15 juillet 2025

Quatrième jour.

Chose promise, chose due, je continue.

Malgré de gros problèmes techniques, le cours s'est bien déroulé.  Ce qui est difficile pour moi, c'est la langue. En plus de mes soucis de surdité en milieu bruyant, j'ai souvent de la peine à comprendre le français parlé au pays des hommes intègres. J'ai tout de même quelques états d'âme. Je constate que la majorité des personnes présentes ont déjà un smartphone, certes beaucoup moins compétitifs qu'un iPhone, mais tout de même. Est-ce que ce sont les bonnes personnes qui ont été sélectionnées? Il y a certainement des raisons que j'ignore, mais voilà un point que je dois absolument éclaircir avec Noël

Rencontre avec Zidyon Sandouidi

Voilà qui fera certainement plaisir à Dominique, la femme du redoutable caissier  Bondi. Zidyon a convoqué Bouba et votre serviteur pour assister à la clôture de sa formation en matière d'apiculture. C'est vraiment un excellent communicateur: il est drôle et très dynamique. Il en a profité pour réitérer devant un public conquis sa demande de faire un stage d'apiculture en Suisse. J'ai pris le micro pour expliquer à la quarantaine d'apprentis-apiculteurs présents que l'apiculture était devenu en Suisse un emploi complémentaire et qu'il était difficile pour un apiculteur d'accueillir à plein temps pendant une semaine un stagiaire aussi gratuit soit-il.

Rencontre avec le Centre National des Femmes Aveugles (CNFA)

Il y a deux jours, j'ai porté à votre connaissance le rapport concernant une sensibilisation de jeunes filles aveugles issues de milieux défavorisés à l'hygiène corporelle et vestimentaire financée une donatrice d'A-B-C-D. La présidente du CNFA à mis en évidence la difficulté de se procurer les kits indispensables. Je dois avouer que j'ai un peu mal réagi à une demande de financement pour ces kits. Boubakar, notre représentant, m'a bien aidé en insistant sur le fait qu'il avait des serviettes hygiénique traditionnelles qui, moyennant une formation pour les concevoir, peuvent parfaitement convenir. J'ai insisté sur le fait que la souveraineté ne passait pas seulement à travers les slogans politiques et le changement de nom des régions, mais aussi par le refus de dépendre des serviettes jetables occidentales.

J'ai tout de même poser la question: Comment est-ce possible que ces jeunes filles soient si peu au fait de ces questions d'hygiène? Il m'a été répondu que ces jeunes filles scolarisées ou non vivent très souvent dans des familles d'accueil. Ces familles étant peu payées, le soin apporté à ces enfants est tout à fait défaillant.

La très charmante et sympathique présidente du CNFA est intervenante sociale. Je lui ai demandé: "Qu'est-ce qui se passe en cas d'abus manifestes, sexuels par exemple?" Sa réponse: "On s'arrange à l'amiable et on pousse la poussière sous le tapis."

À part cela, l'échange était cordiale. Je pense que le comité d'A-B-C-D aura très bientôt l'occasion de se déterminer sur plusieurs projets:

  • Une formation à l'utilisation de l'iPhone pour six femmes handicapées de la vue, membres du bureau de la CNFA;
  • Une formation à la culture Hors-sol;
  • Une formation en matière d'élevage de petits ruminants.

C'est la démission totale

La présidente a également évoqué:

  • La sensibilisation à la prise de stupéfiants au lycée par les jeunes personnes aveugles;
  • Une formation à la cuisine.

En fait, tout le monde démissionne ou cède à la facilité. Le problème lié à l'addiction aux stupéfiants n'a rien à voir avec le handicap de la vue, c'est le travail de l'État. Ce sont les mamans et les écoles spécialisées qui doivent enseigner aux jeunes personnes handicapées de la vue ce que l'on appelle les AVJ, les activités de la vie journalière. Lorsque j'étais scolarisé à l'Asile des aveugles à Lausanne, il y a plus de 50 ans, j'ai acquis des notions de cuisine. Bref, on ne va pas vers le beau!

Je constate avec un certain agacement que rien n'a changé. Ces structures ne sont pas en capacité de prioriser les projets. J'ai le sentiment qu'elles proposent une forme de paquet à différents bailleurs de fonds et qu'elles attendent les résultats de la pêche. Tout cela est tout sauf transparent. Quelles garanties avons-nous que les projets ne sont pas financés par plusieurs ONG? Je peux parfaitement comprendre que l'on tape tous azimuts, mais ce n'est pas vraiment correct lorsqu'on a déjà collaboré avec une association soutenante.

Cette rencontre avec ces dames m'a bien ragaillardie. Il n'y a pas que la technique dans la vie.

 

À demain!