allah ne nous a pas secourus dans cette terrible entreprise. Je n'ai jamais réussi à configurer une imprimante braille, ce n'est tout de même pas aujourd'hui que cela va commencer. Pendant que je m'escrime sur l'imprimante, Bondi a un long entretien avec Etienne. Il ressort de cette entrevue qu'il est vraiment indispensable qu'il y ait une comptabilité générale, afin que nous sachions précisément où nous allons. Du point de vue des salaires, Etienne n'a pas encore déclaré nos intentions aux enseignants. Nous allons donc peut-être revoir nos calculs. De toutes les façons, une intervention de la coopération suisse pour mettre un peu d'ordre dans tout ça, est absolument nécessaire. On peut faire confiance au caissier Bondi pour convaincre les services helvétiques d'intervenir au plus vite. [caption id="attachment_2591" align="aligncenter" width="600"]Tout le monde ne s'appelle Christine Cloux, la fée aveugle de l'informatique Tout le monde ne s'appelle Christine Cloux, la fée aveugle de l'informatique[/caption] Nous avons remis ce soir les deux machines Perkins que nous avons apportées. Nous en ramenons deux autres défectueuses en Suisse que nous ramènerons lors de notre prochain séjour. Bondex appelle ces machines des Pershing, car il vit encore au temps de la guerre froide. Le puits, c'est le centre de tout C'est incroyable le rôle que joue le puits dans la vie de l'école. Les enfants du voisinage se mêlent volontiers aux élèves aveugles et malvoyants. Selon Bondi, tous les enfants vivent de la même manière, ce qui est rassurant dans un certain sens. [caption id="attachment_2588" align="aligncenter" width="600"]Une ribambelle de petits louloups dans la cour Une ribambelle de petits louloups dans la cour[/caption] Nous avons d'ores et déjà pris contact avec une entreprise pour procéder à une analyse de l'eau du puits. On nous assure qu'après trois ans, la qualité de l'eau ne peut pas s'être altérée. Cependant, nous allons faire analyser l'eau afin d'en avoir le cœur net. Ce soir, je suis fatigué et ne vais pas tarder à aller me coucher. Mais avant cela, nous allons accompagner notre repas avec un petit coup de rouge extrait de la topette de Bourgogne à Bondi. Il a un méchant goût de bouchon. Mais à la guerre comme à la guerre: on boit ce qu'il y a! Malheureusement, il y avait du poisson au menu. Ceux qui me connaisse savent que j'entretiens avec cet animal des relations culinaires difficiles. Tous les plats en avaient le goût. Ce cher Etienne s'est empressé d'aller acheter une boîte de petits pois carotte pour moi. Demain, nous avons rendez-vous avec l'infirmier scolaire. A côté de cela, nous allons présenter le livre Lire au Burkina transcrit par Christine Berthoud, ainsi que les livres de contes choisis par Francine. A demain, si vous le voulez bien! [caption id="attachment_2593" align="aligncenter" width="600"]La cour de l'école Jean-Marc Meyrat sert de cadre à d'autres activités La cour de l'école Jean-Marc Meyrat sert de cadre à d'autres activités[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    14 mars 2012

    [caption id="attachment_2584" align="aligncenter" width="450"]Encore un coup du père gepetto Encore un coup du père gepetto[/caption] Devant chez les Fayet, trône fièrement un Pinocchio, une copie, en plus petit, de celui que les automobilistes peuvent voir au bord de l'autoroute près de Villeneuve. Dans quelques années, il contemplera le lac Léman, lorsque Philippe aura pris une retraite bien méritée aux Granjettes. Mais avant cela, il fera un petit crochet par le Niger.

    Départ pour Boulsa

    Nous sommes passés chez Airtel, le Swisscom local, pour charger la clé USB qui nous permet d'alimenter notre blog. Cet opérateur indien est celui qui assure la meilleure couverture internet du Burkina. Francine, tu peux être fière du chauffeur Samsung. Il a trouvé 75 AG de riz burkinabé. Ce riz est plus cher que le thaïlandais, mais qu'importe. Nous appliquons à la lettre la devise du capitaine Sankara: produisons et consommons burkinabé. Ainsi, nous pourrons remettre un sac de riz aux trois centres que nous allons visiter sur la route qui nous mène à Boulsa. [caption id="attachment_2577" align="aligncenter" width="450"]Francine doit être contente Francine doit être contente[/caption] Tradition oblige, nous faisons bénir le bus par Rosalie et en profitons pour embarquer son mari Lucien et une dame que nous ne connaissons ni des lèvres ni des dents. Il semble qu'elle s'occupe du goutte à goutte que la coopération suisse a financé pour l'association de Lucien. Nous en saurons peut-être davantage au cours du voyage, mais elle n'est vraiment pas très causante. Le père Bondi est sur le cul en constatant les résultats atteints par la communauté des handicapés de la vue de Wayen. Depuis Ouagadougou, il n'avait pas vu de verdure. Tout cela a été possible grâce au puits offert par la Mission évangélique braille. Les légumes sont magnifiques. [caption id="attachment_2580" align="aligncenter" width="600"]Un paradis de verdure dans la caillasse environnante Un paradis de verdure dans la caillasse environnante[/caption] Nous quittons la célèbre école Alain Décoppet inaugurée à Zorgho en décembre 2011. Matthieu, le musicien aveugle qui joue sur son instrument constitué de deux cordes tendues sur deux bidons d'huile, chante maintenant en français. Il ne se casse pas pour les paroles: Dieu est parmi nous, et c'est tout. Vous pouvez retrouver Matthieu Ouedraogo sur ce blog, dans la catégorie A vous de jouer. Il me semble que l'émission a été diffusée courant décembre 2011. Nous filons maintenant vers Koupéla, où nous espérons retrouver le morceau de dent perdu par le père Bondi sur un méchant pilon de poulet bicyclette il y a trois ans. [caption id="attachment_2582" align="aligncenter" width="450"]L'arrivée du tour en africovision L'arrivée du tour en africovision[/caption]

    Le poulet bicyclette déboule la tête dans le guidon

    Excellentes pommes-de-terre frites, de la carotte, des haricots et, du poulet bicyclette grillé ou en sauce, très bon. Nous n'avons pas retrouvé le morceau de dent de Bondex. De toutes les façons, il n'en a plus besoin, puisqu'il s'est fait poser un piano. Nous demandons la route. Il commence à faire chaud, vraiment chaud. Nous allons attaquer la piste.

    La piste

    Cette année, elle me rappelle celle empruntée en 2008 avec Heinz dans la Golf bleue un peu métallisée. De la véritable taule ondulée jalonnées de trous. Mes doigts tressautent sur le clavier de mon appareil de prises de notes. J'évite de tirer sur ma pipe de peur de me faire sauter une dent. On ne s'entend plus. Je n'entends même plus la synthèse vocale du portable de Lucien, ce qui n'est pas fait pour me gêner. Ils sont complètement fous du portable. Ce matin, dans le bus, ils étaient trois à téléphoner en même temps. Il y a deux ans, Lucien en avait deux, à croire qu'ils s'appelaient l'un l'autre, un véritable enfer. Voilà, après à peine une heure de route depuis Koupéla, nous sommes arrivés à Boulsa, accueillis par le chant des enfants. Nous venons de découvrir une nouvelle sucrerie: le youki, une sorte de jus de pomme. Cela nous change du coca ou du fanta. Bondi boit du youki. Il est où le Youki à sa mamie? Il a beau dire que cela n'est pas mauvais, il n'en rêve pas moins d'une Brakina bien fraîche, dégustée dans notre petit salon en plein air. Première nouvelle: l'abri qui accueillait les enfants pour le repas a brûlé par les soins d'un élève qui voulait voir comment ça faisait. Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer. Les enfants sont tous venus nous serrer la main. Ils s'accompagnent les uns les autres et parlent si doucement, que les vieux que Michel et moi sommes, entendent à peine les petits louloups décliner leur nom. Nous avons vu le petit Wendinmi le chouchou à Francine. Il me semble qu'il a bien grandi. Nous assistons à une séance de formation pour la mise en train et les activités sportives des enfants. C'est bien, cela va complètement dans le sens de ce que préconise Francine. Beaucoup de gestes sont mis en parallèle avec les mouvements des animaux: le singe grimpe, le serpent rampe, le cheval court, la poule vole, ce n'est pas la seule. Mais tout commence et tout finit par la formation en rangs et la marche à pas cadencés, et on rompt les rangs pour entrer en classe et ça, tous les jours ouvrables. Ne manque que le salut au drapeau. C'est le frère Etienne qui est à l'initiative de cette formation, preuve que ce que Francine a expliqué l'année dernière commence à porter ses fruits. Et maintenant, Brakina! [caption id="attachment_2574" align="aligncenter" width="600"]Tout y est! Tout y est![/caption] Ah! C'qu'on est bien, la Brakina en main! A demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    13 mars 2012

    La nuit n'a pas été trop mauvaise. Etonnamment, il ne fait pas trop chaud, presque frais pour la saison selon Samsung, 35 degrés tout de même. Après le petit déjeuner pris avec Bondi, nous partons pour l'ancien centre pour installer le nouveau PC de Lucien. Encore un grand moment d'angoisse. Encore une fois, merci à toi, chère Christine, pour tout le temps que tu as consacré pour configurer ce PC. Nous sommes bien évidemment installés dans le célèbre Toyote qui compte aujourd'hui 350.000 bornes au compteur, soit 60.000 de plus que lorsque nous avons quitté le Café de l'Ouest à Lausanne en mars 2009 pour convoyer ce bus jusqu'à Ouagadougou. La circulation est toujours intense. Les petites mobylettes chinoises pétaradent et klaxonnent pour se faufiler dans le trafic. Au milieu des vapeurs d'essence, on devine l'odeur de la viande grillée à même le trottoir. Aujourd'hui, je suis assez fier de moi. Tout fonctionne sur le PC de Naré. Si cela continue, je vais me convertir, à quoi? Je ne le sais pas encore. Bondi et Samsung sont passés pour acheter une puce pour mon téléphone portable. La préposée n'est pas parvenue à mettre mon portable en fonction. Il a fallu qu'il passe entre mes mains pour que tout soit en ordre. Un véritable miracle! Brakina à la main, nous voilà assis à notre table habituelle sur la terrasse du jardin du SIAO, le salon international de l'artisanat de Ouagadougou ou, aujourd'hui rebaptisé: le siège de l'informaticien aveugle de Ouagadougou.

    Un exemple pour la Suisse

    Chez Airtel, le Swisscom local, il n'y a pas de problèmes pour les aveugles. Les numéros des tickets de passage sont annoncés par une synthèse vocale. Ça nous en bouche un coin, non? A 13h00, petite omelette chez les Fayet avant une petite sieste réparatrice. Après la réussite de ce matin, je n'entreprendrai rien, histoire de rester sur une bonne impression. Espérons simplement que la chance nous sourie lorsqu'il s'agira de faire fonctionner l'imprimante braille de l'école Jean-Marc Meyrat à Boulsa. Aux environs de 17h, une brusque montée d'adrénaline. Où est-je mis mon poignon? J'ai tourné pendant une heure, dans un état d'inquiétude indescriptible. Finalement, c'est grâce aux enfants de Boulsa que je me suis souvenu que j'avais mis mes sous dans la poche extérieure de ma valise où se trouvait le crayon pour inscrire le titre des contes transcrits en braille que nous allons proposer aux enseignants et aux enfants de Boulsa. L'alerte fut chaude. Au dîner, roesti et émincé à la zurichoise. Nous sommes dès lors prêts pour le poulet bicyclette. On a refait le monde, comme d'habitude, en nous racontant quelques vieilles histoires en buvant quelques verres sur la terrasse par une température très agréable. Demain, nous partons pour Boulsa. Après quelques achats, nous irons faire bénir le bus par Rosalie et départ! Je vais écouter, grâce à mon iPhone, le match Marseille contre Milan. A demain, si vous le voulez bien et si Internet est d'accord. Michel et Jean-Marc

  • Catégorie: Sur le terrain

    12 mars 2012

    C'est parti mon kiki!

    Je viens de quitter ma femme Francine sur le quai de la gare de Lausanne avec un petit pincement au cœur. Je me réjouis toujours de repartir, mais à chaque fois, je ressens un peu d'appréhension. Ce ne sont tout de même pas des voyages de tout repos, même si je suis habitué, puisqu'il s'agit de mon septième séjour au Burkina Faso, dont le troisième avec Bondi. En plus, j'ai un rhume que je traîne depuis une semaine. Je me suis installé en première classe. Mes deux énormes valises laissées dans le couloir, se jaugent comme deux boxeurs poids-lourds avant la pesée. Ce moment risque de s'avérer difficile, croisons les doigts. Au pire, nous devrons tout démonter avec Bondex pour répartir au mieux le poids. Lors de mon dernier voyage avec Francine en octobre 2011, nous avions eu une chance du tonnerre de dieu, car ma célèbre canne blanche nous avait permis d'être traités à l'égal des passagers de première. Pourquoi pas cette fois encore?

    Non, pas ce coup-là!

    On a dû tout ouvrir. Heureusement, Bondex avait une valise qui ne pesait que 14 KG. Dans cette aventure, le bel ordonnancement consciencieusement fait par Francine a été un peu mis à mal. Bondex a une machine braille et l'ordinateur du roi Naré comme bagages à main. Tout compte fait, nous avons environ 110 KG de bagages. Histoire de se mettre en forme et de se remettre de nos émotions, nous éclusons une première bière avec Jean, un des potes de Bondex, avant d'embarquer.

    Vive la France!

    Entre Genève et Paris, nos papilles ont été chatouillées par un Château Ducla, un redoutable Entre deux mers, qui nous prépare à ce que nous allons boire entre Paris et Ouagadougou. Ce qu'il y a de bien à Roissy, l'assistance fonctionne d'autant mieux, que lorsqu'on ne la pas demandée. Nous étions attendus au sortir de l'avion à Paris et conduits sans encombre à travers tous les contrôles jusqu'à notre porte d'embarquement où nous avons attendu patiemment notre avion en grignotant un sandwich avec de l'Heineken, si c'est pas malheureux des choses pareilles. Nous partons avec un léger retard. J'en profite pour faire un petit somme, très fatigué, après la nuit épouvantable que j'ai passée à cracher trippes et boyaux. L'apéritif arrive, champagne! Puis le plateau: salade, risotto, camembert Président, bâton d'ananas et une tartelette au goût parfaitement indéfinissable. Du poulet nous était également proposé. Mais nous nous sommes dit avec la prudence qui nous caractérise, que nous en mangerions assez durant notre séjour au pays des hommes intègres. Tout cela arrosé d'une syrah portant le joli nom de Couleur du sud, tout un programme. Attention! Turbulences sur la méditerranée, veuillez regagner vos places et tenir vos verres. Les petites bouteilles de vin rouge ne contiennent que 178 ML, pas un de plus. C'est un peu juste pour les baroudeurs que nous nous sentons peu à peu redevenir. Nous demandons deux autres petites bouteilles. Ainsi, notre réputation est faite et nous avons été menacés, gentiment il est vrai, d'être privés de digestif. Cognac en main, nous atteignons la côte africaine. Il y a encore de la neige sur les sommets du pays de mon ami Nasser, l'Algérie. A notre arrivée, le comité était présent: Lucien Naré et sa fille Valérie, les pasteurs Bouba et Samsung, Laurent Abga, le président de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina et bien sûr: Philippe et Tinou. Le programme de notre séjour établi, deux bières et dodo. A demain!