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Catégorie: Sur le terrain
Publié le 18 mars 2012
Voilà Jacqueline, la femme d'Etienne, qui vient poser la table du petit déjeuner. Elle me dit: "Bonjour papa". C'est joli, non? On s'adresse ainsi aux vieux ici. Je sens qu'il va faire chaud aujourd'hui, car la douce fraîcheur du matin n'est pas au rendez-vous.
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Cadichon et un petit mome dans la cour d'Etienne[/caption]
Bien qu'un peu gutturale, la langue mauré, la langue la plus pratiquée au Burkina au côté du français, est une langue assez belle. C'est un peu comme le suisse allemand, c'est plus joli, lorsque ce sont les femmes ou les enfants qui parlent.
Ce n'est qu'à la fin de notre séjour que j'ai pu établir des contacts amicaux avec le minou de la maison. C'est un petit chat beige avec l'arrière-train et la queue tigrés. Il faut bien reconnaître qu'il est davantage intéressé à ce qui tombe de mon assiette, qu'à mes caresses.
Michel distribue des bonbons aux enfants qui viennent nous saluer et leur dit de ne pas jeter les papiers par terre. C'est loin d'être gagné. Etienne se pointe avec des cahiers provenant du département de l'instruction publique de Genève.
Nous sommes de retour à l'école pour la dernière fois à l'occasion de ce séjour. J'ai tenté à un dernier essai pour imprimer en braille, en vain. J'y aurai passé des plombes. Bondi a brûlé le bord du puits pour prélever deux bouteilles d'eau que nus allons faire analyser à Ouagadougou.
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C'est l'heure de la lessive pour madame Aminata[/caption]
Ce matin, nous avons fait le tour des classes. Avec Matthieu, nous avons suivi une leçon de grammaire consacrée aux adjectifs et aux pronoms possessifs: A la tienne, Etienne! La méthodologie utilisée me rappelle celle en vigueur à l'Asile des aveugles quand j'étais petit.
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Au menu aujourd'hui[/caption]
Avant de demander la route, nous participons encore à une cérémonie qui regroupe les représentants de l'action sociale et de l'éducation de base de la province, l'infirmier de Boulsa, le responsable de la prévention et de l'assainissement, frère Etienne, sa femme et les enseignants de l'école Jean-Marc Meyrat. Il fait épouvantablement soif! Enfin, la Brakina arrive avec son poulet bicyclette.
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Etienne et Jacqueline Sawadogo avec un grand sourire[/caption]
Ils viennent de nous accorder la route. Etienne nous accompagne sur sa célèbre moto jusqu'au sortir de Boulsa avant que nous retrouvions la taule ondulée.
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Un baobab et un petit village dans les alentours de Boulsa[/caption]
Il fait vraiment très chaud, plus de 40 degrés. Je me réjouis de prendre une bonne douche chez les Fayet, car celle d'Etienne était un peu poussive. Malgré cela, Etienne nous a proposé des conditions d'hébergement tout à fait satisfaisantes, ceci d'autant plus, que nous avons été vraiment gâtés. Mais un peu de calme va nous faire le plus grand bien avant d'attaquer la suite du programme dès lundi.
En fin d'après-midi, un drame semble se jouer sou nos yeux. Bondi est devenu sourd en sortant de la piscine. Son ouïe n'était déjà pas terrible malgré ses deux appareils, cela semble préoccupant. Tout le monde rigole, bien que cela ne soit pas du tout drôle. A l'heure où je rédige ces lignes, 8 heures en ce dimanche matin, je n'ai pas encore vu mon pote. J'espère vivement que la nuit lui aura ramené l'audition. Si ce n'est pas le cas, nous allons former un sacré couple: Un aveugle plus un sourd... Que peut faire un aveugle lorsque son chien est sourd?
Je vous tiens au courant dès que j'ai des nouvelles.
Bondex entend un peu mieux ce matin. Cependant, par prudence, il va aller consulter. Il s'est déjà mis à la lecture labiale et m'explique quels gestes je dois employer pour m'adresser à lui. En rapprochant le pouce et l'index, cela veut dire que je veux un café petit. Attention à ne pas les serrer, car cela veut dire ta gueule!
Bref, en Afrique, il faut bien s'adapter.
Bondi vient de revenir de chez le médecin. Il lui a expliqué que ces problèmes pouvaient intervenir lors d'un passage du chaud au froid. Il semble qu'il ait de l'eau dans les oreilles. Ce n'est pas encore terrible, mais cela va un peu mieux. Si d'ici 48 heures il ne constate pas d'amélioration, il faudra qu'il retourne consulter.
Bon dimanche à tous!
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 17 mars 2012
Me voici, à 6 heures, dans ma cour à écouter les bruits qui marquent le lever du jour. J'apprécie particulièrement ces moments où il y a encore un peu de fraîcheur. Etant du matin, ce sont des moments que je mets à profit pour réfléchir. Et ici, il y a vraiment de quoi faire.
Très intéressant ce petit déjeuner partagé avec Fabéré Sanou, un formateur venu de Ouagadougou. Nous sommes tout à fait sur la même longueur d'onde. Il a déjà mis en place deux structures qui soutiennent quelques élèves aveugles qui ont un bon potentiel, pour les intégrer dans le système scolaire ordinaire. En effet, il n'y a aucune structure spécialisée pour les handicapés de la vue au-delà du niveau primaire au Burkina Faso. Cet exemple inspire beaucoup notre Etienne, qui aimerait bien initier un tel soutien à Boulsa.
Aujourd'hui est un grand jour, puisque nous remettons les 12 premiers exemplaires du livre Lire au Burkina, transcrit par Christine Fayet-Berthoud, la sœur de Francine.
A 9 heures, le représentant de l'action sociale et celui de l'éducation de base de la province du Namentenga sont présents lors de la remise officielle du livre aux enfants. Je dois avouer que j'ai un peu de peine à parler, tant je suis ému. C'est tout de même l'aboutissement de beaucoup d'efforts partagés. Bien évidemment, cela conforte le souhait d'Etienne et de Matthieu, le directeur pédagogique, de coller au programme officiel burkinabé, soit un enseignement en français et non en langue vernaculaire.
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C'est le premier livre scolaire qu'ils auront sous leurs doigts, une première au Burkina[/caption]
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C'est pas beau ça?[/caption]
Audio: Abdoulai decouvre le lire lire au burkina
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Nous avons rencontré le responsable local pour l'assainissement. Il a déjà constaté une amélioration de l'état général de la santé des enfants. Nous prévoyons qu'il passe deux fois par mois. Nous allons évaluer nos possibilités financières pour mettre en place une formation de 5 jours pour les enseignants uniquement consacrée à l'hygiène et à la prévention. Cette formation devrait se dérouler la semaine précédant la rentrée d'octobre. Une autre formation de deux jours sera proposée aux cuisinières.
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Aminata nettoie un dortoir à grande eau[/caption]
Un programme de déparasitage sera administré sous forme de pilules aux enfants. Un en mars, un second à la fin de l'année scolaire, un troisième à la reprise des classes et un dernier en décembre ou janvier. Mais tout cela coûte.
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Les petits louloups sont à table[/caption]
Bondi qui fait chaque jour le tour des popotes en goûtant systématiquement ce que les cuisinières mijotent, constate que le menu est différent tous les jours. Selon notre interlocuteur, la variété des menus devrait palier à l'absence d'œufs.
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Corvée de vaisselle[/caption]
Michel a grand soif. Aussi, il emprunte la moto d'Etienne pour aller chercher deux Bravolta, l'ancienne dénomination de la Brakina pour calmer ce besoin inextinguible. Le vent souffle et nous déshydrate et commence de me faire mal aux yeux.
Michel s'enquiert des duplos. Une des enseignantes le rassure en lui expliquant que les briques ont été mises au programme de l'école. Voilà le père Duplo satisfait.
En fin de matinée, nous avons présenté les livres de contes achetés par Francine. Ces livres ont été très bien accueillis, ceci d'autant plus que quatre d'entre eux sont transcrits en braille. J'ai proposé aux enseignants de communiquer leurs remarques et suggestions à Matthieu qui les transmettra par mail à Francine. Voilà une matinée très positive à bien des égards.
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Nous vous présentons les cinq enseignants de Boulsa[/caption]
Après un excellent repas de midi composé de pommes-de-terre en sauce avec de la viande de chèvre mitonnées par Jacqueline, petite sieste à l'ombre du ventilateur.
Dernier coucher de soleil lors de ce séjour à Boulsa[/caption]
A bientôt!
Nous quittons Boulsa, le samedi 17 mars à 11 heures. D'ici ce délai, je peux toujours rêver trouver une solution.
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 16 mars 2012
La nuit a été rude à cause de la chaleur et du bruit du ventilateur. Ma moustiquaire était mal arrimée. J'ai senti tout à coup une énorme bête me passer dessus. Je l'ai assommée avec mon oreiller. Je suis à nouveau assis dans notre salon extérieur. J'écoute le bruit de la cour qui est déjà éveillée depuis longtemps. Les gens vaquent à leurs occupations, les poules caquettent, le coq chante, les enfants d'Etienne jouent et viennent me serrer la main les uns après les autres. Jacqueline, la femme d'Etienne, pose la table du petit déjeuner. Elle demande: "Comment va ma maman?" Sa maman, c'est Francine. Il y a un petit minou qui se ballade. Il n'a pas de nom. On ne donne pas de nom aux chats ici. Il y a aussi un âne qui brait tristement. Ce matin, Michel, Etienne et votre serviteur, le trium vira de choc, se réunissent pour faire le point sur la mise en œuvre des mesures décidées en octobre dernier. L'école de Boulsa compte 12 collaborateurs: 5 enseignants, 3 cuisinières qui rigolent lorsque Michel va goûter les plats, une préposée au nettoyage, une secrétaire, un surveillant aveugle et un gardien durant la nuit. Avec Etienne, cela fait 13. Tout en nous référant au dernier bulletin que nous avons adressé à celles et ceux qui soutiennent notre projet, nous examinons, point par point, la mise en œuvre des mesures prévues.
Une copine à Bondi le gourmand[/caption]
Nous avons été surpris d'apprendre que ce ne sont pas moins de 70 personnes qui mangent quotidiennement à l'école. Aux dires de Bondi, c'est pas du tout mauvais et la quantité y est.
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Coup de feu à la roulante[/caption]
Etienne nous propose de l'eau. Bondi préférerait de loin une bière. Son vœu, le mien aussi d'ailleurs, est immédiatement exhaussé.
Même si tous les objectifs ne sont pas atteints et qu'il nous est difficile d'avoir une vue d'ensemble précise, on sent une réelle volonté de faire le mieux possible et d'appliquer au plus près les mesures qui justifient le parrainage de l'école braille Jean-Marc Meyrat. Bravo Etienne!
Après le repas de midi, une petite sieste. Il fait une chaleur à crever. Michel et moi buvons un coca. Etienne s'inquiète: "c'est fini la bière?" Notre réputation est définitivement faite. Nous allons nous rendre à l'école pour tâter de l'imprimante braille. Inch Allah!
Comme je l'avais pressenti, Allah ne nous a pas secourus dans cette terrible entreprise. Je n'ai jamais réussi à configurer une imprimante braille, ce n'est tout de même pas aujourd'hui que cela va commencer. Pendant que je m'escrime sur l'imprimante, Bondi a un long entretien avec Etienne. Il ressort de cette entrevue qu'il est vraiment indispensable qu'il y ait une comptabilité générale, afin que nous sachions précisément où nous allons. Du point de vue des salaires, Etienne n'a pas encore déclaré nos intentions aux enseignants. Nous allons donc peut-être revoir nos calculs. De toutes les façons, une intervention de la coopération suisse pour mettre un peu d'ordre dans tout ça, est absolument nécessaire. On peut faire confiance au caissier Bondi pour convaincre les services helvétiques d'intervenir au plus vite.
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Tout le monde ne s'appelle Christine Cloux, la fée aveugle de l'informatique[/caption]
Nous avons remis ce soir les deux machines Perkins que nous avons apportées. Nous en ramenons deux autres défectueuses en Suisse que nous ramènerons lors de notre prochain séjour. Bondex appelle ces machines des Pershing, car il vit encore au temps de la guerre froide.
Le puits, c'est le centre de tout
C'est incroyable le rôle que joue le puits dans la vie de l'école. Les enfants du voisinage se mêlent volontiers aux élèves aveugles et malvoyants. Selon Bondi, tous les enfants vivent de la même manière, ce qui est rassurant dans un certain sens.
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Une ribambelle de petits louloups dans la cour[/caption]
Nous avons d'ores et déjà pris contact avec une entreprise pour procéder à une analyse de l'eau du puits. On nous assure qu'après trois ans, la qualité de l'eau ne peut pas s'être altérée. Cependant, nous allons faire analyser l'eau afin d'en avoir le cœur net.
Ce soir, je suis fatigué et ne vais pas tarder à aller me coucher. Mais avant cela, nous allons accompagner notre repas avec un petit coup de rouge extrait de la topette de Bourgogne à Bondi. Il a un méchant goût de bouchon. Mais à la guerre comme à la guerre: on boit ce qu'il y a! Malheureusement, il y avait du poisson au menu. Ceux qui me connaisse savent que j'entretiens avec cet animal des relations culinaires difficiles. Tous les plats en avaient le goût. Ce cher Etienne s'est empressé d'aller acheter une boîte de petits pois carotte pour moi.
Demain, nous avons rendez-vous avec l'infirmier scolaire. A côté de cela, nous allons présenter le livre Lire au Burkina transcrit par Christine Berthoud, ainsi que les livres de contes choisis par Francine.
A demain, si vous le voulez bien!
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La cour de l'école Jean-Marc Meyrat sert de cadre à d'autres activités[/caption]
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 15 mars 2012
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Encore un coup du père gepetto[/caption]
Devant chez les Fayet, trône fièrement un Pinocchio, une copie, en plus petit, de celui que les automobilistes peuvent voir au bord de l'autoroute près de Villeneuve. Dans quelques années, il contemplera le lac Léman, lorsque Philippe aura pris une retraite bien méritée aux Granjettes. Mais avant cela, il fera un petit crochet par le Niger.
Francine doit être contente[/caption]
Tradition oblige, nous faisons bénir le bus par Rosalie et en profitons pour embarquer son mari Lucien et une dame que nous ne connaissons ni des lèvres ni des dents. Il semble qu'elle s'occupe du goutte à goutte que la coopération suisse a financé pour l'association de Lucien. Nous en saurons peut-être davantage au cours du voyage, mais elle n'est vraiment pas très causante.
Le père Bondi est sur le cul en constatant les résultats atteints par la communauté des handicapés de la vue de Wayen. Depuis Ouagadougou, il n'avait pas vu de verdure. Tout cela a été possible grâce au puits offert par la Mission évangélique braille. Les légumes sont magnifiques.
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Un paradis de verdure dans la caillasse environnante[/caption]
Nous quittons la célèbre école Alain Décoppet inaugurée à Zorgho en décembre 2011. Matthieu, le musicien aveugle qui joue sur son instrument constitué de deux cordes tendues sur deux bidons d'huile, chante maintenant en français. Il ne se casse pas pour les paroles: Dieu est parmi nous, et c'est tout. Vous pouvez retrouver Matthieu Ouedraogo sur ce blog, dans la catégorie A vous de jouer. Il me semble que l'émission a été diffusée courant décembre 2011.
Nous filons maintenant vers Koupéla, où nous espérons retrouver le morceau de dent perdu par le père Bondi sur un méchant pilon de poulet bicyclette il y a trois ans.
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L'arrivée du tour en africovision[/caption]
Tout y est![/caption]
Ah! C'qu'on est bien, la Brakina en main!
A demain!
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 13 mars 2012
La nuit n'a pas été trop mauvaise. Etonnamment, il ne fait pas trop chaud, presque frais pour la saison selon Samsung, 35 degrés tout de même. Après le petit déjeuner pris avec Bondi, nous partons pour l'ancien centre pour installer le nouveau PC de Lucien. Encore un grand moment d'angoisse. Encore une fois, merci à toi, chère Christine, pour tout le temps que tu as consacré pour configurer ce PC. Nous sommes bien évidemment installés dans le célèbre Toyote qui compte aujourd'hui 350.000 bornes au compteur, soit 60.000 de plus que lorsque nous avons quitté le Café de l'Ouest à Lausanne en mars 2009 pour convoyer ce bus jusqu'à Ouagadougou. La circulation est toujours intense. Les petites mobylettes chinoises pétaradent et klaxonnent pour se faufiler dans le trafic. Au milieu des vapeurs d'essence, on devine l'odeur de la viande grillée à même le trottoir. Aujourd'hui, je suis assez fier de moi. Tout fonctionne sur le PC de Naré. Si cela continue, je vais me convertir, à quoi? Je ne le sais pas encore. Bondi et Samsung sont passés pour acheter une puce pour mon téléphone portable. La préposée n'est pas parvenue à mettre mon portable en fonction. Il a fallu qu'il passe entre mes mains pour que tout soit en ordre. Un véritable miracle! Brakina à la main, nous voilà assis à notre table habituelle sur la terrasse du jardin du SIAO, le salon international de l'artisanat de Ouagadougou ou, aujourd'hui rebaptisé: le siège de l'informaticien aveugle de Ouagadougou.
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 13 mars 2012
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 11 mars 2012
Bonjour à toutes et à tous, Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures, Michel Bondi, dit Bondex, et votre serviteur. Notre départ est fixé au lundi, 12 mars. Nous nous envolons à midi de Genève et seront rendus à Ouagadougou à 20h45 heure locale. A Paris, nous allons nous faire une petite bouffe, histoire de ne pas être obligés de se contenter de la tambouille d'Air France. Nous ne connaissons pas la composition du comité d'accueil à Ouaga, mais par contre, nous savons que nous allons boire un bon coup avec Anne-Christine et Philippe Fayet, qui nous hébergent, malheureusement pour la dernière fois, au Burkina du moins, puisqu'ils quittent l'ex Haute Volta pour le Niger en juin prochain. Comme d'habitude, nos bagages sont bien garnis: cadeaux, machines braille, deux ordinateurs portables, une ligne braille pour Lucien Naré, des textes pour les enfants de Boulsa imprimés en braille par les soins de mon amie Marianne Castella et les 12 premiers exemplaires du livre Lire au Burkina première année. Cet ouvrage a été généreusement transcrit par Christine Fayet-Berthoud, la sœur de ma femme Francine, corrigé par des enseignants burkinabé et imprimé bénévolement par Anne Pillet, la responsable de la Bibliothèque Braille Romande à Genève. Je profite de l'introduction à ce récit de voyage pour adresser nos chaleureux remerciements au directeur de l'Association pour le bien des aveugles de Genève, qui permet à Anne de profiter de l'infrastructure de la bibliothèque pour réaliser ce magnifique travail. Merci Christine, Anne et Louis.
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 20 octobre 2011
Nous voici arrivés au terme de notre séjour au pays des hommes intègres. La journée d'hier a été consacrée à quelques achats, à la remise officielle à l'Alliance biblique de trois PC destinés à des étudiants aveugles de l'université de Ouagadougou à une rencontre très agréable avec le directeur de cette même Alliance biblique et, on ne recule devant rien, à une raclette partagée avec les Fayet sous les palles du ventilateur. Aujourd'hui, nous allons visiter une entreprise qi manufacture le plastique, histoire d'aller jusqu'au bout de ce processus de fabrication de cannes blanches au Burkina Faso. Suivra l'achat d'un cadeau pour la lionne blanche au village artisanal. Cet après-midi: calme avant notre départ fixé à 8 heures. Nous voici parvenus à la fin de ces dix jours. Nous espérons que vous avez pris du plaisir à suivre ce blog. A très bientôt! La patrie ou la mort nous vaincrons! Jean-Marc et Francine Meyrat
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 19 octobre 2011
Nous avons poursuivi ce matin la conversation commencée la veille avec frère Etienne. Ce dernier souhaite que nous nous adressions aux enseignants avant notre départ pour Ouagadougou.
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Palabres au petit matin[/caption]
Comme c'est peu à peu devenu l'usage, nous allons nous répartir les rôles: Francine va s'occuper de l'aspect pédagogique et moi, de l'aspect financier.
Sans entrer dans les détails, voici quelques éléments qui ressortent de nos discutions. Frère Etienne est enchanté à l'idée de pouvoir bénéficier d'un soutien de la coopération suisse. Avec Bouba, Etienne va établir un budget prévisionnel prenant en compte l'adaptation des salaires des enseignants et l'amélioration du quotidien des enfants pour fin novembre. Ainsi, nous pourrons adapter le parrainage en 2012. Avec le soutien de la coopération suisse et de Bouba, nous l'avons invité à établir une prévision de recettes, suite à la mise en route du moulin et du poulailler. Cela sera Heinz, lors de son séjour en décembre prochain, qui fixera l'échéancier avec Etienne.
En ce qui concerne le projet d'agrandissement de la structure avec le Lion's club de Ouagadougou, nous lui avons conseillé de séparer rigoureusement les domaines d'activité du centre de formation. Nous lui avons répété qu'il était relativement possible de trouver du financement pour les infrastructures. Mais comment va-t-il financer le quotidien? Nous lui avons encore une fois dit qu'il devait tout d'abord assurer les bases avant de se lancer dans d'autres projets.
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Ca commence tôt pour la femme africaine[/caption]
La femme africaine travaille vraiment beaucoup. Jacqueline, la femme du frère Etienne, balaie déjà sa cour à 5 heures du matin. Ensuite, elle lave les enfants, va s'occuper des cochons tout en portant dans son dos le bébé d'une de ses filles. Ensuite, elle va se mettre à la cuisine dans l'endroit en plein air, seul endroit qui a échappé à l'effondrement de sa maison, l'an passé suite à l'abondance des pluies. Jacqueline sera la dernière couchée.
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Les décombres de la maison des Sawadogo[/caption]
Toute la famille dort dehors sur des nattes et un matelas en mousse, alors que nous, nous bénéficions d'un lit confortable et de ventilateurs.
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Salle de bain et chambre à coucher en plein air[/caption]
Nous quittons l'école de Boulsa. Je crois que nous avons fait un bon boulot. Nous avons mis au point une stratégie pour l'adaptation des salaires des enseignants et proposé des mesures très concrètes pour l'amélioration du quotidien des enfants dont un apports nutritifs dans l'alimentation en augmentant de 2 à 4 kilos par jour le poisson pour confectionner les deux plats principaux, un œuf pour chaque enfant par semaine, un complément de vitamines sous forme de comprimés à prendre régulièrement.
Nous avons pu posé toutes les questions qui nous sont venues sur les comptes en rapport avec le parrainage. Frère Etienne s'y est prêté de très bonne grâce et nous a photocopié toutes les pièces comptables que nous désirions. C'est le caissier Bondi qui va apprécier.
Nos trois passagers malgré eux n'auront pas goûté longtemps à la quiétude du climat de Boulsa. Ils ont fini dans la casserole pour un repas de fête offert aux enfants à l'occasion de notre départ.
C'est avec beaucoup d'émotion que nous quittons l'école braille Jean-Marc Meyrat et la cour du frère Etienne. A l'instante demande de nos deux vaillants pasteurs, c'est moi qui est mené la prière avant le dernier repas que nous avons pris chez Etienne et Jacqueline Sawadogo. Nous avons demandé la route, mais ils nous en ont donné que la moitié pour qu'ainsi, nous revenions.
Klaxon au plancher, Etienne nous escorte sur sa moto yamaha, qui a parcouru plus de 13.000 kilomètres depuis six mois qu'il la possède.
Merci à toi cher Etienne, chère Jacqueline, chers enseignants et chers élèves. Nous repartons plein de courage et de détermination.
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 18 octobre 2011
Il est 5 heures 30. Je me trouve à nouveau dans la cour du frère Etienne. J'ai épouvantablement mal dormi. Je me demande même si je me suis vraiment assoupi. Il régnait une chaleur épouvantable.
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Samsung et Bouba, nos deux vaillants pasteurs, sont cuits[/caption]
La cour s'éveille au cri du coq. Les poules déambulent et caquettent déjà. Le brave cochon qui me tenait compagnie l'an passé, n'est plus là.
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Tata Jacqueline, la femme de frère Etienne, tire de l'eau[/caption]
C'est tout de même absolument génial cette clé Internet. Depuis le fin fond du Burkina, je peux alimenter quotidiennement notre blog. C'est lent bien sûr, mais si on s'y prend tôt le matin, ça passe. Evidemment, il y a des photos qui sont dans le mauvais sens. Il s'agit-là d'un inconvénient d'être aveugle. On ne peut pas avoir de la chance tout le temps. Nous remettrons de l'ordre dans tout ça à notre retour en Suisse.
Ce matin, j'ai eu l'immense plaisir de pouvoir féliciter frère Etienne pour le soin qui a été apporté aux ordinateurs que nous avions apportés et aux livres imprimés en Braille envoyés par la Bibliothèque braille romande à Genève. La poupée Brailline pour apprendre le Braille elle, a pris une bonne secouée. Cela prouve au moins qu'elle a été bien utilisée.
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Les duplos, ici les briques, sont très utilisés[/caption]
Je n'ai bien évidemment pas réussi à installer l'imprimante braille. Bien que la configuration soit rigoureusement identique à celle que j'avais avec ce PC, cela ne fonctionne pas. C'est là une affaire de spécialiste. Je vais donc voir avec mes potes du Service romand d'informatique pour handicapés de la vue, si on peut faire quelque chose via Internet ou à l'occasion du séjour de Heinz ou idéalement, de celui de Pierre-Yves, le spécialiste informatique de la MEB.
J'ai tellement chaud aux pieds dans mes baskets, que je me suis acheté des nu-pieds, des tapettes comme on dit ici. Frère Etienne m'appelle papa, et Francine maman. Nous avons été visité le dispensaire catholique où figure en bonne place une belle photo de l'école Jean-Marc Meyrat. Nous avons pris rendez-vous avec l'infirmier qui visite régulièrement l'école Jean-Marc Meyrat, pour voir dans quelle mesure nous pourrions améliorer l'équilibre alimentaire des enfants.
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Ca, c'est de l'amitié, non?[/caption]
A 15 heures, nous avons rendez-vous avec la responsable provinciale de l'éducation de base.
De retour à l'école, je me suis livré à un petit test avec les élèves. Il faut bien se rendre à l'évidence, même en cinquième année, la plupart des enfants n'en sont qu'au stade du déchiffrage. La tâche à accomplir est énorme, au-delà de tout ce que l'on peut imaginer. Mais ce n'est pas ce constat terrible, qui nous fera baisser les bras. Allons-y pas à pas, tentons d'assurer déjà la base.
Le niveau de certains enseignants est préoccupant. Nous allons aborder ce problème avec frère Etienne lors de notre entretien qui passera en revue tous les aspects de l'école.
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Frère Etienne en sa cour[/caption]
La discution a été très constructive. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vous en ferai un rapport circonstancié à notre retour en Suisse. Neuf heures d'avion, avec une escale à Niamey, c'est long!