Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

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    4 avril 2015

    Bonjour,

    La nuit fut bonne. Nous avons fort bien mangé hier soir à la Terra nostra: avocat pour la lionne blanche, brochettes de filet de bœuf pour Bondi et moi.

    Effets collatéraux

    Hier soir, Bouba nous a glissé dans l'oreille que les conditions d'hébergement et de nourriture de l'internat où les enfants aveugles, provenant du centre Siloé, sont intégrés à Ouagadougou n'étaient pas bonnes. Cette situation préoccupe beaucoup la lionne blanche. En effet, à quoi bon intégrer des enfants handicapés de la vue si leurs conditions de vie sont pires que dans les centres spécialisés? Il est vrai qu'à Boulsa, les enfants intégrés au lycée rejoignent chaque soir le centre. Cependant, cela pose de nombreuses questions que nous allons aborder avec Etienne.

    Projet à Gaoua

    La journée va être chargée. Dès 10 heures, nous commençons notre réunion avec Yara Kambou, président de l'AEMAG (association pour l'émancipation des malvoyants et aveugles de Gaoua), Thérèse Palenfo, membre du bureau de l'AEMAG, et Silver Nykièma, l'architecte. Le projet qu'a-b-c-d se propose de présenter à Valais solidaire consiste à créer à Gaoua, un centre d'hébergement pour les enfants aveugles et malvoyants scolarisés à l'école catholique, un centre pour la formation professionnelle de jeunes aveugles et malvoyants de la région et la mise en place d'une unité d'alphabétisation en écriture braille pour jeunes et adultes. Malgré une chaleur épouvantable, 40 degrés, la séance va bon train. De nombreuses zones d'ombre demeurent. L'inconnue la plus préoccupante réside dans l'avenir des classes inclusives pour enfants aveugles et malvoyants à Gaoua. Le financement de ce projet initié par l'ABPAM (association burkinabè pour l'émancipation des aveugles et malvoyants) avec l'église catholique dans 6 régions du Burkina dont Gaoua, s'arrête à la fin de cette année 2015. Le projet de construction d'un centre avec Yara dépend étroitement de l'hébergement de ces enfants pour lesquels il devient de plus en plus difficile de trouver des familles d'accueil, faute de financement. De toutes les façons, tout sera mis en œuvre afin que ces enfants au nombre de 7 pour le moment, ne soient pas laissés sur le bord du chemin. Cette préoccupation illustre parfaitement la situation qui règne au Burkina. On voit éclore une kyrielle de petits projets, souvent mal ficelés, qui tentent de pallier les insuffisances de l'Etat. Et la situation ne s'est pas arrangée depuis le départ de Blaise. Nous sommes globalement contents des plans qui nous sont présentés. Le montant des travaux se monte à 30 millions de francs CFA, soit 50.000 de nos francs forts. Il faut encore revoir ce montant à la baisse pour tenir compte de quelques oublis de nos amis de Gaoua comme le mobilier et la formation des futurs formateurs. L'une des multiples questions qui reste en suspens, c'est la participation financière de l'association présidée par Yara. A l'instar du centre de Boulsa, nous leur proposons de participer, dans la mesure de leurs possibilités, au coût de l'ameublement. Ce projet comprend: deux dortoirs abritant jusqu'à 32 enfants, une cuisine et ses dépendances, des latrines et des douches, une salle polyvalente, une maisonnette pour un gardien, le forage d'un puits et la pose d'une clôture en haie vive pour délimiter le terrain d'un hectare. Yara et son bureau ont fait du bon boulot, leur architecte plutôt compétent. Mais, c'est tout de même curieux que le devis corresponde à quelques francs près à la somme de l'enveloppe que nous avions évoquée dans une première révision vers le bas des budgets. Mais c'est ainsi... Nous sommes très satisfaits de voir qu'une réflexion approfondie a été menée pour l'installation de latrines auto ventilées. Fermées en alternance tous les 6 mois, ces latrines produiront du compost pour le maraîchage. De plus, ils ont prévu des latrines accessibles pour les personnes en "voiturette". Je ne sais pas combien d'handicapés physiques viendront à Gaoua, mais l'intention est louable et montre une évolution des mentalités. Une part réaliste sera également dévolue à l'énergie solaire qui est loin d'être la panacée, mais peut tout de même être envisagée.

    AGR (Activités génératrices de revenus)

    Le but de notre soutien à Gaoua est l'autonomie de cette structure le plus rapidement possible. Les AGR proposées nous semblent insuffisantes. A côté du maraîchage, du tissage et des recettes générées par l'hébergement et la nourriture des enfants provenant des classes inclusives, il faut impérativement trouver autre chose. L'élevage des porcs qui avait été évoqué lors de notre voyage à Gaoua il y a 2 ans, nous semble constituer un complément intéressant. [caption id="attachment_3957" align="aligncenter" width="600"]Yara Kambou et Jean-Marc Meyrat, les présidents Yara Kambou et Jean-Marc Meyrat, les présidents[/caption] [caption id="attachment_3958" align="aligncenter" width="600"]Thérèse Palenfo et Silver Nykièma, l'architecte. Thérèse Palenfo et Silver Nykièma, l'architecte.[/caption]

    Nouvelles de l'équipe

    Bravo à Francine! Elle a réussi à insérer la photo du gâteau des Bubu les doigts dans le nez dans le blog. Ce matin, Bondex a une voix à faire frémir. Il a contracté une petite grippe en Helvétie dont les effets ont été amplifiés par le voyage. La valise de Francine n'est toujours pas arrivée. Nous attendons encore le vol d'Air-France de dimanche soir avant d'aller acheter ce qui nous manque cruellement comme des pantalons pour Francine et moi. Manquent également à l'appel: nos sacs à viande, les médicaments, le tricot de Francine, ainsi que sa trousse de toilette. Excellent le repas chez Madame Ping, Madame Ping qui vient d'accoucher. Nous avons l'occasion de nous entretenir avec l'heureux papa. On a peine à imaginer le destin de ces familles chinoises poussées par la misère à émigrer. C'est le père de Monsieur Ping qui est venu construire un stade de Football au Niger et qui a ouvert un premier petit restaurant. Dimanche, nous allons rester au calme. Après le petit déjeuner, nous allons revoir toutes nos notes et fouiller dans nos esprits écrasés de chaleur pour rédiger un texte final que Yara et nous-mêmes présenterons à nos comités respectifs. Je connais d'ores et déjà le menu de midi. Il va s'agir des portions de fromage de la Vache qui rit et du salami amenés de Suisse par Bondi. Peut-être aurons-nous la chance de goûter au cubi acheté dans le petit bistro basque sis en face de mon job à Genève. Une dernière séance est prévue dimanche à 16 heures. En parcourant ce blog, nous nous sommes aperçus que ce voyage était le dixième que j'entreprends au pays des hommes intègres. A dimanche, si ça vous branche!

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    3 avril 2015

    Bonjour, Pour celles et ceux qui désirent faire mieux connaissance avec Michel Bondi, dit Bondex, ma femme Francine Meyrat-Berthoud, dite la lionne blanche, et votre serviteur, surnommé le lion, vous pouvez découvrir une courte présentation de chacun d'entre nous sur le site de notre association www.a-b-c-d.net Hier soir, tout s'est bien passé. Nous avons enregistré nos 6 valises, 138 kilos à quelques grammes près. Avec nos bagages à main respectifs, ce sont environ 150 kilos de matériel pédagogique que nous apportons au pays des hommes intègres. C'était vraiment sympa chez les Bubu hier soir. Histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je ne résiste pas au plaisir de décliner le menu de mon repas d'anniversaire.

    Pour l'apéritif

    Toasts au foie gras et feuilletés au jambon cru faits maison accompagnés d'un pétillant Baccarat de Genève.

    En entrée

    Un maki de chèvre avec amandes grillées, menthe et courgettes servi avec un excellent viognier genevois bien sec.

    Comme plat de résistance

    Un succulent roast-beef, sauce poivre vert accompagné de pommes boulangères et de carottes et colraves à l'ail des ours, le tout arrosé d'un savoureux Saint.Joseph.

    En dessert

    Un Ying-yang de mousse de framboises fraîches et de mangue sur un fond de speculoos. Merci à vous les Bubu! [caption id="attachment_3954" align="aligncenter" width="600"]Le ying et yang des Bubu Le ying et yang des Bubu[/caption]

    La nuit a été courte et fort mauvaise

    Nous partons à l'heure de Genève. Francine s'est plongée dans le dernier Vargas, tandis que Bondi se transporte au Mozambique avec un Mankell. Moi, je vais attaquer une biographie des Romanov d'Hélène Carrère d'Encausse, ça promet. L'escale de 2 heures à Paris se déroule sans encombre. J'ai même trouvé un coin fumeur. Notre vol va durer plus de 7 heures avec une escale à Niamey où la température est de 40 degrés, ce qui fait dire à Bondex qu'il doit en faire au moins 50 à Boulsa. On attend l'apéro et la dinette. Parvenus à Ouagadougou avec une valise égarée en route et une température de 40 degrés, nous sommes accueillis par un comité de réception au complet, soit: Bouba, notre représentant burkinabè sur place, Lucien Naré, dit le roi Naré, le président de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina et sa fille Josette. Le célèbre pasteur Sam, notre chauffeur, surnommé Samsung n'est pas là. Il a un petit problème à l'oeil. Toutefois, il devrait être d'attaque lundi pour notre départ pour Boulsa. Je suis raide mort. Je me suis levé à 04h30 pour retrouver notre comité d'accueil à 20h heure suisse. Je n'aspire qu'à une chose: à une petite sieste avant un 51 sur la terrasse de la pizzeria du coin, la Terra nostra, rebaptisée la Cosa nostra pour préparer la rencontre de demain avec Yara Kambou. Il s'agira de jouer serré, car les enjeux autant financiers que du point de vue de notre investissement personnel sont très importants. A samedi, si le coeur vous en dit!  

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    2 avril 2015

    Bonjour à toutes et à tous! Aujourd'hui, 2 avril, c'est mon anniversaire. Je ne communique plus mon âge. Sachez simplement que je suis à 9 ans de la retraite. Et comme j'ai commencé de bosser sur le tard, le calcul est facile. Le premier message que j'ai reçu ce matin m'a fait particulièrement plaisir. En effet, c'est notre petite nièce, Colinette qui a souhaité une belle journée à son tonton. Elle a demandé expressément à Francine que nous prenions des nouvelles de la petite Marie, une petite burkinabè aveugle, et de son Oui-oui, la mascotte qui a accompagné notre voyage en bus de Lausanne à Ouagadougou en 2009. Les préparatifs vont bon train. Nous retrouvons Michel ce soir à l'aéroport pour enregistrer nos bagages chez Air-France. En tout, 6 valises de 23 kilos chacune et trois bagages à main de 12. Ensuite, nous irons fêter chez mon pote Bubu à Genève où nous passerons la nuit avant de nous envoler demain à 07h30 pour Ouagadougou que nous rejoindrons à 17h TU comme on dit sur RFI. Du point de vue de l'association, le voyage s'annonce bien. Nos rendez-vous sont d'ores et déjà fixés et les objectifs clairs. Nous sommes parvenus à réunir une grande quantité de matériel pédagogique qui sera très utile aux petits loulous aveugles et malvoyants de l'école de Boulsa. De plus, nous apportons plusieurs dizaines de livres de lecture transcrits en braille du programme scolaire burkinabè qui bénéficieront non seulement aux enfants de l'Ecole Jean-Marc Meyrat à Boulsa, mais aussi aux enfants aveugles et malvoyants d'autres centres scolaires au pays des hommes intègres. C'est la première fois que nous partons à 3. A part notre ami Heinz, le comité de l'association a-b-c-d se rend au complet au Burkina Faso. D'avance, nous vous remercions de l'intérêt que vous porterez à notre voyage et surtout, nous réjouissons de lire vos commentaires. Avant de passer au vif du sujet, j'aimerais remercier tous nos fidèles donateurs, Luc Fontolliet qui a mis en place ce blog ainsi que le site de l'association et Anne Pillet, la directrice de la bibliothèque Braille Romande et livre parlé qui soutient de manière indéfectible notre travail de transcription en braille depuis des années. Nous allons mettre tout en œuvre pour être dignes de leur confiance. A demain, si vous le voulez bien!

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    1er avril 2015

    Bonjour à toutes et à tous, Les préparatifs vont bon train. Francine et Jean-Marc Meyrat, ainsi que Michel Bondi s'envolent pour le Burkina Faso le 3 avril 2015 et seront de retour le 13. Ce voyage sera essentiellement consacré à une visite à l'école de Boulsa, un établissement de 45 enfants aveugles et malvoyants que nous soutenons depuis 2008. Ils en profiteront également pour rencontrer les responsables d'une association basée à Gaoua, dans le sud du pays, dont le but est de créer un centre d'apprentissage pour jeunes personnes aveugles et malvoyantes. Si vous souhaitez être tenus au courant quotidiennement de l'avancement de nos différents projets et suivre nos aventures au pays des hommes intègres, rendez-vous sur le blog www.jeanmarcmeyrat.ch. D'avance, nous nous réjouissons de partager avec vous ces moments d'amitié et de solidarité et de lire vos commentaires! Jean-Marc Meyrat

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    2 mars 2014

    Bonjour à toutes et à tous, Nous voilà parvenus à la fin de notre périple avec le sentiment du devoir accompli. [caption id="attachment_3616" align="aligncenter" width="600"]Les enfants de l'école Les enfants de l'école[/caption] Espérons que tout ce que nous avons mis en place soit suivi d'effets et permette à l'école de Boulsa d'affermir sa position. Pour mettre un terme à ce blog, nous aimerions remercier toutes celles et ceux qui nous ont suivis et toutes celles et ceux qui soutiennent l'action de l'association a-b-c-d en faveur des enfants aveugles au Burkina Faso en général et à Boulsa en particulier. Un merci tout particulier va à Luc Fontolliet sans l'aide duquel l'alimentation de ce blog n'aurait pas été possible. Comme à chaques fois, cela a été un réel plaisir de voyager ensemble Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat

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    1er mars 2014

    La nuit a été difficile. Je ne fermais toujours pas l'oeil à une heure du matin. J'ai donc dû taper dans la boîte du bon docteur Ecklin. Nous sommes allés faire nos emplettes: des poules et autres pingouins en argile chez Martin qui avait prévu son coup, des petites poupées, une poupée avec panier pour Colinette, un joli petit lion pour Louloune, un éléphant pour Marlowe et un cheval pour Lenaïs, les deux petits enfants de Bondi. J'ai une surprise pour la lionne blanche et le jardin de Trogne. Je n'en dirai pas davantage. Avant d'aller manger chez le roi Naré, je lui ai dispensé quelques conseils informatiques et ai fait la connaissance de l'informaticien de son association. Il m'a fait plutôt bonne impression. Nous avons remis 90.000 francs CFA à Lucien Naré pour le coût des nécessaires réparations du bus pour notre déplacement à Boulsa. Mauvaise nouvelle: toutes les poules de Lucien élevées dans la ferme de l'association sont mortes. Cela prouve, si besoin est, que l'aviculture est une activité génératrice de revenus trop fragile et qui requiert beaucoup de soins et de compétences. Cet après-midi, la sieste. Michel a rédigé une marche à suivre pour la gestion du compte réservé aux activités génératrices de revenus, puits et moulins, que nous avons promis d'envoyer à Boulsa avant notre départ fixé à lundi matin. N'hésitez pas à consulter les textes des jours précédents, nous avons réussi à insérer les photos. Nous sommes allés manger chez Ping et non chez Pina. La vue de Bondi, ses origines italiennes, autant que ses compétences en chinois expliquent sa confusion. Alors pong! Francine, tu peux sortir la longeole il y aura du chou de Samsung!

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    28 février 2014

    Nuit excellente, merci au bon docteur Ecklin. Tata Jacqueline nous a offert du piment pour Momo, ainsi qu'un drôle d truc, très bon du reste, composé de petit mil pimenté et sucré. C'est un peu sec mais délicieux. Vous constaterez, chères lectrices et chers lecteurs, que je n'utilise à dessin pas l'expression d'étouffe-chrétien, ce n'est pas l'endroit pour. Cela devrait être délicieux sur la glace vanille. [caption id="attachment_3604" align="aligncenter" width="600"]Fil d'attente devant le puits Fil d'attente devant le puits[/caption] Ce matin, il fait frais. On se croirait en automne. Il a dû pleuvoir non loin de Boulsa et un vent soutenu soulève la poussière. Je me trouve dans la cour de l'école en train de tirer sur ma pipe. Le puits fonctionne sans interruption. Nous allons remettre à Bouba 120.000 francs CFA en complément pour qu'il puisse procéder à l'analyse de l'eau du puits. Cela sera fait dans les mois prochains. Ce sont 27 familles et quelques étudiants qui puisent régulièrement de l'eau. L'activité du puits a généré 30.000 francs CFA de bénéfice en 2013. Nous ramenons dix magnifiques filoches pour Leo pour le marché de Budé à Genève. Nous avons passé commande de cent autres que nous ramènerons en octobre. Michel est en train d'installer le programme de comptabilité que lui a fourni Marlène. La comptable a adopté le système qui paraît parfaitement adapté aux besoins. Bien évidemment, il faudra voir à l'usage, mais l'intraitable caissier Bondi est optimiste. Heureuse nouvelle, le compte des moulins est bon. Cette activité rendue possible grâce au soutien de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants a généré en 2013 1'300'000 francs CFA de bénéfice. Le caissier Bondi est content, moi aussi. [caption id="attachment_3610" align="aligncenter" width="600"]Le corps enseignant en chair et en os Le corps enseignant en chair et en os[/caption] Désormais devenues classiques, ces cérémonies de remise de livres en braille n'en demeurent pas moins très émouvantes. Grâce à Anne Pillet et à l'Association pour le bien des aveugles de Genève, nous avons offert 12 exemplaires du livre de lecture de troisième année. Nous avons promis de remettre le livre de quatrième année en octobre de cette année. Nous avons croisé ce matin un gars qui travaille aux statistiques de l'éducation nationale. Le taux d'alphabétisation dans la province du Nameotenga dont Boulsa est le chef-lieu, n'est que de 48 pourcents. En matière de développement, la province du Namentenga se classe à la dernière place sur les 45 provinces que compte le Burkina Faso. Il y aurait tant à dire, qu'un livre n'y suffirait pas. Ici, les gens sont incapables de concevoir les choses à moyen terme. Je ne parle même pas d'à long terme. Pour nous, c'est facile de juger. Pourtant, cela peut se comprendre. Les choses sont tellement précaire. Je citais comme exemple Martin, notre marchand de poules handicapé physique. Il suffirait qu'il ait un accident avec son tricycle et qu'une de ses mains soit handicapée pour qu'il soit irrémédiablement condamné à mendier au bord de la route. Qui lui viendrait en aide? Personne. Après un repas chez tata Jacqueline dont je vous fais grâce du menu, nous avons demandé la route. Je me propose de vous faire une relation de notre intervention lorsque nous serons rendus à Ouagadougou. Pour l'instant, il y a trop à dire. Il faut laisser un peu reposer les choses. Nous avons vraiment beaucoup travaillé, surtout le père Bondi qui a mis les petits plats dans les grands. Merci à toi Bondex! [caption id="attachment_3608" align="aligncenter" width="600"]Un bel arbre dans le brouillard Un bel arbre dans le brouillard[/caption] C'est la première fois que nous mangeons autant de poussière. Elle est en telle quantité que tout le paysage prend une couleur laiteuse, comme un épais brouillard. On colle, c'est épouvantable, Vivement la douche à Ouaga et un bon repas sympa avec Bondi à la Terra nostra.

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    27 février 2014

    Comme prévu, la nuit a été rude. Entre la chaleur et le bruit d'enfer du ventilateur, j'ai tapé dans la boîte de pilules du bon docteur Ecklin. La cour s'éveille avec ses coqs qui appelle au lever, ses poules qui caquettent, ses jeunes chiens qui se chamaillent. Un âne brait tristement au loin. Tata Jacqueline, la femme d'Etienne, vient me saluer. Elle m'appelle papa. Ici, lorsque les gens demandent des nouvelles de Francine, ils s'informent de la santé de maman. Les enfants vont et viennent tout en se préparant pour l'école qui commence à 7 heures. Toute la famille dort dehors pour nous laisser leurs chambres. Il fait encore un peu frais mais, rassurez-vous, cela ne va pas durer. [caption id="attachment_3601" align="aligncenter" width="600"]La comptable Lucie fait ses comptes La comptable Lucie fait ses comptes[/caption] Pendant que Michel entreprend la comptable Lucie, je m'occupe du blog et de mes courriels. [caption id="attachment_3599" align="aligncenter" width="600"]Sidiki et tous ses camarades de classe Sidiki et tous ses camarades de classe[/caption] A 10 heures 30, nous assistons à la leçon de mathématique que suit le jeune Sidiki, le premier enfant aveugle intégré dans une classe ordinaire du lycée de Boulsa. L'enseignant dirige de main de maître une classe de 100 adolescents. Sidiki est assis au premier rang. Il est dans la bonne moyenne. Il a obtenu un 13 sur 20 à son dernier travail écrit. J'ai juste indiqué à l'enseignant que lorsqu'il est au tableau, les mots ici ou là ne voulaient pas dire grand-chose pour Sidiki. Il a bien rigolé et m'a assuré qu'il ferait attention à l'avenir. Je suis convaincu qu'il tiendra compte de ces remarques car il se sent très concerné par Sidiki qu'il fait participer plus que les autres. Au milieu de cent élèves, cela se remarque vite. C'est incroyable comme ces jeunes sont sages. Il semble que dix enfants devraient rejoindre l'enseignement ordinaire l'an prochain. Cela ne sera pas sans poser de gros problèmes pour assurer l'indispensable aide à ces enfants. Dans la mesure où l'expérience de l'appareil de prise de notes est positive, a-b-c-d envisage de monter un projet pour équiper ces enfants. Nous allons en effet remettre à Sidiki un petit enregistreur qui lui permettra d'enregistrer les cours et aux enseignants volontaires de dicter les choses les plus importantes. Je dois encore rédiger un mode d'emploi pour Mathieu qui suit Sidiki. Après le repas chez tata Jacqueline, pomme-de-terre, chou et aubergine, une bonne douche et une petite sieste à l'ombre du ventilateur avec François Cavanna qui me raconte des histoires de mineurs de charbon. Nous avons eu une séance avec Etienne, Isaac, Bouba. C'était assez dure mais globalement positif. Nous avons encore redéfini notre mode de relation. Selon les dires d'Isaac, l'hygiène s'est bien améliorée. Le tournus assuré en dehors des classes par les enseignants pour surveiller les enfants semble fonctionner. Des petits tabourets percés ont été installés dans les latrines. Ce soir, nous sommes très fatigués. Après un plat de pâte à la sauce chez tata Jacqueline, quelques verres tirés du cubi à Bondi, nous ne demandons pas nos restes mais la route. Demain sera notre dernier jour à Boulsa. Cela sera l'occasion de vous proposer un tableau exhaustif de la situation qui prévaut à l'Ecole Jean-Marc Meyrat. Alors, merci à vous de nous suivre Pour les photos, il faudra attendre encore un peu et ne pas hésiter à reparcourir les jours précédents!

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    26 février 2014

    J'ai à nouveau très bien dormi et ceci sans les petites pilules du bon docteur Ecklin. Je me suis fait engueulé dans la nuit par Bondi parce que je ronflais. Il ne s'entend pas. Mais sa femme Dominique, dite la Doche, m'avait prévenu, il ronfle. Nous mettrons ça sur le compte du saké de Pina.

    Nous voilà partis pour Boulsa

    Nos pasteurs n'avaient qu'un quart d'heure de retard ce matin. Ils sont en progrès. Hier nous avons glandé plus d'une plombe avant que Bouba n'arrive. Après avoir fait bénir le bus par Rosalie, la femme de Lucien Naré, incontournable tradition, nous demandons la route. Ce moment est et demeurera toujours très émouvant. Les mots de cette femme sont si simples. Elle a une pensée pour tous: pour Francine, pour la femme de Bondi, pour Heinz, bref pour toutes celles et ceux qui soutiennent de près ou de loin notre action au pays des hommes intègres. Cela tombait bien car Rosalie était de passage près de notre pension pour prodiguer des soins. J'ai glissé dans mon sac la célèbre cassette factice qui me permet de brancher mon iPhone sur le lecteur de cassettes du Toyota. Il s'agit d'un cadeau de Luc Fontolliet. Merci à toi, cher Luc. Malheureusement, le fil a un mauvais contact ce qui rend l'audition difficile. De toutes les façons, le bus fait tellement de bruit que l'on entend à peu près rien. Je ne suis pas encore au top avec la gestion du blog. J'espère que cela s'arrangera d'ici notre retour en Suisse. Malheureusement, ton élève a ses limites. Cette cassette nous a accompagnés tout au long du voyage à bord de ce même bus qui nous a menés de Lausanne à Ouagadougou en 2009 avec Michel Gilbert Bondi et Philippe Paul Racine. Aujourd'hui, le compteur du Toyote indique 314.500 kilomètres et il roule toujours. Cette fois, nous faisons le trajet Ouagadougou Boulsa d'une seule traite, le travail nous attend. La situation politique au Burkina Faso demeure pour l'instant calme. Cependant, des nuages s'amoncèlent. Des élections présidentielles sont prévues pour 2015. Blaise Kompaoré, l'actuel président, ne peut pas se représenter. Si bien que ce dernier est tenté de modifier la constitution pour asseoir son pouvoir en organisant un référendum populaire. Tous craignent que l'administration en place manipule les votes. L'opposition ainsi que les milieux de l'église ne l'entendent pas de cette oreille. Une commission de médiation a été mise sur pied pour essayer de sortir de l'impasse. Cette commission propose une période de transition qui permettrait à Blaise de rester au pouvoir. Bien évidemment, l'opposition refuse ce processus. A noter de la dissidence au CDP, le parti présidentiel. Certains membres de ce parti qui ont mangé dans la main de Blaise font défection pour tirer les marrons du feu et pour se placer dans l'optique des prochaines élections. On parle également d'une éventuelle candidature de François, le petit frère de Blaise. De toutes les façons, Blaise devrait descendre comme ils disent ici. Il ne risque pas grand-chose puisque tous les crimes commis dont l'assassinat de Sankara ont été abnistiés. Voilà, le petit moment de politique locale est passé. Revenons à nos affaires. Nous venons d'atteindre Zorgho. C'est là que nous quittons la route bitumée pour attaquer la piste qui va nous mener à Boulsa, attention les dents avec la pipe sur la taule ondulée. Nous sommes bien arrivés accueillis par les chants des enfants accompagnés du djembé et les enseignants. La majorité des enfants portent les lunettes serjo apportées en novembre 2013. Ils doivent les conserver précieusement et les sortir lors des grandes occasions. Etienne nous demande ce que nous voulons boire. Si c'est pas malheureux des questions pareilles. La première séance avec Etienne s'est bien déroulée. Le caissier Bondi est déçu en bien. Si ce n'est que quelques erreurs davantage dues à la communication qu'à des problèmes véritablement comptables, les comptes jouent. [caption id="attachment_3585" align="aligncenter" width="450"]Le petit chouchou de Francine est de retour Le petit chouchou de Francine est de retour[/caption] Jules, le petit chouchou de Francine est de retour. Il a bien grandi et arrive à suivre tant bien que mal les cours. Comme il voit encore un peu, il provoque les aveugles qui ont de la peine à l'attraper. J'ai fait un petit tour dans les classes, histoire de réaliser quelques enregistrements. [caption id="attachment_3586" align="aligncenter" width="600"]Casimir et ses protège-oreilles Casimir et ses protège-oreilles[/caption] Nos meuniers sont maintenant appareillés. Délicieux couscous avec chou, aubergine et poulet, quelques verres de rouge tirés du cubi à Bondi et dodo. En voiture avec Chantal parce que Chantal, c'est la femme de Blaise Kampaoré et Simone, celle de l'ex-président Laurent N'bagbo de la Côte-d'ivoire. Nous vous tiendrons davantage informés demain.

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    25 février 2014

    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi. Ecrasés par la fatigue et la chaleur du jour, nous nous sommes couchés tôt. Je me suis réveillé, frais comme une rose. Nous avions un rendez-vous avec un type qui s'occupe d'aveugles mais il n'est jamais venu, tant pis pour lui. [caption id="attachment_3580" align="aligncenter" width="600"]Les mains de Martin Les mains de Martin[/caption] En attendant Bouba chez lequel nous sommes invités pour le repas de midi, nous avons été voir nos marchands de poules, Martin et Marcel. Ils n'ont pas grand-chose en stock. Nous verrons samedi, après notre retour de notre séjour à Boulsa, si nous pouvons ramener quelques objets. Nous devons encore passer au Swisscom local et au marché artisanal pour négocier la girafe de Dominique qu'elle n'a pas réussi à monter. [caption id="attachment_3582" align="aligncenter" width="450"]La petite Schiphra, la fille de Bouba et Agnès La petite Schiphra, la fille de Bouba et Agnès[/caption] Après un excellent repas chez Agnès, la femme de Bouba, nous arrivons au marché artisanal. Il fait une chaleur épouvantable. La température doit avoisiner les 40 degrés et la bagnole de Bouba a des sièges en cuir noir, bien le bonjour. Nous ne comprenons pas. Toutes les pièces sont soudées à l'exception des boulons qui attachent les pattes de la girafe, deux fourches de moto, au corps de notre grand animal, un réservoir de mobylette. Le gars que nous connaissons déjà depuis longtemps nous a filé des boulons, au cas où. Si cela ne devait pas suffir, la girafe de Dominique quittera la région de Bienne pou! nous accompagner à Ouagadougou en novembre prochain. L'activation de la clé internet pour alimenter le blog depuis Boulsa a été laborieuse. La clé que nou; utilisons depuis 4 ans est morte. Il a donc fallu en acquérir une nouvelle, 21.000 francs CFA, 42 de nos francs. Après bien des efforts dans une chaleur d'enfer à même le trottoir, le jeune technicien a réussi à nous connecter. Ils sont vraiment forts. La séance avec Yara s'est bien passée. Le seul problème, ils disent toujours oui, ce qui est un peu déstabilisant. Maintenant, nous attendons un projet qui tienne compte de nos propositions. Demain, nous partons pour Boulsa. Je ne suis pas convaincu que notre visite soit évaluée à sa juste valeur. Il semble que la comptable ne sera pas présente avant jeudi. Pourtant, nous avions bien évidemment averti Etienne de notre visite et que la présence de la comptable était très importante. En attendant le retour de la comptable jeudi, Michel commencera d'éplucher les justificatifs. Il va falloir que je retienne un peu Michel. Mais je ne vais pas trop le retenir car il faut vraiment que les choses changent à Boulsa dans la communication. Ce soir, repas chez Pina, le bistrot chinois du coin. Porc pimenté pour moi, porc aigre-doux pour Michel. Une bouteille de Médoc et un saké avant un gros dodo. A plus tard! PS: Je n'ai pas encore trouvé la combine pour les photos, cela va venir!