Catégorie: Sur le terrain
7 mars 2009
Publié le 7 mars 2009
Dakhla est une ville très touristique située sur une presqu'île. Nous avons tourné au moins une heure avant de trouver un hôtel à la mesure de nos moyens. Histoire de changer du tajine, ravioli en boîte dans la casemate. Bondi a sorti son campinggaz. Cela lui rappelle les virées sous tente avec la Doche et leurs trois fils, à Philippe Paul, ses cours de répétition et à moi, le sempiternel menu du lundi soir à l'asile des aveugles. Nous avons sifflé la bouteille de whisky pour ne pas risquer d'importer des produits prohibés en République islamique de Mauritanie. Il reste un peu de pinard dans le bidon ce qui fait dire à Philippe: "Si il était bon, il y a longtemps qu'il n'y en aurait plus!" Tout en sirotant notre whisky, Philippe et moi choisissons les photos et préparons les textes pour le blog. On entend Michel faire la tambouille et crier comme en famille: "à table!"
Ce matin, petit café dans le bistro du coin qui ressemble comme beaucoup d'autres à un hall de gare, et départ.
Nous venons de rejoindre la route qui va nous mener jusqu'à la frontière mauritanienne. De chaque côté, le désert, il pleuvine par moment. La couleur du sable généralement proche de celle du pantalon de Philippe, passe ici de l'ocre, au jaune, en passant par le gris presque blanc. Depuis 80 kilomètres, nous n'avons croisé que deux véhicules.
Nous nous sommes fixé comme objectif du jour, Nouadhibou, la deuxième ville de Mauritanie située peu après la frontière où aboutit la voie ferrée qui achemine dans ce port le minerai de fer. D'ici là, trois difficultés, et non des moindres, nous attendent: premièrement, la sortie du Maroc, deuxièmement, un no man's land sans piste réellement tracée entre le poste frontière marocain et le mauritanien, et troisièmement, la douane mauritanienne réputée peu engageante. Mais pour ne pas transgresser les règles immuables, nous avons préparé quelques cadeaux, des téléphones portables, pour attendrir la rigueur des douaniers mauritaniens: inch'allah. Nous venons de dépasser le tropique du cancer, 23 degrés 27 minutes latitude nord, 16 degrés 1 minute longitude ouest. Dès maintenant, nous complétons jusqu'au goulot le réservoir du Toyote, aussitôt que nous apercevons une des rares stations d'essence qui ne proposent de loin pas toutes de la super.
J'ai pris place à l'avant du Toyote à côté de Philippe. Bondex prépare le pique-nique à l'arrière. Il débite la viande séchée et distribue les blévita et le pinard pour lui et moi, et l'eau pour Philippe. Quelques larmes coulent dans le Toyote. Les unes de tristesse car on arrive gentiment au bout de l'excellente viande sèche de Greg (boucherie Brumann à Granges VS) et les autres de bonheur, parce qu'on parvient enfin au fond du bidon de merlot.
La sortie du Maroc
Nous serons restés plantés là trois heures et demie. Dans ces circonstances, même la canne blanche demeure impuissante. Les uniformes sont de toutes les couleurs. De l'armée à la police, de la gendarmerie au douanier, ils sont tous là. Autant de contrôles, de tampons. Nous tombons d'autant plus mal que c'est la pause de midi et que tout le monde mange. En plus, hier vendredi, jour de la prière, la frontière mauritanienne était fermée. Les gars restent là debout à ne rien faire, à attendre comme nous. Mais attendre quoi? on n'en sait rien, on attend. La hantise de la dernière benne commence à s'insinuer dans nos esprits résignés: pourrons-nous entrer en Mauritanie ce soir encore?
La piste
On est enfin passé' roulez bolide. Je n'ai jamais vu une piste pareille. Elle est pire que les coins les plus épouvantables de celle qui mène à Boulsa. Sois vaillant mon brave Toyote, promis, nous ne te ferons plus jamais subir des horreurs pareilles, tiens bon mon petit. Aux alentours, Une vraie poubelle, des centaines de carcasses de voitures abandonnées. Cela ne serait vraiment pas le moment de crever. "Merde, ça y est, on s'est ensablé!". On ne peut ni avancer, ni reculer. C'est un peu la panique à bord du Toyote. On descend et on sort les pelles, avec Bondex, on pousse, on avance de 10 centimètres, rien à faire. Comme par enchantement, dix minutes plus tard, se pointe un bus Mercedes pour nous tirer de ce très mauvais pas contre monnaie sonnante et trébuchante bien sûr. Nous n'avons pas le choix et nous laissons 50 euros dans cette aventure. Il est certain que les gars font des traces qui ne mènent nulle part pour que ceux qui ne connaissent pas la vraie piste se plantent. Maintenant, nous sommes dans la queue pour entrer en Mauritanie. A chacun son Paris Dakar. Mais que d'émotion! Ouf, on est passé la frontière sans bakchich, sauf 8 dafalgans. Super chauffeurs, super Toyote, super souvenirs. Bonne nouvelle, cher Toyote, tu es couvert en Mauritanie.
Il nous restait une bouteille de petite arvine que nous destinions à Philippe et Tinou. Compte tenu des circonstances, elle sera bue dès ce soir, à votre santé, cher Philippe et chère Tinou, mais aussi à la nôtre et surtout à celle du Toyote.
Pour toi, petite Colinette, voici une photo du Oui-oui. Il pense également très fort à toi, tonton aussi, Philippe et Michel également. Gros bisou Colinouche!
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Désert entre Maroc et Mauritanie[/caption]
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Coucou de Oui-oui pour Colinette[/caption]
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Mosquée de Dakhla[/caption]
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Bon, on fera pipi sur la route[/caption]