Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

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    24 février 2014

    Nous étions un peu fatigués ce matin. Nous avons somnolé jusqu'à 11 heures. A midi, Bondex nous a déniché un pâté brésilien bizarrre. A 1 heure, nous avons rencontré Yara Kambou afin de fourbir nos armes avant notre rencontre à l'ABEPAM avec Madame Caboré, responsable de projets d'alphabétisation dans les régions. [caption id="attachment_3576" align="aligncenter" width="600"]Madame Kaboré, celle qui terrorise Yara Madame Kaboré, celle qui terrorise Yara[/caption] Il a fait chaud aujourd'hui, 35 degrés environ. Je dois dire que la séance l'a été également. Yara Kambou est en conflit ouvert avec le président de l'ABEPAM, l'une des organisations, mais la principale, qui gère l'ensemble du handicap visuel au Burkina. Lorsqu'il a pris la parole pour exprimer sa position quant à l'alphabétisation à Gaoua, j'ai bien cru que Madame Kaboré allait nous jeter dehors. Heureusement que Bouba a réussi à calmer le jeu en faisant preuve de beaucoup de diplomatie. [caption id="attachment_3578" align="aligncenter" width="600"]Une oeuvre d'art dans les jardins de Lucien, de quoi vous faire peur Une oeuvre d'art dans les jardins de Lucien, de quoi vous faire peur[/caption] Michel et moi avons le sentiment que Yara devrait davantage se tourner vers la formation professionnelle des handicapés de la vue grâce aux activités génératrices de revenus que nous pourrions mettre en place et laisser à l'ABEPAM l'alphabétisation des petits qu'elle mène en collaboration avec les écoles catholiques dans plusieurs régions du Burkina Faso. Une autre piste pourrait être le soutien des enfants aveugles et malvoyants intégrés dans les classes ordinaires. Ce sont-là deux pistes qui ne sont pas suivies par l'ABEPAM. Ainsi, les deux activités pourraient être complémentaires. De toutes les façons, ces gens devront collaborer, mais cela ne sera pas facile. L'ABEPAM reproche à Yara delui mettre les bâtons dans les roues pour remplir ses classes et Yara dit que l'ABEPAM ne connaît pas le terrain à Gaoua et qu'eux venant de Ouagadougou, ils seront toujours considérés comme des étrangers par les parents d'enfants handicapés de la vue qui hésiteront à leur confier leurs enfants. Bref, à ce rythme-là, on n'est pas sorti de l'auberge. Cette situation est tout à fait regrettable. Malheureusement elle semble incarner parfaitement bien la société burkinabè où les titres, les fonctions et tout ce qui va avec ont une importance démesurée. Cependant, ce n'est pas à nous de juger. Nous pouvons à peine tenter de prêter nos bons offices et éviter qu'ils ne s'écharpent en pleine séance. Le soir, nous avons mangé à la Terra nostra rebaptisée Cosa nostra: pastis, filet de boeuf au poivre vert, délicieuses pommes sautées dont Bondi a demandé la recette au patron, café et lemoncello offerts par la maison. Bonne journée!

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    23 février 2014

    Bonjour à toutes et à tous, Cette fois, nous innovons. Nous nous rendons au Burkina Faso en recourant aux services de Royal Air Maroc. Le billet coûte 400 francs de moins qu'avec Air France. La nourriture s'est avérée parfaitement épouvantable et le vin désespérément absent. Arrivés à Casablanca pour une escale de 5 heures, nous nous sommes rattrapés en goûtant à un tagine de poulet au citron confit avec frites. Le vin, un peu cher à notre goût, 26 euros la bouteille d'un méchant rosé qui ne doit pas avoir connu la vigne. Ce voyage ne sera pas de tout repos. La mise en place des moulins et d'autres activités génératrices de revenus à Boulsa impliquent davantage de rigueur dans la comptabilité. C'est le but de notre voyage: clôturer l'exercice comptable 2013, mettre en route l'exercice 2014 et mettre au point un système qui pérennise l'Ecole Jean-Marc Meyrat. Cependant, nous devons être prudents. Il ne faut en aucun cas que le frère Etienne se sente mis sur la touche. L'autre enjeu de ce voyage est constitué par le projet de soutien à la future école de Gaoua pour élèves aveugles et malvoyants. Nous allons rencontrer les responsables de l'ABEPAM en présence de Yara Kambou pour examiner d'éventuelles collaboratioos entre les différents projets qui se font jour à Gaoua en faveur des enfants aveugles et malvoyants. L'escale traîne un peu en longueur. Heureusement, nous nous sommes achetés un petit remontant au magasin d'en face, histoire de tenir le coup avant l'embarquement. J'espère que nous pourrons dormir, environ 5 heures de vol car nous faisons escale à Niamey. Michel m'a fait promettre de ne pas le réveiller, même si on sert quelque chose. A part les toilettes, aucun endroit pour tirer une bouffée de ma pipe. Finalement, nous aurons fait trois repas: bœuf aux pruneaux entre Genève et Casablanca, poulet au citron confit à Casa et poulet entre Casablanca et Niamey avec un coup de rouge marocain vendangé à la main, excusez du peu. Mais la main n'était vraiment pas très experte. Tout cela après une excellente fondue chez Jean-Claude à Lausanne, Nous sommes bien arrivés à Ouagadougou accueillis par Bouba et Samsung. Comme notre chambre n'est pas encore prête, nous nous reposons sur la terrasse de la pension avant d'attaquer nos premiers rendez-vous fixés dans l'après-midi. A demain!

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    Prochain voyage au Burkina Faso

    Bonjour à toutes et à tous, Dans le but de donner un coup de main à l'école de Boulsa pour clôturer les comptes 2013 et préparer la comptabilité 2014, Michel et Jean-Marc se rendront au Burkina à la fin février. Ne manquez pas de suivre leurs pérégrinations sur ce blog qui sera régulièrement alimenté. A très bientôt! Jean-Marc Meyrat et Michel Bondi

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    14 novembre 2013

    Nous sommes passés au palace des pasteurs Bouba et Samsung pour alimenter le blog grâce à leur liaison internet. Juste avant notre départ, nous avons crevé. Heureusement, en pleine ville de Gaoua. Puis nous avons pris les 10 heures à la cambuse des Kambou: aloco et soupe de boyaux. Rien qu'à l'odeur nous avons failli tourner de l'œil, dieu sait le goût! [caption id="attachment_3290" align="aligncenter" width="450"]Une femme à la peine Une femme à la peine[/caption] Nous avons demandé la route. Nous voilà repartis pour 6 heures à bord du Toyota. Ce séjour à Gaoua s'est vraiment bien déroulé. Nous espérons vraiment que notre association pourra participer à ce projet avec Yara, son comité et les autorités locales. En clair, nous avons l'espoir que le projet soit accepté et soutenu par Valais solidaire, la structure qui regroupe les organisations humanitaires en Valais. Nous avons du pain sur la planche pour notre prochain comité fixé au 29 novembre et de la matière pour notre bulletin à paraître en décembre. Une question: pourquoi le péage entre Ouagadougou et Gaoua coûte 1.000 francs et 1.500 dans le sens contraires? c'est le prix d'une Brakina pour le préposé au ticket. Nous venons de passer devant un panneau indiquant qu'ici, le 15 novembre 2008, l'explosion d'un camion-citerne a fait 85 morts. Non loin de notre route se trouve l'unique voie de chemin de fer burkinabè qui relie Bobo, Ouaga puis Kaya: c'est la bataille du rail, dénomination d'un immense chantier qui a marqué profondément l'époque révolutionnaire de Sankara. Lorsqu'on pense que nous roulons sur l'axe qui relie les deux principales villes du Burkina, nos routes d'alpage, c'est du billard. Malgré l'experte conduite de Samsumg, nous ne pouvons pas éviter tous les trous qui sont énormes. Cela me rappelle certains tronçons de la route de l'espoir que nous avons faite en 2009 avec Philippe Paul et Michel Gilbert à bord de ce même bus. Avec Bondi, nous sommes de l'avis qu'un voyage jusqu'à Gaoua en véhicule individuel est trop cher et surtout, trop pénible. C'est la raison pour laquelle, nous opterons pour le transport collectif la prochaine fois. [caption id="attachment_3291" align="aligncenter" width="600"]Mange ta soupe et ferme les yeux Mange ta soupe et ferme les yeux[/caption] Super Bondi! Nous venons de crever une seconde fois, la même roue. Le chef mécano Bondex dirige la manœuvre et met la main à la pâte. Ce coup-là, il ne faudrait pas que la même mésaventure se reproduise. [caption id="attachment_3289" align="aligncenter" width="600"]Le bus Toyota sur la table d'opération Le pneu crevé[/caption] Nous sommes arrivés sains et saufs à Ouaga et parvenus au terme de ce blog. Ne restent que quelques petites choses à faire: aller chercher les objets que nous avons commandés, faire quelques visites et surtout, partager encore quelques bons moments de rigolade avec Bondi. Sauf événement exceptionnel, nous vous donnons rendez-vous à l'occasion de notre prochain voyage au pays des hommes intègres. Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis et de soutenir notre action en faveur des enfants aveugles et malvoyants au Burkina Faso. Jean-Marc et Michel PS: Merci surtout à toi, cher Michel. T'es vraiment un pote!

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    13 novembre 2013

    Nous avons eu une séance avec Yara et Bouba pour examiner le budget. Il va sans dire qu'il devra être revu drastiquement à la baisse. Yara répond de bonne grâce au feu roulant des questions du caissier Bondi qui a épluché les documents que nous avons reçus. Il s'en sort très bien. Il est vraiment très collaborant et à l'écoute des remarques que nous faisons. [caption id="attachment_3276" align="aligncenter" width="600"]Séance de travail avec Yara Séance de travail avec Yara[/caption] Nous nous trouvons maintenant chez le premier adjoint au maire de Gaoua à qui nous présentons nos doléances. Elles concernent le chemin d'accès et l'électrification du terrain. Il nous engage à commencer les travaux, la mairie nous assure de son soutien pour l'ensemble des démarches. Le chemin d'accès sera tracé à l'occasion des travaux puis améliorer par la commune. L'électrification du terrain ne devrait pas poser problème. La sonnerie du portable du premier adjoint retentit, c'est la truite de Schubert. Yara adressera un courrier à la mairie pour confirmer notre entretien. [caption id="attachment_3273" align="aligncenter" width="450"]Photo de groupe avec le premier adjoint de la commune de Gaoua Photo de groupe avec le premier adjoint de la commune de Gaoua[/caption] Après une petite pause Brakina bien méritée, nous passons au village des potiers. C'est un village lobi. Comme à chacune de nos haltes, le père noël Bondex distribue des bonbons aux enfants qui sortent de partout. Autant je n'ai pas trouvé les sculptures sur bois à mon goût, autant j'apprécie les poteries. J'ai acheté un canard et un canari pour Francine. Savez-vous ce que c'est qu'un canari? C'est une sorte de bol, cela ira fort bien pour les pistaches. Cet après-midi, je fais la pause. J'ai passé une mauvaise nuit et j'aspire à un peu de calme. Bondi et moi neus sommes faits avoir. Où logent nos deux pasteurs, il y a le WIFI, la climatisation et c'est propre. Chez nous, il n'y a que la clime. Michel Gilbert va aller visiter des ruines. Je n'ai vraiment ni le courage ni l'envie de me taper 90 kilomètres par ces chaleurs. [caption id="attachment_3277" align="aligncenter" width="600"]Village des potiers Village des potiers[/caption] [caption id="attachment_3278" align="aligncenter" width="600"]Visite des ruines de Loropeni, site protégé par l'UNESCO Visite des ruines de Loropeni, site protégé par l'UNESCO[/caption] [caption id="attachment_3280" align="aligncenter" width="600"]Muraille sur le site de Loropeni Muraille sur le site de Loropeni[/caption] Ce soir, nous allons à nouveau manger au kiosque de Rosalie, la femme de Yara: aloco et sauce tomate. Je tiens à préciser que si quelqu'un a l'intention de m'inviter dans les six mois à venir, je l'enjoins à ne pas me servir de poulet. Il me sort par les oreilles. Hier soir, on a mangé des boulettes d'un poulet qui a été pilé cru avec les os. Attention les plombages! A bientôt

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    12 novembre 2013

    La nuit s'est bien déroulée. Il fait tout de même plus frais, moins chaud, qu'à Ouaga ou Boulsa. La ville de Gaoua compte 52.000 habitants. La région semble receler de l'or et du cuivre. Les Lobis représentent 51 % de la population et les Birifors 45. La religion dominante est l'animisme. Ensuite vient le christianisme. La région compte peu de musulmans. Agé de 39 ans, Yara a perdu la vue suite à une méningite non diagnostiquée en 1997. C'est la même année et à cause de la même maladie que Samsung a perdu sa petite fille Delphine alors âgée de 6 ans. Yara a le célèbre discours de Sankara prononcé devant l'OUA comme sonnerie de portable. Cela vous donne une idée du personnage qui se déclare ouvertement pour la révolution. Agent social, Yara est père de trois enfants. Sa femme tient un kiosque. Lui tire ses revenus du tissage et de sensibilisations dont il est chargé. [caption id="attachment_3262" align="aligncenter" width="600"]Laetitia et Grâce Excellentce, les filles de Yara et Rosalie Laetitia et Grâce Excellentce, les filles de Yara et Rosalie[/caption] Intéressante la visite à l'école normale locale. Nous avons pu présenter notre activité au directeur général et devant une classe de futurs enseignants parfaitement formatés. [caption id="attachment_3264" align="aligncenter" width="600"]Les futurs enseignants au Burkina Les futurs enseignants au Burkina[/caption] Nous voilà en présence du bureau de l'association Espoir des malvoyants et aveugles de Gaoua, AEMAG. Yara présente le projet à l'aide de ses feuilles écrites en braille à l'aide du poinçon. Au bureau siègent des personnes handicapées de la vue qui participent activement aux débats. A noter, un membre responsable de la promotion de la femme. La secrétaire générale, Thérèse, est une enseignante fraîchement à la retraite. Elle est pressentie pour être la future directrice de l'école. Un autre membre, Justin, est conseiller en matière d'ophtalmologie dans un hôpital de Gaoua. L'AEMAG a été créée en 2002 et reconnue par l'état en 2003. A l'origine, l'association était soutenue par un organisme britannique, ADD, essentiellement pour la formation dans la gestion de projets. Malheureusement, suite à la crise de 2008, cet organisme s'est retiré. D'autres formations ont été organisées comme pour le tissage en lipico par exemple. Grâce à quelques soutiens, l'AEMAG a pu sensibiliser ses membres à la lutte contre de SIDA et pour la promotion de l'hygiène. Après la crise, seul le FONAEF demeure un partenaire financier. Ce fond soutient l'alphabétisation braille qui à l'AEMAG regroupe 50 personnes réparties dans cinq centre régionaux. Pour le bureau le futur centre est un tout. Sans occulter l'alphabétisation et la scolarisation, il souhaite dépasser le système d'enseignement francophone hérité de la colonisation en y associant un enseignement en langue locale et la formation pour le tissage, le maraîchage, l'élevage et le petit commerce.

    L'école inclusive

    Théoriquement, c'est à l'état d'assurer l'éducation des enfants aveugles et malvoyants. En réalité, cette tâche retombe sur les organisations telles que l'AEMAG ou l'école de Boulsa. L'AEMAG projette d'intégrer des enfants voyants et ainsi de proposer les services d'une école privée en favorisant les échanges sociaux. Ainsi, cela pourrait procurer des fonds à l'association. Cependant, a-b-c-d ne saurait soutenir une école pour les enfants voyants. C'est la raison pour laquelle, nous proposons à Yara qu'au minimum deux tiers des places soient réservées aux enfants aveugles et malvoyants et que l'effectif des classes ne dépasse pas 18 enfants. Nous reviendrons en détail sur le projet. Sachez qu'il prévoit la construction de 4 classes et de leurs dépendances et le forage d'un puits. Comme activités génératrices de revenus, l'AEMAG prévoit la construction de 8 chambres à louer aux gens de passage, Il y a du tourisme dans le coin, d'une salle de conférence et des surfaces pour pratiquer le petit commerce. [caption id="attachment_3286" align="aligncenter" width="600"]Village de vanniers présentant leurs produits Village de vanniers présentant leurs produits[/caption] [caption id="attachment_3285" align="aligncenter" width="600"]Village de sculpteurs, ils présentent leurs oeuvres Village de sculpteurs, ils présentent leurs oeuvres[/caption] Nous allons voir le terrain qui a été offert à l'AEMAG par la mairie. La surface y est, un hectare environ situé un peu en dehors de la ville. Par contre, l'actuel chemin d'accès, une piste de 800 mètres, doit être absolument amélioré. Il faut également avoir l'assurance que l'électricité parvienne jusqu'à la parcelle, 8 poteaux environ. Selon Yara "y a pas de problème". De toutes les façons, au Burkina, y a jamais de problème. Nous avons essuyé quelques malheureuses gouttes de pluie. Elles devaient être au plus au nombre de dix. [caption id="attachment_3261" align="aligncenter" width="600"]Le champ que la mairie a mis à la disposition de l'AEMAG Le champ que la mairie a mis à la disposition de l'AEMAG[/caption] Nous mangeons ce soir chez Yara: ignames, aloco et sauce. Thérèse, une lionne, véritable maîtresse femme et future directrice pédagogique a le verbe haut. Elle a mis d'emblée le grappin sur Bondi et boit volontiers le pinard que nous avons acheté au magasin du coin. Elle a fait de l'allemand au lycée et Bondi lui rappelle la différence entre gehen et fahren. [caption id="attachment_3284" align="aligncenter" width="600"]Moment de convivialité dans le kiosque de Rosalie, la femme de Yara Moment de convivialité dans le kiosque de Rosalie, la femme de Yara[/caption] On a bien rigolé! A demain, si vous le voulez bien!

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    11 novembre 2013

    La journée de repos de dimanche a été tout à fait salvatrice. Malheureusement, elle m'a donné tout loisir de me replonger dans les difficultés professionnelles que je traverse actuellement. J'ai vraiment besoin d'être actif. Aujourd'hui, nous allons nous taper 400 kilomètres à bord du Toyota. En ce lundi 11 novembre, jour de l'armistice de 1918 et fête de la Saint-Martin, le débat se situe ici au niveau de la reconnaissance par la France de la participation des soldats africains dans les deux conflits mondiaux. Je suppose que dans notre village dont ce cher Martin est le saint patron, la fête a eu lieu hier. Nous passons faire bénir le bus par Rosalie. Ses mots simples me touchent beaucoup, je n'en mène pas large. Bondi n'est pas très sensible à ce passage devenu presqu'obligatoire. Je profite donc de ce blog pour le remercier du respect qu'il montre pour ce cérémonial auquel je tiens beaucoup. Le roi Naré a demandé à Bouba de nous accompagner à Gaoua. Ni Michel ni moi n'étions très chauds, d'une part pour des questions financières et d'autre part, Parce que nous aurons des séances qui exigent la plus grande discrétion. Nous devons également assurer Yara que Bouba est le seul représentant d'a-b-c-d au Burkina. Nous venons de traverser Boromo, une ville située à mi-distance entre Ouaga et Bobo. Selon Bouba, il y a des éléphants dans cette région qui barrent parfois la route. Le paysage commence à changer. Nous longeons des champs de coton, tout devient plus vert. Le Toyota commence vraiment à se déglinguer. Bondi doit montrer toute son ingéniosité pour fermer la portière du bus. Nous roulons maintenant sur une route excellente, ce qui nous change des 50 premiers kilomètres qui étaient épouvantables. Nous venons de voir la première indication de la distance jusqu'à la frontière de la Côte d'Yvoir, 221 kilomètres. Après six heures de route et seulement dix minutes de pause pour permettre à Bouba de se soulager, nous arrivons sans encombre à Gaoua en pays birifor. Bravo à Samsung, le meilleur chauffeur de tout l'ouest africain. Nous attendons Yara au restaurent de la gare. [caption id="attachment_3294" align="aligncenter" width="600"]Bravo Samsung, on est arrivé Bravo Samsung, on est arrivé[/caption] Après avoir bu quelques bières, nous prenons possession de nos appartements. Il s'agit d'une case construite dans les années 90 lorsque les Canadiens construisaient une route dans la région. Nous habitons dans la V6. Ce n'est pas très net. Heureusement que Francine a glissé dans ma valise son sac à viande en satin car il n'y a pas de drap. Elle a également prévu un coussin, ce qui ne sera pas du luxe. Lorsqu'elle viendra à Gaoua, il faudra peut-être trouver quelque chose d'un peu plus propre et de moins déglingué. Nous faisons chambre à part avec Bondi. Il y a une douche et une climatisation qui fait un bruit de tracteur, mais c'est déjà bien. [caption id="attachment_3296" align="aligncenter" width="450"]Yara Kambou Yara Kambou[/caption] Nous avons déjà évoqué le projet dans ces grandes lignes. Ce soir, nous établissons le programme de ces trois jours. Il semble qu'à côté du boulot il y ait un certain nombre de choses à visiter. Demain, nous avons rendez-vous avec le responsable de l'Ecole nationale des enseignants du primaire et le Bureau de l'association de Yara Kambou. Nous serons donc en mesure de présenter le projet qu'a-b-c-d est venue étudier. A demain!

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    10 novembre 2013: journée de repos

    Aujourd'hui on a glandé. Je crois que nous avions bien besoin de cette journée de repos. Demain, ce sont 6 heures à bord du Toyota qui nous attendent A midi, on s'est tapé une terrine de campagne amenée de Suisse, des darvida et une bouteille de rouge. Bondi lit un policier scandinave et je relis "La main coupée de" Blaise Cendrars. Ce soir, on s'est tapé le chinois du coin. Pour les photos de l'exposition à Yiri Suma, nous implorons votre patience, nous sommes un peu fatigués et Bondi est allé voir Wawrinka. Alors, à demain!

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    9 novembre 2013

    Cette journée a été ponctuée par une visite au bureau du roi Naré et par un repas chez Agnès et Bouba. Ce n'est pas sans angoisse que j'ai tenté de permettre à Lucien Naré de lire en braille abrégé sur son afficheur braille. Je n'utilise pas cette fonction et j'ai dû pas mal ramer pour trouver la solution. J'ai malheureusement dû constater que le logiciel pour l'impression braille utilisé chez Naré n'est pas le même que celui auquel nous recourons en Suisse. Il va falloir que Heinz mette la main à la poche... s'il veut que le bureau du roi Naré devienne un véritable centre d'impression. Une très opportune panne de courant m'a sauvé de questions auxquelles je n'aurais vraisemblablement pas pu répondre mais m'a permis de boire une salvatrice Brakina bien fraîche. En effet, la température avoisine les 40 degrés. [caption id="attachment_3249" align="aligncenter" width="450"]Le fermier dans son champ ohé ohé au bord de l'eau... Le fermier dans son champ ohé ohé au bord de l'eau...[/caption] Pendant ce temps, Bondi est allé visiter le champ de samsung. Chez Bouba, le père Bondi s'est mué en père noël pour distribuer les cadeaux aux enfants, à Bouba, Agnès et à Awa, une jeune fille malvoyante qui vit chez eux. [caption id="attachment_3250" align="aligncenter" width="600"]Samsung le pasteur puisatier Samsung le pasteur puisatier[/caption]

    La burkinette

    Nous avons pris dans nos valises le prototype de la burkinette, une canne blanche pour l'Afrique noire, réalisé par Daniel Schürer. Nous avons expliqué à Bouba le principe de cette canne. La première tâche de Bouba est de trouver en Afrique une entreprise capable de réaliser trois types de tuyaux de 50 centimètres qui s'emboîtent les uns dans les autres. Dès que cette entreprise aura été identifiée, nous nous pencherons sur les adaptations à faire dans le but que ce soient des personnes handicapées de la vue qui soient chargées du montage et de la vente de cette canne blanche africaine. [caption id="attachment_3247" align="aligncenter" width="600"]Agnès et ses deux enfants Agnès et ses deux enfants[/caption] [caption id="attachment_3248" align="aligncenter" width="600"]Samsung s'exerce au métier de grand-père Samsung s'exerce au métier de grand-père[/caption] Le soir, il y avait une fête à la pension Yiri Suma dans le cadre du carrefour des arts plastiques à Ouagadougou. Comme nous n'avons pas l'intention de faire grand chose aujourd'hui dimanche 10 novembre, jour du seigneur, Bondex vous proposera une galerie de photos qui vous permettra de découvrir les magnifiques photos et objets qui peuplent cet espace aussi artistique que convivial. [caption id="attachment_3251" align="aligncenter" width="600"]L'ombre de Bondi plane sur les champs de Samsung L'ombre de Bondi plane sur les champs de Samsung[/caption] Bon dimanche à tous et bonne reprise!

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    8 novembre 2013

    Il est cinq heures Ouaga s'éveille. La nuit a été bonne mais courte. Assis sur la terrasse de la pension Yiri Suma à Ouagadougou, je vais vous relater les événements d'hier. Ce matin, cela me gratte, j'ai dû me faire bouffer par les moustiques sur la terrasse de la pizzeria Terra Nostra où nous avons passé un moment de franche rigolade avec Bondi. La matinée d'hier a été consacrée à une séance avec le nouveau directeur Isaac, Etienne, Bondi et moi et à la visite des cinq classes de l'Ecole Jean-Marc Meyrat. La séance s'est très bien déroulée. La prise en compte de l'hygiène est un travail de longue haleine. Cependant, nous avons eu le sentiment qu'Isaac était attentif à ce qui constitue une priorité absolue pour l'association a-b-c-d. Isaac propose de mettre en place un tournus hebdomadaire où les membres du personnel enseignant seront chargés de la surveillance et de la sensibilisation des enfants durant les pauses de midi. Je crois qu'Isaac a compris nos préoccupations. selon nous, l'hygiène est peut-être encore plus importante pour ces petits loulous aveugles que pour les autres enfants car s'ils sont négligés, ils seront d'autant plus exclus du corps social. Le principe de l'échange mensuel d'informations est plébiscité par tous. Un simple mail suffit afin que nous puissions anticiper. Je vous donne un simple exemple: la fameuse imprimante braille est bloquée à la douane à Ouagadougou en attendant le versement d'une somme importante. Si nous avions été au courant de cette acquisition, nous aurions pu dire à Etienne d'adresser le matériel à Lucien Naré qui lui, est exonéré des taxes douanières.

    La clôture

    Etienne avait adressé une demande à un club service pour augmenter son activité à Boulsa. Dans cette optique, la mairie de Boulsa lui a octroyé deux terrains contigus à l'école. Jusqu'à maintenant, ce club service, le lion's club, n'a pas donné suite. Nous devons avouer que nous ne sommes pas fâchés que ce projet n'aboutisse pas car nous ne voyons pas comment Etienne pourrait assumer les frais de fonctionnement d'une extension de l'activité. Il ne nous paraît pas opportun de construire cette clôture maintenant car les nouveaux terrains ne sont pas encore libérés de leurs habitants. Par contre, d'autres besoins entrant dans l'activité actuelle sont urgents: la construction d'un dortoir supplémentaire, d'un local de douche et d'une nouvelle classe. Il est donc possible que nous discutions au sein du comité d'un éventuel changement d'affectation des fonds récoltés et que nous fassions une proposition dans ce sens à l'assemblée générale.

    Visite des classes

    [caption id="attachment_3241" align="aligncenter" width="600"]Le tableau du roi Naré à l'honneur Le tableau du roi Naré à l'honneur[/caption] Nous avons été très agréablement surpris par la qualité de l'enseignement et par le soin porté au matériel qu'a-b-c-d a mis à la disposition de l'école. Le livre Lire au Burkina première année qu'a également tapé Christine est très utilisé. Les enfants en étaient à la lettre Z, signe qu'ils n'ont pas pu faire tout le programme 2012. Les petites réglettes avec les chevilles pour composer les lettres braille sont en bon état et très utilisées. [caption id="attachment_3240" align="aligncenter" width="600"]Le livre Lire au Burkina première année en parfaite conservation Le livre Lire au Burkina première année en parfaite conservation[/caption] Chaque classe a maintenant un petit bidon avec un robinet pour que les enfants puissent boire. Nous avons demandé la route après un excellent repas préparé par Jacqueline en présence de tous les enseignants. J'ai acheté une dizaine de filoches que Heinz me rapportera en décembre. Je vais les remettre à Leo, le beau-fils de Francine et papa de la petite Louloune, qui pourra les vendre sur son marché. Il ne s'agit pas de faire de l'argent pour l'association mais plutôt de sensibiliser le public sur l'activité d'a-b-c-d et de trouver un débouché pour les tissages réalisés par Casimir et sa troupe. [caption id="attachment_3238" align="aligncenter" width="450"]Chaque classe a son bidon d'eau Chaque classe a son bidon d'eau[/caption] [caption id="attachment_3242" align="aligncenter" width="600"]Repas d'adieu avec les enseignants Repas d'adieu avec les enseignants[/caption] Le retour à Ouaga a été pénible. Il faisait épouvantablement chaud et l'état de la route était absolument déplorable. Juste le temps de prendre une douche, nous avons rejoint une dizaine d'étudiants aveugles et malvoyants qui nous ont fait part de leur besoin. Ils sont vraiment courageux d'étudier pour ainsi dire sans appui. Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour leur venir en aide. N'oubliez pas de consulter à nouveau le blog des jours précédant car la qualité de la connexion ne nous a pas toujours permis de mettre toutes les photos. Bon week-end