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    29 octobre 2012

    [caption id="attachment_3036" align="aligncenter" width="600"]Le lion et sa lionne sont au repos Le lion et sa lionne sont au repos[/caption] La nuit fut rude. Chaleur aussi intense que tenace en plus du bruit des trois ventilateurs. [caption id="attachment_3014" align="aligncenter" width="600"]Jacqueline et une partie de ses enfants Jacqueline et une partie de ses enfants[/caption] La construction des moulins est en voie d'achèvement. Ce sont en effet deux moulins qui ont été construits avec le soutien de la Mission évangélique braille et de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants. Selon Etienne, la clientèle est là. Selon Etienne toujours, deux personnes handicapées de la vue pourront travailler sur place. Ce sont elles qui seront responsables de la gestion. Il est en effet parfaitement possible pour une personne aveugle de déterminer la variété de céréales et d'en mesurer la quantité grâce à des récipients gradués avec des repères tactiles. [caption id="attachment_3016" align="aligncenter" width="600"]Accueil par les enfants dans la cour de l'école Accueil par les enfants dans la cour de l'école[/caption] Nous avons été accueillis par le chant des enfants. Audio: Chant d'accueil [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/Chant-daccueil.mp3"][/audio] De nettes améliorations peuvent être constatées en matière d'hygiène. Deux fûts trônent sous le haut-vent exigu où les enfants mangent. Ainsi, tous les enfants se lavent les mains avant de se mettre à table sous l'œil attentif d'un auxiliaire volontaire mis à disposition par l'état. Un fût en ciment équipé de plusieurs robinets sera prochainement installé à la sortie des latrines. [caption id="attachment_3030" align="aligncenter" width="600"]La cuisine La cuisine[/caption] Ce geste pour nous naturel est d'autant plus important que beaucoup d'enfants mangent avec les mains. [caption id="attachment_3031" align="aligncenter" width="450"]Lavage des mains Lavage des mains[/caption] Tous ont des chaussures à l'exception du petit dernier, Jules, qui est visiblement affecté d'un autre handicap que celui de la vue. [caption id="attachment_3023" align="aligncenter" width="600"]Il fera un bon animateur du centre Il fera un bon animateur du centre[/caption] [caption id="attachment_3024" align="aligncenter" width="450"] Jules mange Jules mange[/caption] Francine attire l'attention de l'équipe, car tous les enfants boivent dans le même verre. L'état général des dortoirs laisse à désirer. En toute urgence, les cadres métalliques de quelques lits doivent être réparés, ils représentent un réel danger pour les enfants. Un rafraîchissement des quatre dortoirs se fera à l'occasion des vacances de Noël. Les enfants ne disposent pas d'étagères où ils peuvent ranger leurs affaires. D'après mes comptes, il y a 32 lits pour 40 enfants. Nous avons demandé un budget à Etienne pour la construction d'un dortoir supplémentaire, pour le rafraîchissement des dortoirs existants, ainsi que pour clôturer la cour de l'école afin d'éviter l'intrusion d'animaux et le vol. En effet, les fûts qui se trouvent dans le réfectoire en plein air doivent être retirés chaque nuit. [caption id="attachment_3027" align="aligncenter" width="600"]Dortoir des filles Dortoir des filles[/caption] [caption id="attachment_3026" align="aligncenter" width="450"]Ils sont déjà bien organisés Ils sont déjà bien organisés[/caption] Beaucoup d'enfants manquent d'habits. En plus, les enfants rentrent de vacances sans les habits qui leur ont été donnés. Très souvent, les tenues qui sont octroyées, disparaissent, distribuées aux petits frères et aux petites sœurs ou volées par les gamins du quartier. Etienne a pris la décision de consigner les tenues à l'école pendant les vacances et coudre le nom des enfants à l'intérieur. [caption id="attachment_3029" align="aligncenter" width="600"]Le système D Le système D[/caption] Oui, on fait des erreurs. Les cannes blanches que nous avions apportées en 2010 ont disparues. C'est parfaitement logique. Aucun enfant n'avait d'endroit où ranger ses effets. Voilà les effets pervers de vouloir jouer au père noël. Bref, on apprend toujours. Pour corriger notre faute, nous sommes allés acheter au marché: 50 gobelets, un bidon pour les laver et des couvertures pour la saison froide [caption id="attachment_3020" align="aligncenter" width="450"]On se met en ménage On se met en ménage[/caption] Nous avons eu une très intéressante discussion avec Etienne et Mathieu, le directeur de l'école. En résumé, l'école manque d'objectifs clairs en ce qui concerne l'avenir des enfants. Il est vrai que cela est plus facile à dire qu'à réaliser. [caption id="attachment_3018" align="aligncenter" width="600"]Les palabres commencent Les palabres commencent[/caption] Etienne a toujours en tête son projet d'agrandissement de l'école avec l'aide du Lions Club du Burkina Faso. Une fois de plus, nous avons attiré son attention sur les futurs coûts de fonctionnement. Il faut qu'il fasse très attention que l'accroissement de son activité ne remette pas tout en cause, d'autant plus que l'association a-b-c-d a pour but, à terme, de laisser l'Ecole Jean-Marc Meyrat voler de ses propres ailes. [caption id="attachment_3033" align="aligncenter" width="450"]Une jeune fille range son balluchon Une jeune fille range son balluchon[/caption] [caption id="attachment_3034" align="aligncenter" width="450"]Une jeune fille lit un livre en braille Une jeune fille lit un livre en braille[/caption] Une partie de l'activité de l'association dont dépend notre école, est consacrée à l'alphabétisation des aveugles adultes. Ces derniers passent six mois par année dans le centre de Boulsa. Nous lui expliquons que nous comprenons bien ses situations, mais que notre association a fait des choix et que son action se concentre sur l'éducation des enfants. Demain, nous allons examiner les comptes de l'école et le budget préparé par le caissier Bondi. Nous avons rencontré un des responsables de l'hygiène et de la santé qui dispense 5 jours de formation aux différentes catégories de personnel de Boulsa. Un second module de deux jours débute après demain. Nous pourrons ainsi assister au début de cette formation avant de rentrer sur Ouagadougou où de nombreux rendez-vous nous attendent encore. Tout au long de ce séjour à Boulsa, nous pouvons mesurer la qualité du rapport de Morina, une étudiante allemande en médecine, qui a passé une dizaine de jours à Boulsa en septembre dernier. Ses observations nous auront été fort utiles. Nous profitons de ces lignes pour lui exprimer nos profonds et chaleureux remerciements. Ce soir, délicieuses pâtes avec du poulet le tout mijoté par Jacqueline, la femme d'Etienne et, dodo. Je suis mort de fatigue! A demain!

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    28 octobre 2012

    La bénédiction du Toyota par la femme du roi Naré Rosalie, nous a émus aux larmes. Les mots dont elle use sont si simples, si spontanés, et sa voix si belle, que l'on ne peut qu'y croire. [caption id="attachment_2996" align="aligncenter" width="450"]C'est maintenant bien davantage qu'une habitude C'est maintenant bien davantage qu'une habitude[/caption] La moto du pauvre Samsung a malencontreusement rencontré un chien en pleine nuit. Samsung s'est blessé à une main et ne peut pas tenir le volant. Il est malheureux comme les pierres de ne pas pouvoir nous accompagner. Nous, encore plus que lui. Son rire et sa gentillesse vont cruellement nous manquer. [caption id="attachment_3008" align="aligncenter" width="600"]Francine mama Africa Francine mama Africa[/caption] Après un plat de spaghetti avec du chou et du véritable poulet bicyclette grillé au feu chez Bouba, nous demandons la route. [caption id="attachment_2998" align="aligncenter" width="450"]D'abord les invités D'abord les invités[/caption] Le départ pour Boulsa est donné à 16 heures. Nous arriverons donc de nuit chez le frère Etienne. [caption id="attachment_3003" align="aligncenter" width="450"]Ismaël était triste de voir partir son papa en mission: maman est là Ismaël était triste de voir partir son papa en mission: maman est là[/caption] Nous venons de dépasser la bourgade Wayen où nous nous arrêtions habituellement. Devant nous, un bus Toyota comme le nôtre. Sur le toit, plusieurs motos sont arrimées et un gars dort sur le chargement. Le voilà qui descend sur le marchepied. Tout cela en roulant. Le prudent Salif garde ses distances: on ne sait jamais. [caption id="attachment_3001" align="aligncenter" width="600"]Voyez-vous ça? Voyez-vous ça?[/caption] Bien qu'il ne fasse pas encore nuit, nous voyons déjà la lune. Elle est pleine. Voilà qui ne va pas arranger nos bidons pour dormir. A Zorgho, nous quittons la route bitumée pour attaquer la piste. A 5 heures 30, la nuit tombe. Au sortir de la saison des pluies, la piste n'est pas bonne. Salif zigzague pour éviter les trous. Nous venons de passer au travers d'un troupeau de bœufs. On roule au mieux à 40 kilomètres à l'heure. J'ai de plus en plus de peine à taper sur mon clavier. Je n'ai jamais senti cette odeur de terre et d'herbe humides. Peut-être la dernière pluie avant une courte période de grosses chaleurs en novembre, avant une fraîche, 25 degrés, en décembre et janvier. Nous nous sommes trompés de route. Bizarrement, les gens semblent un peu retissant à nous indiquer la direction. Ceci est d'autant plus gênant que les explications d'Etienne sont tout sauf claires. Nous revenons sur nos pas. Je dois avouer que je ne suis pas très rassuré. Il semble que nous ayons rejoint la bonne route, du moins, je l'espère. Je commence vraiment d'avoir soif. Comme dit Francine: "Le poulet est sûrement froid, mais la bière est au frais". Enfin, une indication pour Boulsa. Encore 29 kilomètres de creux, de bosses et de profondes cuvettes. Ce seront les plus longs, les pires. La piste a été très abîmée par les pluies, ce qui ne satisfait pas du tout ce cher Toyote dont l'embrayage émet des bruits inquiétants. Tout est bien qui finit bien. Nous sommes accueillis par le frère Etienne et sa famille, ainsi que par les enseignants de l'Ecole braille Jean-Marc Meyrat. Au menu: poisson, malheureusement, mais, heureusement, de la bière. A demain! [caption id="attachment_3004" align="aligncenter" width="600"]La reine et la lionne blanche La reine et la lionne blanche[/caption] PS: Message personnel pour Bondi qu'il est seul à pouvoir comprendre. Etienne m'a fait le geste dès qu'on est arrivé!

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    27 octobre 2012

    Cela fait très longtemps que je n'ai pas aussi bien dormi. Cet événement est tellement extraordinaire qu'il mérite d'être consigné dans cette chronique. [caption id="attachment_2987" align="aligncenter" width="450"]Galerie d'art contemporain à Ouaga Galerie d'art contemporain à Ouaga[/caption] Pour les fans de Francine, elle va mieux. Elle a eu l'occasion de prodiguer de nombreux conseils à Valérie, la fille du roi Naré. Cette dernière organise tous les jeudis un atelier créatif pour les petits aveugles de l'école Siloé à Ouaga. Elle manque un peu d'idée. Francine elle, en a à revendre. Elle explique à Valérie comment elle peut utiliser tout ce qui traîne: cornets plastics, capsules de bouteilles, bouts de ferraille pour réaliser d'ingénieux bricolages. Cela tombe bien, car au Burkina, le recyclage ne fait pas vraiment partie des préoccupations des gens. La ligne braille du roi Naré a des problèmes. Comme prévu, je n'ai pas pu les résoudre. Il va falloir que j'envoie quelques mails à mes potes en Suisse, pour tenter de remettre tout cela en ordre. Très sympa le pot pris aux jardins du SIAO, jardins chers au cœur de Bondi. Il est vrai que nous y bûmes quelques bières. [caption id="attachment_2988" align="aligncenter" width="600"]Le pot au SIAO avec Laurent Abga et sa troupe Le pot au SIAO avec Laurent Abga et sa troupe[/caption] Nous avons été mangé chez Bouba. Lui et sa femme Agnès, viennent d'avoir une petite fille: Schiphra. Au menu: délicieux couscous, pommes-de-terre frites, bananes Plantin et, malheureusement pour moi, du poisson. Comme boisson: sucrerie pour Francine et Brakina pour moi. [caption id="attachment_2989" align="aligncenter" width="450"]Expo permanente Expo permanente[/caption] La chaleur était telle, que nous avons passé l'après-midi dans notre chambre, profitant de la climatisation qui fera cruellement défaut dès ce soir à Boulsa. [caption id="attachment_2990" align="aligncenter" width="450"]Accueil à la pension Accueil à la pension[/caption] La soirée passée chez les Niada était particulièrement intéressante. Marie-Luce, une suissesse ancienne collègue de Philippe Fayet, est chargée du dossier de l'éducation de base à la DDc. Son mari François, un burkinabé, est très actif dans l'éducation et est plus particulièrement mandaté pour établir un rapport sur la situation de l'alphabétisation et la scolarisation des personnes en situation de handicap. Oui, cette terminologie s'utilise ici aussi. Etaient également: Bouba et Yara Kambou. Yara KamboAudio: u [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/Yara-Kambou.mp3"][/audio]

    L'éducation non formelle

    La situation est vraiment compliquée. D'un côté, un programme scolaire rigide hérité de la colonisation française, de l'autre, des essais tous azimuts allant de la scolarisation accélérée en passant par l'enseignement en langue vernaculaire. Il y a beaucoup d'initiatives intéressantes provenant des ONG ou des coopérations nationales qui restent, malheureusement, souvent sans lendemain. On a le sentiment que le ministère de l'éducation accepte tous les projets pour montrer sa bonne volonté et son ouverture d'esprit, et surtout, pour autant que cela lui coûte le minimum. Prenons l'exemple de l'enseignement en langue vernaculaire, le mauré. Les gens le parlent, bien sûr, mais très peu le lisent ou l'écrivent. Il existe quelques journaux et quelques romans en mauré. Cependant, leur lecture reste réservée à une élite. Dans les rues, vous ne trouverez aucune indication en mauré. Les enseignants formatés à l'extrême s'en tiennent au programme du ministère et s'interdisent de dire un quelconque mot en mauré dans les classes. Cette situation incarne évidemment une forme d'acculturation. Mais que peut-on faire? Dans le cadre de nos écoles pour petits aveugles, la solution passe peut-être par la médiation. On ne peut pas se départir du programme officiel au risque de marginaliser encore davantage les petits loulous aveugles qui pourraient intégrer le système scolaire ordinaire. Toutefois, les enseignants, pour autant qu'ils en soient capables ou qu'ils en aient envie, ou ce que l'on pourrait appeler des auxiliaires scolaires, pourraient soutenir les enfants, pendant et après la classe, dans la langue nationale afin de leur permettre de suivre. Ces auxiliaires ne devraient pas être obligatoirement des enseignants. Il pourrait s'agir d'un membre de la communauté, voire d'un parent d'élève. Mais tout cela coûte. S'il faut payer des enseignants avant que l'état nous reconnaisse et envoie des enseignants sortis du moule, puis un ou plusieurs auxiliaires, où trouver les sous? Au contraire de la précédente, cette nuit a été pénible. Suite à une coupure d'électricité, la climatisation est tombée en panne. Le ventilateur faisait un bruit d'enfer. Finalement la climatisation s'est remise en marche. Francine n'a pas trop la pèche ce matin. La chaleur associée à ses antibiotiques, lui font faire de fréquents séjours aux toilettes. [caption id="attachment_2991" align="aligncenter" width="600"]Avec le chien Milou, il garde la pension Avec le chien Milou, il garde la pension[/caption] A plus tard sur la route qui nous mènera à Boulsa. Nous ne serons que quatre dans le Toyota: Bouba, le chauffeur du roi Naré, car Samsung a eu un accident de moto la nuit passée, Francine et moi. Heureusement, Samsung n'est pas gravement blessé. C'est son bras endolori qui l'empêche de conduire, quel dommage! A plus tard!

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    26 octobre 2012

    Nuit courte mais bonne, dans une chambre spacieuse et climatisée à la pension Yiri suma. [caption id="attachment_2975" align="aligncenter" width="600"]Un jardin extraordinaire Un jardin extraordinaire[/caption] Aujourd'hui, c'est jour férié chez les Musulmans, c'est la fête du mouton. Les rues sont vides, tous les magasins sont fermés. Les chauffeurs de taxi chrétiens travaillent ce jour-là, alors que les chauffeurs musulmans les remplaceront pour la fête de Noël. Nous avons rencontré le remplaçant de Philippe Fayet, Nicolas Randin. Il nous a fait bonne impression. Il n'y a que deux mois qu'il est au Burkina Faso. Avec sa femme et ses trois enfants, il vient du Niger où Philippe l'a remplacé. Notre échange a été cordial. Nous avons pu lui exposer notre action dans le détail. Il nous a assuré qu'en cas de nécessité, la Direction du développement et de la coopération suisse pourrait nous donner un coup de main. Bienvenue à Gaoua Yara Kambou est aveugle. Agé de 38 ans, il est le président de l'Association espoir des malvoyants et aveugles de Gaoua. Gaoua est une ville qui se trouve au sud-ouest du Burkina Faso, non loin de la frontière avec la Côte d'ivoire et celle avec le Ghana. Fondée il y a dix ans, l'association a été reconnue par les autorités administratives locales et provinciales. Cette structure gère déjà cinq centres pour l'alphabétisation des aveugles, généralement des adultes dans lesquelles on pratique, entres autres activités, le tissage en lipico et le séchage des fruits par les femmes à l'aide d'un séchoir solaire. Rien n'existe pour les enfants qui sont accueillis dans ces structures peu adaptées ou qui sont envoyés à Ouagadougou dans des familles d'accueil. Yara a perdu la vue à l'âge de 23 ans suite à une méningite confondue avec une forte crise de palud. Lorsque la méningite a été enfin diagnostiquée, c'était trop tard. Il a perdu la vue en deux jours. Il raconte qu'il a demandé à être changé de chambre à l'hôpital de Gaoua, car tous ceux qui étaient atteints de méningite dans sa chambre, mouraient. Il est père de trois enfants. Il fait de l'informatique et a suivi une formation de travailleur social, ce qui est très intéressant pour prendre en compte l'ensemble du développement des enfants. Il est chrétien pratiquant, mais se veut laïque. Il a déjà établi un projet avec la collaboration de Bouba. [caption id="attachment_2977" align="aligncenter" width="600"]Première rencontre Première rencontre[/caption] Dans cette région, la cause principale de cécité était l'onchocercose, autrement dit la cécité des rivières, à cause de la proximité avec le fleuve Poni. Maintenant, grâce aux programmes sanitaires mis en place, cette maladie est presque éradiquée. Les affections visuelles dont les enfants sont atteints, sont aujourd'hui les mêmes que dans le reste du pays: rougeole mal soignées, malnutrition etc. Le projet se base sur la construction de salles de classe, le forage d'un puits et peut-être, sur notre suggestion, sur la construction d'un réfectoire et d'une cuisine. En effet, Yara souhaite que les enfants soient pris en charge par des familles d'accueil midi et soir. Nous sommes de l'avis que ce n'est pas une bonne chose. En effet, les enfants doivent aussi se socialiser entre eux. Il n'y a pas que l'école et la famille qui comptent. Pourquoi des familles d'accueil? Les enfants viennent de toute la province de Poni. Il est vrai qu'à Boulsa, les enfants sont en internat. Le choix de l'externat a non seulement l'avantage de limiter les coûts de fonctionnement, mais aussi celui de conserver les enfants dans la société. Par contre, les enfants perdent toute l'émulation d'être entre eux. Parallèlement à la construction de l'école, Yara prévoit celle d'-une salle de conférence et de chambres d'ôtes pour générer des fonds. La discussion va bon train au sujet de l'organisation de l'école. Le but reste toujours d'assurer les quatre premières années d'enseignement afin que les enfants sachent parfaitement lire et écrire le braille. Ensuite, certains d'entre eux pourraient intégrer l'enseignement ordinaire. Dès lors se pose la question de l'appui à ces enfants aveugles lorsqu'on sait qu'une classe burkinabé compte au mieux cinquante élèves. [caption id="attachment_2978" align="aligncenter" width="450"]L'informatique ne fait de loin pas tout L'informatique ne fait de loin pas tout[/caption] Une structure devra être également mise sur pied pour ceux qui ne pourront intégrer le système ordinaire afin qu'ils poursuivent une scolarité adaptée et qu'ils acquièrent une formation pour ne pas être que des bouches inutiles à nourrir. La question de l'enseignement dans les langues locales reste épineuse. Nous pourrons vous en dire davantage demain ou dimanche, puisque nous avons rendez-vous avec un spécialiste de la question: François Niada, le mari d'une ancienne collègue de ce cher Philippe. Pas de chance! Francine nous fait une cystite. Comme elle a du sang dans les urines, nous nous rendons au centre médical international, puis à la pharmacie de l'aéroport. Sans voiture ici, c'est vraiment difficile. En plus, mon portable burkinabé ne fonctionne pas. Bref pas terrible. Nous avons été mangé une pizza et un filet de bœuf non loin de chez Philippe, à quelques encablures de la pension où nous dormons. Nous avons eu ce qui pourrait être la dernière pluie avant l'harmattan. Il fait bien assez chaud, peut-être 37 ou 38 degrés. [caption id="attachment_2976" align="aligncenter" width="600"]Votre serviteur avec son excellence l'ambassadeur du braille au Burkina Faso Votre serviteur avec son excellence l'ambassadeur du braille au Burkina Faso[/caption] A demain!

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    25 octobre 2012

    Départ de la gare de Lausanne à 08h15 dans la grisaille. Après avoir goûté aux joies des pendulaires debout de Lausanne à Genève cernés par nos valises, nous sommes parvenus sans encombre à l'aéroport. Cette fois, nous sommes moins chargés que d'habitude: une valise et un bagage à main chacun. Un record de retenue. Ce qui est lourd, ce sont trois machines pour écrire le braille destinées à l'Ecole Jean-Marc Meyrat à Boulsa. A par cela, nous amenons un ordinateur portable pour Bouba et quelques cadeaux pour les potes, dont un ballon de foot pour le fils de ce même pasteur Bouba, de son vrai nom, Boubakar Ouedraogo. Nous ne nous sommes pas trop mal débrouillés avec notre pèse-personne, seule une des deux valises dépassait les fatidiques 23 kilos autorisés. Hier soir au menu: carré de veau et endives braisées, le tout précédé d'une délicieuse Petite Avine et accompagné d'un pinot noir neuchâtelois. Audio: Déclaration Francine [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/Déclaration-Francine.mp3"][/audio] Tu parles Charles. Tout ne s'est pas si bien passé que ça. L'assistance à Roissy a été pitoyable. Ils tournent comme des hélices en se rejetant la faute les uns sur les autres. On a glandé pendant une heure. Finalement, je me suis fâché, j'ai un peu gueulé et finalement, nous avons pris la navette comme des grands et, grâce à Francine, nous nous sommes effectivement très bien débrouillés. Cette fois, c'est décidé, je ne solliciterai plus jamais l'assistance à Paris. J'ai dit à une des préposées que j'étais à moitié français et que ce n'était pas la moitié dont j'étais le plus fier. C'est beaucoup plus stressant d'attendre sans information, sans savoir si l'on nous a oublié, que de marcher en suivant les indications. De plus, avec ma canne blanche, nous n'avons pas trop de souci aux différents contrôles. Audio: annonce dans l'avion [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/10/annonce-dans-lavion1.mp3"][/audio] Tout est bien qui finit bien. Nous voilà installés dans l'avion et nous attendons l'apéro. Renseignements pris auprès de Jérôme, le chef de cabine avec lequel nous avons sympathisé, il y a du champagne à bord. Après avoir bu notre verre de champagne au-dessus de Montpelier, nous attaquons la croque au-dessus de la grande bleue. Au menu: En entrée, salade de pâtes au pesto, mimolette. En plat de résistance, boulettes de dinde et de bœuf au jus, purée de carotte, brocoli. Puis, camembert, suivi d'un smoothie fraise-framboise, d'une tartelette feuilletée aux pommes, de café et de thé. Nous ignorions que la gastronomie française recelait des trésors aussi insoupçonnés qu'insoupçonnables. Le pinard, un rouge du pays de l'Aude 2011. Voilà une nouveauté qui aurait certainement fait plaisir à Bondi, d'autant plus qu'il était assez bon. Voilà, nous débutons notre descente sur Ouagadougou. Le vol s'est très bien passé. Il fait 33 degrés à 17h30, heure locale, 19h30 en Suisse. La surprise est maintenant de savoir qui de Bouba, de Samsung, du roi Naré, de sa fille ou d'autres encore, nous accueilleront à l'aéroport. Ce qui est certain, les Fayet chez qui nous avons passé des séjours très sympas à Ouaga, ne seront pas là puisqu'ils sont en poste au Niger depuis août dernier pour la coopération suisse. Espérons que la pension où nous allons demeurer a bien pris note de notre réservation. Si ce n'est pas le cas, on est mal, car le salon international de l'artisanat de Ouagadougou se déroule actuellement dans la ville. Allez trouver une chambre dans des circonstances pareilles? Le fameux Toyota qui nous a amené en 2009 de Lausanne à Ouagadougou roule toujours. Il marque 324'364 kilomètres au compteur. Samsung est au volant. Une petite pizza et dodo. Demain, une dure journée nous attend!

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    Prochain séjour au Burkina Faso

    Bonjour, Nous voilà repartis, Francine et moi, pour de nouvelles aventures au Burkina Faso. Notre prochain départ est fixé au jeudi 25 octobre prochain. Nous profiterons de ce court séjour pour nous rendre non seulement à l'Ecole braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa, mais aussi pour rencontrer le nouveau responsable de la coopération suisse à Ouagadougou et le responsable d'une association laïque active en faveur des aveugles à Gaoua dans le sud-ouest du pays. Il est en effet possible que Gaoua où tout est à faire pour les enfants aveugles, constitue le prochain champ d'action après Boulsa, de l'association a-b-c-d. Nous espérons également pouvoir aller un peu plus avant avec "la canne blanche pour l'Afrique noire" en devenir, la célèbre Burkinette. Nous vous invitons donc à suivre nos pérégrinations au pays des hommes intègres dès le 25 octobre 2012. Outre des textes rédigés par votre serviteur et des photos prises par Francine, je tenterai de vous proposer une carte postale sonore quotidienne grâce au matériel d'enregistrement que j'ai acquis dernièrement. A bientôt! Jean-Marc Meyrat

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    22 et 23 mars 2012

    Nous arrivons au terme de notre voyage. Les résultats de l'analyse de l'eau du puits de l'école Jean-Marc Meyrat sont bons. Rien de suspect n'a été détecté.

    Et la Burkinette? Nous demanderez-vous

    Nous avons réussi à trouver une solution à un problème, et non des moindres, pour trouver sur place l'élastique qui va de la poignée au bout de la canne. Il s'agit d'élastiques découpés à partir de chambres à air de gros véhicules. Les enfants s'en servent pour fabriquer des lance-pierres. La poignée et l'embout ne poseront pas de difficultés particulières. La principale difficulté résidera dans la réalisation des éléments cylindriques qui constituent la canne en elle-même. Il faudra absolument tester la résistance des plaques d'aluminium récupérées dans les cannettes de sodas, lorsque ces plaques seront roulées et collées. Si cette solution ne convient pas, nous devrons, très vraisemblablement, nous rabattre sur de la matière plastique. Là, se posera la question du coût, puisqu'il faudra réaliser un moule et celle des difficultés rencontrées par des personnes aveugles de réaliser ces cannes de façon autonome. Suite au prochain numéro. Nous avons consacré cette dernière matinée à faire quelques achats. Nous avons retrouvé les vendeurs du marché artisanal populaire. Il semble qu'ils soient bien plus durs en affaire qu'auparavant. Cette situation peut être une conséquence de la hausse des prix au Burkina. C'était la cohue. Quatre gars qui vous mettent chacun trois objets dans les mains, comment faire pour se dégager? Dans l'espoir de le diffuser dans l'émission A vous de jouer sur la RTS Espace 2, le samedi matin entre 9 et 10 heures, Bouba m'a aidé à réaliser un petit interview avec le chanteur aveugle, Keyt. [caption id="attachment_2674" align="aligncenter" width="600"]Il est cool ce jeune musicien aveugle Il est cool ce jeune musicien aveugle[/caption] Allez à la rencontre de Keyt et de sa musique en visitant les liens ci-dessous. Audio: Intergview avec keyt [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/03/Intergview-avec-keyt.mp3"][/audio] Audio: Keyt, Mon histoire [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/03/Keyt-Mon-histoire.mp3"][/audio] Nous avons partagé un excellent repas de midi avec Tinou et Philippe. Bien évidemment, on suit ici la situation au Mali avec la plus grande attention. Certains burkinabé disent: "ils ont osé eux". [caption id="attachment_2675" align="aligncenter" width="450"]Dernière photo chez les Fayet Dernière photo chez les Fayet[/caption] A 15 heures, je suis retourné donner des rudiments d'Internet à mes 6 étudiants qui sont très assidus. Malheureusement, nous n'avions qu'une connexion de très mauvaise qualité, si bien que nous avons dû nous résoudre à faire des exercices un peu théoriques. L'équipe m'a fait la demande d'équiper le surveillant d'étude qui soutient les aveugles à l'université, d'un scanner avec un programme de reconnaissance de caractères. Cela sera fait au plus vite. A 17 heures, nous nous retrouvons tous pour les adieux sur la terrasse du jardin du SIAO. Samsung nous a donné des oignons, avec lesquels Francine peut réaliser les meilleures tartes d'Europe occidentale et de l'ouest africain. [caption id="attachment_2662" align="aligncenter" width="600"]Dernières Brakinas et sucreries au jardin du SIAO Dernières Brakinas et sucreries au jardin du SIAO[/caption] Le frère Etienne a débarqué de Boulsa pour nous saluer. Il nous couvre de cadeaux que nous ne pouvons pas prendre, faute de place dans nos bagages. Il faudra prévoir de la place pour notre retour en Suisse en octobre prochain. Attention, ils sont devenus excessivement strictes pour le poids et la dimension des bagages.

    Excellente nouvelle!

    Fati Bovey, la collaboratrice de la coopération suisse, se rendra avec une collègue à Boulsa, le 29 mars prochain, pour aider Etienne à mettre au point sa comptabilité. Je vous livre en pâture le dernier gag de Bondex avant que nous amorcions notre descente sur Paris. A la verticale de Toulouse, il me dit: "Eh! Meyrat, on est en dessus de Toulouse, ouvre la fenêtre et saute". Voici encore un exemple qui illustre, si besoin est, sa légendaire finesse et son sens de l'humour inégalé. A Paris, l'assistance que nous avions demandée, n'a pas fonctionné. Autant se débrouiller par ses propres moyens. Nous avons bien évidemment manqué notre correspondance et nous tirons des bières en attendant le prochain avion, trois heures plus tard. On essaie d'imiter le rire de Philippe Fayet, ce qui nous fait inévitablement passés pour des pochards, qui rient grassement, la bière en main, à 8 heures du matin.

    Conclusion

    Tirer un bilan de ce séjour au Burkina Faso est, pour l'instant, un peu difficile. Il faut que nous nous repenchions sur tout ça, la tête reposée et le calme revenu. Ce bilan, vous en prendrez connaissance dans le troisième bulletin que nous allons prochainement adresser aux parrains des enfants de l'école de Boulsa. Ce document sera également disponible sur le site de l'association a-b-c-d: www.a-b-c-d.net. Dans tous les cas, les choses avancent, les enfants sont en meilleure santé, ils sont mieux nourris, la formation est enfin considérée comme un élément déterminant, les premiers livres scolaires en braille sont arrivés. Bien sûr, la tâche reste immense. Mais nous devons continuer, car ces enfants qui forcent notre respect, méritent qu'on les soutienne pour qu'ils puissent avoir une vie meilleure.

    Que dire de Bondi?

    Michel est très prévenant, parfois au-delà de ce qu'il devrait faire. Je me garde bien de le lui faire remarquer, car j'ai mes aises. Il est drôle, il est infiniment respectueux des gens tout en restant ferme, il s'intéresse à tout, il est curieux de tout et il s'adapte à tout. En résumé, c'est un magnifique compagnon de voyage avec lequel il fait bon vivre et entreprendre. Merci Bondex! Quant à vous, chères lectrices et chers lecteurs, nous vous remercions d'avoir suivi nos aventures et surtout, d'être sensibles au destin de ces petits loulous aveugles qui ne demandent qu'à découvrir le monde. Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat

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    21 mars 2012

    Nous voilà repartis! Nous sommes allés prospecter un logement pour la lionne blanche pour son séjour prévu en octobre prochain. Tout est en ordre. La chambre est très propre avec wifi, climatisation et douche. Petit déjeuner compris, 21000 francs CFA pour les deux et par jour, environ 40 de nos francs. [caption id="attachment_2652" align="aligncenter" width="600"]Un futur nid d'amour à Ouagadougou Un futur nid d'amour à Ouagadougou[/caption] Nous avons également rendu visite à Martin, le célèbre marchand de poules. Handicapé des jambes, il se meut dans le trafic de Ouaga sur une espèce de tricycle qu'il fait avancer à la force des bras. Il doit avoir des muscles impressionnants puisque son trajet de son domicile à son lieu de travail au bord d'une grande artère, dure une heure et demie. Nous lui avons passé commande pour octobre de tout un poulailler pour faire des cadeaux de Noël ou pour vendre ces objets au profit de l'association a-b-c-d. Je suis content, car on en a trouvé une toute grosse. Je ne pense pas qu'elle sera vendue. La lionne blanche voudra certainement la garder au chaud dans le chalet à Trogne. [caption id="attachment_2653" align="aligncenter" width="600"]Soyez le bienvenu Michel Bondi! Soyez le bienvenu Michel Bondi![/caption] Après une visite très émouvante à l'école Siloé, dans le fief du roi Naré, nous faisons un petit saut chez Abraham, le responsable aveugle d'un centre d'alphabétisation pour aveugles adultes. Je vais lui donner mon téléphone portable qui parle. C'est un gars que Bouba admire beaucoup et qu'il a très à cœur d'aider. J'ai été béni au moins cent fois ce matin. Dans ce centre, il y a le frère de Samsung. Il a perdu la vue lors d'un séjour en Côte Ivoire. Il ne lui ressemble pas du tout. [caption id="attachment_2645" align="aligncenter" width="600"]Samsung et son frangin, les yeux, dans la famille: pas terrible Samsung et son frangin, les yeux, dans la famille: pas terrible[/caption] Michel et Bouba sont en train d'examiner les plans d'une éventuelle Burkinette. L'élastique pourrait être fait à partir des chambres à air que les enfants utilisent pour confectionner des lance-pierres. Le bout de la canne devrait être réalisé en bois pour éviter un moule ou, au pire, en plastique. Les élément cylindriques pourraient être faits à partir des cannettes ou, éventuellement, en bambou. La poignée sera en bois recouvert de chambre à air. Comme à son habitude, Agnès, la femme de Bouba, nous a confectionné un excellent repas. [caption id="attachment_2641" align="aligncenter" width="450"]Israël dort dans les bras de son papa Bouba Israël dort dans les bras de son papa Bouba[/caption] La formation dispensée aux étudiants s'est bien déroulée. Pendant que Bouba continue de configurer des ordinateurs, j'ai pu m'occuper des débutants. Je vais repasser demain pour aborder avec eux internet. [caption id="attachment_2648" align="aligncenter" width="600"]La saison des pluies n'a pas apporté ce qu'elle aurait dû La saison des pluies n'a pas apporté ce qu'elle aurait dû[/caption] Pendant ce temps, Bondex s'est rendu chez Samsung pour se rendre compte de l'état de l'exploitation agricole de notre chauffeur. [caption id="attachment_2649" align="aligncenter" width="600"]Une petite troupe chez Samsung Une petite troupe chez Samsung[/caption] Très agréable la soirée passée chez les Fayet avec marie-Luce et François. Marie-Luce est une collègue de Philippe chargée des programmes d'alphabétisation et son mari burkinabé, François, est enseignant. La discussion a roulé sur l'enseignement formel et non formel. Le problème est complexe, car d'un côté, l'état tente de se départir d'un enseignement formel directement hérité du système scolaire de l'ancienne puissance coloniale et un enseignement non formel, qui prend en compte, non seulement la langue vernaculaire, mais aussi et surtout, la réalité sociale de la population. A Boulsa, nous sommes directement concernés par cette question fondamentale. Nous devrons absolument approfondir cette question lors de notre prochain séjour. L'état est mal pris dans cette histoire. Le ministère souhaiterait promouvoir l'enseignement non formel pour s'indépendantiser de la France et se rapprocher des burkinabé, mais tous les grands programmes d'alphabétisation sont soutenus financièrement par les grands organismes tels que la Banque mondiale, où ce sont des Français qui donnent le ton pour l'Afrique de l'ouest. Comme vous l'avez certainement constaté, mon nom est à la une de l'actualité. Je me réjouis de voir la tête des policiers lors de notre départ fixé à ce soir jeudi 22 mars. Aujourd'hui, encore quelques achats, une entrevue avec un musicien aveug;e et une dernière séance de formation informatique avec mes 6 jeunes. A demain pour un premier bilan de ce voyage Michel et Mohamed, pardon Jean-Marc

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    20 mars 2012

    Elle est vraiment magnifique cette Fati Bovey, quelle femme! Collaboratrice de la coopération suisse depuis 5 ans, elle est mariée à un suisse, elle est la maman de deux garçons qui vivent au Burkina. Son mari lui, fait du commerce équitable en exportant vers l'Europe des produits bios. Nous avons bien rigolé. Il faut dire qu'avec Philippe, elle est à bonne école. Elle a compris Michel Bandit au lieu de Michel Bondi, pour le caissier de l'association a-b-c-d, c'est pas mal trouvé, qu'en pensez-vous? Nous avons pu lui parler sans détour en n'omettant aucun élément constatés sur place. [caption id="attachment_2631" align="aligncenter" width="600"]A la coopération suisse, on ne craint pas les minarets A la coopération suisse, on ne craint pas les minarets[/caption] L'objet de la visite que vont effectuer les services de la DDC, consistera à mettre au point une comptabilité générale qui tienne compte de toutes les entrées d'argent et de leur ventilation dans les comptes. Ainsi, nous espérons être en mesure d'appréhender exactement la situation financière de l'école de Boulsa et surtout, de pouvoir rendre l'école viable à long terme grâce aux fonds que vont générer les activités annexes telles que le moulin et le poulailler. Ce qui manque à ce cher Etienne, ce ne sont ni la probité, ni le bon sens, mais les outils indispensables pour gérer une telle association. D'ici dix jours, Fati devrait nous communiquer par mail le programme d'intervention prévu. [caption id="attachment_2632" align="aligncenter" width="600"]Chaleur, poussière et soif Chaleur, poussière et soif[/caption] Nous avons configuré avec Bouba trois PC pour la formation qui se déroulera à 15 heures. [caption id="attachment_2633" align="aligncenter" width="450"]Vous voyez à quoi ça mène? Vous voyez à quoi ça mène?[/caption] Bondex est bien silencieux. Il est allé chez le médecin et il entend encore moins qu'avant. Nous espérons tous que les gouttes qui lui ont été administrées auront des effets positifs, car pour l'instant, cela ne semble vraiment pas s'arranger. Par hasard, Michel a rencontré Martin, le marchand de poules, en céramique bien sûr. Nous allons lui passer commande d'objets que nous récupérerons lors de notre prochain séjour avec Francine en octobre. [caption id="attachment_2634" align="aligncenter" width="600"]Les poules seront bientôt disponibles à la boutique a-b-c-d Les poules seront bientôt disponibles à la boutique a-b-c-d[/caption] Nous avons eu très chaud aujourd'hui. D'autant plus dans le carrosse de Monsieur l'ambassadeur du braille au Burkina Faso, lorsqu'il a mis le chauffage en lieu et place de la climatisation. Bon repas chez les Naré. Je ne vous précise plus le menu, histoire de vous faire gagner du temps. Nous avons reçu des habits traditionnels. Je crois que j'en ai suffisamment pour équiper un régiment. [caption id="attachment_2636" align="aligncenter" width="600"]Ils ne comptent pas leur peine Ils ne comptent pas leur peine[/caption] La formation avec les 6 étudiants s'est très bien passée. Il y en a un ou deux qui s'en sortent pas mal du tout. Pour d'autres, c'est plus difficile. C'est pourquoi, je vais m'occuper prioritairement d'eux, alors que Bouba fera des exercices avec les plus avancés. Mais c'est toujours le même problème, ce sont les bases qui manquent cruellement. Il y en a même un qui vient sans PC, mais cela l'intéresse. J'ai envoyé un SMS à Heinz, pour savoir si un ordinateur serait éventuellement encore disponible pour lui. [caption id="attachment_2635" align="aligncenter" width="600"]Ca bosse! Ca bosse![/caption] A 18 heures, nous avons rencontré Françoise Madray-Lesigne, la présidente de l'Union francophone des aveugles. Ils sont en train de monter un projet au Burkina qui pèse 1,5 millions de dollars sur quatre ans. L'objectif: intégrer en classe ordinaire, 1000 aveugles. Cela impliquera l'installation d'une imprimerie braille qui sera basée à l'ABEPAM. Cela pourrait bien causer d'énormes problèmes à Naré qui pourrait bien en être réduit qu'à imprimer des bibles. Mais du projet à la réalisation, il y a bien plus qu'un pas, il y a un monde. Bref, nous verrons bien, mais tout cela me paraît complètement disproportionné pour des gens comme nous qui sommes sur le terrain. Mais que peut faire le gouvernement ici, si la banque mondiale est d'accord d'injecter dans un tel projet des montants si élevés? Allez-y bien évidemment. Et nous, les petites associations, que fait-on? On travaille, on fait des livres, on fait de la formation, on plonge les mains dans le cambouis et nous serons là, sans aucune arrière pensée, pour recoller les pots cassés avec notre bonne volonté, nos compétences et surtout, grâce à votre soutien à tous. Je ne voudrais pas faire de la morale. Je me demande toutefois, si ces gens sont déjà allés à Boulsa pour se rendre compte de la réalité que vivent ces enfants. Qui seront ces milles? [caption id="attachment_2637" align="aligncenter" width="450"]Le pouvoir en place n'a qu'à bien se tenir! Le pouvoir en place n'a qu'à bien se tenir![/caption] Philippe et Tinou sont rentrés d'un cocktail à l'ambassade du Japon pour fêter le tsunami. Après quelques verres de rouge et une délicieuse croûte aux champignons préparée par Tinou, je demande la route et vais me coucher. Aujourd'hui, j'ai un peu caracolé, terme local qui signifie galérer. A demain! Le sourd et le lion PS: Michel entend mieux. Les voix du seigneur lui sont à nouveau pénétrables!

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    19 mars 2012

    Hier dimanche, je n'avais pas trop la pèche et j'aspirais au calme. Ainsi, je suis resté chez les Fayet à bouquiner et à écouter la radio, pendant que Michel, Philippe et Tinou allaient pique-niquer au bord d'un lac à 40 KM de Ouagadougou. Il s'agit en fait d'une retenue d'eau qui alimente la capitale. Hier soir, nous allons été mangé au Verdoyant, un restaurant pour blancs de bonne facture. N'ayant pas mangé à midi, je me suis tapé un filet de bœuf gigantesque, sauce béarnaise et pommes-de-terre sautées, excellent. Bonne nouvelle: Bondi entend mieux. Ce n'est pas encore du 18, mais on peut avoir de nouveau une conversation à peu près normale. Ce matin, j'ai relevé mes mails. Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'association Notre Dame de la lumière, dont mon ami Louis Polèze est le président, octroie un soutien de Fr' 1000 à l'école de Boulsa. Soyez remerciés les catholiques! Nous voilà installés dans le carrosse de Bouba, son Excellence l'ambassadeur du braille au Burkina Faso, une magnifique Mercedes noir. Nous allons remettre l'eau du puits de Boulsa pour analyse. PH, alcalinité, fer, fluor, magnésium, nitrites et nitrates, sodium et potassium, sulfates et métaux lourds, autant de termes qui me rappellent mes leçons de biologie lorsque je préparais mon baccalauréat. L'opération se fera en deux temps. Une première analyse sera faite avec l'eau que nous avons apportée de Boulsa dans nos bidons, et au cas où des germes suspects seraient détectés, une seconde sera effectuée sur place dans une bouteille stérilisée. Cette analyse va nous coûter, 80.000 Francs CFA avec peut-être une petite remise. Les affaires furent bonnes au marché du SIAO. Nous avons acheté des objets fabriqués à partir de matériel de récupération et des poupées que nous allons vendre en Suisse pour l'association. Malheureusement, nous n'avons pas trouvé les grandes poupées qui portent leur bébé dans le dos pour Francine. [caption id="attachment_2627" align="aligncenter" width="600"]Formation de six jeunes se préparant à des études universitaires Formation de six jeunes se préparant à des études universitaires[/caption] Mon premier cours d'informatique pour 5 étudiants aveugles commence. Il y a d'énormes différences de niveau. L'avantage, ils ont tous le même ordinateur et plus ou moins les mêmes versions de Windows et d'Office. Le problème, ils n'ont que des versions de démonstration de Jaws, cela signifie que ce logiciel de lecture d'écran s'interrompt après 40 minutes. Bouba est en train d'installer une version pas très catholique de Jaws récupérée chez les Français. Quelle galère! On était vraiment mal organisé. Nous avons passé l'entier de la formation a installé la version craquée. Nous allons tenter de rattraper le retard. Demain, nous avons rendez-vous avec Fati Bovey à la coopération suisse pour mettre en place le soutien à l'école de Boulsa. Ensuite, j'irai installer l'ensemble des PCs avec Bouba, afin que nous puissions véritablement commencer cette formation dans les meilleures conditions possibles. Pendant ce temps, Bondex va aller chez le médecin pour lui montré une de ses oreilles qui le fait encore souffrir. Il fait chaud, très chaud, plus de 40 degrés. De retour chez les Fayet, Tinou a préparé une délicieuse tarte campagnarde. Fatigué et légèrement énervé par le temps perdu pour cette formation, je vais me coucher comme les poules. Au plaisir de vous retrouver nombreux, espérons-le! Bonne journée! Michel et Jean-Marc