Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

  • Catégorie: Sur le terrain

    Important pour l’équipe du Toyote

    Je fais une courte irruption dans ce récit de voyage fort intéressant. Voici quelques indications pour Jean-Marc, Philippe et Michel en ce qui concerne l'entrée au Burkina: 1) Douane burkinabée: Des difficultés de dédouanement du matériel sont fort probables malgré une attestation de don. Les douaniers risquent même de poser des questions par rapport au véhicule à plaques suisses, ils sont malins… Lucien Naré a pris les devants et a informé le Ministère Social, un dossier s'est constitué et une demandé d'exonération du matos et du Toyote est déjà introduite. Je lui ai envoyé une copie de la liste du matériel et la copie du papier légalisé du minibus. Voici la valeur déclarée: véhicule CHF 8000.- = 3'200'000 FCFA et le matériel: CHF 7500.- = 3'000'000 FCFA. En cas de sérieuses difficultés à la douane on peut appeler le chargé du dossier à Ouaga, Mme Julienne Kaboré, directrice de la protection et de la promotion des handicapés au 226 50 30 82 94 ou au 226 70 27 00 80, elle est chargée de contacter la douane pour toutes difficultés.  Naré me dit aussi de demander d'après Mr Bazié, chef de douande entre le Mali et le Burkina de la part du pasteur Bazémo Joany à l'église de la zone 1. (voilà pour les arrangements burkinabés...) Le No. de Lucien Naré: 226 70 72 60 10. 2) Bobo-Dioulasso Avant de quitter Bobo-Dioulasso pour Ouaga, il faut appeler le roi Naré ou Bouba, leur dire à quel heure vous pensez arriver, une surprise royale vous attendra aux portes de la ville… 3) Dédicace: La Bible en braille mooré sera dédicacée le 24 mars. C'est une première pour le braille en langue mooré et un évènement important pour tous les aveugles burkinabés. Les autorités étatiques et ecclésiastiques seront présentes. Alain Décoppet qui a beaucoup contribué au braille dans des langues vernaculaires apportera un message de la MEB. Il sera accompagné du directeur de Mimavision d'Yverdon qui fera un tournage et des interviews filmées pour produire un DVD professionnel de 30 minutes. Les aventuriers de la Toyota suscitent déjà un vif intérêt cinématographique… préparez-vous et laissez le Toyote avec sa poussière du Sahara! Bouba, quand à lui, cherche une église qui s'y prête pour faire une première lecture en braille mooré et qui accepte les dérangements du caméraman. Allez, continuez avec courage, vaillants mousquetaires et à plus… Heinz Rothacher Ci-dessous les "trois hommes intègres" qui comptent les heures… [caption id="attachment_165" align="aligncenter" width="450"]Le Roi Naré, heureux chevalier de l'Ordre du Mérit Le Roi Naré, heureux chevalier de l'Ordre du Mérit[/caption] [caption id="attachment_166" align="aligncenter" width="450"]Avec le sourire de Bouba, marié depuis peu... Avec le sourire de Bouba, marié depuis peu...[/caption] [caption id="attachment_167" align="aligncenter" width="450"]Et le symphatique Pasteur Sam-Sung Et le symphatique Pasteur Sam-Sung[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    7 mars 2009

    Dakhla est une ville très touristique située sur une presqu'île. Nous avons tourné au moins une heure avant de trouver un hôtel à la mesure de nos moyens. Histoire de changer du tajine, ravioli en boîte dans la casemate. Bondi a sorti son campinggaz. Cela lui rappelle les virées sous tente avec la Doche et leurs trois fils, à Philippe Paul, ses cours de répétition et à moi, le sempiternel menu du lundi soir à l'asile des aveugles. Nous avons sifflé la bouteille de whisky pour ne pas risquer d'importer des produits prohibés en République islamique de Mauritanie. Il reste un peu de pinard dans le bidon ce qui fait dire à Philippe: "Si il était bon, il y a longtemps qu'il n'y en aurait plus!" Tout en sirotant notre whisky, Philippe et moi choisissons les photos et préparons les textes pour le blog. On entend Michel faire la tambouille et crier comme en famille: "à table!" Ce matin, petit café dans le bistro du coin qui ressemble comme beaucoup d'autres à un hall de gare, et départ. Nous venons de rejoindre la route qui va nous mener jusqu'à la frontière mauritanienne. De chaque côté, le désert, il pleuvine par moment. La couleur du sable généralement proche de celle du pantalon de Philippe, passe ici de l'ocre, au jaune, en passant par le gris presque blanc. Depuis 80 kilomètres, nous n'avons croisé que deux véhicules. Nous nous sommes fixé comme objectif du jour, Nouadhibou, la deuxième ville de Mauritanie située peu après la frontière où aboutit la voie ferrée qui achemine dans ce port le minerai de fer. D'ici là, trois difficultés, et non des moindres, nous attendent: premièrement, la sortie du Maroc, deuxièmement, un no man's land sans piste réellement tracée entre le poste frontière marocain et le mauritanien, et troisièmement, la douane mauritanienne réputée peu engageante. Mais pour ne pas transgresser les règles immuables, nous avons préparé quelques cadeaux, des téléphones portables, pour attendrir la rigueur des douaniers mauritaniens: inch'allah. Nous venons de dépasser le tropique du cancer, 23 degrés 27 minutes latitude nord, 16 degrés 1 minute longitude ouest. Dès maintenant, nous complétons jusqu'au goulot le réservoir du Toyote, aussitôt que nous apercevons une des rares stations d'essence qui ne proposent de loin pas toutes de la super. J'ai pris place à l'avant du Toyote à côté de Philippe. Bondex prépare le pique-nique à l'arrière. Il débite la viande séchée et distribue les blévita et le pinard pour lui et moi, et l'eau pour Philippe. Quelques larmes coulent dans le Toyote. Les unes de tristesse car on arrive gentiment au bout de l'excellente viande sèche de Greg (boucherie Brumann à Granges VS) et les autres de bonheur, parce qu'on parvient enfin au fond du bidon de merlot.

    La sortie du Maroc

    Nous serons restés plantés là trois heures et demie. Dans ces circonstances, même la canne blanche demeure impuissante. Les uniformes sont de toutes les couleurs. De l'armée à la police, de la gendarmerie au douanier, ils sont tous là. Autant de contrôles, de tampons. Nous tombons d'autant plus mal que c'est la pause de midi et que tout le monde mange. En plus, hier vendredi, jour de la prière, la frontière mauritanienne était fermée. Les gars restent là debout à ne rien faire, à attendre comme nous. Mais attendre quoi? on n'en sait rien, on attend. La hantise de la dernière benne commence à s'insinuer dans nos esprits résignés: pourrons-nous entrer en Mauritanie ce soir encore?

    La piste

    On est enfin passé' roulez bolide. Je n'ai jamais vu une piste pareille. Elle est pire que les coins les plus épouvantables de celle qui mène à Boulsa. Sois vaillant mon brave Toyote, promis, nous ne te ferons plus jamais subir des horreurs pareilles, tiens bon mon petit. Aux alentours, Une vraie poubelle, des centaines de carcasses de voitures abandonnées. Cela ne serait vraiment pas le moment de crever. "Merde, ça y est, on s'est ensablé!". On ne peut ni avancer, ni reculer. C'est un peu la panique à bord du Toyote. On descend et on sort les pelles, avec Bondex, on pousse, on avance de 10 centimètres, rien à faire. Comme par enchantement, dix minutes plus tard, se pointe un bus Mercedes pour nous tirer de ce très mauvais pas contre monnaie sonnante et trébuchante bien sûr. Nous n'avons pas le choix et nous laissons 50 euros dans cette aventure. Il est certain que les gars font des traces qui ne mènent nulle part pour que ceux qui ne connaissent pas la vraie piste se plantent. Maintenant, nous sommes dans la queue pour entrer en Mauritanie. A chacun son Paris Dakar. Mais que d'émotion! Ouf, on est passé la frontière sans bakchich, sauf 8 dafalgans. Super chauffeurs, super Toyote, super souvenirs. Bonne nouvelle, cher Toyote, tu es couvert en Mauritanie. Il nous restait une bouteille de petite arvine que nous destinions à Philippe et Tinou. Compte tenu des circonstances, elle sera bue dès ce soir, à votre santé, cher Philippe et chère Tinou, mais aussi à la nôtre et surtout à celle du Toyote. Pour toi, petite Colinette, voici une photo du Oui-oui. Il pense également très fort à toi, tonton aussi, Philippe et Michel également. Gros bisou Colinouche! [caption id="attachment_4297" align="aligncenter" width="600"]Désert entre Maroc et Mauritanie Désert entre Maroc et Mauritanie[/caption] [caption id="attachment_4298" align="aligncenter" width="450"]Coucou de Oui-oui pour Colinette Coucou de Oui-oui pour Colinette[/caption] [caption id="attachment_4299" align="aligncenter" width="450"]Mosquée de Dakhla Mosquée de Dakhla[/caption] [caption id="attachment_4300" align="aligncenter" width="450"]Bon, on fera pipi sur la route Bon, on fera pipi sur la route[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    6 mars 2009

    Le muezzin nous a réveillés à l'aube. Le repas d'hier: tajine de bœuf, pain, eau, rien de particulier, si ce n'est la sauce. Imaginez des oignons confits par une patiente cuisson à l'étouffée avec des raisins secs. Avec du pain en galette, un vrai délice. Puis un thé en actualisant le blog, un verre de pinard tiré de notre bidon de merlot et dodo, demain, le désert nous attend. Philippe qui a été mécanicien sur avion dans ses jeunes années, bichonne le Toyote. Tout est en ordre, Goran a fait du super boulot, merci à toi ami! (garage Goran, chemin de Renens à Lausanne). Le temps de boire un café et de distribuer les rations règlementaires de dar-vida, et nous voilà partis pour une longue étape, 850 kilomètres, qui nous conduira de Tan-tan à Dakhla. Nous allons passé par Laayoune qui était, si je ne me trompe pas, la capitale du Sahara occidental, ex Maroc espagnol, avant que la région soit annexée par le royaume chérifien. Nous longeons l'océan que surplombent de hautes falaises. Il y a des creux de 4 mètres et des rouleaux aussi magnifiques qu'impressionnants. Nous venons de traverser ce qui devait être l'ancienne frontière. Les contrôles vont certainement être encore plus fréquents du fait que nous entrons dans une zone militaire. Nous venons même de croiser un véhicule de l'ONU. Philippe conduit, j'ai pris place à l'arrière séparé de mes deux compagnons par le moteur du Toyote qui ronronne bravement. J'entends de temps à autre derrière moi, le tintement de la sonnette de fin de ligne d'une machine Perkins pour écrire le Braille. Ils sont vraiment tordus ces policiers marocains. A croire que les contraventions représentent la seconde ressource du royaume après le tourisme. Ils placent des limitations et les radars qui vont avec, n'importe où, aux endroits où on les attend le moins. Pire encore, lorsqu'ils t'arrêtent à un des multiples contrôles, deux totalement identiques à 50 mètres l'un de l'autre à l'entrée de Laayoune, c'est pour te gauler 200 mètres plus loin lorsque tu redémarres soulagé la fleur au fusil. C'est exactement ce qui est arrivé hie à Bondex. Il ne faut pas que je me plaigne trop des contrôles puisque grâce à l'un d'eux, j'ai appris les seconds prénoms de mes acolytes: Paul pour Philippe et Gilbert pour Michel. Est-ce que ce sont vraiment là les prénoms d'une équipe qui gagne? Au plat du jour pris en roulant: délicieux pain en galette et terrine de sanglier. On y va molo sur le pinard car il n'y a déjà plus de bière. Petits beurres comme dessert, c'est ça la vie en campagne! Le Toyote file sur une belle route rectiligne. De chaque côté, c'est le désert. Quelques rares arbustes, un troupeau de chameaux et son berger parfois, au loin des dunes de sable et au-delà des dunes, l'océan. Voilà, les ennuis commencent. Nous venons de nous faire arrêter, toute la troupe au poste canne blanche déployée. Il semble que ce chère Toyote ne soit pas couvert par son assurance au Maroc. C'est tout de même bizarre. Nous avons déjà été contrôlés au moins vingt fois et l'on ne nous a jamais rien demandé. Comme par hasard, le policier nous a réclamé des bières en apercevant le cadavre de la Stella Artois du mécanicien Philippe. Il faut absolument que rien de fâcheux ne nous arrive... inch'allah. Ils nous ont étonnamment laissés repartir sans payer ni assurance ni bakchich, à cause de notre but humanitaire. Je dois avouer que je ne suis pas très tranquille. Que les prières de Heinz, de Lucien Naré, de Bouba, du pasteur Samsung et de tous les autres accompagnent le Toyote et, par la même occasion, ses occupants! Je viens d'apprendre une très triste nouvelle. Ma petite Colinette a perdu sa petite Nala. J'aimerais te dire une chose, petite Colinouche, ta petite minette Nala est montée au ciel retrouver mémé Monique, Christophe, le tonton Michel, toutes les personnes que toi et nous tous aimons beaucoup. J'aimerais encore te dire un truc. Au ciel, il y a une place réservée pour les minous. Là-bas, il y a déjà Pétolon et le minou de Marie. Tu verras, ils vont très bien s'occuper de la petite Nala. Courage petite Coline, Ton tonton qui pense très fort à toi depuis très loin en Afrique. [caption id="attachment_4288" align="aligncenter" width="450"]Danger chameau! Non conforme au code suisse Danger chameau! Non conforme au code suisse[/caption] [caption id="attachment_4289" align="aligncenter" width="600"]Avant Layoune Avant Layoune[/caption] [caption id="attachment_4291" align="aligncenter" width="600"]Maison de pécheurs au Sahara Maison de pécheurs au Sahara[/caption] [caption id="attachment_4292" align="aligncenter" width="600"]Après Layoune Après Layoune[/caption]

    [caption id="attachment_4293" align="aligncenter" width="600"]Un petit âne qui pense à Colinette Un petit âne qui pense à Colinette[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    5 mars 2009

    Hier soir à Marrakech, nous sommes tombés sur une assez bonne adresse. Excellent tajine de poulet aux olives avec riz, pas aussi merveilleux que celui de Nasser bien sûr, bon vin local, délicieux thé, chambre spacieuse mais froide, la température ne devait pas dépasser les 15 degrés et les bâtiments ne sont pas chauffés. Ce matin, le Toyote et les trois coyotes ont repris la route. Point de chute prévu au terme de l'étape du jour, Tan-tan, en passant par Agadir après avoir franchi une chaîne de montagnes. A la sortie de Marrakech, nous savourons les derniers 50 kilomètres d'autoroute de toute notre aventure. Sur un des ponts qui enjambe le magnifique revêtement de l'autoroute en construction, un berger vêtu tel un moine, d'une longue robe brune à capuchon, pousse devant lui un troupeau de moutons. A Chichaoua, le caissier Bondi en profite pour aller faire du change. Un policier s'approche du Toyote et demande à Philippe son permis de conduire et les papiers du véhicule. Nous n'avons malheureusement pas parqué le bus dans le bon sens, celui de la route. Le policier disparaît puis nous fait signe d'avancer. Il a déjà le papier pour nous coller dans la main. Je déplie ma canne, descend du Toyote et vais serrer la main du policier et tout s'arrange. Nous lui expliquons d'où nous venons, où nous allons et pourquoi et il déchire la contredanse. La croix suisse et la canne d'aveugle, c'est vraiment la période du blanc, font très forte impression. Lorsque le caissier Bondi sort de la banque, il aperçoit trois gars en train de deviser gaîment comme si ils ne s'étaient pas vus depuis 20 ans. Nous attaquons la montagne. Certains sommets sont enneigés. Les camions sont si lourdement chargés qu'ils gravissent le col, raide il est vrai, à trois kilomètres à l'heure. Brave Toyote, tu es vaillant toi! Pique-nique à bord du Toyote. Bondi que j'ai surnommé Bondex, référence à une marque de peinture, ou encore Bondichéri, à une lettre près le nom d'un ancien comptoir français des Indes, a troqué son crayon de comptable pour le couteau suisse du parfait cuisinier en campagne. Il verse le rouge dans de gros verres dont la couleur fait dire à Philippe qu'ils proviennent certainement d'un surplus de l'armée marocaine. Et bien parlons-en de notre pinard. Au début, il ne nous paraissait pas trop mauvais. Maintenant, comme constate Philippe, il tire un peu les tendons. Mais il faut faire avec. Il y a dans ce beau pays, et c'est une lapalissade, davantage de mosquées que de caves à vin! Vous l'aurez deviné: Michel a été scout dans sa jeunesse. Louveteau, il portait le totem de "pelage soyeux" ce qui convient assez bien à un coyote. Eclaireur, il était affublé de celui de "ouistiti aboyeur" qui lui va pas mal non plus. Philippe lui, a failli entrer chez les éclaireurs simplement pour suivre une éclaireuse. Mais l'homme reste rebel à toute autorité. Moi, je n'ai fait que l'Asile des aveugles. On nous avait bien dit qu’il y avait un policier à chaque carrefour au Maroc. Après notre aventure du matin, nous avons été contrôlés plusieurs fois et une fois de trop à 200 mètres de l’hôtel sur lequel nous allions jeter notre dévolu. 51 kilomètres à l’heure au lieu de 40, cela ne pardonne pas, 400 dirhams d’amande, 60 francs Suisse environ. A Tan-Tan, on est dans le désert. Au bord de la route des panneaux nous invitent à faire attention aux chameaux. [caption id="attachment_4283" align="aligncenter" width="600"]Une maison au haut du col Une maison au haut du col[/caption] [caption id="attachment_4284" align="aligncenter" width="600"]La neige au sommet des Atlas La neige au sommet des Atlas[/caption] [caption id="attachment_4286" align="aligncenter" width="600"]Au sommet du col Au sommet du col[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    4 mars 2009

    Le vent violent qui souffle sur Tanger contraint le Biladi à s'y reprendre à plusieurs fois pour accoster. Tout en commentant la manœuvre, Philippe, le loup de mer de l'équipe, boit du thé. Cet événement paraît tellement extraordinaire, qu'il mérite de figurer dans la chronique du jour, non? Nous sortons enfin des entrailles suffocantes du Biladi. Les postes de douane et de contrôle se succèdent, les bakchichs aussi: (Tu donnes un p'tit billet pour Noël?) J'ignorais complètement que la naissance du petit Jésus était aussi fêtée en terre d'Islam. Des dizaines de gars dont on ignore la fonction, courent dans tous les sens, d'une voiture à l'autre, exigeant des papiers, promettant contre un billet le précieux tampon. En un mot: c'est le bordel. Ça crie de partout, ça klaxonne. On avance puis, sans savoir pourquoi, on recule pour avancer à nouveau. Il faut vraiment rester calme et se plier aux usages locaux faute de quoi, vous pouvez moisir là des heures et des heures. C'est tout bon! Maintenant, nous fonçons par grand vent sur l'autoroute, direction Marrakech, but de l'étape du jour, via Rabat et Casablanca. Couteau suisse à la main, Michel assis à l'arrière du Toyote, distribue des tranches de viande séchée dont l'épaisseur met encore mieux en valeur le goût. Avec ça, du fromage, une rasade de rouge, du pain sec et, Michel Bühler bien sûr. Il est vraiment brave notre Toyote. Il ronronne doux, il ne consomme lui guère plus de dix litres pour cent kilomètres. De plus, la croix suisse qu'il arbore fièrement sur sa porte avant-droite, lui a déjà facilité le franchissement de certains contrôles de police. Evidemment, il n'a pas encore été mis à rude épreuve, car les autoroutes marocaines sont excellentes. [caption id="attachment_4278" align="aligncenter" width="600"]Arrivée à Tanger Arrivée à Tanger[/caption] [caption id="attachment_4280" align="aligncenter" width="600"]Port de Tanger Port de Tanger[/caption] [caption id="attachment_4281" align="aligncenter" width="600"]Le pont Le pont[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    3 mars 2009

    Nous prenons le petit déjeuner à la table qui nous a été assignée avec un Français qui sait tout et qui a tout fait. Puis on attaque les cartes: la mise à trois. La fortune est généreuse avec chacun. Cependant, il semble que Michel aurait une tournée de Ricard de plus à rincer. Après le repas de midi et une petite reposée, nous nous retrouvons au bar. Cela tangue davantage maintenant: (Un pas en avant pour deux en arrière!) déclare Philippe portant prudemment deux verres de whisky dont le prix est moindre que celui de la bière: heureux pays. On joue la tournée à la putz. Je l'emporte 7 à 5 après avoir été mené 5 à 0. On en a un peu plein les bottes de cette traversée qui traîne en longueur. Vivement Tanger et que les choses sérieuses commencent. [caption id="attachment_4266" align="aligncenter" width="450"]Embarquement Embarquement[/caption] [caption id="attachment_4263" align="aligncenter" width="451"]Port de Sète Port de Sète[/caption] [caption id="attachment_4265" align="aligncenter" width="450"]Jean-Marc a faim Jean-Marc a faim[/caption]

  • Catégorie: Sur le terrain

    2 mars 2009

    La première nuit dans la chambrée se passe dans une certaine promiscuitée, dans la minuscule chambre du Formule 1 situé à un jet de pierre de Montélimar, la capitale du nougat. L'atmosphère de corps de garde qui règne, fait ressurgir chez Philippe quelques souvenirs de caserne et, pour ne pas faillir à la tradition, il régale la compagnie d'une petite bouteille de rouge qui tombe fort à propos, avant que nos rêves nous ramènent auprès de nos femmes restées au pays. Après un petit déjeuner pris en rang d'oignons, face au mur de la salle à manger borgne de notre Formule 1, nous partons à la chasse au cybercafé. Autant dire que cela n'a pas été facile. Et après en avoir déniché un aux environs de Nîmes, quel ne fut pas notre désarrois de ne pas pouvoir alimenter notre blog: impossible d'entrer le mot de passe. Après une heure de recherches qui m'ont plongées dans un abîme de désespoir, nous nous sommes aperçus que nous devions activer le pavé numérique pour entrer les chiffres. Finalement, tout est bien qui finit bien. Nous sommes prêts pour l'embarquement fixé à 19 heures à Sète. Les derniers achats effectués: un cubiténaire de vin rouge, de la bière, une petite bouteille de Ricard pour le fragile estomac de Philippe, une de whisky pour les souffrances de l'âme, un wagon de boîtes de conserve et deux moustiquaires, nous prenons l'autoroute pour la première fois depuis Lausanne, afin de nous installer au plus vite sur une terrasse ensoleillée. Michel s'exclame: "la mer est à notre gauche". Il fait soleil à Sète mais le mistral est frais. La terrasse sur laquelle nous dégustons un solide sandwich merguez frites arrosé de Kronemburg, représente à elle seule un curieux trait d'union entre l'Europe et l'Afrique du nord. Dans mon dos, vrombissent déjà les moteurs du Biladi, un énorme ferry, qui va faire traverser la Méditerranée à notre cher Toyote et à ses trois occupants. Ici, semble s'entasser le surplus dont les pays nantis ne veulent plus et qui pourra, espérons-le, soulager un peu la misère de ceux qui se battent pour survivre. Notre départ est retardé par une poignée de jeunes manifestants qui sont montés sans billets. Campés au pied de la cheminée, ils protestent contre l'expulsion de clandestins vraisemblablement embarqués de force sur le Biladi pour le Maroc. Je suis fatigué ce soir et je n'ai vraiment pas faim après le gigantesque sandwich ingurgité trois heures plus tôt. Je décide donc de me retirer dans la cabine à deux que je partage avec Bondi. Lorsque je me réveille vers deux heures du matin, un doux balancement nous berce.

  • Catégorie: Sur le terrain

    1er mars 2009

    Départ des léopards! Le Toyota, 286.300 kilomètres au compteur, est chargé jusqu'à la gueule: 7 machines pour écrire le Braille, du papier pour alimenter les imprimantes de l'association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina, des cannes blanches, etc. [caption id="attachment_105" align="aligncenter" width="500"]Liste du matos didactique braille Liste du matos didactique braille[/caption] [caption id="attachment_106" align="aligncenter" width="600"]Permis de circulation Permis de circulation[/caption] Encore un grand moment d'amitié ce matin premier mars 2009 au Café de l'ouest à Lausanne. Le blanc a magnifiquement accompagné les délicieux amuse-gueule aux saveurs maghrébines que nous ont généreusement servis les patrons, Nasser et Josiane. Le prudent Nasser nous a donné des nappes du bistro pour recouvrir le précieux chargement du Toyote et ainsi le dissimuler à la vue des envieux. Il y avait pas mal d'émotion au départ de notre équipage. Le Oui-oui que vous pouvez voir sur la photo de notre départ, ne peut que nous porter chance puisqu'il s'agit d'un cadeau de la petite Coline, la nièce de Francine de 5 ans, à Boulsa, qu'elle croit être un petit garçon alors qu'il s'agit du nom de la ville où se trouve l'école pour enfants aveugles que nous soutenons dans l'est du Burkina. Car comme dit la Colinette: (Moi, on m'a appris à partager!) Puissent ces mots pleins de chaleur et de tendresse être notre devise pour notre aventure. Philippe graille son GPS qui perd un peu le nord. Moi, j'essaie avec bien des difficultés de faire fonctionner notre frigo. Michel est au volant et nous parle du trajet qu'il empreinte habituellement pour se rendre à Gigondas. On vient de passer non loin de la maison du Facteur Cheval. Crest dans la Drôme où nous avions l'intention de crécher et de nous restaurer, aurait dû constituer l'objectif de notre première étape. Malheureusement, pas d'hôtel. Si cela continue, comme dit la chanson, la Nationale 7 nous mènera jusqu'à Sète. On s'écoute Gainsbourg puis les Beatles, grâce aux enregistrements qu'a réalisés mon pote Tutu et à la "cassette miracle" que m'a filée Luc, qui nous permet d'écouter mon ipod sur les enceintes du Toyote à travers son vieux lecteur de cassettes.

  • Catégorie: Sur le terrain

    Galerie photos – Départ Café de l’Ouest

    Voici le shooting de Claudio Galiezia, patron du Bistro du Flon. Ci-dessous les amis et proches sont parmi ceux qui ont entouré nos 3 aventuriers au départ le 1er mars. Ils participent aux projet "Ecole pour enfants aveugles à Boulsa". Ils suivent le parcours et vous souhaitent bonne route. Heinz [caption id="attachment_4273" align="aligncenter" width="450"]A l’apéro de départ du 1er mars A l’apéro de départ du 1er mars[/caption]

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    du 1er mars

    A l’apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars</p> du 1er mars

    A l'apéro de départ du 1er mars

  • Catégorie: Sur le terrain

    1er mars 2009, 13h15 départ de Lausanne

    [caption id="attachment_85" align="aligncenter" width="500"]"...Allez! Vous venez?" "Je veux partir, bon sang..." "...Allez! Vous venez?" "Je veux partir, bon sang..."[/caption] [caption id="attachment_86" align="aligncenter" width="500"]Philippe a fait le plein... Philippe a fait le plein...[/caption] [caption id="attachment_96" align="aligncenter" width="500"]Sympathique apéro de départ au Café de l'Ouest Sympathique apéro de départ au Café de l'Ouest[/caption] [caption id="attachment_88" align="aligncenter" width="494"]Heinz entouré de Jean-Marc, Philippe et Michel avec leurs épouses Heinz entouré de Jean-Marc, Philippe et Michel avec leurs épouses[/caption] [caption id="attachment_89" align="aligncenter" width="500"]Les adieux des amis du Café Les adieux des amis du Café[/caption] [caption id="attachment_90" align="aligncenter" width="500"]Au lieu du départ: Lausanne, Café de l'Ouest, 1er mars 13h15 Au lieu du départ: Lausanne, Café de l'Ouest, 1er mars 13h15[/caption] [caption id="attachment_91" align="aligncenter" width="500"]C'est parti... C'est parti...[/caption]