Voyage au Burkina, janvier 2016


Il y a 15 comptes rendus

  • Catégorie: Sur le terrain

    4 et 5 février 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Voici le dernier billet de ce blog qui relate nos deux dernières journées au Burkina Faso en 2016. Nous remercions chaleureusement chacune et chacun de nous avoir suivis tout au long de nos pérégrinations. Ne manquez pas d'écouter l'interview réalisée avec Martine, une enseignante aveugles à l'école de Boulsa. Audio: Martine à l'école de Boulsa [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/Martine-à-lécole-de-Boulsa.mp3"][/audio]

    Jeudi 4 février

    Il est temps de rentrer

    Il y a des signes qui ne trompent pas. À l'heure d'attaquer l'apéro, Bondi se rend compte qu'il a oublié notre bouteille de pastis au Café de Vienne. Il y court tout en espérant que des personnes mal intentionnées ne l'ait pas sifflée. Dieu existe: Bondex a retrouvé sa bouteille dans la poubelle de la chambre!

    Visite à l'Institut pédagogique du Burkina

    À l'occasion d'une courte visite, nous avons présenté le travail de transcription en braille des livres du programme scolaire burkinabè. Nous avons été reçus par la directrice de cet office et la responsable de l'éducation non formelle. Nous leur avons offert un exemplaire du livre Lire au Burkina première année. Elles ont décidé de faire analyser le contenu de ce livre afin de vérifier sa conformité avec le texte original. En fait, elles vont le soumettre à nos partenaires de l'UN-ABPAM qui l'ont déjà. Nous sommes un peu en souci avec la conformité. En effet, il y a moins d'erreurs dans la version braille.

    La transcription de livres en braille

    Grâce à la Bibliothèque Braille Romande, un service de l'Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants de Genève, a-b-c-d a la possibilité de transcrire et d'imprimer en braille les livres du programme scolaire burkinabè. Ci-dessous sont décrites les étapes de ce processus:
    • Se procurer le livre
    • Scanner le texte
    • Passer le texte à travers un OCR
    • Faire une première lecture sur l'afficheur braille en corrigeant les erreurs clairement identifiées et en soulignant ce qui doit être contrôlé
    • Appliquer des styles pour rendre cette première version compatible avec l'impression en braille
    • Imprimer une première version en braille
    • Effectuer une deuxième lecture en braille avec une personne qui suit dans le livre imprimé pour éliminer les dernières coquilles
    • Diviser le fichier de façon à avoir 100 pages environ par volume
    • Établir une table des matières générale et une par volume
    • Imprimer et relier les livres
    • Envoyer les livres par colis de sept kilos au maximum pour bénéficier d'un envoi gratuit dit en cécogramme. Cécogramme (du latin "caecus", aveugle, et du grec γράμμα, caractère, est un courrier ou un colis contenant des documents envoyés ou reçus par une personne aveugle ou malvoyante ou une institution active dans le domaine.
    Nombre de ces opérations sont complexes et requièrent l'intervention de professionnels. Ainsi, Patrick Bussard s'est chargé du scannage du livre Lire au Burkina cinquième année et a fait un premier nettoyage. Ensuite, une collègue, Valérie Bolay, transcriptrice à la BBR, a bénévolement appliqué les styles au texte, a réparti le texte en sept volumes et a établi les différentes tables des matières. Nous profitons de ces lignes pour les remercier chaleureusement. Nos remerciements vont également à Anne Pillet qui a effectué ce travail pour les quatre premières années et nous permet d'imprimer gracieusement les livres.

    Visite à l'UN-ABPAM

    Nous sommes reçus de façon tout à fait agréable par Madame Justine Kaboré, la responsable de l'intégration des enfants aveugles et malvoyants dans les classes de l'enseignement catholique à Gaoua. Nous lui avons présenté l'avancement de nos travaux. Elle attire notre attention sur les activités génératrices de revenus qui ne fonctionnent de loin pas toujours. Elle trouve l'idée judicieuse d'intéresser financièrement les gens. Il s'agit, selon elle, d'un gage possible de réussite de l'opération.

    Au revoir Madame Ping

    Après un premier pastis pris en chambre en rédigeant quelques textes, nous en prenons un deuxième chez Madame Ping. Nous nous ruons sur les plats avec un Saint-Émilion qui tend les muscles, car à midi, Bondi ne nous a servi que des tartines au parfait et à la vache qui rit. Histoire de ne pas faire de jaloux, nous passons boire un café avec un calvados sur la terrasse désertée de la Terra nostra.

    Vendredi 5 février

    Ce matin, je vais tenter de configurer le téléphone avec voix de synthèse que nous avons apporté à Lucien Naré. Ensuite, j'irai chercher quelques objets typiques à sentir et à toucher pour une animation dans le noir que je dois animer mardi prochain. Avant cela, Bondi ira visiter le terrain agricole de Samsung, le pasteur, agriculteur, chasseur, pêcheur et surtout, le meilleur chauffeur de tout l'ouest africain. Cet après-midi, nous préparons nos bagages. Notre vol a été avancé. En effet, la desserte Paris Ouagadougou a été chamboulée. La pression sur la France est telle, que les équipages d'Air France ne peuvent plus séjourner à Ouagadougou, mais à Lomé au Togo où nous ferons escale.

    Conclusion

    Nous pouvons vous assurer que c'est la saison idéale pour venir au pays des hommes intègres. Deux semaines, c'est ce qu'il faut. Nous ne sommes pas fâchés de retrouver la Suisse d'autant plus que nous avons le sentiment d'avoir fait ce qu'il y avait à faire. Nous ne sommes pas très optimistes en ce qui concerne Boulsa. Tout dépend d'eux, la balle est dans le camp d'Étienne et de son équipe. Par contre, nous sommes optimistes, tout en restant réalistes, concernant le projet à Gaoua. Yara Kambou a un excellent réseau à disposition. Il est intelligent, instruit et soutenu par un comité solide et engagé. Tout en réitérant nos très chaleureux remerciements pour l'intérêt que vous portez à notre activité en faveur des enfants aveugles et malvoyants au Burkina Faso, nous vous donnons rendez-vous pour de nouvelles aventures l'année prochaine. [caption id="attachment_5216" align="aligncenter" width="600"]Bye bye Bye bye[/caption] Audio: Mory Tourez Burkina Faso [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/Mory-Tourez-Burkina-Faso.mp3"][/audio] Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat Pour découvrir l'ensemble des activités d'a-b-c-d, n'hésitez pas à vous rendre sur son site www.a-b-c-d.net

  • Catégorie: Sur le terrain

    3 février 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Troisième et dernière journée à Boulsa avant la dernière ligne droite au Burkina Faso.

    Remise du livre Lire au Burkina cinquième année

    C'est devant les autorités de l'enseignement et de l'action sociale, celles représentant le pouvoir coutumier, les enseignants et les enfants que nous avons remis six exemplaires du livre Lire au Burkina cinquième année transcrits en braille. Chaque exemplaire se compose de six volumes d'une centaine de pages chacun imprimées recto verso. Suite à un deuil intervenu dans le voisinage, nous n'avons pas eu droit aux chants habituels. Par contre, nous avons assisté à la lecture en braille absolument magistrale par un élève, le jeune Wendémi, un des petits chouchoux de la lionne blanche. [caption id="attachment_5198" align="aligncenter" width="600"]Le petit héros du jour Le petit héros du jour[/caption] Dans le billet de demain, je reviendrai plus en détails sur la procédure pour la transcription en braille et le rôle qu'a joué ma collègue Valérie Bolay, collaboratrice du service de transcription de la Bibliothèque Braille Romande et livre parlé, un des services de l'Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants de Genève. [caption id="attachment_5199" align="aligncenter" width="600"]L'apéro après le cérémonie officielle L'apéro après la cérémonie officielle[/caption]

    Le trajet de retour émaillé d'incidents

    Le bus Toyota que nous avons convoyé depuis Lausanne avec Philippe en 2009 arrive vraiment au bout. Il se déglingue de tous les côtés. La poussière entre par tous les pores de sa carrosserie pourrie. Cependant, le moteur tient le coup. Nous avons demandé la route aux environs de 13:00. Étienne et son équipe, qui en voiture, qui à moto, nous ont escortés jusqu'à la sortie de Boulsa. Quelques kilomètres plus loin, Samsung, le meilleur chauffeur de tout l'ouest africain, ne parvient plus à passer les vitesses. Nous nous arrêtons sur le bas-côté de la route. Bondi, spécialiste en matière de guimbarde, parvient, grâce à son légendaire doigté, à en enclencher une. Un peu tendu, Samsung roule en troisième sur plusieurs dizaines de kilomètres, jusqu'à un garage à Zorgho. Après quelques tours de clé pour resserrer des écrous, un peu d'huile et quelques coups de marteau bien ajustés sur le levier de vitesse, nous voilà repartis. Cinq kilomètres plus tard, c'est la crevaison. Une vis monumentale a perforé le pneu arrière-gauche du Toyota. Avec une heure de retard sur l'horaire prévu, nous arrivons sans encombre à Ouagadougou, au Café de Vienne où nous passerons la nuit dans le même lit. Que nos femmes et nos admiratrices soient rassurées, le sommier est heureusement large. [caption id="attachment_5200" align="aligncenter" width="450"]Le clou de la journée Le clou de la journée[/caption]

    Notre avant dernière soirée à Ouagadougou

    Après une bonne douche et des tentatives pour soigner notre rhume au pastis, nous avons jeté notre dévolu sur la terrasse de la Terra nostra. Piccata de veau pour moi, bœuf au poivre vert pour Bondi, pommes-de-terre sautées, excellent rosé du Salento, café Calvados. Bref, de quoi requinquer une équipe qui a passé plusieurs jours dans des conditions pas très confortables. Je vous entends déjà dire que nous ne sommes pas très originaux. C'est vrai, mais nous avons nos habitudes. Ainsi, nous ne risquons pas de nous perdre dans des rues très mal éclairées et nous sommes toujours bien reçus. Demain soir, nous irons chez Madame Ping où Michel a ses habitudes, à tel point qu'il se sert lui-même dans le frigidaire. Audio: L'Afrique en à marre [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/LAfrique-en-a-marre.mp3"][/audio] Alors, à demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    2 février 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Malgré leur rhume, Bob Morane et Bill Ballantine se portent bien. Ils ont passé une belle journée. Audio: Cloche de l'école [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/cloche-de-lécole-1.mp3"][/audio] Le billet d'hier était empreint de grandes préoccupations. Cela ne change pas aujourd'hui, si ce n'est que nous avons vu de belles choses qui vont réjouir celles et ceux qui nous suivent et avons indiqué à Étienne les mesures que nous allons proposer lors de notre prochain comité fixé au 18 février prochain.

    L'enseignement

    Nous avons visité les quatre classes. Dans chacune d'entre elles, nous avons été impressionnés par la qualité de l'enseignement. À ce propos, nous vous invitons à écouter la leçon de connaissance de l'environnement dispensée par Matthieu. Audio: Leçon de connaissance de l'environnement avec Matthieu [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/Leçon-de-connaissance-de-lenvironnement-avec-Matthieu.mp3"][/audio] [caption id="attachment_5181" align="aligncenter" width="600"]Leçon de math dans la classe de Moussa Leçon de math dans la classe de Moussa[/caption]

    Travaux réalisé en 2015 à Boulsa

    Le dortoir ainsi que la nouvelle classe sont achevés et les abords sécurisés. Les réparations exigées par le comité de notre association pour les lits et pour les portes des latrines ont été effectuées, certainement à la dernière minute avant notre arrivée, comme d'habitude. Un portail solide comme celui d'une prison délimite dorénavant l'espace réservé à la cuisine du reste de la cour. Le vieux bâtiment qui abritait un poulailler a été abattu, ce qui donne un bon dégagement à la cour. [caption id="attachment_5184" align="aligncenter" width="450"]Des portes de WC flambant neuves Des portes de WC flambant neuves[/caption]

    Hygiène et santé

    Selon les dires de Bob, Bondex, la propreté des latrines étaient irréprochables. Le lavage des mains lui, semble laisser à désirer. En effet, les réservoirs installés à cet effet dans les classes et le réfectoire étaient souvent vides. Voilà qui ne va pas faire plaisir à la lionne blanche qui est à cheval sur les questions d'hygiène.

    Remise de leur salaire à nos tisserands

    Il y a deux ans, a-b-c-d s'est proposé de vendre des filets à commission réalisés par des personnes aveugles qui fréquentent le centre d'alphabétisation de l'école de Boulsa. À notre bonne surprise, cela a bien fonctionné. a-b-c-d vend en Suisse un filet pour la somme de CHF 3. Il va sans dire que notre association n'effectue aucun prélèvement sur cette somme et que l'intégralité de celle-ci va vraiment à ceux qui ont tissé. Nous avons remis à Casimir et à ses cinq collègues le produit de la vente de 283 filets, soit CFA 425.000. Les frais de fournitures déduits, il reste une somme rondelette qui va permettre à nos tisserands de nourrir leur famille et, tout d'abord, de faire la fête. Le chef, Casimir, nous a remis 110 nouvelles filoches que nous nous réjouissons de vous proposer. [caption id="attachment_5185" align="aligncenter" width="600"]L'équipe des tisserands L'équipe des tisserands[/caption]

    Dernière séance avec Étienne

    Nous avons dû mettre la pression afin que l'activité des moulins reprenne au plus vite. Nous ne pouvons pas ici vous donner les détails des propositions faites, car elles doivent être encore discutées au sein de notre comité. Cependant, sachez que notre Étienne n'a plus vraiment le choix. Il faut vraiment qu'il se secoue pour mettre sur pied des activités génératrices de revenus. Sans quoi??? À demain

  • Catégorie: Sur le terrain

    1er février 2016

    Bonjour à toutes et à tous, L'équipe de choc soit Bouba Samsung, Bondex et Jean-Marc attaque sa première journée à Boulsa accueillie par les chants des enfants de l'école. Audio: Accueil avec le chant des enfants [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/accueil-avec-le-chant-des-enfants.mp3"][/audio] Ne nous voilons pas la face: la situation financière de l'école de Boulsa est difficile. L'arrêt de l'activité des deux moulins offerts par la MEB a des conséquences dramatiques.

    Le personnel de l'école

    Les collaborateurs attachés à l'enseignement sont au nombre de six qui dirigent quatre classes. À noter parmi eux, la présence depuis la rentrée 2016 de Martine, une enseignante aveugle.

    Notre première séance avec le directeur Étienne

    L'ambiance est un peu tendue. Nous avons eu le malheur d'aborder à nouveau le manque de réactivité d'Étienne pour recevoir les enseignants de l'Association pour la promotion des Aveugles et Malvoyants du Burkina. Cette visite avait pour objet d'échanger au sujet de la problématique des familles d'accueil et quant à l'expérience de l'utilisation des livres Lire au Burkina des quatre premières années du programme scolaire burkinabè. Nous avons été très surpris d'entendre qu'Étienne s'arrogeait le droit de déterminer quelles écoles pourraient bénéficier de ces livres. Il part du principe que seule son équipe est habilitée à juger si ces livres sont utiles ou non. Nous avons bien évidemment catégoriquement refusé d'entrer dans ce jeu-là. Nous avons amené les premiers livres à Boulsa il y a déjà plusieurs années et n'avons eu, jusqu'à maintenant, aucun retour sur l'utilisation de ces livres. Parfois, nous avons le sentiment qu'Étienne a un autre agenda comme dit Bouba, et qu'il cherche un financement ailleurs afin de ne plus dépendre de nous.

    Deuxième séance avec Étienne

    Les discussions sont vraiment difficiles, mais les esprits se sont un peu calmés. L'atmosphère qui règne dans le petit bureau d'Étienne est empreinte d'une certaine gravité. La subvention du FONAEF a baissé en 2015, ce qui a comme conséquence une baisse sur la qualité des prestations fournies par l'école.

    FONAEF

    Le Fonds pour l'alphabétisation et l'éducation non formelle (FONAEF) est alimenté par l'État burkinabè et des aides internationales. Il a pour objectif de permettre aux plus démunis d'avoir accès à l'alphabétisation. Les enfants ainsi que les adultes aveugles et malvoyants sont directement concernés par cette aide qui est versée aux centres d'alphabétisation tels que Boulsa ou Gaoua. Cette aide prend en compte pendant six mois:
    • Le salaire de l'enseignant
    • L'hébergement et de la restauration de l'apprenant
    • Divers frais comme le papier braille
    Les lycéens ayant suivi un cursus primaire sont considérés comme alphabétisés et sont donc, de fait, exclus de ce système. La participation du FONAEF constitue la plus grande partie du financement des écoles pour aveugles et malvoyants au Burkina Faso.

    Les lycéens, une difficulté

    Compte tenu de ce qui précède, les frais engendrés par la nourriture et le logement des lycéens ne sont pas pris en compte par le FONAEF. Cette situation occasionne un surcroît de charge pour l'association du centre de formation de Boulsa pour aveugles et malvoyants (ACFBAM) dont dépend l'école et un engorgement des dortoirs. En 2015, l'école n'a accueilli que quatre nouveaux enfants. Les lycéens qui se trouvent entre potes, voient d'un très mauvais œil le fait d'aller dans une famille d'accueil. Étienne tente de responsabiliser les familles des lycéens en leur demandant de prendre à leur charge les frais de scolarité qui ont été fixés à CFA 30.000 par an. Sur onze familles, seules cinq ont répondu favorablement à cette sollicitation.

    Étienne est au pied du mur

    Chiffres à l'appui, nous démontrons à Étienne qu'il doit impérativement faire repartir les moulins afin de combler le trou qui va inéluctablement se creuser. Compte tenu des événements politiques au Burkina Faso, a-b-c-d avait décidé de prolonger sa présence aux côtés de l'école. Cependant, le temps est venu de se désengager, car d'autres écoles ont besoin de nous. Toutefois, il faut se retirer dignement. Si l'on écoute Bouba, il faudrait mettre un terme aussi tôt que possible à la présence d'a-b-c-d à Boulsa. Nous ne partageons pas cet avis. Nous allons étudier divers scenarii que nous allons proposer au comité de notre association. Tout en vous ayant fait grâce des détails des discussions, nous croyons avoir relaté l'essentiel. À demain! [caption id="attachment_5166" align="aligncenter" width="600"]L'école de Boulsa au petir jour L'école de Boulsa au petit jour[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    31 janvier 2016

    Bonjour, Le dossier Gaoua est mis de côté pour l'instant. Plongeons-nous dans celui de Boulsa. La matinée s'est déroulée entre le petit déjeuner, l'agencement de nos bagages et quelques petits travaux préparatoires pour notre séjour à Boulsa. À midi, nous sommes allés manger chez le roi Naré, le directeur aveugle de l'Association pour le Salut des Handicapés de la Vue du Burkina (ASHVB). Il s'agit du premier partenaire local avec lequel nous avons tissé des liens en 2008. Après avoir demandé à Rosalie de bénir notre bus, nous avons demandé la route. La traversée fut agréable, étonnamment sans contrôle policier. [caption id="attachment_5152" align="aligncenter" width="600"]Bénédiction du bus Bénédiction du bus[/caption] Audio: Bénédiction du bus [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/bénédiction-du-bus.mp3"][/audio]

    Rappel des faits

    Boulsa est une ville de 15.000 habitants située dans le centre nord du Burkina Faso dans la province du Namentenga, une des plus pauvres du pays. Depuis 2008, nous soutenons une école qui accueille entre quarante et quarante-cinq enfants aveugles ou malvoyants. Après avoir construit trois classes, des latrines et forer un puits en 2009, a-b-c-d a complété le dispositif en construisant une classe et un dortoir supplémentaires en 2015 avec  l'aide de l'Unitas, une des seize sections de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants et une généreuse donatrice demeurant à Genève. Cette année, onze enfants issus de l'école ont pu rejoindre le lycée de la ville.

    La communication est parfois difficile

    Depuis plusieurs mois, nous avons de la peine à communiquer avec notre partenaire. Malgré l'aide de Bouba, notre coordinateur, et celle de Heinz Rothacher, Étienne, le directeur de la structure dont dépend l'école de Boulsa, fait un peu la sourde oreille.

    Programme du séjour

    • Lundi 09:00: Première séance avec Étienne afin qu'il nous explique ce qui s'est passé depuis notre dernier séjour d'avril 2015.
    • Lundi 10:00: Michel s'enferme avec la comptable Lucie pendant que je mets la dernière main au projet de convention qui nous liera avec nos amis belges et que je visite les classes.
    • Lundi 15:00: Séance avec Étienne pour lui poser les questions qui ne manqueront pas de surgir après le dépouillement des comptes.
    • Mardi matin: Répartition de la somme recueillie suite à la vente en Suisse des filets tissés par quatre personnes handicapées de la vue.
    • Mardi après-midi: Très vraisemblable nouvelle séance avec le personnel
    • Mercredi matin: Remise du livre Lire au Burkina cinquième année.
    • Mercredi aux environs de 14:00: Retour à Ouagadougou.

    Logistique

    Nous dormons dans de bonnes conditions à Nassongdo, une sorte de gite tenu par l'église catholique. Par contre, nous prenons les repas chez Étienne. Je m'étais engagé dans ce blog à vous faire grâce de l'évocation de nos libations. Mais là, je ne peux pas résister. Comme cela était prévisible notre anisette a fait long feu. Comme nous avons constaté que le pastis avait des effets thérapeutiques incontestables sur nos organismes, Michel s'est renseigné pour en acheter une bouteille. Il faut tout prévoir. Quelle ne fut pas notre surprise: CHF 10 la bouteille: ramenons-en! Audio: Discours de Patrice Lumumba [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/Discours-de-Patrice-Lumumba.mp3"][/audio] Voilà c'est tout pour aujourd'hui!

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    30 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Bien que de transition, cette journée n'en demeure pas moins laborieuse. [caption id="attachment_5144" align="aligncenter" width="600"]La petite de Bouba sur les genoux de Jean-Marc La petite de Bouba sur les genoux de Jean-Marc[/caption]

    Battons le fer pendant qu'il est chaud

    Le frère Michel m'enjoint de rédiger une supplique à l'adresse de Monseigneur l'évêque de Gaoua, Modeste Kambou. Objectif: solliciter son excellence afin qu'elle nous propose une personne au-dessus de tout soupçon pour suivre le chantier à Gaoua. Il va sans dire que je m'exécute avec le plus grand empressement.

    Préparation de notre prochain comité

    Nous avons rédigé le rapport de notre expédition à Gaoua. Ainsi, nous espérons pouvoir déposer notre dossier à Valais Solidaire en mars prochain. Pour autant que la réponse de notre organisme faîtier soit positive, les travaux pourraient débuter en novembre de cette année et les premiers enfants ou jeunes apprenants être accueillis à la rentrée 2017.

    Les attentats laissent des traces

    Le patron italien de la Terra nostra, ancien coiffeur à Turin, a été très touché par les tragiques événements du 15 janvier dernier, ceci d'autant plus que ses amis ont échappé de peu au carnage puisqu'ils se trouvaient sur la même terrasse que Jean-Noël Rey et Georgy Lamont cinq minutes avant le début de la fusillade.

    Bilan intermédiaire

    Nous avons le sentiment d'avoir fait du bon boulot. L'ambiance est bonne. Nos organismes tiennent bien le choc. Demain, nous partons pour Boulsa à bord du célèbre Toyota convoyé depuis Lausanne en mars 2009. Audio: Je s'en va [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Je-sen-va.mp3"][/audio] À demain!

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    29 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Nous voici parvenus au terme de la première moitié de notre séjour au pays des hommes intègres. Il est possible que le plus dure reste à faire à Boulsa. En effet, nous ne sommes pas à l'origine de ce projet, au contraire de celui à Gaoua. [caption id="attachment_5129" align="aligncenter" width="600"]La galerie marchande de la gare routière de Gaoua La galerie marchande de la gare routière de Gaoua[/caption]

    Un pays sous haute surveillance

    Quatre contrôles à l'aller et cinq au retour. Imaginez une bonne soixantaine de passagers, hommes, femmes et enfants, en file le long du goudron, cartes d'identité et passeports en main. Les policiers et gendarmes armés sont tout à fait courtois. Pour nous, la première conséquence est un rallongement significatif du temps de trajet, sept heures au lieu de six. [caption id="attachment_5132" align="aligncenter" width="600"]Vos papier, s.v.p. Vos papiers, s.v.p.[/caption] Plus que la traque des djihadistes, c'est la situation politique nationale qui justifie ces mesures de sécurité exceptionnelles. En effet, les autorités en place redoutent les agissements du régiment de la sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré. C'est ce corps d'élite composé d'hommes triés sur le volet et très bien payés qui est à l'origine de la tentative de putsch de novembre dernier. Armée dans l'armée, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a été dissout en septembre 2015 par le conseil national de transition. Cela n'a pas empêché quelques éléments du RSP d'attaquer un magasin d'armes de l'armée burkinabè à Ouagadougou il y a dix jours. Comme disent certains: "On a tué le serpent, mais laissé ses œufs, ils vont éclore". À demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    28 janvier 2016

    Bonjour, C'est la dernière ligne droite à Gaoua. Je crois que nous avons fait du bon boulot. Demain, nous rentrons sur Ouagadougou et nous nous réjouissons d'ores et déjà de manger chez Madame Ping ou à la Terra nostra, autre chose que des pommes-de-terre frites, des bananes frites et des spaghetti, si bons soient-ils.

    Réunion plénière avec le comité de l'AEMAG

    Tout s'est bien passé. L'ambiance était détendue, cordiale et constructive. Nous nous étions très bien répartis les rôles:
    • Introduction Yara, le "prési"
    • Les infrastructures, votre serviteur
    • Les activités génératrices de revenus, à nouveau Yara
    • Le budget prévisionnel sur cinq ans, Michel
    • Le mot de la fin, Bouba
    Comme nous avions préparé cette séance la veille avec Yara, nous avons été en mesure de répondre à toutes les questions posées et de préciser le rôle de chacun. Nous avons vraiment insisté sur le fait que ce projet était celui de l'AEMAG et non celui des "petits blancs". Les personnes présentes, soit tout le comité moins un membre, se sont confondues en remerciements. Cela n'a pas empêché que les gens participent activement. [caption id="attachment_5116" align="aligncenter" width="600"]Réunion du comité Réunion du comité[/caption]

    Activités génératrices de revenus

    En plus des activités mentionnées dans le billet d'hier, l'AEMAG, les femmes en particulier, vont faire du beurre de karité, des pommades et du savon ainsi que du sumbala, condiment à partir des graines de Néré. Ces activités semblent rentables. À l'instar de la transformation du moringa, un tiers du produit de la vente sera consacré à l'achat des matières premières, un tiers ira à la rémunération des masses laborieuses, et un tiers ira au futur centre. Cette activité servira également de cadre de formation pour les jeunes aveugles et malvoyants. [caption id="attachment_5119" align="aligncenter" width="600"]Fleur de karité Fleur de karité[/caption]

    Le comité de l'AEMAG

    Au contraire du Conseil d'administration de Boulsa, celui-ci est composé de personnalités marquées et marquantes. Outre la pimpante Thérèse qui était enseignante, le comité compte entre autres parmi ses membres, Justin, un attaché à la santé spécialisé en ophtalmologie fraîchement retraité. Son rôle: épauler l'AEMAG dans les soins oculaires, dépister les maladies et détecter les jeunes handicapés de la vue dans les villages. Voilà qui devrait donner un élément de réponse à la lionne blanche, ma femme Francine qui se préoccupe, à juste titre, de l'occupation du futur centre. Audio: Interview avec Justin Mandou [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/interview-avec-justin-mandou.mp3"][/audio]   [caption id="attachment_5120" align="aligncenter" width="450"]Thérèse et sa collègue Thérèse et sa collègue[/caption]

    L'administration de Gaoua, un exemple

    L'autre jour, Yara avait tout de même téléphoné pour que nous soyons reçus par le préfet. En ce qui concerne le receveur, nous nous sommes pointés sans prévenir, ce qui ne l'a pas dissuadé de nous recevoir. Devant nous, il a fait activer les choses en passant quelques téléphones. Tous les feux sont au vert afin que le terrain soit enfin enregistré et officiellement affecté aux activités de l'AEMAG. Le document devrait nous parvenir très prochainement.

    Pas d'euphorie

    Tout semble bien parti après trois ans de travail, sur des bases solides. Nous avons insisté sur la transparence qui doit prévaloir entre l'AEMAG et a-b-c-d. Mais nous sommes en Afrique, ceci dit sans aucune condescendance: faisons preuve de rigueur et non de rigidité.

    Gaoua, c'est fini!

    Hier soir, nous avons pris le dernier repas avec Yara et Désiré à qui nous avons loué la voiture pendant ces quatre jours. Ce repas dont je vous épargne l'ordonnance du menu, a été marqué par une triste nouvelle. En effet, Yara a appris le décès de son demi-frère. Bien qu'attendue, la mort de ce proche affecte beaucoup notre pote. Je profite de ces lignes pour lui présenter, à lui ainsi qu'à sa famille, nos sincères condoléances. À demain! Audio: PS message personnel pour la lionne blanche [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Message-personnel-pour-la-lionne-blanche.mp3"][/audio]

  • Catégorie: Sur le terrain

    27 janvier 2016

    Bonjour, Une journée laborieuse, mais très constructive. Encore de bons moments avec notre équipe de choc!

    Séance de chantier

    Dès 09:30, Silver Nikiéma, l'architecte, Yara et sa secrétaire, Bondi, Bouba et moi nous retrouvons pour une séance qui durera plus de deux heures. [caption id="attachment_5101" align="aligncenter" width="600"]Yara et l'architecte Nikiema au travail Yara et l'architecte Nikiema au travail[/caption]

    Constructions prévues

    • Un puits
    • Une salle polyvalente
    • Deux dortoirs accueillant chacun seize enfants ou apprenants
    • Un bâtiment abritant des douches et des latrines
    • Une maison pour un gardien
    • Une cuisine
    • Une paillote
    Dans l'ensemble, nous sommes d'accords. Lors du dernier comité de notre association, nous avions constaté que la salle polyvalente était petite par rapport aux dortoirs. C'est pourquoi, nous avons demandé à Yara, quelles activités l'AEMAG avait l'intention d'organiser dans cet espace. Outre l'utilisation de la salle pour les formations dispensées aux apprenants et les activités propres à l'association, l'AEMAG souhaite louer cette salle pour générer des fonds. L'idée est bonne, mais la surface de 24 m2 prévues sur les plans nous paraît trop restreinte. Nous décidons donc d'augmenter sensiblement la surface, ce qui ne devrait pas trop grever le budget. Nous avons demandé à l'architecte à combien se montaient ses honoraires jusqu'à maintenant. Silver offre ses services au projet. Les coûts seront portés au budget mais indiqués comme offerts au titre de la participation du partenaire local.

    Personnel

    Yara joue cartes sur table. Pour lui, la gestion du centre va permettre de procurer un emploi aux membres de son association. Pourquoi pas? Par contre, nous attirons son attention sur le fait qu'il est aveugle et que, de ce fait, il ne peut non seulement pas tout faire, mais doit aussi pouvoir compter sur quelqu'un qui le seconde. Je pense que ce point a dû faire bouillonner les esprits. Finalement, Yara, en accord avec son comité, se rallie à l'idée d'avoir un bras droit et un moniteur chargé du maraîchage qui soient voyants. La discussion a dû également aller bon train au sujet des contrats de travail des futurs collaborateurs. Comme il s'agit d'un centre de formation dont l'activité se déroule sur neuf mois, mais que certaines activités comme le maraîchage et l'élevage exigent un suivi sur toute l'année, certains collaborateurs seront engagés sur neuf mois, d'autres sur douze. Tous les collaborateurs, même le directeur, seront engagés avec un contrat à durée déterminée, ceci dans un premier temps. Ainsi, l'AEMAG évite de payer les charges sociales. Cela ne correspond pas à notre manière de voir, mais, il faut respecter, non? Certains ne manqueront pas de dire que Bondi a vendu son âme syndicaliste au diable libéral le plus féroce. Il y a du vrai!

    Activités génératrices de revenus

    Les activités prévues sont les suivantes:
    • Maraîchage
    • Tissage
    • Séchage
    • Élevage de porcs
    • Location de la salle polyvalente
    • Vente de moringa
    Je vous fais grâce des détails. La seule activité qui pose réellement problème est l'élevage des porcs. En effet, nous trouvons que la somme prévue dans le budget est beaucoup trop élevée. Mais nous manquons de données précises. Ainsi, l'architecte Silver va prendre contact avec le vétérinaire local pour savoir exactement comment mettre sur pied cette activité à long terme. Nous avons visité une structure de séchage générée par une association pour la promotion des femmes de Gaoua. Cette activité qui semble rentable, est tout à fait accessible pour les personnes aveugles et malvoyantes. Le matériel utilisé est simple et parfaitement réalisable sur place.

    Le budget

    Nous avons passé en revue tous les points. Là aussi, je ne vais pas entrer dans les détails, ce blog n'est pas un procès-verbal. Et, de plus, le pragmatique comptable Bondi s'est retiré dans ses appartements pour faire ses comptes et, à l'heure où je rédige ces lignes, je n'ai pas encore les chiffres, heureusement peut-être!

    Maintenant, à l'essentiel

    À 14:00, nous avons pris le repas de midi chez Yara. C'était bon mais long: Pommes-de-terres et bananes frites et le soir, spaghetti sans viande et sauce poissonneuse commandés à l'avance dans un maqui. Là, on a bien rigolé. Bondex est un peu dure de la feuille et règles ses appareils auditifs en fonction du volume sonore ambiant. À notre arrivée en terrasse, une musique tonitruante nous accueille. Et Bondi de dire au serveur: "Eh! Je peux vous demander pour la musique, je n'entends pas bien". Résultat des courses, le serveur empressé augmente le son. Malgré mon rhume qui ne s'arrange pas, je viens de passer ma meilleure nuit au pays des hommes intègres. Je vous laisse. Je vais tirer sur ma bouffarde à la fraîche. Audio: Sankara [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/sankara.mp3"][/audio] À demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    26 janvier 2016

    Bonjour, "Les champs du possible sont immenses, mais les ouvriers trop peu nombreux" Citation de Michel Bondi. Enfin une douche! Enfin des chants d'enfants! Enfin du travail sur plans et surtout, un bon repas! Voilà, j'ai repris mes habitudes burkinabè, soit de rédiger à la fraîche dans la cour en écoutant les coqs qui réveillent le quartier. Il est cinq heures, Gaoua s'éveille.

    Visite des classes catholiques

    [caption id="attachment_5088" align="aligncenter" width="600"]L'école catholique de Gaoua L'école catholique de Gaoua[/caption] Nous avons pu suivre quatre enfants dont deux étaient en classe d'observation. Ce cycle dure deux ans. Cela correspond au CP1 et CP2. Les enfants apprennent à lire et à écrire. Ensuite, ils sont intégrés dans les classes normales. Chaque classe compte en moyenne quatre-vingts enfants qui sont sages comme des images. Ils utilisent les mêmes livres que notre association transcrit mais sous forme de papier plastics thermoformés. Il est vrai que la durée de vie de ces livres est certainement plus longue que celle des livres papier que nous imprimons. Toutefois, lorsqu'on connait le prix d'une feuille thermoformée, CHF 0,2, on peut légitimement se demander s'il n'est pas plus économique de réimprimer des ouvrages papiers et de remplacer au fur et à mesure les pages détériorées. À noter qu'il est impossible d'imprimer recto verso avec ce système. Voilà un point qu'il serait nécessaire d'aborder avec Justine Kaboré, la responsable de ce projet à Ouagadougou. À ma surprise, une des petites filles suivant les cours du CM2 lisait dans un livre qui ne correspondait pas à son niveau. Y aurait-il pénurie de livres? C'est bien possible. [caption id="attachment_5086" align="aligncenter" width="600"]Yellé lit en braille Yellé lit en braille[/caption] Audio: Exercice de lecture et discours [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/lecture-discours-chant.mp3"][/audio] Audio: Chant des enfants [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Chant-des-enfant.mp3"][/audio] Parmi les quatre élèves, deux sont malvoyants. On les a contraints à apprendre le braille, écriture qu'ils maîtrisent mal, car ils veulent sans arrêt s'aider avec leur résidu visuel. Nous avons donc posé la question à savoir dans quelle mesure des livres en grands caractères ne leur faciliteraient pas le travail? Théophile qui s'occupe des enfants trouve que cela pourrait être une bonne solution. L'école va nous communiquer les besoins de livres que nous allons adaptés à partir de nos fichiers informatiques. Lorsque je pense au nombre d'appareils de lecture qui encombrent les caves en Suisse, ils seraient mieux là, mais il faudrait un container pour les acheminer au Burkina Faso. Michel cause avec Théophile. Il est le responsable de la transcription dans les deux sens, du noir au braille et du braille au noir des documents nécessaires aux petits handicapés de la vue. Il ressort de la discussion que, malheureusement, sa machine braille est proche de la mort. Une fois de plus, a-b-c-d déploie toute son efficacité. Par erreur, Bondi avait mis dans sa valise une machine destinée à une école près de Boulsa. Elle va demeurer là. Comme elle avait été promise à un autre établissement, je me suis engagé à procurer une autre machine.

    Nouvel horaire scolaire

    Prochainement, un nouvel horaire entre en vigueur. Il correspond à peu près à celui vécu pas les petits écoliers suisses. Plus d'école le samedi et le mercredi après-midi. Auparavant, la pause de midi était de trois heures ce qui permettait aux élèves de rentrer chez eux. Dorénavant, elle ne sera plus que de deux. Cela signifie que nombre d'enfants ne pourront plus rentrer chez eux. Les écoles devront donc mettre sur pied des cantines, mais avec quel argent? [caption id="attachment_5089" align="aligncenter" width="600"]Une classe de 80 gamins Une classe de 80 gamins[/caption] Pour le futur centre de l'AEMAG, le transport des enfants va poser un sérieux problème. En effet, l'école catholique se trouve à six kilomètres du centre où seront hébergés les enfants intégrés dans les classes de l'école catholique. Nous devrons donc trouver un véhicule. Voilà encore un poste qui va faire exploser le budget. À moins qu'une généreuse donatrice ou un généreux donateur mette un bus à notre disposition à l'instar de Corinne qui avait offert le Toyota que nous avions convoyé avec ce bon Philippe de Lausanne à Ouagadougou en 2009. De retour de l'école catholique, nous nous sommes penchés sur le blog tout en sirotant quelques bières et grignotant des tartines de parfait et de Vache qui rit.

    Les grandes manœuvres commencent

    La parcelle de terrain sur laquelle sera construit le centre n'est pas reliée au réseau national d'électricité. Et même si elle l'était, le coût en termes de consommation d'électricité serait trop élevé. Forts de ce constat, nous avons opté pour l'énergie solaire. Évidemment, les investissements sont importants. Deux devis nous sont soumis: un premier pour 10.000 watts et un second pour 6.000. Notre association privilégie, bien évidemment, la formule à 6.000 watts. Le montant de cette opération s'élève à 8.800.000 CFA. Il est impératif que cette somme soit ramenée à 6.000.000 CFA. Pour parvenir à ce montant, certains éléments du projet sont retirés, tels que les ventilateurs. Toutefois, le câblage de l'ensemble des bâtiments sera réalisé dans le cas où nous trouvions les moyens d'améliorer le confort dans le futur.

    Enfin, on a mangé!

    Nous avons trouvé un bistro sur la colline du pouvoir. C'est en effet sur cette hauteur que demeuraient les colons. Le personnel est parfaitement désagréable, mais la bière est fraîche et les pommes-de-terre frites délicieuses et les bananes frites, l'aloco, fondantes. On va revenir! Il est temps de rejoindre nos sacs à viande. À demain!