Voyage à Boulsa, novembre 2010


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  • Catégorie: Sur le terrain

    Les paysans africains et l’agriculture transgénique

    Les producteurs de coton burkinabé sont esclaves des semences transgéniques. Le coton qui constitue une des principales richesses de l'agriculture burkinabé est une résurgence coloniale. Les grands producteurs d'OGM, que sont l'américain Monsanto et le suisse Syngenta, occupent le terrain. Scandaleusement ces deux entreprises se sont partagées le marché mondial. Syngenta a quitté l'Afrique pour occuper le marché latino-américain, où les intérêts américains ne sont pas très bien vus par certains. Préoccupés par la sécurité alimentaire, les paysans burkinabé préfèrent recourir aux OGM. Est-ce qu'on a suffisamment édicté les lois régissant le recours aux OGM? a-t-on suffisamment exploité les pistes de la recherche agricole classique? Un chantage se fait jour. Vous les paysans, vous êtes, que vous le vouliez ou non, dans la productivité industrielle, vous avez loupé la révolution verte, ne loupez pas la révolution génétique. Cela fait tout de même froid dans le dos. Les bouches à nourrir sont de plus en plus nombreuses et les pays doivent exporter des denrées dont le prix est fixé par les importateurs américains et européens. Comme les enfants, même en milieu rural, vont à l'école, il y a de moins en moins d'actifs dans les champs qui doivent générer la plus grande valeur ajoutée possible pour assumer les coûts et peut-être, limiter l'émigration incontrôlée vers les pays riches. A l'exception du coton, le Burkina Faso ne subit pas encore de lourdes pression. Cependant, la journaliste Catherine Morand mentionne des cas de discrets débarquements de semences transgéniques de nuit sur l'aéroport de Ouagadougou: c'est la grande opacité. Est-ce que le recours à grande échelle des OGM pourrait venir à bout de la famine? Certainement pas, car une telle agriculture est généralement monolithique et de ce fait, à la merci des catastrophes écologiques et des variations des cours mondiaux des produits alimentaires. Malheureusement, les meilleurs chercheurs sont engagés par les grandes entreprises privées occidentales. Selon certains intervenants, les connaissances agronomiques sont à dessin sous utilisées, au profit de la recherche dans le domaine de la chimie.

  • Catégorie: Sur le terrain

    2 novembre 2010

    Il fait chaud, mais c'est supportable, 35 degrés environ. Nous sommes en route pour un premier recyclage informatique à dispenser au roi Naré. Nous sommes dans le trafic intense de Ouaga à bord du célèbre Toyote qui brille comme un sou neuf. [caption id="attachment_1652" align="aligncenter" width="600"]Le Toyote relooké avec le pasteur Samsung et le roi Naré Le Toyote relooké avec le pasteur Samsung et le roi Naré[/caption] Il a maintenant 317.000 bornes au compteur mais se porte comme un charme. Bien que Samsung l'ait parfaitement à sa main, cela ne l'a pas empêché de ramasser une bûche pour avoir emprunté un sens interdit. Le roi Naré a dit: "oh! police au cœur de pierre!" [caption id="attachment_1654" align="aligncenter" width="600"]Une artère à Ouaga Une artère à Ouaga[/caption] Les petites motos chinoises se faufilent avec hardiesse en pétaradant. Cela sent le gasoil et la viande qui grille dans les petites échoppes à même le trottoir. Cela klaxonne de partout. Nous voilà coincés dans un embouteillage causé par un accident. Le cœur du reggae bat des haut-parleur qui crachent un son pourri. [caption id="attachment_1655" align="aligncenter" width="600"]Une rue tout à fait typique à Ouaga Une rue tout à fait typique à Ouaga[/caption] L'ordinateur du roi Naré fonctionne bien. Nous venons de poser l'écran offert par Heinz. Quant à l'imprimante braille, je me sens un peu démuni. Le roi Naré vient de se tirer, toute affaire cessante: il est demandé au ministère, dommage qu'il ait oublié sa médaille du mérite national à la maison. Bondex vient d'aller chercher les deux premières bières de la journée. Il est une heure, nous sommes raisonnables. J'ai passé au moins une plombe pour organiser le nouveau téléphone portable que j'ai apporté au roi Naré. [caption id="attachment_1653" align="aligncenter" width="600"]Je tire sur ma pipe sous l'arbre de la sagesse Je tire sur ma pipe sous l'arbre de la sagesse[/caption] Après d'excellentes crudités partagées avec Bondi et Tinou, je me retire dans mes appartement pour faire une sieste et m'occuper du blog. En fin d'après-midi, nous nous rendons à l'hôtel Indépendance, où Philippe participe à une table ronde dans le cadre du Forum international médias nord sud, fondation dirigée par Jean-Philippe Rapp. [caption id="attachment_1676" align="aligncenter" width="600"]Fayet en action Fayet en action[/caption] En soirée, nous partageons un repas dans un jardin avec Jean-Philippe Rapp, son épouse, Philippe Dahinden, un ancien journaliste de la RSR qui monte maintenant des radios dans les zones en conflit, un avocat lausannois que je connais de la Bavaria, Bondi, Philippe et Tinou. La nourriture est bonne, la musique aussi forte que répétitive. Il m'est impossible de vous laisser pour aujourd'hui, sans vous entretenir du "pichet", le vin servi sur cette agréable terrasse, qui, affirme le serveur, vient directement de Paris et qui n'a, selon les dires experts de Philippe, pas une once de raisin. Je crois que je préférais encore le pinard que nous avions acheté, dix-huit mois plus tôt en France, que nous avons fini dans les larmes dans le désert mauritanien.

  • Catégorie: Sur le terrain

    1er novembre 2010

    Nous voilà partis!

    Après un pot pris à l'aéroport de Genève avec mon loup Francine et Jean, un pote à Boodi, pelage soyeux, tel était son nom chez les louveteaux, me lit le programme concocté par le pasteur Bouba. Cette feuille de route va nous servir de fil rouge tout au long de notre séjour au pays des hommes intègres. Nous embarquons dans quelques minutes, direction Paris, où nous ferons escale quelques heures, avant de rejoindre Ouagadougou après 5 heures de vol. Bondi qui feuillette Libération, a déjà l'œil rivé sur l'hôtesse qui va nous servir l'apéro, un méchant Côte du Rhône blanc qui n'a aucune leçon à donner à notre célèbre Rapille. Arrivés à Paris, tout semble bien commencer. La préposée à l'assistance, une Daniella d'origine tchèque, est charmante et efficace. Dès notre arrivée dans l'autre terminal, l'assistance brille par son absence. La même mésaventure s'était déjà produite lors de mon dernier séjour avec Francine en avril dernier. Après avoir définitivement fait une croix sur l'assistance, nous voici attablés avec un sandwich et un coup de rouge. Nous voilà dans la salle d'embarquement. Tout À coup, le haut-parleur appelle Bondi au desk. Aurait-il enfin gagné au loto? Non, ce n'est que l'assistance qui nous rattrape. Nous venons de décoller de Paris Charles De gaulle. Pelage soyeux a sorti un polard de Brussolo et moi, je me transporte sans coup férir avec Ken Follett, dans l'Angleterre du quatorzième siècle. Bondex vient de recevoir son premier mauvais point. La gentille hôtesse vient de nous rapporter nos passeports qui sont tombés de son sac: Ça commence fort. Les biscuits pour chiens et le Chardonnet sont arrivés. On attend la dînette, ça occupe.

    Au menu:

    En entrée, salade houlahop, (pâtes aux légumes, sauce tomate, mozzarella râpée), je ne vous explique pas la tête de la mozzarella, fricassée de poulet sauce au pesto, purée de pommes-de-terre et carottes, ou risotto aux champignons, camembert, mandarine, mi-cuit chocolat orange, café et thé. Comme pinard, un vin du Pays d'Oc 2009, La Baume ou un Côte du Ventoux 2009, La Vieille ferme de chez Perrin et fils. Nous avons déjà les tendons qui tirent pour user d'une citation chère à Philippe-Paul Racine, la troisième hyène du voyage à bord du Toyote en mars 2009. Et pour terminer, digestif ou liqueur, dont nous ne connaissons pas encore la nature. Bon appétit! Nous avons opté pour un coup de Vieille ferme plutôt que pour un coup de Baume: erreur. J'en prends pour preuve qu'au second service, il n'y a plus de Baume. Ce vin ressemble comme un frère au merlot que me vend Gégé et que je suis seul à pouvoir boire, mais frais. La gamme de digestif est restreinte. Nous allons jeté notre dévolu sur du cognac, afin que Whist ti ti aboyeur, un autre tète chez les louveteaux, puisse digérer son mi-cuit chocolat orange qui lui reste sur l'estomac, malgré les turbulences sahariennes. Cependant, il semble que nous ayons été repérés, car le chariot des digestifs ne parviendra jamais jusqu'à nous. Nous sommes arrivés dans les temps à Ouaga. Un monde fou à l'aéroport. Il ne faut vraiment être soucieux quant à l'état de ses bagages. Le comité d'accueil était composé de Valérie, du roi Naré, de Samsung, de Philippe et Anne-Christine.

  • Catégorie: Sur le terrain

    Les préparatifs vont bon train

    Audio: chants et danses à Boulsa [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/10/chants-et-danses-Boulsa.mp3"][/audio] Michel Bondi et moi commençons sérieusement à nous préoccuper des bagages. Le jeudi 28 octobre, nous allons nous répartir la charge, afin que les mésaventures de 2008 ne se renouvellent pas. Tout fier de ma valise dernier cri, je ne m'étais pas rendu compte qu'elle pesait 75 kg alors que le poids maximum pour un bagage est de 32. Il a dû donc fallu aller acheter en catastrophe une valise supplémentaire pour mieux répartir la charge. Ci-dessous, la liste du matériel que nous allons acheminer au Burkina Faso 4 PCS portables équipés d'une synthèse vocale. Ces machines ont été configurées par les mains expertes de Luc Fontolliet. Deux équiperont la salle informatique de l'école Jean-Marc Meyrat à Boulsa. Les deux autres seront mis à la disposition de deux autres écoles pour aveugles à Zorgho et à Ouagadougou. Ce matériel a été offert par l'entreprise Medtroni grâce à une de ses collaboratrices, Madame Fabienne Rouiller. 7 kg de duplo qui donneront la possibilité aux petits louloups aveugles de l'école de Boulsa de s'adonner au jeu de construction. Une partie de ces gros legos nous sont parvenus suite à un appel lancé dans l'émission "La ligne de coeur" sur la Première du 4 octobre dernier, mais surtout, grâce à l'élan généreux de familles genevoises, suite à l'annonce qu'a fait paraître Michel Bondi dans le journal Le Courrier. [caption id="attachment_1630" align="aligncenter" width="600"]Bondi fait joujou Bondi fait joujou[/caption] Une trentaine de figurines en plastic d'animaux qui leur permettront de se représenter à quoi ressemble un éléphant, un lion, un cheval ou les animaux de chez nous. Quelques kg de bonbons avec les brosses à dents et le dentifrice qui vont avec. Une trentaine de paquets de lingettes parfumées pour se laver les mains après avoir mangé un poulet bicyclette, cadeau très apprécié. 6 exemplaires du livre en vigueur dans le programme scolaire burkinabé pour l'apprentissage de la lecture. Ce livre a été transcrit par ma belle-sœur, Christine Fayet. 4 livres qui constitueront la base du fonds de la bibliothèque braille de l'école de Boulsa. Ces ouvrages ont été imprimés par la Bibliothèque braille romande de l'Association pour le bien des aveugles à Genève grâce aux bons soins d'Anne Pillet, la directrice. Une poupée pour apprendre le Braille qui accompagnera les tout petits. Un PC qui servira à piloter l'imprimante braille mise à disposition par Blaise Gauchat, le responsable du Service romand d'informatique pour handicapés de la vue. Cet engin imposant a été acheminé à Boulsa par Gabriel Delabay de Bulle. 400 capsules Nespresso pour Anne-Christine et Philippe Fayet, nos hôtes à Ouaga. Des produits cosmétiques pour les femmes qui entourent Lucien Naré, le directeur de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina. Un écran plat pour le roi Naré, pour suppléer à l'écran de son PC portable qui ne veut plus rien savoir. Un téléphone portable équipé d'une synthèse vocale pour remplacer celui du roi Naré qui a déjà quelques heures de vol.