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Catégorie: Sur le terrain
Publié le 10 novembre 2013
Cette journée a été ponctuée par une visite au bureau du roi Naré et par un repas chez Agnès et Bouba.
Ce n'est pas sans angoisse que j'ai tenté de permettre à Lucien Naré de lire en braille abrégé sur son afficheur braille. Je n'utilise pas cette fonction et j'ai dû pas mal ramer pour trouver la solution. J'ai malheureusement dû constater que le logiciel pour l'impression braille utilisé chez Naré n'est pas le même que celui auquel nous recourons en Suisse. Il va falloir que Heinz mette la main à la poche... s'il veut que le bureau du roi Naré devienne un véritable centre d'impression. Une très opportune panne de courant m'a sauvé de questions auxquelles je n'aurais vraisemblablement pas pu répondre mais m'a permis de boire une salvatrice Brakina bien fraîche. En effet, la température avoisine les 40 degrés.
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Le fermier dans son champ ohé ohé au bord de l'eau...[/caption]
Pendant ce temps, Bondi est allé visiter le champ de samsung.
Chez Bouba, le père Bondi s'est mué en père noël pour distribuer les cadeaux aux enfants, à Bouba, Agnès et à Awa, une jeune fille malvoyante qui vit chez eux.
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Samsung le pasteur puisatier[/caption]
Agnès et ses deux enfants[/caption]
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Samsung s'exerce au métier de grand-père[/caption]
Le soir, il y avait une fête à la pension Yiri Suma dans le cadre du carrefour des arts plastiques à Ouagadougou.
Comme nous n'avons pas l'intention de faire grand chose aujourd'hui dimanche 10 novembre, jour du seigneur, Bondex vous proposera une galerie de photos qui vous permettra de découvrir les magnifiques photos et objets qui peuplent cet espace aussi artistique que convivial.
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L'ombre de Bondi plane sur les champs de Samsung[/caption]
Bon dimanche à tous et bonne reprise!
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 9 novembre 2013
Il est cinq heures Ouaga s'éveille. La nuit a été bonne mais courte. Assis sur la terrasse de la pension Yiri Suma à Ouagadougou, je vais vous relater les événements d'hier. Ce matin, cela me gratte, j'ai dû me faire bouffer par les moustiques sur la terrasse de la pizzeria Terra Nostra où nous avons passé un moment de franche rigolade avec Bondi. La matinée d'hier a été consacrée à une séance avec le nouveau directeur Isaac, Etienne, Bondi et moi et à la visite des cinq classes de l'Ecole Jean-Marc Meyrat. La séance s'est très bien déroulée. La prise en compte de l'hygiène est un travail de longue haleine. Cependant, nous avons eu le sentiment qu'Isaac était attentif à ce qui constitue une priorité absolue pour l'association a-b-c-d. Isaac propose de mettre en place un tournus hebdomadaire où les membres du personnel enseignant seront chargés de la surveillance et de la sensibilisation des enfants durant les pauses de midi. Je crois qu'Isaac a compris nos préoccupations. selon nous, l'hygiène est peut-être encore plus importante pour ces petits loulous aveugles que pour les autres enfants car s'ils sont négligés, ils seront d'autant plus exclus du corps social. Le principe de l'échange mensuel d'informations est plébiscité par tous. Un simple mail suffit afin que nous puissions anticiper. Je vous donne un simple exemple: la fameuse imprimante braille est bloquée à la douane à Ouagadougou en attendant le versement d'une somme importante. Si nous avions été au courant de cette acquisition, nous aurions pu dire à Etienne d'adresser le matériel à Lucien Naré qui lui, est exonéré des taxes douanières.
Le tableau du roi Naré à l'honneur[/caption]
Nous avons été très agréablement surpris par la qualité de l'enseignement et par le soin porté au matériel qu'a-b-c-d a mis à la disposition de l'école. Le livre Lire au Burkina première année qu'a également tapé Christine est très utilisé. Les enfants en étaient à la lettre Z, signe qu'ils n'ont pas pu faire tout le programme 2012. Les petites réglettes avec les chevilles pour composer les lettres braille sont en bon état et très utilisées.
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Le livre Lire au Burkina première année en parfaite conservation[/caption]
Chaque classe a maintenant un petit bidon avec un robinet pour que les enfants puissent boire.
Nous avons demandé la route après un excellent repas préparé par Jacqueline en présence de tous les enseignants.
J'ai acheté une dizaine de filoches que Heinz me rapportera en décembre. Je vais les remettre à Leo, le beau-fils de Francine et papa de la petite Louloune, qui pourra les vendre sur son marché. Il ne s'agit pas de faire de l'argent pour l'association mais plutôt de sensibiliser le public sur l'activité d'a-b-c-d et de trouver un débouché pour les tissages réalisés par Casimir et sa troupe.
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Chaque classe a son bidon d'eau[/caption]
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Repas d'adieu avec les enseignants[/caption]
Le retour à Ouaga a été pénible. Il faisait épouvantablement chaud et l'état de la route était absolument déplorable. Juste le temps de prendre une douche, nous avons rejoint une dizaine d'étudiants aveugles et malvoyants qui nous ont fait part de leur besoin. Ils sont vraiment courageux d'étudier pour ainsi dire sans appui. Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour leur venir en aide.
N'oubliez pas de consulter à nouveau le blog des jours précédant car la qualité de la connexion ne nous a pas toujours permis de mettre toutes les photos.
Bon week-end
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 8 novembre 2013
Six heures du matin. Malgré la chaleur, nous n'avons pas mal dormi. Avec une grande joie, je retrouve ma petite cour où j'entends caqueter poules et pintades et les gens vaquer à leurs occupations. Tiens, un cochon grogne tout près de moi. De tous côtés s'élève 'appel du coq. Là-bas, c'est un âne qui brait à fendre l'âme du plus endurci. Je devine la présence d'un enfant derrière le mince grillage qui me sépare de la cour. Il me regarde taper sur mon ordinateur. Il fait frais. Une bonne odeur de fumée emplit la cour. Voilà un cadre bien propice à la réflexion.
Remise du livre tapé par Christine[/caption]
Ensuite, nous avons remis aux enfants et à quelques adultes présents les lunettes de soleil offertes par l'entreprise Serjo à Delémont.
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Réunion de stars à Boulsa[/caption]
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Wendémi dit bonjour à Francine[/caption]
Moi mes souliers ont beaucoup voyagé[/caption]
Le maïs, avant et après[/caption]
Meunier tu dors[/caption]
Bonne journée à toutes et à tous
La Patrie ou la mort nous vaincrons!
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 6 novembre 2013
Après avoir dignement fêté l'arrivée de la valise et les viennoiseries du matin, nous nous mettons en route. Première halte chez Lucien Naré pour la bénédiction du bus par sa femme Rosalie. Cela donne l'occasion à Michel Gilbert de persiffler. Je n'ai que faire de ses moqueries car j'ai promis à ma femme Francine, la lionne blanche, de respecter ce rituel devenu immuable à l'occasion de tous nos déplacements au pays des hommes intègres.
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Avec Rosalie, ça marche toujours[/caption]
Les grands axes routiers du Burkina, non à la vignette autorourière à 100 bals[/caption]
La N15, telle est la pompeuse dénomination de notre piste, est particulièrement mauvaise cette année. De temps à autre, j'entends un" de dieu de dieu" proféré par Bondi depuis l'arrière du bus au passage d'un tronçon de la roue particulièrement dégradé. Pendant ce temps, Bouba dort paisiblement. Je vous déconseille fortement de fumer la pipe dans de telles conditions au risque de se faire sauter trois dents. En tout cas, on ne voit pas comment la petite ville de Boulsa pourrait se développer avec des routes d'accès dans un état pareil. Bravo à Samsung qui est vraiment le meilleur chauffeur de tout l'ouest africain.
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Ne figure pas dans le bulletin du TCS[/caption]
Il fait chaud et on boit la poussière. La température de l'eau de mon bidon doit avoisiner les 40 degrés. Vivement la douche et une bonne bière. Nous sommes arrivés à l'Ecole Jean-Marc Meyrat.
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Superbe accueil des enfants[/caption]
Le fût en ciment au sortir des latrines est construit. Bien qu'il ne soit pas encore sec, la première Brakina sera bue pour fêter l'événement.
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Le nouveau fût est arrivé[/caption]
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 5 novembre 2013
La nuit s'est avérée moins bonne que la précédente. Je me suis endormi très tard avec Blaise Cendrars qui me contait ses tribulations à Marseille. Selon Bondi, j'ai pas mal scié bois vers le matin. Hier soir, nous ne sommes pas parvenus à insérer les photos du jour dans le blog. Nous allons examiner ça avec Bouba. Tout semble rentrer dans l'ordre. Hier soir, nous n'avons peut-être pas été suffisamment patients avec la connexion. Nous avons été recharger la clé WIFI que nous allons utiliser à Boulsa et à Gaoua. LÀ, la patience ne devra pas nous manquer. Il fait encore un peu frais sur notre petite terrasse. Je tire sur ma pipe pendant que Michel fait ses comptes et fourbit ses armes en prévision de l'entrevue avec Etienne. A 10 heures, nous allons "aux poules" avec Bouba. Il s'agit de confirmer notre commande et, surtout, de négocier les prix. Martin et Marcel n'ont qu'à bien se tenir car Bouba excelle dans cet exercice. Ils sont dures en affaire nos deux braves. Nous avons acheté pour 100.000 francs CFA une trentaine de gallinacés, de quoi peupler toute une basse-cour. Nous avons été ce jour pour passer commande d'objets en matériel de récupération, de quoi peupler une ménagerie cette fois. En attendant l'arrivée très attendue de ma valise, j'ai emprunté des chaussettes et des slips à Bondi. A la guerre comme à la guerre. Quoiqu'il arrive, nous partons pour Boulsa demain mercredi 6 novembre.
L'homme à la valise perdue[/caption]
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Un marché tout en couleur[/caption]
Avant d'aller à l'aéroport, nous sommes passés au marché pour acheter du piment pour Anne Pillet, la responsable de la bibliothèque braille de Genève. Le simple fait de l'avoir goûté au bout doigt a donné un bon coup de fouet à Bondi. Attention à ne pas se frotter les yeux après.
La nuit tombe sur Ouaga et la valise est retrouvée. Je sens qu'on va fêter ça!
Nous fêtâmes. Qu'avons-nous mangé, devinez? un Wienner schnitzel mit pomme-frites, in Berndütsch, ei schnipo, et quelques schnapsch comme dit la charmante Elisabeth qui nous a servi.
Vive l'amitié complice!
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 4 novembre 2013
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Exposition à Yiri Suma[/caption]
Grâce à la climatisation et à quelques verres de pinot noir, nous avons passé une bonne nuit. Bondi possède d'excellentes gouttes pour dormir. J'ai dû ponctionner une brosse à dents dans le stock à remettre aux enfants de Boulsa. Je n'ai ni T-shirts, ni slips, ni chaussettes de rechange. Il va falloir que Bondi partage. J'attends avec une certaine appréhension l'arrivée de l'avion d'Air-France de 18 heures, Inch allah!
Ce matin, nous avons tenu un véritable conseil de guerre avec Bouba pour examiner dans les détails la situation qui prévaut à Boulsa. Les relations entre Etienne, l'administrateur général de l'association dont dépend l'Ecole Jean-Marc Meyrat, et Bouba, le coordinateur de l'alphabétisation des enfants aveugles au Burkina Faso, ne sont pas des meilleures. Etienne a toujours voulu être indépendant et défend jalousement ses prérogatives en se réfugiant derrière le sacrosaint bien des enfants. Cependant, il y a des procédures qu'il doit impérativement respecter, ne serait-ce que vis-à-vis des gens qui soutiennent l'école à travers notre association. Nous sommes convaincus de son honnêteté mais est-il suffisamment armé pour mener à bien une tâche si lourde ? Malheureusement, il refuse toute aide extérieure.
Après deux heures de réunion, nous avons mis au point une stratégie en trois parties: Une première partie technique assurée par Michel concernant l'examen des comptes 2012 et le budget 2013, une seconde qui servira de cadre à une rencontre avec le conseil d'administration de l'association où Bouba expliquera son rôle et celui de la Mission évangélique braille, ainsi que le fonctionnement de la coordination dont fait partie l'association de Boulsa, une troisième partie plus difficile où je vais exposer au frère Etienne les exigences d'a-b-c-d.
Histoire de se dépayser, nous avons été mangé américain dans un club situé non loin de la maison où demeuraient nos amis Anne-Christine et Philippe Fayet. J'ai mon numéro local de portable: 00226 649 88 208
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Martin pose devant ses poules[/caption]
Poules et pintades à ramener en Suisse[/caption]
La valise n'est pas arrivée. Elle sera là demain, mardi 5 novembre. Nous allons donc décaler notre départ pour Boulsa. Malheureusement, notre chambre n'est pas libre demain soir. Lucien, le propriétaire de la pension Yiri Suma, nous a trouvé une chambre au restaurent de Vienne. Espérons que Bondi ne se prenne pas pour Sisi, déjà que nous partageons presque tout.
Le repas de ce soir va nous rappeler le voyage en bus Toyota de Lausanne à Ouaga en 2009: viande séchée, saucisson, La vache qui rit, pain et Brakina, une des bières locales.
A votre bonne santé!
A demain si vous le voulez bien!
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 4 novembre 2013
La traversée s'est très bien déroulée: avions à l'heure, nourriture bonne, attentes à Genève et Paris en rigolant avec Bondi qui tient la forme. A chacun de nos voyages, nous hésitons à recourir aux services de l'assistance à Paris. En effet, la plupart du temps cela ne fonctionne pas. Cette fois, nous n'avons rien demandé et malgré cela, elle était là et cela n'a jamais aussi bien marché.
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 1 novembre 2013
Bonjour à toutes et à tous, Du 3 au 17 novembre 2013, Michel Bondi et votre serviteur sont au Burkina Faso. A l'occasion de ce séjour, nous nous rendrons à Boulsa dans le centre-nord du pays où se trouve cette chère Ecole Jean-Marc Meyrat ainsi qu'à Gaoua dans le sud, où l'association a-b-c-d projette la création d'une nouvelle école pour enfants aveugles et malvoyants. Tout au long de ces 14 jours à venir, nous tenterons de partager avec vous notre quotidien et de relater les aventures qui ne manqueront pas d'émailler notre séjour. D'ores et déjà, nous nous réjouissons de lire vos commentaires. Jean-Marc Meyrat et Michel Bondi
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 1 novembre 2012
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Le jardin insolite dans la cour de Boulsa[/caption]
Voilà, le jour se lève sur la cour du frère Etienne. Les coqs se donnent à fond et l'âne brait toujours aussi tristement. Il est six heures, les femmes et les enfants vaquent déjà à leurs occupations.
J'ai le sentiment que nous avons fait du bon travail. Maintenant, il va s'agir de mettre en œuvre tout ce que nous avons suggéré et décidé.
Je dois reconnaître que Francine m'en a mis plein la vue. Je ne doutais absolument pas de ces compétences sociales et pédagogiques, mais je ne la voyais pas aussi à l'aise en comptabilité. En ce dernier matin à Boulsa cette année, je mesure, comme à chaque fois, la chance que j'ai de pouvoir compter sur l'appui de Francine et des membres de notre comité, Heinz et Bondi.
Maintenant, il faut trouver un stratagème afin qu'Etienne accepte que nous participions aux frais de pension, ce n''est pas gagné. En fait, c'est perdu. Etienne refuse catégoriquement. L'unique subterfuge que nous avons trouvé, c'est de donner un montant à Mathieu, le directeur de l'école, pour que les cuisinières apprêtent un ou plusieurs repas de fête pour les petits loulous aveugles.
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Les deux formateurs[/caption]
Nous assistons à la formation sur l'hygiène et l'assainissement. Le programme est simple, vivant et bien adapté aux participants. Il s'agit d'une approche associant théorie et travaux pratiques. Le tout est informatisé. Comme il s'agit des membres du personnel qui ne sont pas enseignants, la formation est donnée en mauré. Casimir et Daniel, les deux formateurs aveugles en tissage, prennent des notes en langue mauré avec la tablette et le poinçon.
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Casimir et Daniel, les deux participants aveugles[/caption]
Selon l'infirmier, juste en se lavant consciencieusement les mains, on peut éviter 40 % des maladies. La fièvre typhoïde par exemple, c'est la maladie des mains sales. Dans certaines communautés, celui qui se lave les mains est considéré comme un nassara, un blanc. Les enfants ont donc un conflit de loyauté avec leur communauté lorsqu'ils rentrent de l'école. Il faut répéter sans se lasser. A l'époque de la révolution, les enseignants du Burkina Faso répétaient tous les matins: "L'apartheid est un crime contre l'humanité". Maintenant il faudrait dire chaque jour aux enfants: "Il faut se laver les mains plusieurs fois par jour".
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Formateurs et partcipants[/caption]
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Mathieu tient le cadeau de mama dans les mains[/caption]
Avant le départ, une petite cérémonie d'adieu a été organisée à notre intention. A cette occasion, Francine a reçu une magnifique tenture. Au milieu des bouteilles de coca, de fanta et autre malta, trônait une bouteille de Brakina, la bière locale. Devinez à qui elle était destinée.
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Francine et Jean-Marc Meyrat déplient leur cadeau[/caption]
C'est très satisfaits de notre séjour que nous avons demandé la route et quitté Boulsa escortés par la moto d'Etienne jusqu'à la sortie de la ville.
Nous aurions dû rencontrer Guy Yamemeogo, le président de l'Association burkinabé pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABEPAM), à 16 heures. Il avait oublié que se déroulait le Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO) et que, de ce fait, lui et ses collaborateurs faisaient un horaire continu. Ils ne font vraiment pas beaucoup d'efforts.
Nous sommes rendus à Ouagadougou. Après une petite douche tout à fait salutaire, nous nous rendons chez Samsung, car l'état de sa main lui interdit de conduire. C'est vraiment chaotique pour se rendre chez le pasteur cultivateur. On vient de mailler une pièce au bus. Salif a sorti la caisse à outils qui a fait le Paris Dakar. Avant la piste entre la frontière marocaine et mauritanienne, c'est le pire qu'il ait connu. Dans ce coin, il vaut mieux venir à vélo ou à moto. Pauvre Toyote!
Il fait une chaleur d'enfer ce soir. C'est peut-être également le piment d'Agnès qui fait son effet et la bière ne fait qu'empirer les choses. Nous allons aller faire un petit tour au SIAO et après, dodo. Nous sommes crevés.
Nous arrivons à la fin de ce séjour au pays des hommes intègres et, par conséquent, à la fin de cette chronique. Tout a été vraiment parfait. Nous aurons encore plein de choses à vous raconter. Nous repartons ce soir à 21 heures. Un voyage sans histoire, si ce n'est la gigantesque girafe de Francine en matériel de récupération, qui n'a pas passé le contrôle de sécurité. Mais tout est bien qui finit bien. Elle trônera bientôt dans notre salon à Trogne.
Nous vous remercions d'avoir suivi ce blog et nous réjouissons, d'ores et déjà, de revenir au burkina Faso et de vous faire partager le destin de l'Ecole Jean-Marc Meyrat à boulsa..
Jean-Marc et Francine
Catégorie: Sur le terrain
Publié le 31 octobre 2012
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Une enseignante, Balkissa, enseigne avec son bébé[/caption]
Me voilà à nouveau dans la cour. J'écoute l'activité qui s'éveille. Quelques coqs chantent de-ci de-là. Au loin un âne brait. Jacqueline, la femme d'Etienne, vient me souhaiter le bonjour. Elle m'appelle papa, c'est joli, non? J'en entends déjà ricaner. Rassurez-vous, elle dit maman à Francine.
La qualité de l'eau du puits de Boulsa demeure au cœur de nos préoccupations. A l'occasion de notre dernier voyage en mars dernier avec Bondi, nous avions rapporté à Ouaga une bouteille d'eau tirée du puits pour analyse. Après un premier examen superficiel, il s'est avéré que l'eau était de bonne qualité. Cependant, nous avons souhaité une analyse plus complète. Pour ce faire, nous avons laissé de l'argent à Bouba, afin qu'il puisse entreprendre les démarches nécessaires. Malheureusement, il n'a pas pu avoir un rendez-vous avec le préposé du laboratoire. Il a d'emblée flairé la magouille. Il a très vite eu le sentiment que le gars avait l'intention de faire le boulot à gauche. Prudemment, Bouba a stoppé toutes les démarches. Compte tenu de la situation, j'ai proposé à Bouba qu'il garde l'argent, qu'il se renseigne pour trouver un autre laboratoire et qu'il prélève à nouveau de l'eau à Boulsa, dans un récipient fourni par le laboratoire cette fois.
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De l'école au boulot[/caption]
Nous avons visité les deux moulins. Ces installations ont été financées par la Mission évangélique braille et la Fédération suisse des aveugles et malvoyants. L'un se trouve à côté de l'école, l'autre à deux kilomètres environ, ce qui pour Etienne, ne représente pas un problème d'accessibilité pour les personnes aveugles. Preuve en est, Casimir, l'enseignant aveugle en tissage, s'y rend seul.
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Le moulin et le moteur à gazoil[/caption]
Moyennant une formation appropriée, cette activité est à la portée des personnes aveugles. Il va bien sûr s'agir d'adapter un peu les installations en apposant certaines protections près des courroies.
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Les tonneaux pour l'eau de refroidissement et l'échappement pour le gazzoil[/caption]
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Le mécanicien des moulins[/caption]
Il s'agit de deux moulins multifonctionnels pour moudre les différentes céréales, pour broyer les noix de karité et pour décortiquer l'arachide par exemple. Ces moulins qui sont alimentés au fuel, fourniront de l'électricité aux maisons environnantes. Chaque moulin brûlera environ sept litres de fuel par jour. La distribution de courant aux voisins moyennant paiement, devrait être proposée le soir, après le travail journalier. Une plaque mentionnant les bailleurs de fonds sera apposée sur chaque moulin. Il s'agit-là de la première activité génératrice de fonds de l'école de Boulsa.
Les comptes
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L'heure est grave![/caption]
Etienne a chaussé ses lunettes, ça va bouillir. La présentation des comptes nous laisse perplexes. Etienne a dépensé tout ce qu'il a reçu. La secrétaire est un peu dépassée. Elle manque non seulement d'outil, mais surtout de formation. Nous avons quelques explications à donner au caissier Bondi. Je crains qu'il saute en l'air. L'idéal serait que la secrétaire puisse suivre une formation et que la DDC puisse assurer un suivi. Malheureusement, nous avons le sentiment que la secrétaire si pleine de bonne volonté soit-elle, n'ait pas les bases suffisantes. En tout état de cause, cela prouve, encore une fois si besoin est, qu'Etienne n'est actuellement pas en mesure d'accroître son activité.
Francine et moi avons demandé à Etienne d'établir les comptes en fonction de l'année civile et non de l'année scolaire. A l'occasion de sa dernière séance, le comité d'a-b-c-d nous avait demandé de proposer à Etienne une économie d'un million de francs CFA pour tenir compte des entrées réalisées grâce à l'activité des moulins. Compte tenu qu'ils ne sont pas encore tout à fait en fonction, nous avons décidé de repousser le budget 2013 final en mars 2013, afin qu'Etienne ait des indications concernant le rendement des moulins.
Il existe à Boulsa un organisme, Domaine, qui a déjà proposé ses services pour conseiller l'association en matière de comptabilité. Le prix, 25.000 francs CFA a contraint Etienne à renoncer à cette offre. Notre comité examinera cette question en toute urgence si nous voulons prendre connaissance de la clôture de l'exercice 2012 dans de bonnes conditions
Etienne nous communiquera, dans les jours qui viennent, qu'est-ce que Domaine offre précisément pour ces 25.000 francs mensuels, 50 francs suisses, et quelle solution informatique est adaptée à la comptabilité d'Etienne.
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Francine explique l'importance de l'hygiène dans la classe des grands[/caption]
Francine est passée au devant de tous les élèves pour leur expliquer les gestes de la santé qu'ils devaient faire quotidiennement. Devant les tout petits, Bouba a traduit en Mauré, car ils ne comprennent bien évidemment pas le français, même si leurs leçons sont données dans la langue de Voltaire.
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On aurait pu entendre voler une mouche[/caption]
Par la suite, Mathieu a préparé avec les élèves une petite cérémonie très touchante en souvenir de Christine, la sœur de Francine qui a transcrit les livres scolaires en braille et de Gérard, le frère de Bondex, un fidèle donateur. J'ai vraiment eu du mal à retenir mes larmes.
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Hommage à Christine et Gérard[/caption]
Francine va aller prendre le balai pour montrer comment on fait, comment on récure. Ce matin, l'odeur était telle, qu'elle a dû respirer par la bouche. Elle a dit à Mathieu que d'être propre, de se laver les mains, de se brosser les dents, d'aller aux toilettes avec des chaussures, devaient être répétés chaque jour au même titre que les chants ou la prière. Elle a insisté sur le fait que de nettoyer les latrines à la javel limitait les odeurs. On ne peut pas demander aux enfants d'être propres si l'odeur des toilettes est intenable. Francine a proscrit le balai traditionnel au profit de la brosse à récurer et l'OMO qui rend le sol glissant.
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La discipline prônée par Francine donne ses premiers effets[/caption]
En résumé, être limité dans le temps nous contraint à concentrer notre boulot. Nous pouvons, je crois, être satisfaits de notre séjour à Boulsa qui s'achève demain.
Demain, nous assisterons au début du deuxième module de formation réservé aux cuisinières. Je vais également, sans espoir, m'occuper de l'imprimante braille.
Ce soir, c'est moi qui ai dit la prière. Les amateurs apprécieront.
A demain!