Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

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    10 novembre 2010

    Ce qu'il y a de bien avec Bondex, c'est qu'il n'y va pas par quatre chemins. Il épluche les comptes de l'association, exercice auquel le frère Etienne se prête de bonne grâce. [caption id="attachment_1855" align="aligncenter" width="600"]Petit déjeuner chez frère Etienne Petit déjeuner chez frère Etienne[/caption] Hier soir, après le sempiternel plat de riz, la discussion roulait au sujet des différences entre les obédiences protestantes qui sont très nombreuses au Burkina. Les réponses du pasteur au feu roulant des questions du père Duplo, sont un peu évasives. Cependant, l'objectif est le même pour tous ces courants: sauver les âmes en annonçant la bonne nouvelle. Cela part, bien sûr, d'un profond sentiment, mais... Quoi qu'on en pense, le frère Etienne, comme beaucoup de ses congénères, pratique une forme de prosélytisme de terrain qui n'a pas seulement pour but d sauver des âmes, mais qui tente aussi de soulager le sort bien peu enviable du destin des aveugles qu'il va chercher jusqu'au fond des villages les plus reculés. Il est 7 heures, pour la dernière fois, cette année du moins, je savoure ces moments privilégiés, assis dans mon fauteuil, à écouter la cour s'éveiller. Nous nous rendons à l'école. Nous visitons les 4 classes où les enfants lisent et écrivent en braille. [caption id="attachment_1851" align="aligncenter" width="600"]Un enfant écrit sur sa tablette Un enfant écrit sur sa tablette[/caption] [caption id="attachment_1854" align="aligncenter" width="600"]Classe de lecture Classe de lecture[/caption] Pendant la récréation, Michel en profite pour faire des photos des enfants. Afin de les détendre un peu, nous faisons le bruit du cochon. J'ai bien failli tourner de l'œil après avoir ingurgité de la poussière en reniflant bruyamment. [caption id="attachment_1850" align="aligncenter" width="600"]L'école de Boulsa au grand complet L'école de Boulsa au grand complet[/caption] Au début du projet nous nous étions engagés à atteindre trois objectifs: le forage du puits, la construction de trois classes et la construction de latrines. Après le creusement du forage et la construction des classes, les latrines sont en cours de construction. [caption id="attachment_1852" align="aligncenter" width="600"]Les latrines en construction Les latrines en construction[/caption] Je passe plus d'une heure à donner aux enseignants quelques rudiments d'informatique adaptée aux aveugles sur les PC que nous avons apportés. [caption id="attachment_1853" align="aligncenter" width="600"]Initiation des enseignants à l'informatique Initiation des enseignants à l'informatique[/caption] Pendant ce temps, Bondex et Josette ont rouvert leur célèbre ménagerie. Durant le repas de midi pris chez le frère Etienne, poulet bicyclette, frites et aubergines, nous frisons l'incident diplomatique. Pourtant, nous les avions avertis qu'il ne fallait tout de même pas trop exagérer avec l'emploi de certaines expressions. Surtout une sortie de l'Ancien testament nous a particulièrement fait bondir. Lorsque Lucien invoque l'Eternel Dieu des armées dans sa prière précédant le repas, moi et Michel nous sommes mis à râler. Là, le père Duplo a pété un plomb. "vous ne pouvez pas prôner à longueur de prière la paix et invoquer un chef de guerre". Samsung riait un peu jaune et Le Roi Naré s'est ramassé une chasse du tonnerre de Dieu. En fait, une pause s'impose. Le père Duplo n'en est pas resté là et en a remis une couche en invitant les femmes à partager le repas avec nous. Par pure goût de la provocation, Bondex tape ma bouteille de bière contre la sienne avec un magistral: "A toi la gloire". Il est vraiment extra ce père Duplo. Par contre, je ne suis pas du tout convaincu qu'il arrange les affaires pour séjourner au paradis. Il risque bien de rester très longtemps au purgatoire, séjour qu'il appelle, à l'africaine, le hall d'embarquement. Nous voilà de retour à Ouagadougou. Le pastis et le rouge que nous servent Anne-Christine et Philippe, nous réjouissent le cœur. Proverbe du jour: "ce n'est pas parce que le chacal a mauvaise haleine, qu'il faut l'interdire de bailler". Demain, journée photos.

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    9 novembre 2010

    Assis dans mon désormais traditionnel fauteuil, j'écoute les bruits du quartier qui s'éveille. Le cochon grogne en trottinant, les deux chèvres bêlent en cadence, tout ça, sur fond de reggae que crache la radio d'une voiture garée dans les environs. Frère Etienne est en face de moi. Il prépare le petit déjeuner que nous prenons depuis hier dans notre petit salon en plein air. Au programme ce matin, test avec les enseignants et les enfants du livre de lecture transcrit par ma belle-sœur Christine et poursuite de l'activité duplo. Je viens de présenter le livre à deux enseignants. A Mathieu, le directeur de l'école, et à Yvonne, la maîtresse des tout petits, qui fait la classe avec dans les bras, son petit Fidèle âgé d'un an. Après leur avoir exposé le mode de transcription choisi, je leur demande de faire des tests avec les enfants et de me communiquer leurs observations, afin que je puisse en tenir compte pour l'impression des futurs exemplaires. [caption id="attachment_1882" align="aligncenter" width="600"]La profession se féminise La profession se féminise[/caption] Le père Duplo a monté deux circuits ferroviaires. Un groupe d 6 enfants s'initie aux duplos sous la direction de Josette, la fille du Roi Naré, qui a son diplôme d'enseignante. Elle a tout à fait la voix de l'emploi, aguerrie qu'elle est, après son séjour à Koupéla, où elle tentait de maintenir la discipline devant une classe de 100 gamins. Cela semble avoir été si rude, qu'elle s'est présentée à un concours pour entrer à la poste. [caption id="attachment_1881" align="aligncenter" width="600"]Le père Duplo et Josette, contremaîtres du chantier Le père Duplo et Josette, contremaîtres du chantier[/caption] J'ai installé ma chaise devant la classe. Les enfants viennent me saluer respectueusement. Samsung est tout inquiet. Un voyant du Toyote reste allumé et il a un peu de peine avec les explications en allemand. Le père Duplo se penche sur le problème. Le Toyote manque d'eau, ce n'est pas le seul. Le père Duplo vient de se muer en chef de gare. Il siffle et fait même le bruit du train. Le train duplo déchaîne l'enthousiasme. Imaginez, ces enfants qui n'ont seulement jamais vu un train. Le père Duplo pose un tunnel, c'est l'affolement. [caption id="attachment_1880" align="aligncenter" width="600"]Wendemi joue au chef de gare Wendemi joue au chef de gare[/caption] Le pasteur Bouba vient de m'offrir un boulier de sa fabrication. Dans un cadre en bois, il a enchâssé quinze tiges faites à partir de rayons de vélo qui comportent les mêmes perles que celles que les femmes se mettent autour des reins. Ainsi, la devise de Thomas Sancara prend tout son sens: consommons ce que nous produisons et produisons ce que nous consommons. A 17 heures à la descente, à la fin de la classe, nous ouvrons la ménagerie des animaux en matière plastique que nous avons achetés avec Francine. [caption id="attachment_1879" align="aligncenter" width="600"]La ménagerie est ouverte La ménagerie est ouverte[/caption] Après avoir fait le sifflet et le train, Bondex rugit, barrit, brait, grogne et feule, lorsque les enfants ne reconnaissent pas tout de suite les animaux. va-t-il bientôt vagir? Décidément, pelage soyeux est plein de ressources. [caption id="attachment_1877" align="aligncenter" width="600"]Qu'est-ce que ce long cou? Qu'est-ce que ce long cou?[/caption] Les discussions à propos de la religion occupe une bonne place durant les repas, j'en prends pour preuve ce qui suit. Psaume 42, versets 1 et 2. Voici la version de la bible du père Duplo: "Comme le cerf brame après l'eau vive, ainsi mon âme soupire après toi, Seigneur". Voici celle de la bible du pasteur Bouba: "Comme la biche soupire auprès des eaux paisibles, ainsi mon âme soupire auprès de toi, Seigneur". Il est vraiment temps de rentrer, si on ne veut pas finir en taule ou dans les ordres.

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    8 novembre 2010

    La nuit ne s'est pas très bien passée. Nous devons sûrement manquer de vin rouge. Une éprouvante mais intéressante journée nous attend. Il est 6 heures. Installé dans un fauteuil de notre salon extérieur. J'entends les coqs chanter. Le cochon de la maisonnée grogne dans la cour. Une chèvre, puis deux, lui répondent. Les gens vont et viennent vaquant à leurs occupations. Les enfants du frère Etienne sont déjà debout. Le petit Benaza, âgé de 9 ans, vient me serrer la pince. Aujourd'hui, nous partons faire de la sensibilisation dans le quartier où est né le frère Etienne, ainsi que dans un village où nous attend le chef coutumier. 24 enfants et une dizaine d'adultes se sont entassés dans deux bus, dont le célèbre Toyote. Je suis très heureux, car le petit Wendemi, "Dieu sait tout" en langue mauré, le chouchou de Francine, est avec nous à bord du Toyote. Nous avons quitté la route pour prendre une piste défoncée, qui souvent n'est qu'un sentier à peine tracé. Au quartier du frère Etienne, en fait, un village loin de tout, nous sommes accueillis par la danse des femmes accompagnée de tambours. Les femmes virevoltent et se tapent le cul l'une contre l'autre. [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="600"]Accueil des femmes de Lungu Accueil des femmes de Lungu[/caption] Après les discours d'usage, les invités et les enfants partagent un plat de riz, duquel les nassara que nous sommes, sont exclus, pour raison de santé... Nous assistons au festin avec notre seul bidon d'eau aseptisée. Le père Duplo rêve d'un coup de blanc. Les villageois sont fiers de leur fils Etienne et ils ont de quoi. [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="600"]Une petite fille participe au festin Une petite fille participe au festin[/caption] Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures avec deux poulets offerts par le village. Ils vont rejoindre le poulailler de l'école de Boulsa. Nous arrivons à Belga, un ensemble de villages qui comptent 8.000 habitants, escortés par une dizaine de cyclistes du coin. Nous sommes accueilli par le chef du village devant lequel se prosternent les habitants. [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="600"]Accueil haut en couleur par le chef coutumier de Belga Accueil haut en couleur par le chef coutumier de Belga[/caption] D'une stature imposante, d'aucuns disent que son volume a passablement diminué, il est coiffé d'un bonnet rouge que ces ancêtres ont porté comme la dague qu'il tient dans ses mains, signe de son pouvoir. De sa voix grave et posée, ils donnent des ordres aux conseillers de son village et d'un signe de tête écarte l'arrivant qui voudrait s'en approcher. [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="600"]Interview avec le chef coutumier Interview avec le chef coutumier[/caption] Audio: interview avec le chef coutumier [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/interview-avec-le-chef-coutumier1.mp3"][/audio] Avant d'avoir été coopté chef du village, il a travaillé chez Total France, puis a effectué plusieurs jobs  qui rapportent gros, notamment dans les travaux publics et le bâtiment. Il ne faut pas s'y tromper. Sous sa bonhomie, cela ne doit pas rigoler tous les jours. On pourrait croire à première vue, à un équilibre fragile entre tradition et modernité. Il n'en est rien. Le chef coutumier a ou avait droit de vie et de mort sur les 3.000 km2 de son territoire. Comme il le dit avec malice, les relations qui prévalent entre ses prérogatives et celles de l'administration, sont comparables à celles qui régissent les rapports entre un cavalier et sa monture. L'un a besoin de l'autre et doit le respecter. [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="450"]Danses rituelles à Belga Danses rituelles à Belga[/caption] Ce sont environ 200 personnes qui assistent, durant plus de deux heures, aux chants, aux récitations et aux performances de lecture et d'écriture braille des enfants. [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="600"]Un enfant lit sur le tableau noir du roi Naré Un enfant lit sur le tableau noir du roi Naré[/caption] Audio: Chant d'enfants [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/Chant-denfants.mp3"][/audio] Après les discours d'usage, tout s'achève avec une partie de torball, une sorte de football pour aveugles, dont les règles ont été quelque peu adaptées aux circonstances. [caption id="attachment_1773" align="aligncenter" width="600"]Partie de foot pour aveugles à Belga Partie de foot pour aveugles à Belga[/caption] Nous avons aussi l'occasion d'assister à des danses endiablées. Incroyable, je n'ai jamais entendu des percussions pareilles. Trois gars assurent comme des bêtes. Ça remonte des pieds au diaphragme. Malheureusement, le limiteur de mon enregistreur numérique, ne me permet pas de recueillir cette richesse. Les danseurs sont masqués et portent des costumes sombres faits de sorte de ficelles qui se soulèvent à chaque mouvement rapide. J'ai promis au chef coutumier de Belga, de pousser jusque chez lui l'année prochaine avec Francine, la lionne blanche. [caption id="attachment_1813" align="aligncenter" width="600"]Ca chauffe! Ca chauffe![/caption] Le chef vient de nous donner la route. Nous repartons avec un troisième poulet et un mouton qui est attaché sur le toit d'un des bus. De notre côté, nous lui avons offert un peu d'argent, comme le veut la tradition. A notre retour, nous avons une longue et édifiante discussion avec le frère Etienne, quant à la situation de l'école, autant du point de vue des structures que des finances. A défaut de la foi, il faut avoir le moral. Rassurez-vous, il reste inébranlable. Faute de trésorerie suffisante, les enseignants n'ont pas été payés depuis deux mois. De plus, les salaires pratiqués à l'école de Boulsa sont bien moindre que ceux proposés dans l'enseignement public, si bien, que les enseignants se présentent aux concours pour entrer dans la fonction publique et trouver des postes plus lucratifs. Cette position peut avoir, à moyen terme, des conséquences désastreuses pour la pérennité de l'enseignement. Frère Etienne et sa femme ne sont pas payés. Il a entrepris des démarches pour que son école soit reconnue par l'état, ce qui aurait pour effet que la formation des professeurs pourrait être prise en charge. Cependant, cela ne règlerait pas le problème de fond. Les enseignants marchent à l'enthousiasme et, il faut bien l'admettre, à la foi. Il faut absolument que l'école de Boulsa trouve des activités génératrices des ressources nouvelles ou trouver du financement extérieur. La piste du parrainage pourrait être envisagée. Selon un rapide calcul, la somme de 30 francs suisses par mois et par enfant, devrait couvrir les frais. Lâché comme ça, ce chiffre représente peu de chose, mais il y a 45 élèves. Ce chiffre prendrait en compte les frais d'hébergement et de scolarisation d'un enfant pour 9 mois et les salaires des enseignants pendant 12, ce qui pourraient fidéliser les collaborateurs. Après une petite sieste, nous allons manger chez Evelyne, la directrice provinciale de l'enseignement de base et de l'alphabétisation du Namentenga, qui a ouvert un bistro. Michel a mis son Marcel. Rien que de poser la main sur son épaule qui colle vous enlève instantanément toute envie. Alors, je le tiens au sac à dos. A si peu!

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    7 novembre 2010

    Hier soir, avant de nous coucher, Bondex a demandé: "Qu'est-ce qu'on fait dimanche si il pleut?" Il ne croyait pas si bien dire, il a plu pendant la nuit. Aujourd'hui, il fait un temps très agréable. Philippe Fayet avait raison. Il y a effectivement à Boulsa une autre structure qui s'occupe des personne handicapées de la vue. L'an passé, l'Association burkinabé pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABEPAM) a mis en place une antenne à Boulsa, qui alphabétise les aveugles adultes en Braille. Cependant, dans les 3 provinces du Nord-est du Burkina Faso, dont celle de Boulsa, on ne compte qu'une seule école pour enfants aveugles: l'école Jean-Marc Meyrat. [caption id="attachment_1762" align="aligncenter" width="450"]Wendemi, le petit chouchou de Francine Wendemi, le petit chouchou de Francine[/caption] Audio: Wendemi chante pour la lionne blanche [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/Wendemi-chante-pour-la-lionne-blanche.mp3"][/audio] A Boulsa, on est bien loin des querelles de la capitale. Le frère Etienne entretient d'excellentes relations avec l'ABEPAM et nous assure que la bibliothèque braille autant que la salle informatique, seront mises gratuitement à la disposition de toutes les personnes handicapées de la vue. [caption id="attachment_1764" align="aligncenter" width="600"]On a des espionnes dans la cour On a des espionnes dans la cour[/caption] Frère Etienne, le meilleur motard de tout l'Ouest africain, est vraiment un homme exceptionnel. A l'instar du pasteur Samsung, il est ouvert et tolérant. Il est bourré d'humour et rigole de bon cœur aux facéties du père Duplo. Et pourtant. L'année passée, il a été victime d'un grave accident de la route où il y a eu mort d'homme. Cette année, il a perdu sa maison suite à des pluies exceptionnellement abondantes. Quand Bondex lui a parlé de la convention des droits des enfants handicapés, il s'est montré très intéressé et a demandé qu'il lui transmette les documents s'y référant. Ce matin, nous suivons le culte, car Samsung va battre la lunga. Il s'agit d'un tambour tenu sur le côté, que l'on frappe avec un bâton, dont on peut faire varier le son en imprimant une pression avec le coude sur des cordelettes tendues. [caption id="attachment_1766" align="aligncenter" width="600"]Samsung au lunga Samsung au lunga[/caption] Je profite du sermon pour écrire. Je viens d'entendre pour la vingt-cinquième fois que la piété est ceci et cela. Le prédicateur mélange un peu tout. Il s'échauffe petit à petit. Bientôt, il va montrer du doigt celles et ceux qui étaient absents dimanche passé. Car attention, il ne suffit pas de venir à l'église le dimanche pour faire preuve de piété, voilà qui n'arrange certainement pas les affaires du père Duplo. Le culte est mixte, en langue vernaculaire et en français. D'après les hésitations du locuteurs francophones, la traduction paraît un peu approximative. Le ping-pong s'accélère. Le pasteur qui traduit a de plus en plus de peine à en placer une. C'est vraiment incroyable, il n'y a aucun lien avec la vie quotidienne dans ce sermon. Qu'est-ce que les gens peuvent-ils trouver dans ces extrapolations des écritures. Enfin, ça chante. Ça y est, l'orchestre a trouvé le ton. La guitare joue un peu faux, mais bon. Malheureusement, le répit est de courte durée. Le premier pasteur vient d'être repris par le peloton, un autre place un démarrage et s'échappe. Nous sommes tous debout. Le pasteur harangue l'assemblée en même temps que les paroissiens confessent à voix haute leurs péchés et expriment leurs états d'âme. Le calme revient. Voilà le roi Naré et Bouba qui montent sur scène. Bouba fait se lever votre serviteur et le père Duplo. En sortant du culte, nous faisons une petit halte à la buvette pour réapprovisionner en bières le réfrigérateur du cantonnement. Nous nous retrouvons tous dans notre petit salon en plein air. Accompagné du tambour de Samsung, tous, même le père Duplo, reprennent le cantique: A toi la gloire! Si ce n'est pas malheureux des choses pareilles! [caption id="attachment_1768" align="aligncenter" width="600"]Répétition générale pour Carime Répétition générale pour Carime[/caption]

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    6 novembre 2010

    La nuit ne s'est pas trop mal passée. Hier soir, je me suis ruiné un doigt dans le ventilateur. Bondex est intervenu avec sa trousse de premiers secours, les cours de samaritains, cela peut aider. Ce matin, avec Bouba, nous allons tenter d'installer l'imprimante braille. J'ai demandé au pasteur Etienne de me passer tous les câbles informatiques à disposition. Bouba et Samsung ont fait une prière collective pour que tout se passe au mieux. pour l'instant, Dieu demeure sourd aux sollicitations de nos deux pasteurs. Cependant, nous ne perdons pas espoir, ceci d'autant plus que j'ai envoyé un SMS„ à Blaise, le dieu du service informatique pour handicapés de la vue, pour qu'il nous donne un coup de pouce.Nous installons les trois PC portable avec synthèse vocale que nous avons apportés et qui permettront peut-être la création du premier cyber café de Boulsa, à l'instar de celui géré par des aveugles à Kinchasa. Dans la pièce à côté, j'entends le père Duplo qui construit des maisons avec les petits. Carime a réalisé une maison gigantesque sur le toit de laquelle, il a installé une vache. Trois groupes de six, instruits par Bondi et Josette, sont déjà passés. L'apprentissage se fait de manière fulgurante et après une petite demi-heure, la majorité des enfants a réalisé des maisons aussiplus belles qu' inattendues. Nous allons adopter le même système pour présenter la collection d'animaux en plastic que nous avons apportée. [caption id="attachment_1748" align="aligncenter" width="600"]Les enfants jouent aux Duplos Les enfants jouent aux Duplos[/caption] Le puits qui se trouve au centre de la cour de l'école que le père Dduplo voit en fonction pour la première fois, profite non seulement à l'école, mais aussi à 27 familles des environs. Pendant la saison des pluies, le forfait mensuel pour chaque famille s'élève à 150 CFA (0.32 CHF) pour monter à 250 CFA (0.54 CHF) pendant la saison sèche. C'est sympa, c'est un jeune aveugle qui tient les contrats et la caisse. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le repas des enfants est plutôt frugal: de la farine de maïs mélangée à l'eau que la femme du pasteur Etienne touille avec la participation remarquée du père Duplo et fait cuire dans un grand chaudron pendant 30 minutes. Les enfants participent aux tâches ménagères. Ils donnent un coup de main à la cusine à tout de rôle et font la vaisselle, les filles rassurez-vous. [caption id="attachment_1751" align="aligncenter" width="600"]Le père Duplo touille le maïs Le père Duplo touille le maïs[/caption] En circulant dans les différents locaux de l'école, on peut rencontrer quelques jeunes qui effectuent des travaux manuels, comme la confection de petits sacs en macramé ou de filets pour la pêche, pendant que des plus jeunes actionnent la grande roue du puits pour remplir les bidons qui attendent sagement d'être remplis. [caption id="attachment_1753" align="aligncenter" width="600"]Un gamin à la grande roue Un gamin à la grande roue[/caption] [caption id="attachment_1755" align="aligncenter" width="600"]Un jeune dans le filet Un jeune dans le filet[/caption] [caption id="attachment_1757" align="aligncenter" width="450"]Un jeune dans le sac Un jeune dans le sac[/caption] Je ne suis pas de très bonne humeur en ce début d'après-midi, j'imagine Monsieur Baud. 30 minutes pour se laver les mains, plus encore pour avoir une bière. Il fait 40 degrés à l'ombre. J'essaie, tant bien que mal, de conserver mon calme, mais c'est rude. C'est peut-être l'indolence africaine, mais cela ne se passait pas ainsi lors de mes quatre premiers séjours. Le père Duplo a chaud. Il attend les clefs du cantonnement pour prendre une douche. Il me fait la lecture des droits des enfants handicapés. Beaucoup de grands principes, pas même appliqués chez nous, mais avec une phrase révélatrice: la fourniture de soins spéciaux et d'une assistance est soumise à la disponibilité des ressources et gratuite chaque fois qu'il est possible. Voilà qui est encourageant et surtout rassurant. Dans la cour, une chèvre bêle, un cochon grogne, les enfants du pasteur Etienne vont et viennent.

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    5 novembre 2010

    Nous voilà partis pour Boulsa. Cette nuit, il a plu sur Ouagadougou, ce qui a surpris les gens en ce mois de novembre. Le Toyote chargé, vient d'être béni par Rosalie, la femme du Roi Naré. [caption id="attachment_1736" align="aligncenter" width="600"]Bénédiction du Toyote avec mama Afrika Bénédiction du Toyote avec mama Afrika[/caption] Nous allons faire une première halte à Wayen, à 50 kilomètres de Ouaga sur la route qui mène au Niger et au Togo. Sur le conseil de Francine, nous apportons des habits à cette communauté d'aveugles vraiment démunie. Nous avons acheté à Ouaga, un ballot. Pour 55.000 francs CFA, environ 100 francs suisses, un ballot contient, à peu de chose près, 40 kg de vêtements. Il s'agit d'habits de seconde main provenant des pays riches. Il est difficile de déterminer la filière exacte d'acheminement et surtout, celle d'une vente confiée sur place à des privés. Je ne me permettrais pas d'insinuer qu'il s'agit de collectes caritatives qui finissent entre les mains de particuliers, mais ce n'est pas très clair. [caption id="attachment_1738" align="aligncenter" width="600"]La communauté des aveugles de Wayen La communauté des aveugles de Wayen[/caption] Je suis vraiment très heureux de constater avec quel soin Lucien Naré prend soin de notre cher Toyote. Cependant, j'ai un peu souci pour son embrayage. J'ai malheureusement appris que le dédouanement du véhicule a coûté, très cher à l'association, environ 1.000 francs suisses. Nous venons de faire halte à Zorgho, où se trouve un centre d'alphabétisation auquel nous avons remis un ordinateur portable équipé d'une synthèse vocale. J'ai reçu un petit cadeau qui doit être, à la forme du carton, une pochette porte-document. Le pasteur Michel, en m'offrant son présent, a cité ce qui sera la maxime du jour: l'aigle voudrait prendre une chèvre, mais comme il n'a pas suffisamment de force, il se contente des poussins. Ceci me semble parfaitement convenir à ce que nous tentons de faire au pays des hommes intègres. [caption id="attachment_1741" align="aligncenter" width="600"]Echanges de cadeaux à Zorgho Echanges de cadeaux à Zorgho[/caption] Maintenant, direction Koupéla et peut-être, son célèbre poulet bicyclette. Il y a une année, Bondex y laissait une dent. Nous venons de quitter Koupéla. Nous sommes sur la piste qui mène à Boulsa. Elle est creusée au point que j'ai du mal à taper sur mon clavier braille par contre, cela aide à faire passer le poulet bicyclette et les sucreries, coca ou fanta, qui l'ont accompagné. Samsung est concentré sur la route, le silence règne dans le Toyote, à l'exception des portables du roi Naré. Maintenant, tel un directeur général, il en possède deux. A croire qu'ils vont bientôt s'appeler l'un l'autre. De temps à autre, de Dieu, de Dieu, proviennent du fond eu Toyote où Bondi prétend que l'on ressent les secousses trois fois plus violemment que devant. Pour ma part je pourrais bien me faire sauter une dent avec ma pipe. Pour avoir emprunté la piste à quatre reprises déjà, je ne les jamais vue dans un tel état. Les trous sont gigantesques et il n'est pas rare que nous roulions au pas pour ne pas tout casser. La gendarmerie est présente. Je dois reconnaître que je ne ferais pas la piste la nuit à cause des coupeurs de route, appellation locale des braqueurs. Sur le bas-côté, des enfants crient: "nassara! nassara!" des blancs! des blancs! [caption id="attachment_1743" align="aligncenter" width="600"]Bonne arrivée à Boulsa Bonne arrivée à Boulsa[/caption] Nous venons d'arriver: Les enfants nous attendaient. J'ai serré la main de tous les enfants. Je suis au bord des larmes. Mon portrait trône sur le bâtiment administratif, ainsi que dans chaque classe. Voilà, nous venons prendre possession de nos appartements. Absolument magnifique. Nous faisons chambre à part, nous avons chacun deux ventilateurs, un petit salon à disposition, un réfrigérateur, grand comme un sarcophage, pour mettre nos bières au frais. Nous n'avons jamais eu de telles conditions d'hébergement. Décidément, mon séjour de deux mois au Burkina se précise. Une caisse de Brakina arrive. Dieu est vraiment magnanime. [caption id="attachment_1746" align="aligncenter" width="450"]Un joueur de gon à Zorrgho Un joueur de gon à Zorrgho[/caption]

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    4 novembre 2010

    Le principal événement qui a marqué cette journée caniculaire, a été la visite du Centre Siloé, une des écoles pour aveugles et malvoyants fondées par l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina. [caption id="attachment_1705" align="aligncenter" width="600"]Chant d'accueil Chant d'accueil[/caption] Soyez les bienvenus [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/Soyez-les-bienvenus.mp3"][/audio] [caption id="attachment_1701" align="aligncenter" width="600"]Les enfants chantent encore Les enfants chantent encore[/caption] [caption id="attachment_1696" align="aligncenter" width="600"]Deux mains découvrent le livre transcrit par Christine Fayet Deux mains découvrent le livre transcrit par Christine Fayet[/caption] [caption id="attachment_1703" align="aligncenter" width="450"]La petite Marie dit un poême pour Francine et Jean-Marc La petite Marie dit un poême pour Francine et Jean-Marc[/caption] Marie dit un poème [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/Marie-dit-un-poème-pour-Francine-et-Jean-Marc.mp3"][/audio] [caption id="attachment_1700" align="aligncenter" width="600"]Ils chantent toujours Ils chantent toujours[/caption]

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    3 novembre 2010

    La matinée a été à nouveau consacrée au recyclage informatique du Roi Naré. Cette fois, mon esprit chrétien ne pourra plus jamais être remis en cause. J'en prends pour preuve, l'accès direct à la bible sur internet que j'ai implanté sur la machine de Lucien. En fin d'après-midi, après une sieste réparatrice, nous nous sommes rendus à L'Association burkinabé pour la promotion des aveugles et malvoyants. Il s'agit-là de la principale organisation active en faveur des aveugles au Burkina. Il y a pas mal de tirage entre les divers associations. Je leur dis qu'en Suisse, il a fallu attendre 50 années pour que les acteurs du domaine prennent conscience de la nécessité de travailler en synergie. Je vais m'atteler à faire un petit rapport quant à cette visite afin qu'Heinz Rothacher, le secrétaire général de la MEB, sache sur quel pied danser lors de sa prochaine visite fixée à la fin novembre 2010. De retour chez les Fayet, nous avons été mangé libanais sur la terrasse d'à côté. Je profite de cette actualité somme toute calme, pour vous proposer un portrait du pasteur Sam Enoc, joyeusement appelé pasteur Samsung, le pasteur éleveur, chauffeur, bâtisseur, agriculteur, chasseur et cueilleur. Audio: interview avec Samsung [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/interview-avec-Samsung-11.mp3"][/audio] [caption id="attachment_1673" align="aligncenter" width="600"]Samsung à l'interview Samsung à l'interview[/caption] [caption id="attachment_1670" align="aligncenter" width="600"]Samsung dans les choux Samsung dans les choux[/caption] Audio: interveiw avec Samsung suite [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/interveiw-Samsung-21.mp3"][/audio] [caption id="attachment_1671" align="aligncenter" width="600"]La Dixence de Samsung La Dixence de Samsung[/caption] Audio: interview avec Samsung fin [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2010/11/interview-Samsung-3.mp3"][/audio] [caption id="attachment_1672" align="aligncenter" width="600"]Gédéon, le neveu de Samsung, a 25 jours Gédéon, le neveu de Samsung, a 25 jours[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    Les paysans africains et l’agriculture transgénique

    Les producteurs de coton burkinabé sont esclaves des semences transgéniques. Le coton qui constitue une des principales richesses de l'agriculture burkinabé est une résurgence coloniale. Les grands producteurs d'OGM, que sont l'américain Monsanto et le suisse Syngenta, occupent le terrain. Scandaleusement ces deux entreprises se sont partagées le marché mondial. Syngenta a quitté l'Afrique pour occuper le marché latino-américain, où les intérêts américains ne sont pas très bien vus par certains. Préoccupés par la sécurité alimentaire, les paysans burkinabé préfèrent recourir aux OGM. Est-ce qu'on a suffisamment édicté les lois régissant le recours aux OGM? a-t-on suffisamment exploité les pistes de la recherche agricole classique? Un chantage se fait jour. Vous les paysans, vous êtes, que vous le vouliez ou non, dans la productivité industrielle, vous avez loupé la révolution verte, ne loupez pas la révolution génétique. Cela fait tout de même froid dans le dos. Les bouches à nourrir sont de plus en plus nombreuses et les pays doivent exporter des denrées dont le prix est fixé par les importateurs américains et européens. Comme les enfants, même en milieu rural, vont à l'école, il y a de moins en moins d'actifs dans les champs qui doivent générer la plus grande valeur ajoutée possible pour assumer les coûts et peut-être, limiter l'émigration incontrôlée vers les pays riches. A l'exception du coton, le Burkina Faso ne subit pas encore de lourdes pression. Cependant, la journaliste Catherine Morand mentionne des cas de discrets débarquements de semences transgéniques de nuit sur l'aéroport de Ouagadougou: c'est la grande opacité. Est-ce que le recours à grande échelle des OGM pourrait venir à bout de la famine? Certainement pas, car une telle agriculture est généralement monolithique et de ce fait, à la merci des catastrophes écologiques et des variations des cours mondiaux des produits alimentaires. Malheureusement, les meilleurs chercheurs sont engagés par les grandes entreprises privées occidentales. Selon certains intervenants, les connaissances agronomiques sont à dessin sous utilisées, au profit de la recherche dans le domaine de la chimie.

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    2 novembre 2010

    Il fait chaud, mais c'est supportable, 35 degrés environ. Nous sommes en route pour un premier recyclage informatique à dispenser au roi Naré. Nous sommes dans le trafic intense de Ouaga à bord du célèbre Toyote qui brille comme un sou neuf. [caption id="attachment_1652" align="aligncenter" width="600"]Le Toyote relooké avec le pasteur Samsung et le roi Naré Le Toyote relooké avec le pasteur Samsung et le roi Naré[/caption] Il a maintenant 317.000 bornes au compteur mais se porte comme un charme. Bien que Samsung l'ait parfaitement à sa main, cela ne l'a pas empêché de ramasser une bûche pour avoir emprunté un sens interdit. Le roi Naré a dit: "oh! police au cœur de pierre!" [caption id="attachment_1654" align="aligncenter" width="600"]Une artère à Ouaga Une artère à Ouaga[/caption] Les petites motos chinoises se faufilent avec hardiesse en pétaradant. Cela sent le gasoil et la viande qui grille dans les petites échoppes à même le trottoir. Cela klaxonne de partout. Nous voilà coincés dans un embouteillage causé par un accident. Le cœur du reggae bat des haut-parleur qui crachent un son pourri. [caption id="attachment_1655" align="aligncenter" width="600"]Une rue tout à fait typique à Ouaga Une rue tout à fait typique à Ouaga[/caption] L'ordinateur du roi Naré fonctionne bien. Nous venons de poser l'écran offert par Heinz. Quant à l'imprimante braille, je me sens un peu démuni. Le roi Naré vient de se tirer, toute affaire cessante: il est demandé au ministère, dommage qu'il ait oublié sa médaille du mérite national à la maison. Bondex vient d'aller chercher les deux premières bières de la journée. Il est une heure, nous sommes raisonnables. J'ai passé au moins une plombe pour organiser le nouveau téléphone portable que j'ai apporté au roi Naré. [caption id="attachment_1653" align="aligncenter" width="600"]Je tire sur ma pipe sous l'arbre de la sagesse Je tire sur ma pipe sous l'arbre de la sagesse[/caption] Après d'excellentes crudités partagées avec Bondi et Tinou, je me retire dans mes appartement pour faire une sieste et m'occuper du blog. En fin d'après-midi, nous nous rendons à l'hôtel Indépendance, où Philippe participe à une table ronde dans le cadre du Forum international médias nord sud, fondation dirigée par Jean-Philippe Rapp. [caption id="attachment_1676" align="aligncenter" width="600"]Fayet en action Fayet en action[/caption] En soirée, nous partageons un repas dans un jardin avec Jean-Philippe Rapp, son épouse, Philippe Dahinden, un ancien journaliste de la RSR qui monte maintenant des radios dans les zones en conflit, un avocat lausannois que je connais de la Bavaria, Bondi, Philippe et Tinou. La nourriture est bonne, la musique aussi forte que répétitive. Il m'est impossible de vous laisser pour aujourd'hui, sans vous entretenir du "pichet", le vin servi sur cette agréable terrasse, qui, affirme le serveur, vient directement de Paris et qui n'a, selon les dires experts de Philippe, pas une once de raisin. Je crois que je préférais encore le pinard que nous avions acheté, dix-huit mois plus tôt en France, que nous avons fini dans les larmes dans le désert mauritanien.