Voyage à Boulsa, octobre 2012


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    31 octobre 2012

    [caption id="attachment_3062" align="aligncenter" width="600"]Le jardin insolite dans la cour de Boulsa Le jardin insolite dans la cour de Boulsa[/caption] Voilà, le jour se lève sur la cour du frère Etienne. Les coqs se donnent à fond et l'âne brait toujours aussi tristement. Il est six heures, les femmes et les enfants vaquent déjà à leurs occupations. J'ai le sentiment que nous avons fait du bon travail. Maintenant, il va s'agir de mettre en œuvre tout ce que nous avons suggéré et décidé. Je dois reconnaître que Francine m'en a mis plein la vue. Je ne doutais absolument pas de ces compétences sociales et pédagogiques, mais je ne la voyais pas aussi à l'aise en comptabilité. En ce dernier matin à Boulsa cette année, je mesure, comme à chaque fois, la chance que j'ai de pouvoir compter sur l'appui de Francine et des membres de notre comité, Heinz et Bondi. Maintenant, il faut trouver un stratagème afin qu'Etienne accepte que nous participions aux frais de pension, ce n''est pas gagné. En fait, c'est perdu. Etienne refuse catégoriquement. L'unique subterfuge que nous avons trouvé, c'est de donner un montant à Mathieu, le directeur de l'école, pour que les cuisinières apprêtent un ou plusieurs repas de fête pour les petits loulous aveugles. [caption id="attachment_3066" align="aligncenter" width="600"]Les deux formateurs Les deux formateurs[/caption] Nous assistons à la formation sur l'hygiène et l'assainissement. Le programme est simple, vivant et bien adapté aux participants. Il s'agit d'une approche associant théorie et travaux pratiques. Le tout est informatisé. Comme il s'agit des membres du personnel qui ne sont pas enseignants, la formation est donnée en mauré. Casimir et Daniel, les deux formateurs aveugles en tissage, prennent des notes en langue mauré avec la tablette et le poinçon. [caption id="attachment_3067" align="aligncenter" width="600"]Casimir et Daniel, les deux participants aveugles Casimir et Daniel, les deux participants aveugles[/caption] Selon l'infirmier, juste en se lavant consciencieusement les mains, on peut éviter 40 % des maladies. La fièvre typhoïde par exemple, c'est la maladie des mains sales. Dans certaines communautés, celui qui se lave les mains est considéré comme un nassara, un blanc. Les enfants ont donc un conflit de loyauté avec leur communauté lorsqu'ils rentrent de l'école. Il faut répéter sans se lasser. A l'époque de la révolution, les enseignants du Burkina Faso répétaient tous les matins: "L'apartheid est un crime contre l'humanité". Maintenant il faudrait dire chaque jour aux enfants: "Il faut se laver les mains plusieurs fois par jour". [caption id="attachment_3058" align="aligncenter" width="600"]Formateurs et partcipants Formateurs et partcipants[/caption] [caption id="attachment_3068" align="aligncenter" width="600"]Mathieu tient le cadeau de mama dans les mains Mathieu tient le cadeau de mama dans les mains[/caption] Avant le départ, une petite cérémonie d'adieu a été organisée à notre intention. A cette occasion, Francine a reçu une magnifique tenture. Au milieu des bouteilles de coca, de fanta et autre malta, trônait une bouteille de Brakina, la bière locale. Devinez à qui elle était destinée. [caption id="attachment_3060" align="aligncenter" width="600"]Francine et Jean-Marc Meyrat déplient leur cadeau Francine et Jean-Marc Meyrat déplient leur cadeau[/caption] C'est très satisfaits de notre séjour que nous avons demandé la route et quitté Boulsa escortés par la moto d'Etienne jusqu'à la sortie de la ville. Nous aurions dû rencontrer Guy Yamemeogo, le président de l'Association burkinabé pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABEPAM), à 16 heures. Il avait oublié que se déroulait le Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO) et que, de ce fait, lui et ses collaborateurs faisaient un horaire continu. Ils ne font vraiment pas beaucoup d'efforts. Nous sommes rendus à Ouagadougou. Après une petite douche tout à fait salutaire, nous nous rendons chez Samsung, car l'état de sa main lui interdit de conduire. C'est vraiment chaotique pour se rendre chez le pasteur cultivateur. On vient de mailler une pièce au bus. Salif a sorti la caisse à outils qui a fait le Paris Dakar. Avant la piste entre la frontière marocaine et mauritanienne, c'est le pire qu'il ait connu. Dans ce coin, il vaut mieux venir à vélo ou à moto. Pauvre Toyote! Il fait une chaleur d'enfer ce soir. C'est peut-être également le piment d'Agnès qui fait son effet et la bière ne fait qu'empirer les choses. Nous allons aller faire un petit tour au SIAO et après, dodo. Nous sommes crevés. Nous arrivons à la fin de ce séjour au pays des hommes intègres et, par conséquent, à la fin de cette chronique. Tout a été vraiment parfait. Nous aurons encore plein de choses à vous raconter. Nous repartons ce soir à 21 heures. Un voyage sans histoire, si ce n'est la gigantesque girafe de Francine en matériel de récupération, qui n'a pas passé le contrôle de sécurité. Mais tout est bien qui finit bien. Elle trônera bientôt dans notre salon à Trogne. Nous vous remercions d'avoir suivi ce blog et nous réjouissons, d'ores et déjà, de revenir au burkina Faso et de vous faire partager le destin de l'Ecole Jean-Marc Meyrat à boulsa.. Jean-Marc et Francine

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    30 octobre 2012

    [caption id="attachment_3054" align="aligncenter" width="450"]Une enseignante, Balkissa, enseigne avec son bébé Une enseignante, Balkissa, enseigne avec son bébé[/caption] Me voilà à nouveau dans la cour. J'écoute l'activité qui s'éveille. Quelques coqs chantent de-ci de-là. Au loin un âne brait. Jacqueline, la femme d'Etienne, vient me souhaiter le bonjour. Elle m'appelle papa, c'est joli, non? J'en entends déjà ricaner. Rassurez-vous, elle dit maman à Francine. La qualité de l'eau du puits de Boulsa demeure au cœur de nos préoccupations. A l'occasion de notre dernier voyage en mars dernier avec Bondi, nous avions rapporté à Ouaga une bouteille d'eau tirée du puits pour analyse. Après un premier examen superficiel, il s'est avéré que l'eau était de bonne qualité. Cependant, nous avons souhaité une analyse plus complète. Pour ce faire, nous avons laissé de l'argent à Bouba, afin qu'il puisse entreprendre les démarches nécessaires. Malheureusement, il n'a pas pu avoir un rendez-vous avec le préposé du laboratoire. Il a d'emblée flairé la magouille. Il a très vite eu le sentiment que le gars avait l'intention de faire le boulot à gauche. Prudemment, Bouba a stoppé toutes les démarches. Compte tenu de la situation, j'ai proposé à Bouba qu'il garde l'argent, qu'il se renseigne pour trouver un autre laboratoire et qu'il prélève à nouveau de l'eau à Boulsa, dans un récipient fourni par le laboratoire cette fois. [caption id="attachment_3044" align="aligncenter" width="600"]De l'école au boulot De l'école au boulot[/caption] Nous avons visité les deux moulins. Ces installations ont été financées par la Mission évangélique braille et la Fédération suisse des aveugles et malvoyants. L'un se trouve à côté de l'école, l'autre à deux kilomètres environ, ce qui pour Etienne, ne représente pas un problème d'accessibilité pour les personnes aveugles. Preuve en est, Casimir, l'enseignant aveugle en tissage, s'y rend seul. [caption id="attachment_3045" align="aligncenter" width="600"]Le moulin et le moteur à gazoil Le moulin et le moteur à gazoil[/caption] Moyennant une formation appropriée, cette activité est à la portée des personnes aveugles. Il va bien sûr s'agir d'adapter un peu les installations en apposant certaines protections près des courroies. [caption id="attachment_3047" align="aligncenter" width="600"]Les tonneaux pour l'eau de refroidissement et l'échappement pour le gazzoil Les tonneaux pour l'eau de refroidissement et l'échappement pour le gazzoil[/caption] [caption id="attachment_3048" align="aligncenter" width="450"]Le mécanicien des moulins Le mécanicien des moulins[/caption] Il s'agit de deux moulins multifonctionnels pour moudre les différentes céréales, pour broyer les noix de karité et pour décortiquer l'arachide par exemple. Ces moulins qui sont alimentés au fuel, fourniront de l'électricité aux maisons environnantes. Chaque moulin brûlera environ sept litres de fuel par jour. La distribution de courant aux voisins moyennant paiement, devrait être proposée le soir, après le travail journalier. Une plaque mentionnant les bailleurs de fonds sera apposée sur chaque moulin. Il s'agit-là de la première activité génératrice de fonds de l'école de Boulsa. Les comptes [caption id="attachment_3049" align="aligncenter" width="600"]L'heure est grave! L'heure est grave![/caption] Etienne a chaussé ses lunettes, ça va bouillir. La présentation des comptes nous laisse perplexes. Etienne a dépensé tout ce qu'il a reçu. La secrétaire est un peu dépassée. Elle manque non seulement d'outil, mais surtout de formation. Nous avons quelques explications à donner au caissier Bondi. Je crains qu'il saute en l'air. L'idéal serait que la secrétaire puisse suivre une formation et que la DDC puisse assurer un suivi. Malheureusement, nous avons le sentiment que la secrétaire si pleine de bonne volonté soit-elle, n'ait pas les bases suffisantes. En tout état de cause, cela prouve, encore une fois si besoin est, qu'Etienne n'est actuellement pas en mesure d'accroître son activité. Francine et moi avons demandé à Etienne d'établir les comptes en fonction de l'année civile et non de l'année scolaire. A l'occasion de sa dernière séance, le comité d'a-b-c-d nous avait demandé de proposer à Etienne une économie d'un million de francs CFA pour tenir compte des entrées réalisées grâce à l'activité des moulins. Compte tenu qu'ils ne sont pas encore tout à fait en fonction, nous avons décidé de repousser le budget 2013 final en mars 2013, afin qu'Etienne ait des indications concernant le rendement des moulins. Il existe à Boulsa un organisme, Domaine, qui a déjà proposé ses services pour conseiller l'association en matière de comptabilité. Le prix, 25.000 francs CFA a contraint Etienne à renoncer à cette offre. Notre comité examinera cette question en toute urgence si nous voulons prendre connaissance de la clôture de l'exercice 2012 dans de bonnes conditions Etienne nous communiquera, dans les jours qui viennent, qu'est-ce que Domaine offre précisément pour ces 25.000 francs mensuels, 50 francs suisses, et quelle solution informatique est adaptée à la comptabilité d'Etienne. [caption id="attachment_3050" align="aligncenter" width="600"]Francine explique l'importance de l'hygiène dans la classe des grands Francine explique l'importance de l'hygiène dans la classe des grands[/caption] Francine est passée au devant de tous les élèves pour leur expliquer les gestes de la santé qu'ils devaient faire quotidiennement. Devant les tout petits, Bouba a traduit en Mauré, car ils ne comprennent bien évidemment pas le français, même si leurs leçons sont données dans la langue de Voltaire. [caption id="attachment_3051" align="aligncenter" width="600"]On aurait pu entendre voler une mouche On aurait pu entendre voler une mouche[/caption] Par la suite, Mathieu a préparé avec les élèves une petite cérémonie très touchante en souvenir de Christine, la sœur de Francine qui a transcrit les livres scolaires en braille et de Gérard, le frère de Bondex, un fidèle donateur. J'ai vraiment eu du mal à retenir mes larmes. [caption id="attachment_3052" align="aligncenter" width="600"]Hommage à Christine et Gérard Hommage à Christine et Gérard[/caption] Francine va aller prendre le balai pour montrer comment on fait, comment on récure. Ce matin, l'odeur était telle, qu'elle a dû respirer par la bouche. Elle a dit à Mathieu que d'être propre, de se laver les mains, de se brosser les dents, d'aller aux toilettes avec des chaussures, devaient être répétés chaque jour au même titre que les chants ou la prière. Elle a insisté sur le fait que de nettoyer les latrines à la javel limitait les odeurs. On ne peut pas demander aux enfants d'être propres si l'odeur des toilettes est intenable. Francine a proscrit le balai traditionnel au profit de la brosse à récurer et l'OMO qui rend le sol glissant. [caption id="attachment_3053" align="aligncenter" width="600"]La discipline prônée par Francine donne ses premiers effets La discipline prônée par Francine donne ses premiers effets[/caption] En résumé, être limité dans le temps nous contraint à concentrer notre boulot. Nous pouvons, je crois, être satisfaits de notre séjour à Boulsa qui s'achève demain. Demain, nous assisterons au début du deuxième module de formation réservé aux cuisinières. Je vais également, sans espoir, m'occuper de l'imprimante braille. Ce soir, c'est moi qui ai dit la prière. Les amateurs apprécieront. A demain!

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    29 octobre 2012

    [caption id="attachment_3036" align="aligncenter" width="600"]Le lion et sa lionne sont au repos Le lion et sa lionne sont au repos[/caption] La nuit fut rude. Chaleur aussi intense que tenace en plus du bruit des trois ventilateurs. [caption id="attachment_3014" align="aligncenter" width="600"]Jacqueline et une partie de ses enfants Jacqueline et une partie de ses enfants[/caption] La construction des moulins est en voie d'achèvement. Ce sont en effet deux moulins qui ont été construits avec le soutien de la Mission évangélique braille et de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants. Selon Etienne, la clientèle est là. Selon Etienne toujours, deux personnes handicapées de la vue pourront travailler sur place. Ce sont elles qui seront responsables de la gestion. Il est en effet parfaitement possible pour une personne aveugle de déterminer la variété de céréales et d'en mesurer la quantité grâce à des récipients gradués avec des repères tactiles. [caption id="attachment_3016" align="aligncenter" width="600"]Accueil par les enfants dans la cour de l'école Accueil par les enfants dans la cour de l'école[/caption] Nous avons été accueillis par le chant des enfants. Audio: Chant d'accueil [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/Chant-daccueil.mp3"][/audio] De nettes améliorations peuvent être constatées en matière d'hygiène. Deux fûts trônent sous le haut-vent exigu où les enfants mangent. Ainsi, tous les enfants se lavent les mains avant de se mettre à table sous l'œil attentif d'un auxiliaire volontaire mis à disposition par l'état. Un fût en ciment équipé de plusieurs robinets sera prochainement installé à la sortie des latrines. [caption id="attachment_3030" align="aligncenter" width="600"]La cuisine La cuisine[/caption] Ce geste pour nous naturel est d'autant plus important que beaucoup d'enfants mangent avec les mains. [caption id="attachment_3031" align="aligncenter" width="450"]Lavage des mains Lavage des mains[/caption] Tous ont des chaussures à l'exception du petit dernier, Jules, qui est visiblement affecté d'un autre handicap que celui de la vue. [caption id="attachment_3023" align="aligncenter" width="600"]Il fera un bon animateur du centre Il fera un bon animateur du centre[/caption] [caption id="attachment_3024" align="aligncenter" width="450"] Jules mange Jules mange[/caption] Francine attire l'attention de l'équipe, car tous les enfants boivent dans le même verre. L'état général des dortoirs laisse à désirer. En toute urgence, les cadres métalliques de quelques lits doivent être réparés, ils représentent un réel danger pour les enfants. Un rafraîchissement des quatre dortoirs se fera à l'occasion des vacances de Noël. Les enfants ne disposent pas d'étagères où ils peuvent ranger leurs affaires. D'après mes comptes, il y a 32 lits pour 40 enfants. Nous avons demandé un budget à Etienne pour la construction d'un dortoir supplémentaire, pour le rafraîchissement des dortoirs existants, ainsi que pour clôturer la cour de l'école afin d'éviter l'intrusion d'animaux et le vol. En effet, les fûts qui se trouvent dans le réfectoire en plein air doivent être retirés chaque nuit. [caption id="attachment_3027" align="aligncenter" width="600"]Dortoir des filles Dortoir des filles[/caption] [caption id="attachment_3026" align="aligncenter" width="450"]Ils sont déjà bien organisés Ils sont déjà bien organisés[/caption] Beaucoup d'enfants manquent d'habits. En plus, les enfants rentrent de vacances sans les habits qui leur ont été donnés. Très souvent, les tenues qui sont octroyées, disparaissent, distribuées aux petits frères et aux petites sœurs ou volées par les gamins du quartier. Etienne a pris la décision de consigner les tenues à l'école pendant les vacances et coudre le nom des enfants à l'intérieur. [caption id="attachment_3029" align="aligncenter" width="600"]Le système D Le système D[/caption] Oui, on fait des erreurs. Les cannes blanches que nous avions apportées en 2010 ont disparues. C'est parfaitement logique. Aucun enfant n'avait d'endroit où ranger ses effets. Voilà les effets pervers de vouloir jouer au père noël. Bref, on apprend toujours. Pour corriger notre faute, nous sommes allés acheter au marché: 50 gobelets, un bidon pour les laver et des couvertures pour la saison froide [caption id="attachment_3020" align="aligncenter" width="450"]On se met en ménage On se met en ménage[/caption] Nous avons eu une très intéressante discussion avec Etienne et Mathieu, le directeur de l'école. En résumé, l'école manque d'objectifs clairs en ce qui concerne l'avenir des enfants. Il est vrai que cela est plus facile à dire qu'à réaliser. [caption id="attachment_3018" align="aligncenter" width="600"]Les palabres commencent Les palabres commencent[/caption] Etienne a toujours en tête son projet d'agrandissement de l'école avec l'aide du Lions Club du Burkina Faso. Une fois de plus, nous avons attiré son attention sur les futurs coûts de fonctionnement. Il faut qu'il fasse très attention que l'accroissement de son activité ne remette pas tout en cause, d'autant plus que l'association a-b-c-d a pour but, à terme, de laisser l'Ecole Jean-Marc Meyrat voler de ses propres ailes. [caption id="attachment_3033" align="aligncenter" width="450"]Une jeune fille range son balluchon Une jeune fille range son balluchon[/caption] [caption id="attachment_3034" align="aligncenter" width="450"]Une jeune fille lit un livre en braille Une jeune fille lit un livre en braille[/caption] Une partie de l'activité de l'association dont dépend notre école, est consacrée à l'alphabétisation des aveugles adultes. Ces derniers passent six mois par année dans le centre de Boulsa. Nous lui expliquons que nous comprenons bien ses situations, mais que notre association a fait des choix et que son action se concentre sur l'éducation des enfants. Demain, nous allons examiner les comptes de l'école et le budget préparé par le caissier Bondi. Nous avons rencontré un des responsables de l'hygiène et de la santé qui dispense 5 jours de formation aux différentes catégories de personnel de Boulsa. Un second module de deux jours débute après demain. Nous pourrons ainsi assister au début de cette formation avant de rentrer sur Ouagadougou où de nombreux rendez-vous nous attendent encore. Tout au long de ce séjour à Boulsa, nous pouvons mesurer la qualité du rapport de Morina, une étudiante allemande en médecine, qui a passé une dizaine de jours à Boulsa en septembre dernier. Ses observations nous auront été fort utiles. Nous profitons de ces lignes pour lui exprimer nos profonds et chaleureux remerciements. Ce soir, délicieuses pâtes avec du poulet le tout mijoté par Jacqueline, la femme d'Etienne et, dodo. Je suis mort de fatigue! A demain!

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    28 octobre 2012

    La bénédiction du Toyota par la femme du roi Naré Rosalie, nous a émus aux larmes. Les mots dont elle use sont si simples, si spontanés, et sa voix si belle, que l'on ne peut qu'y croire. [caption id="attachment_2996" align="aligncenter" width="450"]C'est maintenant bien davantage qu'une habitude C'est maintenant bien davantage qu'une habitude[/caption] La moto du pauvre Samsung a malencontreusement rencontré un chien en pleine nuit. Samsung s'est blessé à une main et ne peut pas tenir le volant. Il est malheureux comme les pierres de ne pas pouvoir nous accompagner. Nous, encore plus que lui. Son rire et sa gentillesse vont cruellement nous manquer. [caption id="attachment_3008" align="aligncenter" width="600"]Francine mama Africa Francine mama Africa[/caption] Après un plat de spaghetti avec du chou et du véritable poulet bicyclette grillé au feu chez Bouba, nous demandons la route. [caption id="attachment_2998" align="aligncenter" width="450"]D'abord les invités D'abord les invités[/caption] Le départ pour Boulsa est donné à 16 heures. Nous arriverons donc de nuit chez le frère Etienne. [caption id="attachment_3003" align="aligncenter" width="450"]Ismaël était triste de voir partir son papa en mission: maman est là Ismaël était triste de voir partir son papa en mission: maman est là[/caption] Nous venons de dépasser la bourgade Wayen où nous nous arrêtions habituellement. Devant nous, un bus Toyota comme le nôtre. Sur le toit, plusieurs motos sont arrimées et un gars dort sur le chargement. Le voilà qui descend sur le marchepied. Tout cela en roulant. Le prudent Salif garde ses distances: on ne sait jamais. [caption id="attachment_3001" align="aligncenter" width="600"]Voyez-vous ça? Voyez-vous ça?[/caption] Bien qu'il ne fasse pas encore nuit, nous voyons déjà la lune. Elle est pleine. Voilà qui ne va pas arranger nos bidons pour dormir. A Zorgho, nous quittons la route bitumée pour attaquer la piste. A 5 heures 30, la nuit tombe. Au sortir de la saison des pluies, la piste n'est pas bonne. Salif zigzague pour éviter les trous. Nous venons de passer au travers d'un troupeau de bœufs. On roule au mieux à 40 kilomètres à l'heure. J'ai de plus en plus de peine à taper sur mon clavier. Je n'ai jamais senti cette odeur de terre et d'herbe humides. Peut-être la dernière pluie avant une courte période de grosses chaleurs en novembre, avant une fraîche, 25 degrés, en décembre et janvier. Nous nous sommes trompés de route. Bizarrement, les gens semblent un peu retissant à nous indiquer la direction. Ceci est d'autant plus gênant que les explications d'Etienne sont tout sauf claires. Nous revenons sur nos pas. Je dois avouer que je ne suis pas très rassuré. Il semble que nous ayons rejoint la bonne route, du moins, je l'espère. Je commence vraiment d'avoir soif. Comme dit Francine: "Le poulet est sûrement froid, mais la bière est au frais". Enfin, une indication pour Boulsa. Encore 29 kilomètres de creux, de bosses et de profondes cuvettes. Ce seront les plus longs, les pires. La piste a été très abîmée par les pluies, ce qui ne satisfait pas du tout ce cher Toyote dont l'embrayage émet des bruits inquiétants. Tout est bien qui finit bien. Nous sommes accueillis par le frère Etienne et sa famille, ainsi que par les enseignants de l'Ecole braille Jean-Marc Meyrat. Au menu: poisson, malheureusement, mais, heureusement, de la bière. A demain! [caption id="attachment_3004" align="aligncenter" width="600"]La reine et la lionne blanche La reine et la lionne blanche[/caption] PS: Message personnel pour Bondi qu'il est seul à pouvoir comprendre. Etienne m'a fait le geste dès qu'on est arrivé!

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    27 octobre 2012

    Cela fait très longtemps que je n'ai pas aussi bien dormi. Cet événement est tellement extraordinaire qu'il mérite d'être consigné dans cette chronique. [caption id="attachment_2987" align="aligncenter" width="450"]Galerie d'art contemporain à Ouaga Galerie d'art contemporain à Ouaga[/caption] Pour les fans de Francine, elle va mieux. Elle a eu l'occasion de prodiguer de nombreux conseils à Valérie, la fille du roi Naré. Cette dernière organise tous les jeudis un atelier créatif pour les petits aveugles de l'école Siloé à Ouaga. Elle manque un peu d'idée. Francine elle, en a à revendre. Elle explique à Valérie comment elle peut utiliser tout ce qui traîne: cornets plastics, capsules de bouteilles, bouts de ferraille pour réaliser d'ingénieux bricolages. Cela tombe bien, car au Burkina, le recyclage ne fait pas vraiment partie des préoccupations des gens. La ligne braille du roi Naré a des problèmes. Comme prévu, je n'ai pas pu les résoudre. Il va falloir que j'envoie quelques mails à mes potes en Suisse, pour tenter de remettre tout cela en ordre. Très sympa le pot pris aux jardins du SIAO, jardins chers au cœur de Bondi. Il est vrai que nous y bûmes quelques bières. [caption id="attachment_2988" align="aligncenter" width="600"]Le pot au SIAO avec Laurent Abga et sa troupe Le pot au SIAO avec Laurent Abga et sa troupe[/caption] Nous avons été mangé chez Bouba. Lui et sa femme Agnès, viennent d'avoir une petite fille: Schiphra. Au menu: délicieux couscous, pommes-de-terre frites, bananes Plantin et, malheureusement pour moi, du poisson. Comme boisson: sucrerie pour Francine et Brakina pour moi. [caption id="attachment_2989" align="aligncenter" width="450"]Expo permanente Expo permanente[/caption] La chaleur était telle, que nous avons passé l'après-midi dans notre chambre, profitant de la climatisation qui fera cruellement défaut dès ce soir à Boulsa. [caption id="attachment_2990" align="aligncenter" width="450"]Accueil à la pension Accueil à la pension[/caption] La soirée passée chez les Niada était particulièrement intéressante. Marie-Luce, une suissesse ancienne collègue de Philippe Fayet, est chargée du dossier de l'éducation de base à la DDc. Son mari François, un burkinabé, est très actif dans l'éducation et est plus particulièrement mandaté pour établir un rapport sur la situation de l'alphabétisation et la scolarisation des personnes en situation de handicap. Oui, cette terminologie s'utilise ici aussi. Etaient également: Bouba et Yara Kambou. Yara KamboAudio: u [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/Yara-Kambou.mp3"][/audio]

    L'éducation non formelle

    La situation est vraiment compliquée. D'un côté, un programme scolaire rigide hérité de la colonisation française, de l'autre, des essais tous azimuts allant de la scolarisation accélérée en passant par l'enseignement en langue vernaculaire. Il y a beaucoup d'initiatives intéressantes provenant des ONG ou des coopérations nationales qui restent, malheureusement, souvent sans lendemain. On a le sentiment que le ministère de l'éducation accepte tous les projets pour montrer sa bonne volonté et son ouverture d'esprit, et surtout, pour autant que cela lui coûte le minimum. Prenons l'exemple de l'enseignement en langue vernaculaire, le mauré. Les gens le parlent, bien sûr, mais très peu le lisent ou l'écrivent. Il existe quelques journaux et quelques romans en mauré. Cependant, leur lecture reste réservée à une élite. Dans les rues, vous ne trouverez aucune indication en mauré. Les enseignants formatés à l'extrême s'en tiennent au programme du ministère et s'interdisent de dire un quelconque mot en mauré dans les classes. Cette situation incarne évidemment une forme d'acculturation. Mais que peut-on faire? Dans le cadre de nos écoles pour petits aveugles, la solution passe peut-être par la médiation. On ne peut pas se départir du programme officiel au risque de marginaliser encore davantage les petits loulous aveugles qui pourraient intégrer le système scolaire ordinaire. Toutefois, les enseignants, pour autant qu'ils en soient capables ou qu'ils en aient envie, ou ce que l'on pourrait appeler des auxiliaires scolaires, pourraient soutenir les enfants, pendant et après la classe, dans la langue nationale afin de leur permettre de suivre. Ces auxiliaires ne devraient pas être obligatoirement des enseignants. Il pourrait s'agir d'un membre de la communauté, voire d'un parent d'élève. Mais tout cela coûte. S'il faut payer des enseignants avant que l'état nous reconnaisse et envoie des enseignants sortis du moule, puis un ou plusieurs auxiliaires, où trouver les sous? Au contraire de la précédente, cette nuit a été pénible. Suite à une coupure d'électricité, la climatisation est tombée en panne. Le ventilateur faisait un bruit d'enfer. Finalement la climatisation s'est remise en marche. Francine n'a pas trop la pèche ce matin. La chaleur associée à ses antibiotiques, lui font faire de fréquents séjours aux toilettes. [caption id="attachment_2991" align="aligncenter" width="600"]Avec le chien Milou, il garde la pension Avec le chien Milou, il garde la pension[/caption] A plus tard sur la route qui nous mènera à Boulsa. Nous ne serons que quatre dans le Toyota: Bouba, le chauffeur du roi Naré, car Samsung a eu un accident de moto la nuit passée, Francine et moi. Heureusement, Samsung n'est pas gravement blessé. C'est son bras endolori qui l'empêche de conduire, quel dommage! A plus tard!

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    26 octobre 2012

    Nuit courte mais bonne, dans une chambre spacieuse et climatisée à la pension Yiri suma. [caption id="attachment_2975" align="aligncenter" width="600"]Un jardin extraordinaire Un jardin extraordinaire[/caption] Aujourd'hui, c'est jour férié chez les Musulmans, c'est la fête du mouton. Les rues sont vides, tous les magasins sont fermés. Les chauffeurs de taxi chrétiens travaillent ce jour-là, alors que les chauffeurs musulmans les remplaceront pour la fête de Noël. Nous avons rencontré le remplaçant de Philippe Fayet, Nicolas Randin. Il nous a fait bonne impression. Il n'y a que deux mois qu'il est au Burkina Faso. Avec sa femme et ses trois enfants, il vient du Niger où Philippe l'a remplacé. Notre échange a été cordial. Nous avons pu lui exposer notre action dans le détail. Il nous a assuré qu'en cas de nécessité, la Direction du développement et de la coopération suisse pourrait nous donner un coup de main. Bienvenue à Gaoua Yara Kambou est aveugle. Agé de 38 ans, il est le président de l'Association espoir des malvoyants et aveugles de Gaoua. Gaoua est une ville qui se trouve au sud-ouest du Burkina Faso, non loin de la frontière avec la Côte d'ivoire et celle avec le Ghana. Fondée il y a dix ans, l'association a été reconnue par les autorités administratives locales et provinciales. Cette structure gère déjà cinq centres pour l'alphabétisation des aveugles, généralement des adultes dans lesquelles on pratique, entres autres activités, le tissage en lipico et le séchage des fruits par les femmes à l'aide d'un séchoir solaire. Rien n'existe pour les enfants qui sont accueillis dans ces structures peu adaptées ou qui sont envoyés à Ouagadougou dans des familles d'accueil. Yara a perdu la vue à l'âge de 23 ans suite à une méningite confondue avec une forte crise de palud. Lorsque la méningite a été enfin diagnostiquée, c'était trop tard. Il a perdu la vue en deux jours. Il raconte qu'il a demandé à être changé de chambre à l'hôpital de Gaoua, car tous ceux qui étaient atteints de méningite dans sa chambre, mouraient. Il est père de trois enfants. Il fait de l'informatique et a suivi une formation de travailleur social, ce qui est très intéressant pour prendre en compte l'ensemble du développement des enfants. Il est chrétien pratiquant, mais se veut laïque. Il a déjà établi un projet avec la collaboration de Bouba. [caption id="attachment_2977" align="aligncenter" width="600"]Première rencontre Première rencontre[/caption] Dans cette région, la cause principale de cécité était l'onchocercose, autrement dit la cécité des rivières, à cause de la proximité avec le fleuve Poni. Maintenant, grâce aux programmes sanitaires mis en place, cette maladie est presque éradiquée. Les affections visuelles dont les enfants sont atteints, sont aujourd'hui les mêmes que dans le reste du pays: rougeole mal soignées, malnutrition etc. Le projet se base sur la construction de salles de classe, le forage d'un puits et peut-être, sur notre suggestion, sur la construction d'un réfectoire et d'une cuisine. En effet, Yara souhaite que les enfants soient pris en charge par des familles d'accueil midi et soir. Nous sommes de l'avis que ce n'est pas une bonne chose. En effet, les enfants doivent aussi se socialiser entre eux. Il n'y a pas que l'école et la famille qui comptent. Pourquoi des familles d'accueil? Les enfants viennent de toute la province de Poni. Il est vrai qu'à Boulsa, les enfants sont en internat. Le choix de l'externat a non seulement l'avantage de limiter les coûts de fonctionnement, mais aussi celui de conserver les enfants dans la société. Par contre, les enfants perdent toute l'émulation d'être entre eux. Parallèlement à la construction de l'école, Yara prévoit celle d'-une salle de conférence et de chambres d'ôtes pour générer des fonds. La discussion va bon train au sujet de l'organisation de l'école. Le but reste toujours d'assurer les quatre premières années d'enseignement afin que les enfants sachent parfaitement lire et écrire le braille. Ensuite, certains d'entre eux pourraient intégrer l'enseignement ordinaire. Dès lors se pose la question de l'appui à ces enfants aveugles lorsqu'on sait qu'une classe burkinabé compte au mieux cinquante élèves. [caption id="attachment_2978" align="aligncenter" width="450"]L'informatique ne fait de loin pas tout L'informatique ne fait de loin pas tout[/caption] Une structure devra être également mise sur pied pour ceux qui ne pourront intégrer le système ordinaire afin qu'ils poursuivent une scolarité adaptée et qu'ils acquièrent une formation pour ne pas être que des bouches inutiles à nourrir. La question de l'enseignement dans les langues locales reste épineuse. Nous pourrons vous en dire davantage demain ou dimanche, puisque nous avons rendez-vous avec un spécialiste de la question: François Niada, le mari d'une ancienne collègue de ce cher Philippe. Pas de chance! Francine nous fait une cystite. Comme elle a du sang dans les urines, nous nous rendons au centre médical international, puis à la pharmacie de l'aéroport. Sans voiture ici, c'est vraiment difficile. En plus, mon portable burkinabé ne fonctionne pas. Bref pas terrible. Nous avons été mangé une pizza et un filet de bœuf non loin de chez Philippe, à quelques encablures de la pension où nous dormons. Nous avons eu ce qui pourrait être la dernière pluie avant l'harmattan. Il fait bien assez chaud, peut-être 37 ou 38 degrés. [caption id="attachment_2976" align="aligncenter" width="600"]Votre serviteur avec son excellence l'ambassadeur du braille au Burkina Faso Votre serviteur avec son excellence l'ambassadeur du braille au Burkina Faso[/caption] A demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    25 octobre 2012

    Départ de la gare de Lausanne à 08h15 dans la grisaille. Après avoir goûté aux joies des pendulaires debout de Lausanne à Genève cernés par nos valises, nous sommes parvenus sans encombre à l'aéroport. Cette fois, nous sommes moins chargés que d'habitude: une valise et un bagage à main chacun. Un record de retenue. Ce qui est lourd, ce sont trois machines pour écrire le braille destinées à l'Ecole Jean-Marc Meyrat à Boulsa. A par cela, nous amenons un ordinateur portable pour Bouba et quelques cadeaux pour les potes, dont un ballon de foot pour le fils de ce même pasteur Bouba, de son vrai nom, Boubakar Ouedraogo. Nous ne nous sommes pas trop mal débrouillés avec notre pèse-personne, seule une des deux valises dépassait les fatidiques 23 kilos autorisés. Hier soir au menu: carré de veau et endives braisées, le tout précédé d'une délicieuse Petite Avine et accompagné d'un pinot noir neuchâtelois. Audio: Déclaration Francine [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/Déclaration-Francine.mp3"][/audio] Tu parles Charles. Tout ne s'est pas si bien passé que ça. L'assistance à Roissy a été pitoyable. Ils tournent comme des hélices en se rejetant la faute les uns sur les autres. On a glandé pendant une heure. Finalement, je me suis fâché, j'ai un peu gueulé et finalement, nous avons pris la navette comme des grands et, grâce à Francine, nous nous sommes effectivement très bien débrouillés. Cette fois, c'est décidé, je ne solliciterai plus jamais l'assistance à Paris. J'ai dit à une des préposées que j'étais à moitié français et que ce n'était pas la moitié dont j'étais le plus fier. C'est beaucoup plus stressant d'attendre sans information, sans savoir si l'on nous a oublié, que de marcher en suivant les indications. De plus, avec ma canne blanche, nous n'avons pas trop de souci aux différents contrôles. Audio: annonce dans l'avion [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/annonce-dans-lavion1.mp3"][/audio] Tout est bien qui finit bien. Nous voilà installés dans l'avion et nous attendons l'apéro. Renseignements pris auprès de Jérôme, le chef de cabine avec lequel nous avons sympathisé, il y a du champagne à bord. Après avoir bu notre verre de champagne au-dessus de Montpelier, nous attaquons la croque au-dessus de la grande bleue. Au menu: En entrée, salade de pâtes au pesto, mimolette. En plat de résistance, boulettes de dinde et de bœuf au jus, purée de carotte, brocoli. Puis, camembert, suivi d'un smoothie fraise-framboise, d'une tartelette feuilletée aux pommes, de café et de thé. Nous ignorions que la gastronomie française recelait des trésors aussi insoupçonnés qu'insoupçonnables. Le pinard, un rouge du pays de l'Aude 2011. Voilà une nouveauté qui aurait certainement fait plaisir à Bondi, d'autant plus qu'il était assez bon. Voilà, nous débutons notre descente sur Ouagadougou. Le vol s'est très bien passé. Il fait 33 degrés à 17h30, heure locale, 19h30 en Suisse. La surprise est maintenant de savoir qui de Bouba, de Samsung, du roi Naré, de sa fille ou d'autres encore, nous accueilleront à l'aéroport. Ce qui est certain, les Fayet chez qui nous avons passé des séjours très sympas à Ouaga, ne seront pas là puisqu'ils sont en poste au Niger depuis août dernier pour la coopération suisse. Espérons que la pension où nous allons demeurer a bien pris note de notre réservation. Si ce n'est pas le cas, on est mal, car le salon international de l'artisanat de Ouagadougou se déroule actuellement dans la ville. Allez trouver une chambre dans des circonstances pareilles? Le fameux Toyota qui nous a amené en 2009 de Lausanne à Ouagadougou roule toujours. Il marque 324'364 kilomètres au compteur. Samsung est au volant. Une petite pizza et dodo. Demain, une dure journée nous attend!

  • Catégorie: Sur le terrain

    Prochain séjour au Burkina Faso

    Bonjour, Nous voilà repartis, Francine et moi, pour de nouvelles aventures au Burkina Faso. Notre prochain départ est fixé au jeudi 25 octobre prochain. Nous profiterons de ce court séjour pour nous rendre non seulement à l'Ecole braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa, mais aussi pour rencontrer le nouveau responsable de la coopération suisse à Ouagadougou et le responsable d'une association laïque active en faveur des aveugles à Gaoua dans le sud-ouest du pays. Il est en effet possible que Gaoua où tout est à faire pour les enfants aveugles, constitue le prochain champ d'action après Boulsa, de l'association a-b-c-d. Nous espérons également pouvoir aller un peu plus avant avec "la canne blanche pour l'Afrique noire" en devenir, la célèbre Burkinette. Nous vous invitons donc à suivre nos pérégrinations au pays des hommes intègres dès le 25 octobre 2012. Outre des textes rédigés par votre serviteur et des photos prises par Francine, je tenterai de vous proposer une carte postale sonore quotidienne grâce au matériel d'enregistrement que j'ai acquis dernièrement. A bientôt! Jean-Marc Meyrat