Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

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    18 mars 2009

    Il y a à peine 10 mois, par une même chaude journée, nous quittions Ouagadougou pour nous rendre à Boulsa avec Heinz Rothacher, Lucien Naré, les pasteurs Bouba et Samsung et moi-même. Que de chemin parcouru depuis. L'équipement informatique de Lucien, plus de la moitié des fonds réunis pour le projet de Boulsa, le matériel réuni que nous remettons dans les différents endroits que nous visiterons aujourd'hui avant d'arriver dans cette chère ville de Boulsa pour y retrouver son école pour enfants aveugles et son tout à fait remarquable responsable: le magnifique frère Etienne... Nous avons pris place dans un Toyota Hiace de location, le même  que notre Toyote mais diezel et 4x4 qui ne peut en aucun cas s'arroger le droit de porter le surnom de Toyote. Notre première halte a pour cadre Wayen, une commune située à 60 kilomètres environ de Ouagadougou. L'an dernier, la situation dans cette communauté rurale était assez catastrophique. Les cours de Braille avaient été interrompus. La communauté était en complet désarroi suite au départ avec la caisse de son responsable. Un calme très reposant règne ici. Le silence n'est troublé que par la grand-route qui se trouve à quelques centaines de mètres, par les poules, un coq, les pintades, les tourterelles et une mignonne petite chèvre. Les choses semblent s'être arrangées depuis mon premier passage avec Heinz, puisque la communauté a repris les cours de Braille et qu'elle a des projets concrets qui s'articulent comme souvent, autour du maraîchage et du petit élevage. Il ne manque à Michel qu'une houppelande rouge et une fausse barbe blanche pour faire un père noël presque parfait. Décidément, cet homme a bien des cordes à son arc. Il sort les objets des cartons en fait l'article comme si il tenait un stand sur une foire. La seconde halte a lieu à Zorogho. Nous effectuons une visite chez le Maire qui a procuré au groupe local un terrain de 5.000 m2 pour y construire une école et un centre de formation pour les personnes aveugles et malvoyantes. La situation de cette parcelle paraît particulièrement intéressante puisqu'une retenue d'eau est dans les environs et  qu'une école ordinaire qui est à proximité, pourrait à terme intégrer des enfants handicapés de la vue. Il est onze heures environ, Philippe commence à voir des bouteilles de Flag un peu partout. Mais fanta, coca sont de mise, le père noël Bondi s'est même essayé au youky tonic. Ne me demandez pas ce que c'est, je n'en sais rien, je ne touche pas à ces trucs-là, moi. La troisième visite, à Koupéla, permettra à notre troupe de visiter le centre et de se sustenter. Au menu: silure et sardine, pour moi qui n'apprécie guère le poisson, ce n'est pas terrible. Par contre, le mélange de légumes composé de tomates, aubergines, oignons et piments, est délicieux. Cher Toyote, reposes-toi tranquillement dans la cour de l'ancien centre de l'ASHVB. Laisses faire l'autre, la piste de Boulsa est pire que jamais. Du reste, il faudra que nous poussions le Toyota Hiace qui refuse de démarrer. Toi, tu ne nous aurais jamais fait une chose pareille. Mais j'ai un grand regret, celui que ce ne soit pas toi qui ait été accueilli par les enfants au bord de la route comme l'avait été la Golf un peu métallisée sortie d'usine en 1976 qui avait fait une entrée triomphale dans la ville en mai 2009. Les chants des enfants ont été magnifiques. De mémoire d'enfants africains, jamais une telle quantité de bonbons n'a été engloutie. Le puits a été foré. Il aura fallu creuser 85 mètres pour trouver la nappe dont l'eau extraite comme sondage a été déclarée parfaitement propre à la consommation. La grande roue pour tirer l'eau qui pourra être actionnée simultanément par plusieurs enfants, sera posée le 22 mars 2009. Nous venons de nous rendre chez le Maire de Boulsa qui nous a fait une excellente impression. Il a pas mal d'humour et paraît tout à fait disposé à nous aider pour les divers problèmes de dédouanement que nous pourrions rencontrer pour importer du matériel dans sa commune. Après un couscous pris en commun arrosé de quelques flag, nous n'avons pas traîné avant de nous rendre sous la moustiquaire dans nos cases respectives. Aujourd'hui, une dure journée nous attend. Petite Colinouche, je n'avais pas assez de place dans mon sac pour prendre Oui-oui avec nous à Boulsa. En plus, il m'a dit qu'il voulait comme le Toyote, se reposer au frais à Ouagadougou. Tu ne pourras donc pas retrouver ses aventures aujourd'hui et demain. Mais c'est promis, dès vendredi, tu le retrouveras sur le blog de ton tonton et de ses potes. Dimanche sera pour lui une très belle journée car il va être adopté par la petite Marie. En attendant Oui-oui dort dans le lit de tonton. [caption id="attachment_303" align="aligncenter" width="450"]Tonton chante une berseuse à Oui-oui Tonton chante une berseuse à Oui-oui[/caption] [caption id="attachment_304" align="aligncenter" width="600"]Les femmes de Wayen attendent... Les femmes de Wayen attendent...[/caption] [caption id="attachment_305" align="aligncenter" width="600"]Cours de braille en plein air à Zorogho Cours de braille en plein air à Zorogho[/caption] [caption id="attachment_302" align="aligncenter" width="600"]La fille du pasteur à Koupela La fille du pasteur à Koupela[/caption] [caption id="attachment_307" align="aligncenter" width="600"]9 places dedant et 2 dessus 9 places dedant et 2 dessus[/caption] [caption id="attachment_308" align="aligncenter" width="600"]Arrivée triomphale à Boulsa Arrivée triomphale à Boulsa[/caption]

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    17 mars 2009

    Ouagadougou compte 5 millions d'habitants. A l'instar des grandes métropoles africaines, la ville attire de nombreux jeunes qui quittent les zones rurales pour chercher des petits boulots et qui en sont souvent réduits à vendre des cartes de téléphone ou à garder des voitures pour survivre, ou malheureusement, à flirter avec la petite délinquance ou à émigrer dans les pays voisins. Ouaga est une ville très étendue sur un plateau latéritique, dit le plateau mossi du nom de l'ethnie majoritaire du pays des hommes intègres. Les nouveaux quartiers poussent comme des champignons et sont construits de manière complètement anarchique. Ils se composent de petites maisons où l'eau et l'électricité ne parviennent que bien plus tard. Il est tout de même étonnant de poser des villes aussi gigantesques sur des terres où il y a si peu d'eau. L'eau provient de retenues d'eau remplies par le ruissellement des eaux de surface lors de la saison des pluies. Il y a tout de même quelques nappes phréatiques qui sont très profonde. Les grands axes sont goudronnés. Par contre, les rues sont des pistes en latérite. En période de pluie, les véhicules s'embourbent et creusent des ornières qui rendent l'été ces pistes, couramment appelées "6 mètres" en raison de leur largeur initiale, complètement chaotiques. En général, la ville est propre. Chaque matin, à l'aube, des groupes de femmes payées par la municipalité nettoient les trottoirs. Cette tradition remonterait à l'expérience révolutionnaire menée dans les années 80, par le capitaine Thomas Sankara pour mettre en valeur l'égalité homme femme. La circulation est démentielle, à l'africaine, ce sont essentiellement des deux roues qui hurlent et klaxonnent, surtout d mobylettes d'origine chinoise. Sur les quelques grandes artères urbaines, on trouve même des pistes cyclables avec un décalage des feux pour différer le démarrage des voitures et permettre aux deux roues de prendre un peu de champ. Dans la complète illégalité, nous nous sommes tous embarqués dans le Toyote. Nous allons nous rendre de l'ancien au nouveau centre de l'ASHVB. Cher Toyote, tu vas affronter les rues d’Ouagadougou car le nouveau centre se trouve, pour l'instant du moins encore, relativement éloigné du centre ville. Mais tu es entre de bonnes mains: celles expertes et douces du pasteur Samsung. Heureusement que l'on ne s'habitue pas à ces accueils. Les chants étaient magnifiques, les discours vraiment touchants et pleins de bon sens. Je crois que c'est vraiment la première fois que je porte des drapeaux: l'un de la Suisse et l'autre du Burkina Faso. A chaque fois, je suis bouleversé d'entendre ces enfants, de toucher leurs petites mains tenant le poinçon. Nous ne pourrons jamais dire de ces gens qu'ils sont rigides. Nous avions même eu droit à de la Flag lors des rafraîchissements du matin, au repas qui a suivi d'ailleurs aussi. Notre réputation semble définitivement faite. Je dois reconnaître que j'avais une certaine appréhension quant à l'état du matériel informatique que nous avions apporté, Michel et moi, en octobre 2008. J'ai retrouvé un matériel en parfait état de propreté et de fonctionnement. Cela fait vraiment plaisir et tort le cou à bien des tabous. Pour toi, cher Toyote, ta nouvelle vie a commencé sur les chapeaux de roue. Ils étaient vingt-deux à ton bord, vingt enfants, le pasteur Samsung et Oui-oui pour faire un petit tour devant le centre Siloé. On ne peut pas parler de fin de carrière mais d'une nouvelle vie radieuse, que nous espérons encore longue au service des aveugles du Burkina Faso. [caption id="attachment_290" align="aligncenter" width="600"]Chant de bienvenue Chant de bienvenue[/caption] [caption id="attachment_291" align="aligncenter" width="600"]Jean-Marc lève les couleurs Jean-Marc lève les couleurs[/caption] [caption id="attachment_292" align="aligncenter" width="450"]Meyrat harangue le peuple Meyrat harangue le peuple[/caption] [caption id="attachment_293" align="aligncenter" width="600"]Le Toyote en surcharge Le Toyote en surcharge[/caption] [caption id="attachment_294" align="aligncenter" width="600"]Le braille à tout âge Le braille à tout âge[/caption] [caption id="attachment_295" align="aligncenter" width="450"]Du braille, du braille! Du braille, du braille![/caption] [caption id="attachment_447" align="aligncenter" width="600"]Les poinçonneurs de Ouaga Les poinçonneurs de Ouaga[/caption] [caption id="attachment_297" align="aligncenter" width="600"]Oui-oui apprend le braille avec Marie Oui-oui apprend le braille avec Marie[/caption]

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    16 mars 2009

    [caption id="attachment_287" align="aligncenter" width="600"]C'est vrai que nous on ne casse rien C'est vrai que nous on ne casse rien[/caption] Cher Toyote, nous voilà contraints de te faire des infidélités. Les autorités nous refusent malheureusement la possibilité de recourir à tes loyaux services tant que tu n'es pas immatriculé au Burkina Faso. Il y a quelques années encore, il était possible de demander une prolongation d'autorisation de conduite avec des plaques étrangères. Cette situation a malheureusement changé. Pour rouler avec toi, mon brave, il nous faudrait débourser 400.000 francs CFA (1.000 francs suisses) que nous devrions verser de suite. Compte tenu du fait que Lucien Naré a engagé une demande d'exonération auprès du ministère des affaires sociales, nous ne pouvons rien faire, car même si l'exonération lui était accordée, l'argent déjà versé ne lui serait jamais rétrocédé. Nous avons donc dû nous résoudre à te parquer, tout seul, dans la cour de l'ancien centre administratif de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina et à louer un véhicule pour nous rendre à Boulsa mercredi prochain. C'est vraiment une grande tristesse, ceci d'autant plus que le pasteur Samsung t'avait déjà parfaitement à sa main. Malheureusement, nous n'avons pas le choix. Chère petite Colinette, aujourd'hui Oui-oui fait de la moto dans les rues de Ouagadougou. Mais ton tonton a toujours un œil dessus, parce que je sais que la petite Marie l'attend avec beaucoup d'impatience. Avant cela, il va aller visiter l'école des enfants aveugles de Boulsa avec Le roi Naré, Bondichéri, Philippe, le pasteur Bouba et le pasteur Samsung, un second chauffeur et ton tonton qui te fait de très gros bisous. [caption id="attachment_285" align="aligncenter" width="450"]Oui-oui part en balade Oui-oui part en balade[/caption]

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    13 mars 2009

    Et voilà! Nous attaquons la dernière ligne droite, celle qui va nous mener de Bobo-Dioulasso à Ouagadougou. Là-bas, nous serons accueillis mais par qui? Nous ne le savons pas. Par contre, nous pouvons être sûrs, sans risque de nous tromper, que la réception prévue, sera riche en émotion. Nous sommes attendus au péage, à l'entrée de Ouagadougou, par Lucien Naré, le responsable de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina, par Laurent Abga, son président, par les pasteurs Bouba et Samsung, ainsi que par  la responsable de la communication de l'Alliance biblique. Caméra, interviews, embrassades. Puis sont arrivés les enfants. Il y a le drapeau suisse, ce qui fait dire à Philippe: "C'est comme si on avait gagné la coupe du monde". Les chants raisonnent accompagnés du jambé. Toujours autant d'émotion et de profonde amitié. Ce blog a eu comme fil rouge notre périple à bord de notre cher Toyote du Café de l'Ouest à Lausanne à Ouagadougou. Michel vient de se livrer à un petit calcul, tu auras roulé en Afrique, cher Toyote,  5.500 kilomètres. Mais nous voudrions te demander encore un petit effort en jouant les prolongations pour nous transporter dans les villes et villages où nous avons promis d'acheminer du matériel. Es-tu d'accord? Qui ne dit mot consent... A vous, chers amateurs de notre blog, nous vous donnons rendez-vous, sauf événement  exceptionnel, au jeudi 19 mars prochain pour la suite de nos aventures à bord du Toyote qui nous auront menées entre autre à Boulsa. Bon week-end!!! [caption id="attachment_270" align="aligncenter" width="600"]Ca mord! Ca mord![/caption] [caption id="attachment_271" align="aligncenter" width="450"]Ca sent les vacances Ca sent les vacances[/caption] [caption id="attachment_272" align="aligncenter" width="600"]Village du Boukina Village du Boukina[/caption] [caption id="attachment_273" align="aligncenter" width="600"]Arrivée à Ouaga: le futur pilote du toyote est contant Arrivée à Ouaga: le futur pilote du toyote est contant[/caption] [caption id="attachment_274" align="aligncenter" width="600"]Jean-Marc et le roi Naré Jean-Marc et le roi Naré[/caption] [caption id="attachment_275" align="aligncenter" width="600"]Le fan-club Le fan-club[/caption] [caption id="attachment_276" align="aligncenter" width="600"]Encore le fan-club Encore le fan-club[/caption] [caption id="attachment_277" align="aligncenter" width="600"]Chant de bonne arrivée Chant de bonne arrivée[/caption] [caption id="attachment_278" align="aligncenter" width="600"]Oui-oui chante dans la chorale Oui-oui chante dans la chorale[/caption]

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    12 mars 2009

    Très cool ces deux jours à Bamako. Le Toyote et ses trois hyènes avaient bien besoin de cette journée de repos. Nous avons passé deux nuits chez Rachel Sommer qui, avec son ami malien, tient un gîte (i bé i ka so: tu es chez toi) que nous vous recommandons chaleureusement. L'accueil est très agréable, les chambres simples et confortables. Ce gîte est situé dans un quartier calme au nord de Bamako. La journée d'hier a été ponctuée par quelques visites au cybercafé du coin, par une ballade dans le marché utilitaire et par quelques haltes au bar le Pili-pili, un endroit fort sympathique il est vrai. Lorsque je quitte un endroit où je ne fais qu'ouvrir ma valise et sortir quelques effets, je demande toujours à quelqu'un de jeter un œil au cas où j'aurais par hasard laissé traîner quelque chose. En ce qui me concerne, tout était en ordre. Par contre, Bondex a bien failli oublier les bières patiemment mises au frais pendant la nuit. Si c'est pas malheureux des choses pareilles. L'Afrique est vraiment révélatrice. Bien que je sois la plus jeune des trois hyènes de la bande, 50 ans cette année, alors que Philippe en a 55 et Bondi 64, mes cheveux blancs tout en me vieillissant, me confèrent la sagesse. Lorsqu'on est aveugle, on ne se voit pas vieillir. On sent bien que la carcasse s'alourdit et que le souffle devient court, mais on ne voit pas sa tronche dans la glace. Deux occasions loin d'être désagréables m'ont donné à réfléchir: un douanier malien m'a appelé "mon père" et je suis celui qui a la primauté pour le service du sacrosaint thé. La sortie de Bamako n'est pas vraiment un cadeau. Cependant, en suivant sur 25 kilomètres la petite moto made in China de l'ami de Rachel, nous allons nous en sortir et serons bientôt sur la route de Sikasso qui nous mènera à la frontière malienne. Tiens, nous venons de traverser le fleuve Niger. A ces différentes frontières, nous pourrions bien rencontrer des difficultés d'un autre ordre. Cette chère canne blanche risque de devoir à nouveau entrer dans la danse. La blanche, il faut savoir en user sans en abuser. Il est onze heures à bord du Toyote. Je trouve le temps un peu long ce matin. Est-ce l'odeur de l'écurie qui titille mes naseaux? Histoire de narguer un peu Philippe, je décapsule une flag à la hauteur de son oreille. C'est bizarre l'impact qu'ont certains bruits sur l'être humain "Mais, qu'est-ce que j'entends, je pense que tu avais le doigt sur la montre depuis une demi heure ou quoi?" Vraiment, il ne se passe pas grand chose, la route traverse des villages dont la traversée est limitée par des gendarmes couchés absolument gigantesques. Dès l'instant, où le Toyote s'arrête, des enfants sortent dont ne sait où. La route devient de plus en plus mauvaise. Comme je n'ai pas grand chose à raconter, je vous donne en primeur le menu du jour: terrine aux herbes de Provence qui est bien moins bonne que celle du Sud-ouest qui nous a ravis l'autre jour. Mais où était-ce? Au Maroc peut-être, cela paraît déjà si loin. Nous venons de passer les deux premiers contrôles pour sortir du Mali. Encore un dernier. Bondex revient en exhibant nos passeports "nous sommes libres". Nous roulons maintenant vers le poste frontière burkinabé. Nous nous attendons au pire. Eh bien, le pire n'aura pas eu lieu. Tout s'arrange à l'africaine. Philippe a même échangé son numéro de téléphone avec un douanier dont l'oncle est décorateur. C'est tout simplement un peu long mais grâce à la terrasse du bar voisin, le temps passe agréablement. Je viens de donner un vieux téléphone portable à une jeune fille, elle n'en revient pas. nous lui avons fait jurer de ne rien dire aux autres de peur que tous rappliquent. Pourvu que ce téléphone fonctionne. Maintenant, on attend Bondi, comme d'habitude, qui traîne dans les bureaux. Le voilà! il revient la tête basse: Le chef regarde nos papiers. Tout paraissait en ordre. Mais il faut encore deux téléphones portables. Mais l'essentiel est là: nous sommes à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. Bravo les chauffeurs et bravo le Toyote qui s'est montré d'une vaillance sans pareille. Chère petit Colinouche, come tu le vois, Oui-oui fait aujourd'hui son premier jour e'école à Bobo-Dioulasso. [caption id="attachment_259" align="aligncenter" width="600"]Nous sommes passer par là Nous sommes passer par là[/caption] [caption id="attachment_260" align="aligncenter" width="600"]Ne vous prenez pas la tête Ne vous prenez pas la tête[/caption] [caption id="attachment_261" align="aligncenter" width="600"]Je vous ai apporté des bonbons... Je vous ai apporté des bonbons...[/caption] [caption id="attachment_262" align="aligncenter" width="450"]Son premier jour d'école Son premier jour d'école[/caption] [caption id="attachment_263" align="aligncenter" width="600"]Une fausse piste Une fausse piste[/caption] [caption id="attachment_264" align="aligncenter" width="600"]Soirée spagouse chez Rachel Soirée spagouse chez Rachel[/caption] [caption id="attachment_265" align="aligncenter" width="600"]Une des trois Volta Une des trois Volta[/caption] [caption id="attachment_266" align="aligncenter" width="600"]La voiture est encore au catalogue La voiture est encore au catalogue[/caption]

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    11 mars 2009

    Journée de repos [caption id="attachment_251" align="aligncenter" width="600"]Oui-oui au marché Oui-oui au marché[/caption] [caption id="attachment_252" align="aligncenter" width="600"]Le premier qui trouve reçoit la considération des coytes Le premier qui trouve reçoit la considération des coytes[/caption] [caption id="attachment_253" align="aligncenter" width="600"]Pharmacie pour voitures Baja Jean Paul Forclaz Mabako Pharmacie pour voitures Baja Jean Paul Forclaz Mabako[/caption] [caption id="attachment_254" align="aligncenter" width="600"]Notre cuisinière à Mabaco Notre cuisinière à Mabaco[/caption] [caption id="attachment_255" align="aligncenter" width="600"]Marché utilitaire de Bamako Marché utilitaire de Bamako[/caption] [caption id="attachment_256" align="aligncenter" width="600"]Enfin après 3428km Enfin après 3428km[/caption] [caption id="attachment_257" align="aligncenter" width="600"]Mercredi relâche Mercredi relâche[/caption]

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    10 mars 2009

    Elle était très agréable cette soirée à Ayoûn. Avant d'aller nous occuper du blog avec Philippe, petit apéro au coca. Puis nous nous rendons sur une sympathique terrasse posée dans le sable où le repas est préparé devant nous. Brochettes de mouton pour le mécanicien, poulet grillé pour Michel et moi. Le demi gallinacé servi avec quelques frites est délicatement posé sur un lit de spaghetti revenus avec de l'oignon doux, accompagné d'eau bien entendu. C'est vraiment savoureux. Et en guise de clef de voûte de ce délicieux repas: le thé. Ce thé, subtile mélange de menthe fraîche, de cardamome et de sucre qui est servi bouillant dans de petits verres. En versant le thé de très haut dans les verres, ils obtiennent une mousse légère et odorante absolument extraordinaire. C'est avec un peu de nostalgie que nous quittons aujourd'hui la Mauritanie pour Bamako au Mali. Les Mauritaniens sont vraiment des gens sympathiques, courtois et serviables. Ils ne sont pas du tout à vous "harceler" sans arrêt, comme hélas certains autres. Même les policiers qui sont omniprésents, sont débonnaires et agréables. Ils sont un peu pathétiques. Ils ont toujours mal quelque part, aux yeux, à la tête, aux dents et nous demandent des médicaments croyant que nous sommes médecins. Je sors ma grosse boîte de dafalgans, regrettant sincèrement de ne pas y avoir pensé plus tôt. Rien à voir avec les policiers marocains qui sont tatillons, inquisiteurs et à la limite de l'arrogance. Ils ne décadreraient pas du tout en Suisse allemande. Jusqu'à maintenant, nous n'avons dû donner qu'un téléphone portable à un policier à Nouadhibou parce qu'il regardait d'un peu trop près l'intérieur de ce cher, gentil et brave Toyote. Il faut préciser qu'à ce moment-là, nous avions encore du Ricard. Vraiment, chère canne blanche, tu es magnifique. Lors d'un contrôle, un des derniers sur territoire mauritanien, Philippe s'arrête au mauvais endroit: stationnement abusif. Dès l'instant où le permis de conduire doit être présenté, cela sent l'amande. Nous descendons, la blanche et moi, faisons le tour du Toyote et allons faire un brin de causette avec le gendarme. Je lui demande des nouvelles de sa santé, de celle de ses enfants dont le petit dernier traîne par là, je lui fais lire l'heure sur ma montre qu'il veut acheter. Là, par contre, il faut en plus de l'impression causée par la blanche et son propriétaire, des petits cadeaux pour faire sauter l'amande: une bouteille d'eau fraîche et quelques dafalgans, il n'y a vraiment pas de quoi en faire un plat. Merci ma canne, ma chère amie, toi qui, avec Francine, jamais ne m'a trahie. Puisque j'en suis aux remerciements, merci à vous les Perren pour le magnifique frigo. A cause de la température, il ne rafraîchit pas, par contre il maintient au frais, quel bonheur. Il fait une chaleur à crever. Encore un contrôle. Cette fois la demande de cadeau est plus pressante. Le policier monte à bord du Toyote. Nous n'y échapperons pas. Je fais surgir de ma besace un téléphone portable qui s'en va rejoindre immédiatement la poche du policier. Après cet échange de bons procédés, on parle de tout et de rien. Nous arrivons au poste frontière malien de Gogui. Là encore, la blanche fait son effet. Toutes les formalités accomplies, nous roulons encore 65 kilomètres pour atteindre Nioro du Sahel, le poste de douane où notre cher Toyote sera peut-être fouillé de fond en comble. Mais nous avons la baraka, il n'a pas eu à livrer ses entrailles. Ça y est, la frontière est passée, nous cherchons de toute urgence le premier endroit où nous pourrons acheter une bière. Il fait 44 degrés dans le Toyote et il nous faudra attendre très longtemps, trop longtemps. Que se passe-t-il? Bondex traîne pour le dernier papier, l'assurance pour que le Toyote puisse rouler au Mali. Il revient en râlant: "Ils demandent 56.000 francs CFA, 120 francs suisses environ). Ce n'est pas possible, c'est beaucoup trop cher. Mon sang ne fait qu'un tour. Je saute du Toyote et départ au bureau, la blanche en main prête à cogner dans le tas. Nous entrons comme des furies dans le bureau. Bondex est déjà derrière le comptoir. Cela commence à gueuler. J'attrape par l'épaule un collègue de l'employé indélicat. Je dis au gars qu'il a intérêt à nous aider si non, il y aura un scandale comme jamais il n'y en a eu dans tout le Mali. Le collègue nous soutient et dit que son camarade s'est trompé, l'erreur est humaine. Ainsi, l'argent indument perçu revient dans l'escarcelle du caissier Bondi. Oh! Ma canne blanche! Que ferions-nous sans toi? Mercredi 11 mars, journée de repos pour les coureurs à Bamako, avant d'attaquer les alpes. Tu vois, petite Colinette, pendant que les fonctionnaires pompent l'air à ton tonton et à ses potes, Oui-oui lui, pompe de l'eau. Tout le monde pense très fort à toi et te fait des gros bisous du Mali où tous les petits enfants sont noirs! [caption id="attachment_243" align="aligncenter" width="600"]Perdu dans le désert pour vos dons compte CCP.... Perdu dans le désert pour vos dons compte CCP....[/caption] [caption id="attachment_244" align="aligncenter" width="600"]Corvée de bois Corvée de bois[/caption] [caption id="attachment_245" align="aligncenter" width="600"]Le père Jean-Marc enseigne le braille Le père Jean-Marc enseigne le braille[/caption] [caption id="attachment_246" align="aligncenter" width="600"]Docteur au chevet du pneu Michel inquiet Docteur au chevet du pneu Michel inquiet[/caption] [caption id="attachment_247" align="aligncenter" width="600"]Après le désert, Oui-oui a soif Après le désert, Oui-oui a soif[/caption] [caption id="attachment_248" align="aligncenter" width="600"]Point d'eau au Mali Point d'eau au Mali[/caption] [caption id="attachment_249" align="aligncenter" width="600"]Village au Mali Village au Mali[/caption]

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    9 mars 2009

    Hier soir, à Aleg, l'ardoise du bistro "chez Mimiche" proposait: maïs et taon en hors d'œuvre, le cassoulet du chef avec ses saucisses et le vin du mois, du Fanta. Comme souvent, il y a eu contestation entre le prix négocié à l'arrivée et le prix exigé au départ. Dans ces pays, il vaut mieux payer dès le marché conclu, car pendant la nuit les prix risquent de prendre l'ascenseur. Nous avons eu droit à un filet d'eau mais une petite climatisation un peu poussive nous a permis de passer une nuit somme toute agréable. L'étape du jour qui devait initialement mener le Toyote et ses hyènes jusqu'à la frontière malienne à Nioro du Sahel sur 785 kilomètres, risque d'être raccourcie de 200, jusqu'à Ayoûn, à cause de l'état de la route et surtout à cause de l'accumulation de fatigue des chauffeurs dont les avant-bras ont déjà été mordus par le soleil. En tout état de cause, elle sera dure, chaude et sans puisque nous avons réglé son compte à la bouteille de Ricard au bivouac d'hier. Nous avons, semble-t-il, quitté le Sahara proprement dit pour pénétrer dans le Sahel. Sur les immensités plates que notre route traverse, il y a de l'herbe sèche et des petits arbres. Mais au loin, se profilent encore des dunes. C'est comme si nous nous trouvions dans une région de transition. Comme nous n'avons pas même eu le temps de prendre le petit déjeuner, nous stoppons le Toyote en rase campagne et Bondichéri sort son célèbre camping-gaz, Philippe son bocal de café instantané et je distribue le pain. Les villages que nous traversons sont ici plus riches. Les maisons sont généralement construites en dur. Au fond d'un oued nous entrevoyons même un petit coin de culture maraîchère. "Merde! on a crevé!". C'est le branlebas de combat. Tout le monde descend. C'est là que l'on va vraiment voir à l'œuvre les pros de la route. Philippe, toujours trop fort, sort son matériel qui a fait dix Paris Dakar: cric, caisse à outils complète, compresseur à brancher sur l'allume cigare. Michel Gilbert et Philippe Paul soufflent comme des phoques sous le Toyote. Il fait une chaleur à crever. En une demi-heure à peine, tout est plié. Je suis vraiment bien triste de ne pas pouvoir leur servir une bière fraîche à ces rois de la mécanique. Je m'en mettrais bien aussi une derrière la cravate, même si je n'ai pas fait grand chose à part encourager et féliciter mes deux potes bien sûr. Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures. La moyenne est bien évidemment lamentablement tombée après la pause café et notre crevaison. Trois priorités s'imposent aux trois hyènes du désert que nous sommes peu à peu devenues: réparer la roue, acheter de l'eau et faire de l'essence. Ici, la végétation change encore, une palmeraie. Ce sont les premiers palmiers que nous rencontrons depuis Dakhla au Maroc. Nous franchissons maintenant un petit col qui traverse le massif du Tagân pour rejoindre Kiffa, la troisième ville de Mauritanie avec ses 40.000 habitants. Nous avons réparé la roue, trouvé de l'eau, même du coca auquel Philippe trouve un léger goût de rhum. Seraient-ce les premiers effets du désert? ses premiers mirages? Seule manque toujours à l'appel: l'essence qui est vraiment très rare dans ces régions où tous les véhicules roulent au diesel. Pour rallier Kiffa, nous devons recourir au jerrican. Il ne nous reste que 47 bornes, cela devrait aller, mais s’ils sont en rupture de stock, on est vraiment mal... Philippe ralentit et s'arrête. Un chameau traverse tranquillement la route. Bondex prend des photos. Philippe baisse sa glace et s'adresse au chameau: "Ça va pas non? Ils dressent comment les chameaux ici? Chez nous cela ne se passerait pas comme ça!" C’est fin, non? Ouf! C’est bon. Après une quinzaine de stations, en voilà enfin une qui propose de la super, c'était par les poils. Oh! Que tu avais soif, mon bon Toyote, te voilà satisfait, heureux, prêt à affronter toutes les difficultés qui nous attendent encore et à partager avec tes trois hyènes, toute la joie qu'elles ont d'être ensemble à ton bord. Compte tenu des aléas du matin et de la route très mauvaise par moment depuis Tan-tan, nous décidons de poser sac à terre à Ayoûn, dans 50 kilomètres. Les alentours de cette ville ressemblent furieusement aux paysages du far-West. L'étape du jour aura tout de même été de 570 kilomètres. De toutes les façons, nous sommes toujours dans les temps des prévisions les plus optimistes. Aujourd'hui, petite Colinette, comme promis, Oui-oui est dans le désert. Demain, où sera-t-il? C’est une surprise. Il sera dans un nouveau pays car nous allons entrer au Mali. Est-ce que ce n'est pas le nom de ton pédiatre? Ton tonton et ses potes te foot de gros bisous et pensent très fort à toi depuis de plus en plus loin en Afrique! [caption id="attachment_176" align="aligncenter" width="600"]Nous avons quitté le Sahara Nous avons quitté le Sahara[/caption] [caption id="attachment_177" align="aligncenter" width="600"]Désert rouge Désert rouge[/caption] [caption id="attachment_178" align="aligncenter" width="600"]La maison dans les dunes La maison dans les dunes[/caption] [caption id="attachment_179" align="aligncenter" width="600"]Cours de braille pour policier Cours de braille pour policier[/caption] [caption id="attachment_180" align="aligncenter" width="600"]Bondex au boulot Bondex au boulot[/caption] [caption id="attachment_181" align="aligncenter" width="600"]Western couscous Western couscous[/caption] [caption id="attachment_182" align="aligncenter" width="600"]Oui-oui a enfin chaud Oui-oui a enfin chaud[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    8 mars 2009

    Nouadhibou est une ville portuaire qui compte 120.000 habitants. Ici, 15.000 pauvres gens espèrent trouver la richesse en Europe. Ils attendent un hypothétique moyen de transport, une coquille de noix souvent, pour rejoindre au péril de leur vie les îles Canaries qui sont distantes de 500 kilomètres. Philippe, notre loup de mer, nous explique que les plus gros coups de tabac qu'il a essuyés, l'ont été dans ces régions. Hier soir, nous nous sommes faits un peu avoir. Nous avons payé trop cher un hébergement vraiment sommaire. Cela sentait le pipi et ce matin, l'unique fenêtre du cantonnement celle de la salle de bain m'est tombée sur la gueule et l'eau chaude promise brillait par son absence. Je n'ai pas vraiment goûté à la viande de chameau qui ressemble un peu à celle de cheval en plus sauvage. Nous avons comme prévu sifflé la bouteille de petite arvine et bu quelques ricards. Nous espérons traverser la Mauritanie en deux étapes. Aujourd'hui, le Toyote et ses trois hyènes quittent Nouadhibou pour rallier Aleg, 740 kilomètres plein sud. Le désert est partout, parsemé ça et là de tentes à quatre pans et de cabanons. La circulation est quasi nulle. Il n'y a pas un seul nuage à l'horizon. Dès maintenant, le soleil ne nous quittera plus jusqu'à Ouagadougou. Nous sommes arrêtés au passage du train qui transporte le minerai de fer et qui rejoint Nouadhibou. A 40 kilomètres à l'heure, 164 wagons tractés par trois locomotives défilent devant le Toyote médusé. Nous allons longer maintenant le parc national du Banc d'Arguin. Il est vraiment trop fort notre Philippe, ce génial décorateur mécanicien sur avion. Grâce à l'équivalant en points braille des lettres composant les mots "mission braille" qu'il a collés sur la portière du Toyote, un policier mauritanien vient de prendre sa première leçon de Braille. Voilà enfin un concurrant sérieux à Mouskie, la souris informatique pour apprendre le Braille dont il est l'inventeur. Au loin maintenant, des dunes qui ressemblent aux dires de Bondichéri, à mes sculptures en pierre ollaire. Dois-je prendre cela pour un compliment? Je l'ignore. De temps en temps, Philippe fait ralentir le Toyote et saute pour aller prendre des photos. Ici, c'est un troupeau de chameaux qui traverse la route, là, une succession de dunes qui ressemble à un alignement de Mouskies. Nous changeons de configuration. Philippe prend le volant, moi, la place du mort et Bondex, le couteau suisse. Au menu: baguette, terrine du Sud-ouest et de l'eau bien sûr. Ce n'est pas tout à fait vrai. Le cuisinier Bondi en tordant à mort le sac du cubiteiner, a réussi à en tirer les dernières gouttes, les pires. Au septième contrôle du jour, j'ai le verre du surplus de l'armée marocaine à la main: "tous aux abris!" Au dixième contrôle, le policier nous demande un petit cadeau. Nous avons décidé de céder les téléphones portables qu'en dernière extrémité. Bondi cherche désespérément quelque chose dans les cartons et sort un paquet de petits beurres. Il sera dorénavant privé de dessert car il aurait au moins pu leur filer un paquet de blévita. Au prochain contrôle avec cadeau, nous leur refilerons un bocal de nutella, il paraît que c'est très bon pour soigner les maux de tête en application externe. Nous sommes à Nouakchott. Noyés dans le trafic intense, les braves petits ânes tirent courageusement leur carriole surchargée avec tant de résignation que cela fait mal au cœur. Le marché bat son plein. Cela sent les peaux fraîchement tannées. La circulation est infernale. Cela klaxonne de partout, Toutes les voitures sont cabossées ainsi, tu vois, mon bon Toyote, avec tes creux et tes bosses, tu ne seras pas dépaysé et tu t'habitueras très vite à ta nouvelle vie au service des aveugles du Burkina. Cette fois, il commence à faire chaud, cette fois, on est vraiment en Afrique noire. La route qui nous mène à Aleg, traverse de nombreux villages. Le principal danger, ce sont les animaux domestiques qui vont où bon leur semble. Il n'est du reste pas rare de voir ou chameau ou une vache crevés au bord d'une route étonnamment bonne sur laquelle camions et voitures roulent vite. Après que le Toyote a dépassé les 290.000 kilomètres au compteur et 21 contrôles de police dans cette seule étape, soit en moyenne un tous les 35 kilomètres, nous sommes rendus à Aleg, une semaine après notre départ du Café de l'Ouest. Pour toi, petite Colinouche. Tu vois, aujourd'hui Oui-oui fait le plein. Demain, tu le retrouveras dans le désert. Gros bisous de ton tonton de très loin en Afrique et de ses copains du Toyote! [caption id="attachment_4304" align="aligncenter" width="600"]Désert de la soif Désert de la soif[/caption] [caption id="attachment_4306" align="aligncenter" width="600"]Oui-oui encore un peux froid Oui-oui encore un peux froid[/caption] [caption id="attachment_4307" align="aligncenter" width="600"]L’Afrique se vide L’Afrique se vide[/caption] [caption id="attachment_4308" align="aligncenter" width="600"]Courage brave bête Courage brave bête[/caption]