26 janvier 2016

Bonjour,

"Les champs du possible sont immenses, mais les ouvriers trop peu nombreux"
Citation de Michel Bondi.

Enfin une douche! Enfin des chants d'enfants! Enfin du travail sur plans et surtout, un bon repas!

Voilà, j'ai repris mes habitudes burkinabè, soit de rédiger à la fraîche dans la cour en écoutant les coqs qui réveillent le quartier. Il est cinq heures, Gaoua s'éveille.

Visite des classes catholiques

L'école catholique de Gaoua
Légende: L'école catholique de Gaoua

Nous avons pu suivre quatre enfants dont deux étaient en classe d'observation. Ce cycle dure deux ans. Cela correspond au CP1 et CP2. Les enfants apprennent à lire et à écrire. Ensuite, ils sont intégrés dans les classes normales. Chaque classe compte en moyenne quatre-vingts enfants qui sont sages comme des images. Ils utilisent les mêmes livres que notre association transcrit mais sous forme de papier plastics thermoformés. Il est vrai que la durée de vie de ces livres est certainement plus longue que celle des livres papier que nous imprimons. Toutefois, lorsqu'on connait le prix d'une feuille thermoformée, CHF 0,2, on peut légitimement se demander s'il n'est pas plus économique de réimprimer des ouvrages papiers et de remplacer au fur et à mesure les pages détériorées. À noter qu'il est impossible d'imprimer recto verso avec ce système. Voilà un point qu'il serait nécessaire d'aborder avec Justine Kaboré, la responsable de ce projet à Ouagadougou. À ma surprise, une des petites filles suivant les cours du CM2 lisait dans un livre qui ne correspondait pas à son niveau. Y aurait-il pénurie de livres? C'est bien possible.

Yellé lit en braille
Légende: Yellé lit en braille

Audio: Exercice de lecture et discours

Audio: Chant des enfants

Parmi les quatre élèves, deux sont malvoyants. On les a contraints à apprendre le braille, écriture qu'ils maîtrisent mal, car ils veulent sans arrêt s'aider avec leur résidu visuel. Nous avons donc posé la question à savoir dans quelle mesure des livres en grands caractères ne leur faciliteraient pas le travail? Théophile qui s'occupe des enfants trouve que cela pourrait être une bonne solution. L'école va nous communiquer les besoins de livres que nous allons adaptés à partir de nos fichiers informatiques. Lorsque je pense au nombre d'appareils de lecture qui encombrent les caves en Suisse, ils seraient mieux là, mais il faudrait un container pour les acheminer au Burkina Faso.

Michel cause avec Théophile. Il est le responsable de la transcription dans les deux sens, du noir au braille et du braille au noir des documents nécessaires aux petits handicapés de la vue. Il ressort de la discussion que, malheureusement, sa machine braille est proche de la mort. Une fois de plus, a-b-c-d déploie toute son efficacité. Par erreur, Bondi avait mis dans sa valise une machine destinée à une école près de Boulsa. Elle va demeurer là. Comme elle avait été promise à un autre établissement, je me suis engagé à procurer une autre machine.

Nouvel horaire scolaire

Prochainement, un nouvel horaire entre en vigueur. Il correspond à peu près à celui vécu pas les petits écoliers suisses. Plus d'école le samedi et le mercredi après-midi. Auparavant, la pause de midi était de trois heures ce qui permettait aux élèves de rentrer chez eux. Dorénavant, elle ne sera plus que de deux. Cela signifie que nombre d'enfants ne pourront plus rentrer chez eux. Les écoles devront donc mettre sur pied des cantines, mais avec quel argent?

Une classe de 80 gamins
Légende: Une classe de 80 gamins

Pour le futur centre de l'AEMAG, le transport des enfants va poser un sérieux problème. En effet, l'école catholique se trouve à six kilomètres du centre où seront hébergés les enfants intégrés dans les classes de l'école catholique. Nous devrons donc trouver un véhicule. Voilà encore un poste qui va faire exploser le budget. À moins qu'une généreuse donatrice ou un généreux donateur mette un bus à notre disposition à l'instar de Corinne qui avait offert le Toyota que nous avions convoyé avec ce bon Philippe de Lausanne à Ouagadougou en 2009.

De retour de l'école catholique, nous nous sommes penchés sur le blog tout en sirotant quelques bières et grignotant des tartines de parfait et de Vache qui rit.

Les grandes manœuvres commencent

La parcelle de terrain sur laquelle sera construit le centre n'est pas reliée au réseau national d'électricité. Et même si elle l'était, le coût en termes de consommation d'électricité serait trop élevé. Forts de ce constat, nous avons opté pour l'énergie solaire. Évidemment, les investissements sont importants. Deux devis nous sont soumis: un premier pour 10.000 watts et un second pour 6.000. Notre association privilégie, bien évidemment, la formule à 6.000 watts. Le montant de cette opération s'élève à 8.800.000 CFA. Il est impératif que cette somme soit ramenée à 6.000.000 CFA. Pour parvenir à ce montant, certains éléments du projet sont retirés, tels que les ventilateurs. Toutefois, le câblage de l'ensemble des bâtiments sera réalisé dans le cas où nous trouvions les moyens d'améliorer le confort dans le futur.

Enfin, on a mangé!

Nous avons trouvé un bistro sur la colline du pouvoir. C'est en effet sur cette hauteur que demeuraient les colons. Le personnel est parfaitement désagréable, mais la bière est fraîche et les pommes-de-terre frites délicieuses et les bananes frites, l'aloco, fondantes. On va revenir!

Il est temps de rejoindre nos sacs à viande.

À demain!