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    25 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Toujours pas d'eau, la nourriture, un cauchemar. Ce soir, plus de Wi-Fi. Nous nous sommes occupés de nos âmes chez Monsieur l'abbé et Monseigneur. Visite chez le préfet. Du boulot par-dessus la tête et une belle émotion. Voilà le programme du jour. [caption id="attachment_5066" align="aligncenter" width="600"]Interview de Modeste Kambou, évêque de Gaoua Interview de Modeste Kambou, évêque de Gaoua[/caption]

    Les conditions sont vraiment difficiles.

    Heureusement que nous n'avons pas les chaleurs supportées avec abnégation lors de notre voyage d'avril 2015, 42 degrés en moyenne. Toujours pas d'eau dans notre hôtel. On se lave tels les éléphants en se balançant des sceaux de dix litres sur la carcasse. Quant à la nourriture: un enfer. La bouffe de la Grotte du militant est parfaitement exécrable. Tout a le goût de poisson. Espérons que nos organismes de "petits blancs" vont supporter cette épreuve. Je ne serais pas surpris que l'imodium entre en action avant notre retour à Ouagadougou. Demain, nous allons chercher un autre bistro ou, comme nous le faisons ce soir, demander à la dame de l'hôtel de nous cuire des pâtes achetées au magasin du coin. Heureusement Bondi pense à tout. Afin de préserver l'équilibre nutritif de notre festin, il a acheté une boîte de corn beef, du singe. Cela faisait longtemps que je n'avais pas touché à ça. À la première bouchée, cela rappelle des bons souvenirs. À la deuxième, des mauvais. Cerise sur le gâteau: ce soir, le Wi-Fi du Centre Shalom où nous survivons ne répond plus. Il ne manquait plus que ça!

    Le travail va bon train

    Nous avons eu notre première rencontre avec les membres du comité de l'Association pour l'Espoir des Aveugles et Malvoyants de Gaoua (AEMAG) Nous leurs avons soumis la liste de questions dressée par le comité de notre association et les avons invités à siéger dans un premier temps sans nous pour y répondre. Nous avons établi un programme de nos rencontres jusqu'à jeudi prochain. Outre les aspects techniques liés à la construction et à l'énergie solaire, les difficultés que nous rencontrons concernent essentiellement les activités génératrices de revenus pour que le centre soit autonome d'ici cinq ans et le salaire des futurs collaborateurs du centre.

    Les Cathos sont sympas!

    Après le petit déjeuner du matin, nous avons établi le programme du jour avec Yara. En premier lieu, rendre une visite de courtoisie à l'abbé du diocèse duquel dépendent les classes qui intègrent les enfants aveugles et malvoyants et lui demander de pouvoir visiter les classes. Il a suffi d'un coup de fil de Yara pour que Jean-Boniface Samda nous reçoive sur l'heure. Il est jovial. On rigole. Après lui avoir dit que Bondex et votre serviteur étaient, eux, de bons catholiques, Monsieur l'abbé a saisi son portable pour solliciter une rencontre avec l'évêque de Gaoua. Ni une, ni deux, nous voilà partis pour rencontrer Monseigneur Modeste Kambou. À nouveau, une franche rigolade et beaucoup de simplicité et de sympathie. Je ne suis pas loin de penser que les Cathos sont décidément plus cool que les Protos. Jean-Boniface et Modeste affirment d'une seule voix qu'ils feront tout ce qu'ils pourront pour soutenir notre projet. Bien sûr, ce ne sont que des mots, mais tout de même… Audio: Interview de Modeste Kambou [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Interview-avec-Modeste-Kambou-évêque-de-Gaoua-2.mp3"][/audio] [caption id="attachment_5067" align="aligncenter" width="600"]De droite à gauche : Bouba, Jean-Marc, Modeste, Yara et Michel De droite à gauche : Bouba, Jean-Marc, Modeste, Yara et Michel[/caption]

    Les familles d'accueil, un problème récurant

    Que ce soit à Boulsa ou partout ailleurs au Burkina, les familles susceptibles d'accueillir des enfants aveugles et malvoyants sont très difficiles à trouver. Avant d'aller plus avant, il est indispensable de tenter de décrire la manière dont sont considérés les enfants aveugles. Au mieux, c'est une punition de dieu, au pire, ce sont des bouches inutiles à nourrir. Ils jouissent donc très souvent de très peu d'égard de la communauté villageoise et de leurs géniteurs. Une des raisons du projet de création d'un centre à Gaoua est de pouvoir héberger les enfants handicapés de la vue qui sont intégrés dans les classes de l'École catholique. Les familles d'accueil se plaignent que les enfants déficients visuels sont exigeants et difficiles et qu'ils ne sont pas en mesure de participer aux tâches ménagères. N'est-ce pas compréhensible qu'ils soient pénibles alors qu'ils ont été rejetés ou mis à l'écart par leur propre famille? On le serait à moins. Une des discussions qui roulaient ce matin tournait autour du sujet de la création d'un internat. Il est vrai que du point de vue généralement partagé, cela n'est plus dans l'air du temps de créer des "ghettos". Et pourtant… Un internat peut constituer un milieu stimulant pour les enfants qui peuvent se comparer, se copier et bénéficier des soins d'un personnel formé. À mon avis, l'internat pourrait, dans un premier temps, sociabiliser les enfants afin de les armer pour vivre dans une éventuelle famille d'accueil. Voilà un aspect des choses que nous n'avons pas évoqué. Pour l'instant, il n'y a que huit enfants intégrés dans les classes de l'École catholique, c'est très peu, trop peu. Pourtant, la province dont Gaoua est le chef-lieu compte autant d'enfants handicapés de la vue qu'ailleurs au Burkina. Il est donc indispensable de sensibiliser les familles sur la réalité du handicap visuel et les convaincre que ces enfants ont le même potentiel que les autres pour autant qu'on leur donne les moyens. Dans cette démarche, les femmes jouent un rôle fondamental. Cette sensibilisation constitue l'activité de base de l'association que nous allons peut-être soutenir depuis plusieurs années. Espérons que ce travail de longue haleine porte enfin ses fruits et que ces enfants soient sortis de leur isolement.

    La plante qui soigne 132 maladies

    Devant le centre communautaire qu'occupe notre partenaire, l'AEMAG cultive un petit lopin de 0,25 hectare. Là poussera une plante le moringa, l'arbre de paradis en langue vernaculaire, à laquelle les gens du coin attribuent notamment des vertus aphrodisiaques. J'espère simplement que nous n'allons pas contracter la cents-trente-troisième maladie. [caption id="attachment_5072" align="aligncenter" width="600"]Le terrain de l'AEMAG mis à disposition par l'Action sociale Le terrain de l'AEMAG mis à disposition par l'Action sociale[/caption]

    Le préfet au champ

    Après l'insurrection de 2014, tous les maires ont été suspendus. Toutes leurs prérogatives ont été confiées aux préfets. Compte tenu que les élections municipales auront lieu en mars prochain, c'est donc au préfet que nous avons l'intention de nous adresser. Yara reprend à nouveau son portable pour appeler la mairie. De suite, le préfet nous reçoit. Nous en avons profité pour tenter d'activer l'affectation du terrain à l'AEMAG. Devant nous, le préfet appelle un collaborateur pour faire bouger les choses. Nous pouvons espérer être en possession du sacrosaint papier dans les deux mois. Nous en avons profité pour lui demander si notre prochain voyage à Boulsa dans la région centre-nord du Burkina Faso était dangereux pour nous les "petits blancs". Selon lui, "y a pas de problème". Du reste, le couvre-feu a été levé sur l'ensemble du territoire national. "Voilà!"

    Une petite larme au coin de l'œil

    En sortant de la "réception" de notre palace pour aller fumer ma pipe. Je cherchais à localiser en claquant des doigts comme j'en ai l'habitude, la chaise posée à mon intention. À ce moment-là, j'ai senti une petite main se glisser dans la mienne. La main d'une petite fille? D'un petit garçon? Cette menotte m'a conduit jusqu'à la chaise en me disant "Tonton". En fait, c'était la fillette adoptée du gérant, une toute petite Emma, un des prénoms préférés de ma femme Francine. [caption id="attachment_5068" align="aligncenter" width="450"]Emma et Jean-Marc, main dans la main Emma et Jean-Marc, main dans la main[/caption] À demain, si vous le voulez bien!

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    24 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Nous quittons Ouagadougou pour nous rendre à Gaoua, à 400 kilomètres au sud-ouest de la capitale du pays des hommes intègres dans la ville-même où le capitaine Sankara a suivi une partie de sa scolarité. Hébergement sommaire, nourriture peu engageante. Par contre, nous sommes connectés et de bonne humeur. N'est-ce pas là l'essentiel?

    Bon pied, bon œil

    Après avoir pris un excellent petit déjeuner à la pension Yiri Suma en écoutant TV 24, nous avons organisés encore une fois nos bagages. Puis, nous nous mettons à lire installés confortablement sur la terrasse avant d'inaugurer la bouteille de Pastis de Michel. Il est particulièrement fier de lui, car il a même dégoté des glaçons. Avant que nous nous rendions en taxi à la gare routière, le repas de midi se réduit à des tartines de Parfait et de la Vache qui rit. Audio: Devant la gare routière [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/devant-la-gare-routière.mp3"][/audio] Nous avons pris place dans un bus climatisé dans lequel on est très mal assis. On est aussi mal installé que dans un Airbus d'Air France, le Champagne en moins. En route pour Gaoua Le voyage est ponctué de plusieurs contrôles de police, une preuve que le pays demeure sous tension. Sur place, nous avons loué une voiture que Bouba conduira durant ces quatre jours.

    Notre hébergement

    Le moins que l'on puisse dire est que le régime est spartiate: pas de drap, pas d'eau, pas de climatisation bien sûr. Heureusement, il ne fait pas trop chaud: 32 degrés la journée et peut-être 20 la nuit. Yara Kambou nous a amené dans un bistro où les gens de passage descendent volontiers. J'espère que nous sommes mal tombés. Sans quoi, il y a du souci à se faire. Petite anecdote: ce bistro, le flamboyant, a été créé par le capitaine Sankara. Durant le temps de la Révolution nationale, il portait le nom flamboyant de la Grotte du militant.

    Les affaires sérieuses commencent

    Demain, dès 9 heures, nous attaquons nos séances avec le comité de l'Association pour l'Espoir des Aveugles et Malvoyants de Gaoua (AEMAG). Premier objectif: établir un programme, le plus précis possible, de nos quatre jours ici.

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    23 janvier 2016

    Hier, nous n'avons pas fait grand-chose, si ce n'est fourbir nos armes, organiser nos valises pour le départ à Gaoua et galérer sur ce maudit blog en buvant du Jura. Rassurez-vous, nous avons passé de bons moments même si nous n'avons pas été d'une activité débordante. [caption id="attachment_4887" align="aligncenter" width="600"]fleurs dans la cour de Lucien fleurs dans la cour de Lucien[/caption]

    La technique a du bon!

    Hier soir, j'ai pu joindre ma maman à Miami grâce à WhatsApp. Âgée de 84 ans, elle a entrepris son premier très long voyage pour rejoindre son petit-fils qui bosse chez l'oncle Sam. Ainsi, j'ai pu la tranquilliser suite à l'attentat du 15 janvier 2016.

    Interview avec Valentin

    [caption id="attachment_4888" align="aligncenter" width="600"]Valentin Valentin[/caption] Bien que la qualité de l'enregistrement laisse à désirer, nous avons pu aborder avec le serveur de la Terra Nostra quelques aspects de cette tragédie. Audio: Interview de Valentin [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/interview-valentin.mp3"][/audio]

    Les préparatifs vont bon train

    Bouba, le coordinateur de notre action sur place, était pour moi le plus Helvète des Burkinabè: précis, toujours à l'heure. Depuis quelques temps, Bouba est systématiquement en retard. Cela a le talent de me mettre les nerfs en pelote. Hier, nous l'avons attendu plus d'une heure avant d'aller manger chez lui: chou, carotte et spaghetti. Bouba a trois enfants: Israël, Schiphra et Prince. C'est à se demander si pour les deux premiers il a pioché les prénoms dans la bible et dans la pop pour le prénom du troisième. En route, nous sommes passés à la pharmacie car j'ai mal aux dents et avons été acheté nos billets pour Gaoua, 7.000 CFA par tête de pipe, soit environ CHF 10. C'est la première fois que nous empruntons les transports publics. Cela risque d'être sport. Il faut compter au minimum 6 heures pour se rendre à Gaoua, une ville du sud-ouest située non loin de la frontière avec la Côte-d'Ivoire.

    Projet Gaoua

    Avant de revenir plus en détails sur ce projet, sachez qu'il consiste en la construction de bâtiments qui pourrons héberger des jeunes aveugles et malvoyants pour acquérir une formation professionnelle et des enfants aveugles et malvoyants qui sont intégrés dans des classes de l'École catholique de Gaoua.

    Ah! Les habitudes!

    Après avoir été mangé à la Terra Nostra hier, nous avons jeté notre dévolu sur le bistro de Madame Ping. Accompagné par un vin de Saint-Émilion qui n'avait pas dû connaître le raisin, nous avons dégusté un porc pimenté pour moi et un porc à l'aigre-doux pour Bondex. L'ambiance est excellente même si la gestion du blog nous tend un peu les golfs. À demain! Jean-Marc et Michel

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    22 janvier 2016

    Si je ne me trompe pas, ce séjour devrait être le onzième que je fais au pays des hommes intègres, pour Michel Bondi, le huitième. À propos de Bondex vous pouvez en savoir davantage sur son parcours, grâce à une courte biographie qui se trouve sur le site de notre association www.a-b-c-d.net.

    Le voyage

    Tout s'est bien déroulé. L'assistance à Roissy Charles de Gaulle où nous n'avions qu'une heure et vingt minutes entre nos deux avions, a marché comme sur des roulettes, pour une fois serait-on tenté de dire, la grande classe. À Ouaga, nous avons également recouru au service de l'assistance locale pour passer en priorité tous les contrôles. Par contre, nous avons attendu plus d'une heure une valise de Bondi, la plus importante, car c'est elle qui abrite en son sein notre bouteille de Pastis. L'accueil fut comme d'habitude très chaleureux avec Lucien Naré, sa nouvelle secrétaire, Bouba et Samsung.

    Des nouvelles du bus Toyota

    En 2009, Michel, Philippe et votre serviteur avait convoyé un bus Toyota depuis le Café de l'ouest à Lausanne jusqu'à Ouagadougou. Lorsque nous l'avons offert à l'association de Lucien Naré, il marquait au compteur 286.500 kilomètres. Aujourd'hui il en compte 492.307 et il roule toujours.

    Notre lieu d'hébergement

    Depuis quelques années, nous logeons à la Villa Yiri Suma. Nous y avons tissé des liens très amicaux avec le patron Lucien, un grand amateur d'art, ainsi qu'avec toute l'équipe. Depuis notre dernier séjour en avril 2015, l'établissement s'est agrandi avec une salle d'exposition. De plus, toute la cour a été rénovée. [caption id="attachment_4881" align="aligncenter" width="600"]Les nouveautés à la Villa Yiri Suma Les nouveautés à la Villa Yiri Suma[/caption]

    Il n'y a que sept jours

    Après trois jours de deuil national, la vie revient à la normale. Cet attentat était tout sauf une surprise, cependant, il a plongé les Burkinabè dans la consternation et la tristesse. À noter tout de même que le couvre-feu est imposé entre 1 et 4 heures. Nous avons demandé à nos amis quelles précautions étaient à prendre. Évidemment, ne pas fréquenter les grands hôtels, ce qui n'est vraiment pas le genre de la maison. Nous sommes allés manger chez notre copain italien à la Terra Nostra. Nous sommes restés en terrasse où nous étions les seuls clients. Les terrasses sont désertées. Cela ne date pas du dernier attentat, mais plutôt de celui a été perpétré à Bamako en décembre 2015.

    Matériel

    Nous avons dû nous séparer d'une machine à écrire le braille un peu défectueuse à Genève, nous avons réorganisé nos valises assis dans un coin du hall de l'aéroport. Résultat des courses, toutes les valises étaient à 23 kilos sauf une qui montrait un excédent de 800 grammes, 92,8 kilos en tout sans compter nos bagages à main:
    • Trois machines Perkins pour écrire le braille
    • Six exemplaires transcrits en braille du livre Lire au Burkina cinquième année
    • Sept téléphones portables équipés d'une synthèse vocale
    • Une vingtaine de cannes blanches de toutes tailles
    • Des produits pour le corps pour ces dames
    • Une bouteille de pastis
    • Un flacon de whisky, du Jura, les amateurs apprécieront!
    • Quelques paquets de DAR-VIDA qui incarne le cracker complet sain pour combler les petites faims pour accompagner la Vache qui rit, le fromage préféré de Bondex en Afrique
     

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    Voyage au Burkina Faso du 22 janvier au 5 février 2016

    Malgré l'attentat qui a ensanglanté Ouagadougou le vendredi 15 janvier dernier, Michel Bondi et moi-même maintenons notre voyage prévu de longue date. Sur le coup, je dois avouer que nous avons un peu hésité. Cependant, nous sommes de l'avis que nous devons absolument nous tenir aux côtés de nos amis burkinabè et, surtout, des enfants aveugles et malvoyants, aujourd'hui plus que jamais. Nos objectifs:

    • Se rendre à Gaoua dans le sud du pays où a-b-c-d initie un nouveau projet pour l'hébergement et la formation professionnelle de jeunes aveugles et malvoyants
    • Retourner à l'École Jean-Marc Meyrat à Boulsa où nous sommes actifs depuis 2008.
    Nous vous invitons à suivre nos pérégrinations au pays des hommes intègres sur le blog www.jeanmarcmeyrat.ch et sur mon profil Facebook. [caption id="attachment_4758" align="aligncenter" width="600"]Bâtiment principal de l'École Jean-Marc Meyrat à Boulsa Bâtiment principal de l'École Jean-Marc Meyrat à Boulsa[/caption]

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    11 avril 2015

    Bonjour,

    Il fait décidément trop chaud. Même les Burkinabè n'en peuvent plus. C'est vraiment à la limite de l'inconscience que de débarquer dans ce pays à cette saison. Bref, ne nous plaignons pas. Nous avons de l'eau pour nous laver, de la bière, des sucreries et de l'eau pour nous désaltérer, l'air climatisé dans notre chambre pour nous reposer et des bistrots sympas pas loin pour manger.

    Nos rendez-vous se succèdent

    Dès 8 heures, Bondi attend Samsung pour aller visiter son jardin. Samsung n'a pas pu récupérer la clé du bus comme prévu. Bondi ronge un peu son frein. [caption id="attachment_4030" align="aligncenter" width="600"]Notre pasteur-agriculteur Sam dans ses cultures maraîchères Notre pasteur-agriculteur Sam dans ses cultures maraîchères[/caption] [caption id="attachment_4031" align="aligncenter" width="450"]Michel pare les choux, cadeau de Sam Michel pare les choux, cadeau de Sam[/caption] Pendant ce temps, nous faisons la connaissance de Laurent, le beau-frère aveugle d'Emmanuelle, une valaisanne qui a épousé un Burkinabè, vitrier de son état à Sion. Le hasard du calendrier veut que j'aie fait la connaissance de Laurent en 2008 déjà, lors de mon premier séjour chez Lucien Naré. De plus, sa fille aînée porte le nom de Francine. A-b-c-d n'est pas en mesure de mettre sur pied un partenariat financier avec l'association de Laurent. Cependant, nous pourrons l'aider à travers l'envoi de papier braille, l'impression de livres et la recherche de matériel. [caption id="attachment_4029" align="aligncenter" width="600"]Rencontre avec Laurent Bangré à Yiri Suma Rencontre avec Laurent Bangré à Yiri Suma[/caption] Dès 10 heures, Bouba nous embarque dans la minuscule Toyota de l'Alliance biblique pour acheter les épices pour Anne et les Bubu, quelques cadeaux pour ses enfants, des objets que nous vendrons sur les marchés en Suisse au profit de l'association dont les célèbres poules façonnées par Martin. Après le repas chez Bouba, nous rentrons écrasés de chaleur. Nous ne ressortons le nez qu'à 17 heures pour faire la connaissance de l'artiste auquel Francine a acheté deux œuvres: une pour le chalet de Trogne et l'autre, pour sa très chère amie Dominique qui demeure à Prêles dans le canton de Berne. Ensuite, nous rendons pour la dernière fois chez Mme Ping. [caption id="attachment_4042" align="aligncenter" width="450"]BONKOUNGOU Boukaré dit Yambou, artiste sculpteur, fondeur BONKOUNGOU Boukaré dit Yambou, artiste sculpteur, fondeur[/caption] [caption id="attachment_4043" align="aligncenter" width="450"]chez Mme Ping, Bondi fait comme chez lui, il se sert dans le frigo! Chez Mme Ping, Bondi fait comme chez lui, il se sert dans le frigo![/caption]

    Les familles d'accueil

    Comme vous l'avez constaté tout au long de ce blog, l'accueil des enfants aveugles et malvoyants constitue une redoutable pierre d'achoppement pour les centres qui alphabétisent des enfants handicapés de la vue. Cette problématique illustre parfaitement bien le rapport qu'entretiennent les Burkinabè avec les personnes handicapées. Les enfants aveugles et malvoyants sont au mieux considérés comme des êtres dont on doit s'occuper jour et nuit, au pire, comme des bouches inutiles à nourrir. La sensibilisation joue donc un rôle déterminant pour trouver des places d'accueil susceptibles de libérer les places limitées dans les différents centres. Cette sensibilisation consiste à démontrer que les enfants sont capables de se vêtir, de manger et même de participer aux travaux de la maison. La sensibilisation des familles constituera la pierre angulaire de la visite de Justine Kaboré à Boulsa. C'est à travers les associations de femmes que cette sensibilisation peut porter ses fruits.

    Aujourd'hui c'est dimanche

    Dans un premier temps, cette journée sera laborieuse. En effet, nous allons examiner tous les rapports établis par Michel et rédiger les diplomatiques courriels à Etienne. Ensuite, nous irons manger chez les Naré. Ce "dernier repas" est devenu traditionnel. Mais cette année, il ne se présente pas sous les meilleurs auspices compte tenu de la chaleur et de l'état respectif de chacun: l'une qui court aux toilettes, l'autre qui aimerait y courir et le troisième qui hésite. De retour de chez le Naré, nous panserons nos plaies et mettrons la dernière main aux bagages. Nous décollons ce soir à 23h05 pour atterrir à Genève le lundi 13 avril 2015 aux environs de 9 heures.

    La Patrie ou la mort nous vaincrons!

    Cette phrase que nous devons au capitaine Sankara prend à nouveau tout son sens aujourd'hui. Le pays vit une période de transition qui est loin d'être facile. Espérons que les élections présidentielles et législatives de l'automne 2015 ne provoqueront pas trop de frustration qui pourraient déboucher sur la violence. Espérons que "ils" ne voleront pas au Burkinabè leur révolution. [caption id="attachment_4033" align="aligncenter" width="600"]L'Assemblée nationale incendiée en octobre 2014 L'Assemblée nationale incendiée en octobre 2014[/caption]

    Galerie de photos

    [caption id="attachment_4035" align="aligncenter" width="600"]Jardin de Yiri Suma Jardin de Yiri Suma[/caption] [caption id="attachment_4036" align="aligncenter" width="450"]Au revoir Jacqueline Au revoir Jacqueline[/caption] [caption id="attachment_4037" align="aligncenter" width="600"]Apprentissage individalisé Apprentissage individalisé[/caption] [caption id="attachment_4038" align="aligncenter" width="600"]Jean-Marc et Souleyman, son petit guide à Boulsa Jean-Marc et Souleyman, son petit guide à Boulsa[/caption] [caption id="attachment_4039" align="aligncenter" width="600"]Un message on ne peut plus clair... Un message on ne peut plus clair...[/caption] [caption id="attachment_4040" align="aligncenter" width="600"]Thérèse ou l'Afrique enchantée! Thérèse ou l'Afrique enchantée![/caption]

    Conclusion

    Avant de prendre congé de vous, nous souhaitons vous remercier de nous avoir suivis au long de ces quelques jours au Faso. Pour connaître davantage notre association et son action en faveur des enfants aveugles et malvoyants au Burkina, n'hésitez pas à visiter régulièrement son site: www.a-b-c-d.net Au nom de tout le comité d'a-b-c-d, nous vous exprimons notre profonde gratitude. "La vache ne cessera de dire merci à la prairie car elle y reviendra" Proverbe africain   Michel Bondi, trésorier Francine Meyrat-Berthoud, secrétaire Jean-Marc Meyrat, président

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    10 avril 2015

    Bonjour, Finalement, je me demande si je ne dormais pas mieux à Boulsa. Je ne sais pas pourquoi, je fais des cauchemars abominables. Il faut que j'arrête les petites pilules du bon docteur Ecklin. Mais sans elle??? Hier soir, nous avons évoqué pour la première fois le renouvellement du comité d'a-b-c-d. Je suis content que nous abordions cette question. C'est le signe que notre association atteint la maturité. La rencontre avec Justine Kaboré, une des responsables de l'Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABPAM), s'est très bien passée. Nous avons reçu certaines assurances que le projet de classes pour les enfants aveugles et malvoyants à Gaoua allait se poursuivre. Elle va nous fournir un document en ce sens à verser au dossier que nous soumettrons à Valais solidaire. Accompagnée de Bouba, elle se rendra à Boulsa dans le courant du mois de mai. Cette visite a pour objectif de soutenir Etienne dans sa recherche de familles d'accueil et également de faire un état des lieux de l'accompagnement éducatif. Il va falloir que nous y allions très prudemment, car Etienne est très jaloux de ses prérogatives. Il y a quelques mois, Bondi et moi avions imprimé et envoyé 10 exemplaires du livre Lire au Burkina première année à Justine. Ils ne sont jamais arrivés. Heureusement, nous avions prévu le coup. Dès 10 heures, je tente d'expliquer le fonctionnement de l'iPad à Lucien Naré qui est aveugle. Au Burkina, un tel "cadeau" n'en est peut-être pas un. J'épate la galerie en demandant à Siri quelle température il faisait à Ouagadougou, 43 degrés. Pendant ce temps, Michel s'attaque à ses rapports. A midi, nous mangeons une salade légère à la Terra nostra. Ils ont écouté les recommandations de Bondi, soit de mettre la grappa au frais. Grâce à nos passages réguliers, nous avons droit systématiquement à la tournée du patron. La lionne blanche s'est rendue au jardin d'enfants où travaille Rosalie, la mama Africa qui a béni le bus avant notre départ pour Boulsa. Cette école maternelle accueille 220 enfants de 3 à 6 ans encadrés par 12 adultes. [caption id="attachment_4022" align="aligncenter" width="600"]Une petite partie des enfants sur "l'arbre à écureuils" Une petite partie des enfants sur "l'arbre à écureuils"[/caption] [caption id="attachment_4023" align="aligncenter" width="600"]La cuisine du jardin d'enfants La cuisine du jardin d'enfants[/caption]

    Nouvelles de l'équipe

    La valise de la lionne blanche est arrivée. Tout y est, mais elle a bien souffert. Avec mes pantalons et le tricot de Francine, la valise verte contient une machine à écrire braille qui, remise à Bouba, rejoindra un centre d'alphabétisation qui en est dépourvue. [caption id="attachment_4024" align="aligncenter" width="600"]Valise retrouvée. Francine enchantée! Valise retrouvée. Francine enchantée![/caption] Pour moi, cette journée de vendredi est de loin la plus pénible. C'est vraisemblablement le contrecoup du voyage à Boulsa. Je dois avouer que ce voyage est pour moi le plus éprouvant. Mettons ça sur le compte de l'âge. Bondi est tellement raide qu'il n'a pas même bu de bière lors du repas chez Bouba. Je n'ai jamais vu ça!

    Qu'est-ce qu'il reste à faire?

    • Rencontrer Laurent, une connaissance aveugle d'Emmanuelle, une valaisanne qui a marié un Burkinabè
    • Acheter du piment et du soumbala pour Anne
    • Aller manger chez Bouba samedi et chez les Naré dimanche
    • Passer faire quelques achats au village de l'artisanat
    • Rencontrer l'artiste avec les œuvres duquel la lionne blanche est tombée en amour avec
    • Examiner ensemble les rapports que ce cher Bondi aura rédigés
    • Et surtout, passer encore de bons moments ensemble.
    Parvenus presqu'au terme de ce séjour au pays des hommes intègres, j'ai le sentiment que ce qui devait être accompli l'a été. J'espère que le retour se passera bien et que la reprise ne sera pas trop pénible compte tenu du lourd programme de la semaine à venir. A demain!

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    9 avril 2015

    Bonjour, Une nuit comme toutes les autres en ce pays et à cette saison. Nous nous sommes souvent demandé quelle était la nature de la participation des parents aux frais d'hébergement de leur enfant à Boulsa. Nous avons appris hier que la participation se monte à 1.500 francs CFA et à trois plats de haricots. Sur l'ensemble des parents, seuls 3 n'ont pas versé leur obole. Cette participation reste symbolique, mais n'en dénote pas moins d'une évolution des mentalités. Les parents reconnaissent par ce geste que leur enfant n'est pas qu'une bouche à nourrir dont on se débarrasse. Si vous ne le savez pas et que vous voulez briller dans le monde, pour ce qui est des plats de haricots, on parle de cantine endogène. A placer dans tout projet, cela doit faire bien.

    C'était la dernière séance

    Nous attaquons notre dernière séance. Celle-ci est consacrée aux aspects pédagogiques de l'école que nous soutenons à Boulsa. Les progrès en matière de braille sont tout bonnement stupéfiants. Par contre, le calcul représente une grande difficulté. Avec l'arrivée du nouveau directeur, on sent une réelle volonté de tenter d'insérer cette école spécialisée dans le tissu scolaire de la ville. Nous profitons de la présence de tous les enseignants pour préciser à nouveau la nature de l'engagement d'a-b-c-d. [caption id="attachment_4009" align="aligncenter" width="600"]Deux enseignantes, Jeannette et Abibou Deux enseignantes, Jeannette et Abibou[/caption] Quelques demandes claires nous sont adressées. Elles seront examinées et j'espère satisfaites, lors de notre prochain comité pour autant que nous soyons en possession des documents indispensables. Suite à cette réunion, les enfants prennent congé de nous avec les chants. [caption id="attachment_4010" align="aligncenter" width="600"]Dernier chant des enfants avant notre départ de Boulsa Dernier chant des enfants avant notre départ de Boulsa[/caption] Nous allons nous recueillir quelques instants sur la tombe de la petite Abi. Le moment est très émouvant. Je crois que ce geste a beaucoup touché Etienne et Jacqueline. [caption id="attachment_4011" align="aligncenter" width="450"]Jean-Marc avec Jaelle, une des petites soeurs d'Abi Jean-Marc avec Jaelle, une des petites soeurs d'Abi[/caption]

    En route pour Ouagadougou

    Avant de demander la route, nous partageons un délicieux plat de crudités avec tous les enseignants du centre et le tisserand Casimir chez Etienne et Jacqueline. [caption id="attachment_4012" align="aligncenter" width="600"]Repas avec les enseignants chez Etienne et Jacqueline Repas avec les enseignants chez Etienne et Jacqueline[/caption] [caption id="attachment_4013" align="aligncenter" width="600"]Jacqueline et Francine Jacqueline et Francine[/caption] On sent que la police burkinabè est sur ses gardes. Nous nous faisons arrêter pour un contrôle de routine du véhicule, mais les policiers ont l'arme prête à tirer. Lors d'un deuxième contrôle, il nous est demandé d'ouvrir nos valises. Ces mesures sont certainement prises suite à l'enlèvement d'un expatrié roumain dans le nord du pays.

    Bel éclat de rire dans le bus

    Nous venons de quitter la piste pour rejoindre le bitume à Zorgho. Le portable de Bouba sonne. C'est Etienne qui nous informe que nous avons oublié une boîte avec Olivier marqué dessus. Tout le monde se demande de quoi il peut bien s'agir. Mais oui, c'est le fameux cubi des Basques. Ce séjour à Boulsa a été laborieux et éprouvant. Quand bien même Etienne et Jacqueline montrent peu leur chagrin, l'émotion était palpable.

    Nouvelles de l'équipe

    En résumé, nous puons, notre peau est de couleur rouge comme celle de la terre du Burkina, mes prothèses oculaires et le dentier de Bondi crissent à cause du sable. La valise est retrouvée. Elle s'est égarée à Paris suite à la chute de son étiquette de destination. Maintenant, apéro, bonne bouffe à la Terra nostra et au dodo. Demain est un autre jour.

  • Catégorie: Sur le terrain

    8 avril 2015

    Bonjour, J'ai passé une nuit bizarre. Je ne sais pas si c'est le mélange des petites pilules du bon docteur Ecklin avec la Brakina qui provoque chez moi des réactions particulières. Quand je me suis levé pendant la nuit, Francine m'a demandé où j'allais et je lui ai répondu qu'on devait changer d'avion. Va savoir! Ce matin, je n'étais pas de bonne humeur. J'étais très impatient et peu enclin à comprendre qui que ce soit. Toutes mes excuses. Le cubi des Basques ne passera même pas à la casserole. Nous avons essayé un pinard acheté à Boulsa, une angoisse. La Gironde est vraiment capable du meilleur comme du pire. Là, c'était le pire. Nous ne sommes même pas arrivés à finir la bouteille. Je ne sais pas s'il y a cause à effet, mais nous avons de la peine à trouver de la bière à Boulsa. Je ne sais pas si c'est Bondi qui m'a filé son mal, mais je tousse et je commence un rhume. Beau temps, belle neige!

    Programme du jour

    Dès 9 heures, nous nous réunissons pour examiner dans les détails l'encadrement des élèves handicapés de la vue intégrés dans les classes du lycée provincial de Boulsa. Globalement, cela se passe bien. Il y a, bien évidemment, toujours des demandes. Pour certaines concernant le matériel, a-b-c-d peut entrer en matière. Par contre, il est hors de question que notre association participe aux frais de fonctionnement, avec le risque de ne jamais s'en sortir. L'autonomie de l'école reste le maître mot de notre action. Une demande très précise a été formulée par un des enseignants pour la valorisation des salaires des enseignants. Nous lui avons promis de lui donner réponse avant notre départ. Pour nous, la chose a été réglée il y a deux ans déjà. Les éventuelles augmentations de salaire ou primes d'encouragement sont du seul ressort d'Etienne et non d'a-b-c-d. [caption id="attachment_3988" align="aligncenter" width="600"]Animation autour du puits Animation autour du puits[/caption] Ce matin, nous remettons des jeux d'éveil en bois, 4 enregistreurs pour les élèves intégrés au lycée, ainsi que 2 machines braille. Maintenant, chaque classe en possède une. [caption id="attachment_3989" align="aligncenter" width="600"]Pierre le préposé à la transcription braille pour les élèves du lycée Pierre le préposé à la transcription braille pour les élèves du lycée[/caption] Francine et Michel sont partis visiter les moulins pour voir s'ils fonctionnent et ils fonctionnent. Une heure seul avec une bouteille d'eau. Il fait vraiment chaud. C'est la journée la plus torride, il fait plus de 40 degrés et pas de douche. Tout à coup, la porte grillagée de la courette s'ouvre et, sans un bruit, je sens la main d'une petite minette se glisser dans la mienne. Puis elle s'en va sans un mot en refermant tout doucement la porte. [caption id="attachment_3990" align="aligncenter" width="600"]Les moulins n'attendent qu'un tour de manivelle! Les moulins n'attendent qu'un tour de manivelle![/caption] A 16 heures, nous attaquons l'avant-dernière séance à Boulsa. Il s'agit de celle consacrée à l'examen des comptes 2014, des investissements 2014, du budget 2015, du rendement des activités génératrices de revenus et du tissage des filets à vendre en Suisse.

    Comptes 2014

    Ils montrent un excédent de recettes de quelques centaines de milliers de francs CFA. Ce bénéfice est dû au versement de 900.000 francs CFA versés par la fondation Liliane.

    Investissements 2014

    Malgré des travaux imprévus pour le comblement d'un immense trou sur lequel se trouve la nouvelle classe, l'ensemble de l'opération entre dans l'enveloppe versée par a-b-c-d

    Budget 2015

    Lors de sa séance du 24 avril 2015, a-b-c-d adressera à l'école de Boulsa un projet de budget 2015 qui tienne compte des changements intervenus à Boulsa

    Les moulins

    Les moulins ne fonctionnent plus depuis le 23 juin 2013. A-b-c-d souhaite que les moulins reprennent le plus rapidement possible, ceci d'autant plus qu'ils sont repartis au premier tour de manivelle. Nous réfléchissons à un système auquel tous les acteurs pourraient être financièrement intéressés à ce que ces moulins soient en activité. Il est inadmissible que les 12.000 CHF investis par la MEB l'aient été pour rien.

    Les filets

    Le grand moment de la journée est sans doute la remise de 240.000 francs CFA, le fruit de la vente en Suisse de 100 filets réalisés à Boulsa par des personnes handicapées de la vue. Nous prenons livraison de 220 nouveaux filets. Bravo Casimir et son équipe. [caption id="attachment_3991" align="aligncenter" width="600"]Remise du fruit de leur travail. Casimir est très heureux! Remise du fruit de leur travail. Casimir est très heureux![/caption] [caption id="attachment_3992" align="aligncenter" width="450"]Les 200 filets commandés sont prêts. Nous attendons les clients! Les 200 filets commandés sont prêts. Nous attendons les clients![/caption]

    Nouvelles de l'équipe

    Ce soir, je suis complètement mort. Nous nous réjouissons de prendre une bonne douche, de se reposer dans une chambre climatisée  et d'aller au restaurant manger autre chose que du riz, du couscous et des pâtes. Nous avons évité le poulet. En effet, ces derniers sont grippés. Michel crache mais sa voix revient! La valise de Francine est toujours introuvable. A demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    7 avril 2015

    Bonjour, Grâce aux petites pilules du bon docteur Ecklin que je salue, la nuit a été assez bonne malgré la chaleur étouffante et le bruit des ventilateurs. J'ai repris mes habitudes burkinabè. Tout en rédigeant les textes pour le blog, je fume ma pipe en écoutant la cour d'Etienne qui s'éveille. Certains oiseaux émettent des bruits bizarres comme le grincement d'une balançoire grippée, d'autres, on dirait des canards. Il y a aussi des poules et des pintades. Mais ce qui domine le tout, c'est le chant du coq qui invite toutes et tous à rouler leur natte. A 6 heures, petits et grands sont déjà levés. Hier soir, cela n'a pas été facile. J'ai ouvert notre réunion en tirant la sonnette d'alarme. La maintenance des bâtiments et du mobilier laisse vraiment à désirer. Là, une porte cassée dangereuse pour les enfants, ici, des lits métalliques cassés, là une planche qui manque à un pupitre, là une serrure arrachée et j'en passe. La lionne blanche avec son œil de lynx et Bondi avec son aplomb habituel vont faire le tour pour noter et prioriser ce qui doit être réparé et dans quels délais. Par contre, ils ont commencé d'arboriser la cour, une bonne chose. Bien que la parcelle ait changé de visage avec la construction de deux nouveaux bâtiments, une classe et un dortoir, le célèbre puits demeure le cœur du Centre de Boulsa. [caption id="attachment_3979" align="aligncenter" width="600"]La nouvelle classe financée par UNITAS (section tessinoise de la Fédération suisse des aveugles) La nouvelle classe financée par UNITAS (section tessinoise de la Fédération suisse des aveugles)[/caption] Nous avons été effarés d'apprendre que ces dernières nuits, les enfants étaient placés sous l'unique surveillance d'un jeune adulte aveugle. Bien sûr, on nous explique que le préposé à cette tâche, une personne handicapée physique, est tombé malade et que sa santé est préoccupante. C'est certainement vrai et nous félicitons Etienne de penser à fournir du travail aux personnes handicapées, peut-être qu'elles coûtent moins cher....,mais pourquoi ne jamais rien prévoir? Personne n'est à l'abri d'un accident ou d'une maladie, non? C'est vraiment ça le plus difficile, cette gestion au jour le jour qui peut avoir des conséquences désastreuses. Je viens de recevoir de mon ami Guy, une réponse à un courriel dans lequel je lui livrais mes états d'âme. Il comprend bien ce qui se passe. Cependant il attire notre attention sur le fait qu'il faut vraiment veiller à ne pas froisser la susceptibilité de nos Burkinabè. C'est leur projet que nous soutenons et non eux qui doivent exécuter nos ordres. Faisons donc attention!

    Remise du livre de lecture 4e année

    La cérémonie s'est très bien déroulée comme d'habitude en présence des autorités locales ou de ce qu'il en reste. La lionne blanche a la larme à l'œil lorsque je raconte aux enfants que je sais maintenant ce qu'ils mangent, à quoi ils jouent, comment se déroulent les fêtes au village grâce aux aventures de Karim et Aïssa, les deux petits héros de ce livre. Nous sommes épatés par la fluidité de la lecture par un élève d'un texte inconnu. Après la cérémonie, une collation est servie, sans bière. J'ai bu un youki, un soda bizarre à la mangue. [caption id="attachment_3980" align="aligncenter" width="450"]Remise du livre de lecture 4ème année Remise du livre de lecture 4ème année[/caption]

    Visite au lycée provinciale

    Nous tombons particulièrement mal. C'est une leçon de géométrie. L'enseignante adapte son cours en dictant lentement la théorie et le contenu du tableau. Cependant, cela reste abstrait. Les deux jeunes filles handicapées de la vue intégrées dans cette classe de plus de 70 élèves très sages, n'ont que leur tablette et leur poinçon qu'ils utilisent aussi vite que Marianne Castella et Daniel Baud. Les connaisseurs mettront chapeau bas. . Ici, l'égalité est de mise: aucun élève ne dispose de livre. L'enseignante dicte tout. J'espère que Mathieu qui soutient les élèves intégrés reprend ça après car sans cela, ils sont dans les choux nos loulous. [caption id="attachment_3981" align="aligncenter" width="600"]Une jeune fille aveugle intégrée au lycée provincial de Boulsa Une jeune fille aveugle intégrée au lycée provincial de Boulsa[/caption]   Pour se rendre de notre cher Centre au lycée provincial, c'est 30 minutes de marche que les enfants font 4 fois par jour accompagnés de leurs copains voyants car les enfants rentrent au Centre pour le repas de midi. Et il y en a qui se plaignent de faire 4 fois par semaine Genève Lausanne en wagon climatisé! L'hébergement des enfants intégrés au lycée provincial risque, à terme, de poser des problèmes pour l'accueil de ces enfants. En effet, leur présence occupe des places nécessaires à de nouveaux petits aveugles et malvoyants. Là se pose à nouveau la problématique des familles d'accueil. Où que l'on aille, les mêmes difficultés se font jour. Mais nous avons des idées.

    L'informaticien décapsuleur

    De retour du lycée, ma soif est telle que je me dis qu'une bière vaut bien mieux qu'un culte. Nous hurlons de rire avec Bondi, en assistant! A l'ouverture de nos bières par l'informaticien sur le bord de la table. J'espère que ses compétences au décapsuleur sont équivalentes à ses connaissances informatiques. Je profite de sa présence pour lui expliquer que l'imprimante braille dont le Centre dispose est davantage conçue pour des petits tirages. Il ne faut pas qu'il se lance dans des gros tirages s'il ne veut pas voir son imprimante rendre l'âme dans de brefs délais. Les tirages importants doivent nous être confiés. Nous sommes équipés à la Bibliothèque Braille Romande et nous avons l'appui de cette chère Anne Pillet.

    Michel a retrouvé Marcel

    Depuis notre arrivée à Ouagadougou, Bondi se lamente d'avoir oublié ses Marcel. Quelle n'est pas sa surprise de les retrouver dans la valise contenant les livres. Ils ont bien failli finir dans la garde-robe de l'école de Boulsa. Tiens, j'y pense, aujourd'hui c'est l'anniversaire de Dominique, la femme de Bondi, un bélier comme moi. Alors, bon anniversaire la Doche!

    Il y aurait tant de choses à dire

    Bondi s'est retiré avec Lucie pour examiner les comptes. Il est globalement content. Les pièces justificatives qui sont présentes malgré que l'ordinateur de Lucie ait rendu l'âme. Par contre, le 23 juin 2014, Etienne a décidé d'interrompre l'activité des moulins à céréales payés par la Mission évangélique braille sans que nous en soyons avertis. Les raisons: une concurrence accrue, des travaux entrepris dans les environs des moulins et des différences  constatées entre les recettes et le travail accompli. Il est loin d'être impossible que nos meuniers aveugles se fassent blouser par les acheteurs. Dans le but que les moulins redémarrent, nous allons examiner au sein de notre comité quelles mesures doivent être prises. Bondi déborde d'idées. A discuter Mais le point est très important car les revenus des moulins constituent une source de financement très importante pour que le centre de Boulsa s'achemine vers l'autonomie. Quand je pense que je dois me préparer pour présenter un exposé sur l'accessibilité le 14 avril prochain devant une classe de mon ami Luc, je me demande quand je vais trouver le temps de m'attaquer à ce gros morceau. A midi, nous n'avons ni eau, ni électricité, que de la bière et du Youki. On a eu chaud. Le courant n'est revenu qu'à 7 heures du soir. Il ne fait vraiment pas bon devenir vieux. Bondi et moi se sont arrangés pour chopper un rhume. Bis morgen!