Voyage à Gaoua, juin 2017


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  • Catégorie: Sur le terrain

    7 et 8 juillet 2017

    Bonjour, Voici le dernier billet relatant notre séjour débuté le 26 juin 2017 au Burkina Faso.

      Tout travail mérite sa bière

    Une rencontre passionnante

    La veille, nous avions rendez-vous avec un apiculteur. Retenu par les inextricables embouteillages qui paralysent Ouagadougou, il est arrivé avec une heure et demie de retard quand nous nous trouvions déjà chez Madame Ping sans téléphone portable. L’homme est tenace. À 8:00, il appelle Jean-Marc sur son mobile pour l’informer qu’il nous attend devant la pension.

    Gédéon, le plus suisse des apiculteurs burkinabè

    Le jovial et sympathique Gédéon a effectué de nombreux séjours en Suisse accueilli par plusieurs apiculteurs. Il a peur des précipices sur nos routes de montagne et se fait amener au Burkina Faso les fameux paquets rouges de la fondue Gerber. Sélectionnées, gavées et domestiquées, Gédéon qualifie volontiers les abeilles helvètes de « mouche à miel » alors que les abeilles burkinabè sont sauvages. L’organisation à laquelle collabore Gédéon propose des formations, ainsi qu’un circuit d’écoulement du miel sur le marché. Cependant, il invite les communautés villageoises à passer par toutes les étapes de la production, car le miel se vend bien sur le marché local.

    Comment ça marche ?

    Gédéon propose une formation d’une semaine qu’il peut dispenser à une trentaine de personnes. Il vend également l’équipement de protection et les ruches. Après la formation, il propose aux apprenants de commencer leur activité avec les ruches sauvages. Par la suite, si tout se passe bien, les communautés villageoises peuvent acquérir des ruches modernes dont le rendement est meilleur.

    La petite et la grande miellée

    Deux récoltes sont possibles. En mars et avril, c’est la grande miellée avec le miel de fleurs. En novembre, c’est la petite avec le pollen de céréales. Chaque ruche peut produire entre 15 et 20 kilos de miel. Le processus de production n’est pas entièrement accessible pour les personnes aveugles ou malvoyantes. La principale difficulté réside dans la détermination de la maturité du miel à retirer de la ruche. Selon nos enthousiastes réflexions, il pourrait être intéressant que Gédéon forme des membres de l’Association Espoir et Aveugles et Malvoyants de Gaoua, formation à laquelle pourraient être invitées d’autres associations locales. Ainsi, l’image des personnes handicapées de la vue et la reconnaissance de l’AEMAG ne pourraient qu’être favorisées.
    Gédéon présente l'équipement de protection des apiculteurs

    Rencontre avec Justine

    Justine Kaboré est engagée par l’ONG belge Sensorial Handicap Cooperation (SHC) qui soutient des projets d’alphabétisation pour les enfants aveugles et malvoyants avec l’enseignement catholique dans les provinces, dont celle de Gaoua. Michel et Jean-Marc s’étaient rendus en Belgique afin de nouer des liens avec SHC. Malheureusement, nous avons appris le départ du directeur de SHC avec lequel Michel et Jean-Marc s’étaient bien entendus. Il a été remplacé par une dame très motivée avec qui a-b-c-d va prendre contact afin de poursuivre la collaboration initiée il y a deux ans.

    Repas chez les Ouedraogo

    Aux environs des 13:00, nous nous rendons chez Bouba pour partager le délicieux repas préparé par la rayonnante Agnès, la femme de Bouba. Nous ne pouvons pas trop nous attarder, car la lionne blanche a donné rendez-vous à un fondeur dont elle aime beaucoup le travail. [caption id="attachment_5452" align="aligncenter" width="1200"] La famille Ouedraogo nous donne la route[/caption]

    Le départ est pour aujourd’hui

    Ce samedi sera consacré, pour les uns, à un saut chez Lucien Naré afin de lui donner un petit coup de main en matière informatique. Pour les autres, à la visite du jardin de Samsung. À midi, nous partagerons un repas chez Lucien et prendront une dernière douche dans notre pension avant de nous rendre à l’aéroport où nous demanderons la route à nos fidèles accompagnateurs, Bouba et Samsung.

    Une secrétaire de luxe

    Grandement merci à Dominique, la femme de Bondi, qui a pris des notes tout au long du voyage, notes qui nous seront très précieuses pour mettre au point notre future stratégie. Grandement merci à Bouba et à Samsung qui ont soutenu et supporté cette joyeuse bande d’helvètes et Également grandement merci à vous toutes et tous qui nous avez suivis sur ce blog tout au long de ces quinze jours.   Pour le comité d’a-b-c-d   Michel Bondi (trésorier)   Francine Meyrat-Berthoud (secrétaire)   Jean-Marc Meyrat (président)      

  • Catégorie: Sur le terrain

    6 juillet 2017

    Bonjour, Aujourd’hui, une journée calme. Nous récupérons ! [caption id="attachment_5445" align="aligncenter" width="1200"] Avec la pluie, la nature s'épanouit[/caption] Durant le petit déjeuner, nous essuyons une averse qui transforme les rues de Ouagadougou en un véritable cloaque Après un repas de midi composé de Vache qui rit et d’œufs, nous faisons une petite sieste avant d’aller faire quelques achats :

    • 2 jeux de awalé pour l’institution dans laquelle travaille la lionne blanche ;
    • Un éléphant en matériel de récupération pour orner le balcon de Jean-Marc à Genève ;
      • Un échassier dans le même matériel pour Èvelyne, une copine de Francine.
    [caption id="attachment_5446" align="aligncenter" width="1200"] La lionne blanche s'initie à l'artisanat touareg[/caption]

    La soirée

    À 18:00, nous avons rendez-vous avec un gars qui s’occupe d’abeilles. Bondi a lu un article à ce sujet et se demande s’il ne pourrait pas s’agir d’une activité génératrice de revenus praticables par les personnes aveugles ou malvoyantes. Malheureusement, il n’est pas venu. Nous levons donc le camp pour nous rendre chez Madame Ping, le chinois près de notre pension où Bondi s’empresse d’explorer le frigidaire.   À demain pour l’avant-dernier jour au Burkina Faso !  

  • Catégorie: Sur le terrain

    5 juillet 2017

    Bonjour, Il est 3:00, Jean-Marc se lève et s’attaque au blog entre deux coupures d’électricité. À 5:00 toute l’équipe est debout pour prendre son dernier petit déjeuner en « famille ». [caption id="attachment_5436" align="aligncenter" width="1200"] Palabres sur les escaliers de notre auberge[/caption]

    Voyage dans un car presque climatisé

    Départ de notre auberge à 6:15. À la gare routière, Yara, Ismael, son fidèle accompagnant, et Daniel, le patron de l’auberge sont présents. Pour ne pas faillir à la tradition de nos voyages en car, Francine demande à Yara une prière afin de bénir notre route. Très pragmatique, Yara commence sa prière en demandant au Seigneur que les pneumatiques et la mécanique résistent ! Pendant ce temps, Michel veille au grain pour l’embarquement des bagages. Avant de prendre la route, Francine et Dominique s’organisent afin de tenir le coup jusqu’à destination sans arrêt pipi, le port du pantalon n’est effectivement pas très pratique dans ce genre de circonstances. Elles vont donc gérer leur débit de boisson et lors du prochain voyage, elles suivront les conseils de notre belle Thérèse et se vêtiront du pagne traditionnel !

    Serrez vos danseuses et que le voyage commence !

    Le car démarre comme prévu à 7:00 sonnante, et d’emblée nous nous apercevons que la climatisation ne fonctionne pas. Heureusement, les fenêtres s’ouvrent et nous sommes placés à côté. Les sièges très étroits pourraient nous faire croire que Francine et Dominique ont des carrures d’athlètes car leurs épaules dépassent de chaque côté. Les Bondi se plongent rapidement dans leurs bouquins. Jean-Marc, casque sur les oreilles, navigue sur son Iphone. Malgré les secousses, Francine adopte, pour un moment, la posture « africaine », soit penchée en avant la tête dans les bras.

    La musique nous accompagne

    Les trois premières heures se déroulent au son de Bob Marley, Peter Tosh et Salif Keita. Ensuite, les choses se gâtent et nous en prenons plein les oreilles avec le Coupé-Décalé. La lionne blanche est à deux doigts de défunter et termine le voyage en se bouchant son unique oreille encore valide ! Aux différents arrêts qui jalonnent notre route, les enfants crient en souriant : « des blancs, des blancs ». En cours de route le car ralenti pour laisser monter un vendeur ambulant. Il nous fait la pube en nous ventant les bienfaits du produit Drobo qui soigne les sinusites, la cataracte, la chute des cheveux, le zona, les vergetures, les brûlures etc. Les kilomètres défilent et les heures passent : Kokologo, Boromo, Baporo, Drobo, Labou, Ipendo, Ouezindougou et enfin Ouagadougou. Notre déplacement aura duré 6:30, les pneumatiques n’ont pas crevés, la mécanique a résisté, la clim a foiré, mais nous voilà bien arrivés ! Super Samsung est là pour nous accueillir et nous conduire à notre auberge. [caption id="attachment_5437" align="aligncenter" width="900"] La précieuse eau versée dans le fut de notre auberge[/caption]

    Remerciements

    Merci à notre coordinateur et ami Bouba qui aura supporté avec vaillance les 4 minorités visibles en situation d’handicap que nous sommes. En clair, 4 blancs assez bruyants, bien malentendants, complétement aveugle et un brin éclopé ! Une reconnaissance particulière à nos porteuses d’eau Lydiane et Pricille, qui nous ont chaque jour fourni en eau potable. Le transport se fait sur la tête dans une bassine de 80 cm de diamètre contenant environ trente litres d’eau. Alors, selon la formule du coin : « grandement merci » ! [caption id="attachment_5438" align="aligncenter" width="900"] Lydiane porte sur la tête une bassine pleine d'eau[/caption]

    Rencontre avec Thérèse

    L’enseignante à la retraite Thérèse est le pilier du comité de l’AEMAG. Comme elle n’a pas pu participer à notre rencontre à Gaoua de la veille, nous profitons de son séjour à Ouagadougou pour lui relater nos discussions. Elle nous explique que des expériences ont déjà été tentées comme le séchage des fruits et le maraîchage. Mais que faute d’un cadre précis, ces activités ont peu à peu été abandonnées. Elle est particulièrement sensible à la problématique des familles d’accueil et attire notre attention sur l’extrême vulnérabilité des jeunes filles aveugles et malvoyantes qui pourraient être facilement abusées, d’où la nécessité de créer une structure d’accueil sécurisée. [caption id="attachment_5439" align="aligncenter" width="1200"] Rencontre avec la belle Thérèse[/caption]

    La soirée

    Filet de bœuf au poivre vert pour ces Messieurs et au roquefort pour ces Dames. Nous nous vautrons dans un indicible luxe :
    • Vin rosé ;
    • Excellente nourriture ;
    • Douche chaude et froide ;
    • Climatisation ;
    • Rafraîchisseur dans le jardin.
    Honnêtement, nous sommes de l’avis que nous l’avons un peu mérité !   À demain !  

  • Catégorie: Sur le terrain

    4 juillet 2017

    Bonjour, Nous nous sommes levés tôt pour aller visiter l'école catholique où sont intégrés les enfants aveugles et malvoyants. [caption id="attachment_5427" align="aligncenter" width="1200"] Accueil par les enfants des classes de l'église catholique[/caption] Cette école compte 660 élèves dont seulement 6 enfants aveugles ou malvoyants. En début d'année passée, ils étaient 13. Suite à des difficultés rencontrées dans certaines familles d'accueil, 7 ont abandonné l'école.

    Comment ça marche?

    Les enfants handicapés de la vue peuvent rejoindre l'enseignement catholique à des âges très différents. Le plus âgé parmi les 6 actuellement scolarisés a 19 ans. À leur arrivée, les enfants rejoignent une classe de transition qui peut durer jusqu'à 4 ans selon les capacités de l'élève. Grâce aux jeux, ils apprennent à appréhender l'espace. Ils apprennent bien évidemment à lire et à écrire le braille avant de rallier les classes ordinaires. Le directeur de l'école et l'enseignant chargé des enfants handicapés de la vue nous ont fait très bonne impression. À leur retour, Michel et Jean-Marc vont imprimer les livres en braille nécessaires et vont ouvrir la chasse aux duplos et autres jeux d'éveil. [caption id="attachment_5429" align="aligncenter" width="1200"] Le comité de l'AEMAG[/caption]

    Dernière visite à l'AEMAG

    Le comité presqu'au complet nous accueille. Au risque de nous répéter un peu, nous rappelons les points abordés lors de la première rencontre. Nous proposons que deux groupes de travail soient constitués afin que le plus grand nombre des membres du comité soit impliqué:
    • Un premier groupe chargé du suivi du chantier;
    • Un second responsable de l'organisation de la formation.
    Nous invitons les membres présents à ne pas hésiter à prendre la parole quitte à s'opposer au président Yara. La rencontre s'achève avec le rappel des fondamentaux qui guident l’engagement d’a-b-c-d à Gaoua:
    • L'hébergement des jeunes aveugles et malvoyants intégrés dans les classes de l'enseignement catholique;
    • La formation professionnelle des handicapés de la vue;
    • La valorisation du travail et de la place des femmes;
    • Le développement durable.
    [caption id="attachment_5430" align="aligncenter" width="1200"] Présentation du moringa, la plante qui soigne plus de 130 maladies[/caption]

    Seydou le tisserand

    Seydou est Certainement pressenti comme formateur en matière de tissage. Au dire du camarade Kambou, Seydou et sa sœur ont perdu la vue parce qu’ils ont mangé de la viande de l'animal totem de leur famille, le lièvre. Pour Yara, ce n'est pas le fait d'avoir consommé du caïman, son animal totem, qui l'a rendu aveugle, mais la méningite à l’âge de 23 ans.

    La soirée

    Après avoir donné un petit coup de pouce à une de nos chères cuisinières dont la fillette s'est brûlée lors de la préparation du tô, nous partageons le dernier et délicieux repas qu'elles nous ont préparé. Pour l'hébergement, 3 repas par jour et la location d'un véhicule, le coût s'est élevé, par jour et par personne, à moins de 20 de nos francs, boissons et carburant non compris. [caption id="attachment_5431" align="aligncenter" width="1200"] Dominique s'exerce au Paris Dakar[/caption] À demain pour le retour à Ouagadougou !  

  • Catégorie: Sur le terrain

    3 juillet 2017

    Bonjour, Petit à petit, nous nous habituons aux conditions qui règnent ici. L’ambiance entre nous y est pour beaucoup !

    La matinée

    Nous consacrons la matinée à la gestion du blog. Jean-Marc n’a de cesse de pester contre son ordinateur. Heureusement, il a réussi à atteindre Luc qui l’a tiré d’affaire. Merci à toi, cher Luc. Pendant ce temps, Dominique participe à une réunion consacrée au rôle et à l’utilisation de la carte d’invalidité au Burkina Faso. Lorsqu’on a vu celle de Yara, c’est pas gagné. Même son nom est illisible. Cependant, il est important qu’a-b-c-d soit présente, ne serait-ce que pour valoriser et encourager notre Yara. Merci à Dominique pour sa présence à cette réunion. De très agréables effluves viennent chatouiller nos narines. C’est donc avec impatience que nous nous mettons à table pour déguster un délicieux couscous avec légumes et, surtout, des aubergines frites que nous avons redemandées pour le repas du lendemain. L'entrepreneur est dans ses petits souliers

    Séance de signatures

    Bouba, Yara, l’entrepreneur Silver Nikiéma et Jean-Marc apposent leur signature sur le document qui liste les imperfections du bâtiment du centre qui doivent être corrigées d’ici au 31 juillet prochain. Puis c’est au tour de la charmante contrôleuse Évelyne de signer avec Yara son contrat d’engagement pour soutenir Yara et assurer le suivi du chantier. Yara et Èvelyne sont liés pour le meilleur, nous l'espérons!

    Les aveugles ne sont pas des sacs !

    Afin de détendre l’atmosphère un peu formelle, Jean-Marc expose les rudiments de technique de guidage d’une personne aveugle. En fait, il ne fait que relayer la messe qu’il a apprise au contact de son collègue Bernard. Le but est que la personne voyante propose son coude à la personne handicapée de la vue au lieu de la traîner par la main comme un sac de patates. Ainsi, ce tandem peut être très précis dans sa déambulation. Il suffit que le guide glisse le bras dans son dos pour que la personne aveugle se place automatiquement derrière son guide. Autres petits trucs : • Effectuer un court arrêt avant une marche ou un escalier pour décrire l’obstacle ; • Poser la main de la personne aveugle au milieu du dossier d’une chaise pour lui indiquer où elle doit s’asseoir ; • Inviter la personne handicapée de la vue à avoir sa canne blanche dépliée afin qu’elle se signale aux autres ; • Poser la main de la personne aveugle sur le bord du toit de la voiture afin qu’elle ne se tape pas la tête lorsqu’elle pénètre dans l’habitacle. La lionne blanche a sorti les bandeaux reçus dans l’avion pour faire dodo pour les exercices pratiques.

    La visite de la journée

    Nous nous rendons dans une ONG, Plan International, qui s’occupe de l’éducation inclusive. Un peu renfrogné, Jean-Marc exprime sa fatigue de constater que tout ce qui se fait ici l’est sous forme de projets. Mais où est donc la pérennité ? C’est bien joli de signer des conventions de l’ONU pour le respect et l’égalité des personnes handicapées lorsque l’état n’est pas même en mesure d’assurer une éducation de qualité pour ses enfants valides. Bref, ce n’est pas cela qui va nous décourager. Jean-Marc avait juste besoin de pousser un petit coup de gueule.

    La soirée

    Après l’apéro au Pastis et le repas, le gérant du lieu passe nous voir. Il nous demande si tout va bien. Nous lui répondons que oui car l’ambiance est bonne, la nourriture délicieuse et les deux cuisinières très sympathiques et serviables. Cependant, les conditions sont rudes. À demain pour la visite des classes de l’enseignement catholique où sont intégrés les enfants aveugles et une dernière rencontre avec le comité de l’Association Espoir des malvoyants et Aveugles de Gaoua.

  • Catégorie: Sur le terrain

    2 juillet 2017

    Pas de rendez-vous avant 10:00, ce qui nous permet de ne pas trop nous presser en ce début de matinée. De toute façon, le programme de la journée n'est pas chargé.

    C'est dimanche

    Jour du Seigneur pour certains, celui du grand marché pour les habitants de Gaoua. Nous allons y faire un tour. Les rues sont très animées. Nous nous faufilons entre les échoppes avec difficultés car les allées étroites sont parsemées de gros cailloux. On y trouve de tout, épices de toutes sortes à côté des cubes Maggi, légumes, ustensiles de cuisines, céréales, étoffes bariolées, matériaux de construction. Bref, un beau spectacle agrémenté par différentes odeurs plus ou moins agréables. Nous profitons de faire quelques achats de produits que nous ne trouverons pas en Suisse et du fil mauve pour la fabrication de filet que nous remettrons à Casimir.

    Visite chez les potiers

    Comme souhaité par Francine, nous nous rendons dans un village à 8 km de Gaoua dont l'activité est la poterie. En fait de village, ce sont des maisons disséminées dans la campagne le long d'une route où les trous sont plus nombreux que les surfaces planes. Nous nous arrêtons près d'une maison devant laquelle une femme assise par terre est en train de façonner des vases. Subjuguée par l'habileté de cette femme, Francine filme la scène et se met à son tour à modeler un bol qui sera très certainement considéré comme un chef d'œuvre de l'artisanat africain ces prochaines années. Après un repas partagé avec Yara et Ismael, nous profitons de cet après-midi sans rendez-vous pour vaquer chacun à ses occupations. En début de soirée, Francine, Michel et Bouba vont se ravitailler en boisson et profite de visiter l'hôtel qui se trouve à côté. Cet hôtel a des chambres climatisées que nous aurons peut-être l'occasion d'utiliser lors de nos prochains voyages à Gaoua. La soirée se prolonge par une discussion animée autour du projet de Centre avec des questionnements sur la mise en place des formations pour les jeunes, sur la formation du personnel qui travaillera dans le centre, en particulier par rapport à leur attitude vis-à-vis des handicapés de la vue, sur l'avenir des jeunes formés dans le centre.   À demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    1er juillet 2017

    Bonjour, L’eau n’est pas revenue et ne reviendra pas. Le frigo n’a jamais fonctionné et ce matin nous avons eu une fuite de gaz.

    Seconde réunion de chant'ier

    À 08:30, nous sommes à pied d’œuvre sur le chantier. À ce moment-là, le portable de Yara sonne et lui de nous informer que l’entrepreneur a crevé à environ 50 kilomètres de Gaoua. Cela commence bien. Sans nous démonter, nous commençons d’arpenter le bâtiment principal du futur centre pièce après pièce. Jean-Marc complète sur son appareil de prise de notes les constatations faites lors de la première réunion. À l’arrivée de l’entrepreneur aux environs de 11:00, nous lui communiquons l’ensemble de nos très nombreuses doléances qui seront consignées dans un document qui sera signé par le maître d’œuvre, Yara Kambou, l’entrepreneur et Jean-Marc pour a-b-c-d.

    Petit incident diplomatique

    Yara a pris une initiative que nous n’approuvons pas. Afin de remettre d’emblée l’église au milieu du village, nous l’informons que sa décision prise sans nous consulter de faire poser des toilettes ne pourra pas être prise en considération dans le cadre du soutien d’a-b-c-d. En effet, elles ne figurent pas dans le projet puisque des latrines sont prévues.

    La pause de midi

    Le repas se déroule chez Yara. La nourriture est excellente. Toutefois le coriace poulet bicyclette qui nous est servi a certainement eu le maillot jaune à l’occasion du tour du Faso. C’est incroyable comme les choses fonctionnent en Afrique. L’entrepreneur avec lequel Yara a eu beaucoup de problèmes est invité à sa table. Tout le monde rigole comme s’il ne s’était rien passé. Un exemple à suivre ?

    Distribution de cadeaux

    Grâce à la générosité d’Anne, une collègue de Jean-Marc, nous avons pu équiper l’ordinateur de Yara d’un afficheur braille. Grâce à celle d’Urs, un ami de ce même Jean-Marc, nous avons remis au futur centre une machine mécanique pour écrire le braille. Avec le soutien de Janine, une fidèle donatrice d’a-b-c-d, nous avons pu offrir des couteaux suisses à Yara, ainsi qu’à Ismael, son fidèle accompagnant qui a fait preuve d’une infinie patience lors de nos multiples rencontres. Patience, c’est le nom du chien de Yara. Voilà une vertu dont Jean-Marc n’est pas vraiment pourvu. Toute la délégation d’a-b-c-d est maintenant vêtue d’habits traditionnels. Il fait lourd. L’orage menace. Enfin, il éclate nous donnant ainsi le signal du départ. Après une sieste sous le ventilateur entre deux coupures d’électricité, nous nous attaquons à la rédaction du papier qui servira de document de travail en vue de la séance avec l’entrepreneur fixée au lundi 3 juillet à 13:00.

    La soirée

    Au menu, spaghetti avec sauce. Nous avons acheté une bouteille de rouge chez le Libanais du coin. À ne pas offrir à son pire ennemi! À demain !

  • Catégorie: Sur le terrain

    30 juin 2017

    Bonjour, Nous n'avons toujours pas d'eau, si bien que nous nous lavons comme des éléphants en se versant des sceaux d’eau sur la carcasse.

    Réunion avec la contrôleuse des travaux

    Nous mettons au point une stratégie pour la séance de tous les dangers qui aura lieu demain samedi 1er juillet au futur centre avec l'entrepreneur des travaux. Nous avons d'ores et déjà décidé de proposer à la très charmante contrôleuse Évelyne Kafando un contrat à durée déterminée dans le cadre duquel elle pourra seconder Yara pour le suivi du chantier.

    Vérification des comptes liés au projet

    Michel a rendez-vous avec la comptable de l'AEMAG pour vérifier les comptes liés au projet. Aucune erreur ou irrégularité n'a été constatée. Les sommes investies dans cette première phase du projet se situent à près de CHF 40'000, il est donc important d'y jeter un coup d'œil.

    Rencontre avec le premier adjoint du Maire de Gaoua

    Gaoua a été choisie pour accueillir les festivités de l'indépendance du 11 décembre 2017. Cela signifie que de nombreux bâtiments et des infrastructures seront réalisés. Le hasard veut que ces aménagements se trouvent à proximité du terrain du futur centre. La commune de Gaoua fera ce qui est en son pouvoir pour faire bénéficier le nouveau centre des infrastructures comme par exemple une route, voire l'électricité. Dans le nouveau centre, l'électricité solaire sera prépondérante, car l'électricité conventionnelle coûte excessivement chère. Le solaire constitue un poste très important dans ce projet, ceci d'autant plus qu'une somme importante provenant de la fondation « La tire au loup » lui est affecté. Non à la migration de travail et à l'exploitation des enfants. Tous pour la scolarisation des enfants ! Scolarisons nos enfants. L'école est un droit fondamental.

    Direction de l’action sociale

    Oui, beaucoup de mots. Cependant, il faut soigner nos relations avec les acteurs locaux. Signaler les violences faites aux enfants est un acte solidaire. Appeler c'est gratuit 116

    La soirée

    Après le repas du soir composé, comme d'habitude, de pommes-de-terre et d'aloco (Bananes frites), nous nous attaquons à la rédaction du contrat avec la contrôleuse des travaux. Nous sommes légèrement incommodés par un gars qui, accompagné d'une musique aussi bruyante que trépidante, vante les mérites du Nescafé. Chez nous, une pub, dure 30 secondes, ici 3 heures. À demain !

  • Catégorie: Sur le terrain

    29 juin 2017

    Bonjour, Ce matin, Bouba et Yara se sont essayés au Cenovis. Ce n’est pas gagné !

    Réunion avec l'AEMAG

    Dès 09:30, nous participons à une réunion avec 17 membres de l'AEMAG dont le comité. Nous avons été particulièrement touchés par la présence de 4 élèves aveugles ou malvoyants intégrés dans les classes de l'enseignement catholique accompagnés par 6 de leurs petits camarades voyants. Traduit en langue birifor par Yara Kambou, nos propos ont réaffirmé que ce projet était celui de l'AEMAG et qu'il devra être financièrement autonome dans 5 ans. Nous avons insisté sur l'importance de la transparence et de la communication. Nous avons également souligné que la construction de ce centre et ses activités futures devaient valoriser le rôle des femmes ainsi que d'être résolument orienté vers le développement durable, conditions sine qua non du soutien de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC). Lors des questions, la petite Yelé, âgée de 13 ans, a levé le doigt et a demandé: « Est-ce que je pourrai apprendre le tissage à côté de l'école et quand le travail commence? »

    Première visite sur le chantier

    Autant la première réunion du jour a été conviviale, autant la seconde s'est avérée rude. En effet, nous avons constaté non seulement des malfaçons dans le gros œuvre, mais surtout des finitions bâclées. Quelques exemples: • Des portes déjà abîmées; • Des taches de peinture ce qui fait dire à Michel que le constructeur sait que ce seront des aveugles qui seront là; • Des structures métalliques tordues • Des escaliers d'accès déjà détériorés; • Des fissures sur les sols et les murs. La volonté d'être transparents vis-à-vis de nos donateurs et de nos lecteurs ne doit pas nous empêcher de signaler que le puits fonctionne, que le terrain est magnifique, verdoyant et arborisé et que l'aménagement du terrain va bon train et que la terre cultivable est belle.

    Séance de travail avec Yara

    Aux environs de 17:00, Jean-Marc ouvre la séance en expliquant à Yara que ce n'est pour ainsi dire pas possible pour une personne aveugle de suivre un chantier sans avoir à sa disposition une personne qui ait non seulement l'œil, mais surtout un sens critique à l'instar de Francine, la lionne blanche, qui a rugi et sorti ses griffes devant le maçon médusé. Demain nous organisons une séance avec la nouvelle contrôleuse des travaux pour préparer notre séance du samedi premier juillet avec Silver Nikiéma, l'entrepreneur.

    Une rencontre passionnante

    Auparavant, nous nous sommes rendus auprès d’une ONG Réadaptation à Base Communautaire (RBC). Cette structure fait de la sensibilisation et de l'accompagnement médical dans les villages. À cette occasion, nous avons abordé cette question lancinante que sont les familles d'accueil. Il ressort de nos échanges que le centre que nous projetons s'inscrit parfaitement dans le contexte local. Non seulement, il n'y a de loin pas suffisamment de familles. De plus, le centre pourra faire de la prise en charge globale afin que les enfants qui rejoindront les familles d'accueil soient sociabilisés et autonome. Ainsi, nous espérons éviter l'engorgement vécu à Boulsa et mettrons tout en place afin que le comportement et les compétences des enfants facilitent leur arrivée dans les familles d’accueil et surtout les valorisent aux yeux de leur famille et du village.

    Les choses du ventre

    Nos cuisinières sont absolument parfaites. Spaghettis sauce tomate à midi et frites, aloco et salade le soir. Par contre, le soir nous constatons que plus aucune goutte ne coule des robinets, ce qui n'est pas sans causer un inconfort certain. À demain pour de nouvelles aventures! PS : De la part de toute l’équipe, bon anniversaire à Marlène, notre vérificatrice des comptes !

  • Catégorie: Sur le terrain

    28 juin 2017

    Bonjour à toutes et à tous, Tout d’abord, noutenons à vous remercier de prendre le temps de suivre notre blog et espérons que sa consultation suscite votre intérêt. Après une nuit difficile, la diane sonne à 05:15. Ce matin, il pleut. Nous embarquons à bord d'un bus sans climatisation pour Gaoua à 07:30. Jean-Marc, Francine, Bouba entourés de valises. Nous sommes serrés comme des sardines. Entassés au fond du bus, nous décollons de nos sièges à chaque gendarme couché qui sont nombreux.

    Quelques nouvelles du Toyota

    Le bus Toyota que Michel, Philippe et Jean-Marc avaient convoyé en 2009 de Lausanne à Ouagadougou est presque mort, mais il bouge encore. Rafistolé tant bien que mal, il va rejoindre une école pour enfants aveugles et malvoyants à Koudougou. En 2009, il comptait déjà 300.000 bornes au compteur. Femmes et enfants proposent aux passagers des fruits, des plats, des boissons et des biscuits. Après 6:30 de route, nous arrivons à Gaoua sous une pluie fine. Nous prenons nos quartiers dans un appartement qui abritait des missionnaires. Nous ne sommes pas mal. Yara Kambou, le président de l'Association pour l'Espoir des Malvoyants et des Aveugles de Gaoua (AEMAG), notre partenaire, nous expose le programme des jours à venir. Notre première visite est pour le colonel de gendarmerie Nikiéma, gouverneur de la région. Ici, le gouverneur est un militaire, car la région est frontalière avec la Côte d'Ivoire. C'est sous un gros orage, que nous nous rendons à la résidence du gouverneur qui nous reçoit à la cool, pieds nus. Voilà encore une preuve de l'excellent réseau dont dispose Yara.

    La soirée

    Après avoir errés dans la ville et ses environs en quête d'un restaurant, nous tombons sur une terrasse où nous pouvons trouver une portion de frites. Suite à l'orage, nous avons un peu froid, les Burkinabè sont transis. Le problème pour trouver des endroits où manger à Gaoua est récurrent. À tel point que nous allons nous assurer les services d'une cuisinière. Slogan aperçu au bord de la Nationale 12: « Stop SIDA! Roulez protégés! » À demain pour le début des choses sérieuses!