Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

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    15 mars 2012

    La nuit a été rude à cause de la chaleur et du bruit du ventilateur. Ma moustiquaire était mal arrimée. J'ai senti tout à coup une énorme bête me passer dessus. Je l'ai assommée avec mon oreiller. Je suis à nouveau assis dans notre salon extérieur. J'écoute le bruit de la cour qui est déjà éveillée depuis longtemps. Les gens vaquent à leurs occupations, les poules caquettent, le coq chante, les enfants d'Etienne jouent et viennent me serrer la main les uns après les autres. Jacqueline, la femme d'Etienne, pose la table du petit déjeuner. Elle demande: "Comment va ma maman?" Sa maman, c'est Francine. Il y a un petit minou qui se ballade. Il n'a pas de nom. On ne donne pas de nom aux chats ici. Il y a aussi un âne qui brait tristement. Ce matin, Michel, Etienne et votre serviteur, le trium vira de choc, se réunissent pour faire le point sur la mise en œuvre des mesures décidées en octobre dernier. L'école de Boulsa compte 12 collaborateurs: 5 enseignants, 3 cuisinières qui rigolent lorsque Michel va goûter les plats, une préposée au nettoyage, une secrétaire, un surveillant aveugle et un gardien durant la nuit. Avec Etienne, cela fait 13. Tout en nous référant au dernier bulletin que nous avons adressé à celles et ceux qui soutiennent notre projet, nous examinons, point par point, la mise en œuvre des mesures prévues.

    Nettoyage des lieux communs

    Madame Aminata a commencé son activité début mars. Je me suis permis de demander à Etienne, sur le ton de la plaisanterie bien sûr, s'il l'avait engagée en fonction de notre date d'arrivée. Elle nettoie, chaque jour, les latrines, les douches et les dortoirs. Elle s'occupe en outre du nettoyage des habits des enfants. L'infirmier scolaire a promis de passer chaque semaine. Selon les usages, il faut lui donner (une prime d'encouragement), bien qu'il reçoive un salaire de l'état. Il va sans dire que s'il ne reçoit pas ce petit cadeau, il ne passera pas régulièrement. Le père Bondi feuillette le carnet de santé d'un des enfants. Depuis l'année dernière, chaque enfant a son carnet de santé dans lequel l'infirmier consigne précisément tous les actes médicaux. Matthieu, le directeur, est chargé de l'administration des médicaments. Les enfants se lavent une fois par jour. Un robinet alimenté par une grande barrique sera installé au sortir des latrines pour que les enfants n'oublient pas de se laver soigneusement les mains. Chaque enfant a une paire de chaussures pour se protéger des infections causées par les blessures que les petits aveugles se font en marchant dans la cour. Etienne a réussi à doubler la quantité de poisson nécessaire à la confection du plat quotidien. L'apport protéinique représenté par un œuf par semaine et par enfant, n'a pas pu être mis en place. Les poulettes d'Etienne n'ont que 5 mois et cette denrée est rare sur le marché local. [caption id="attachment_2595" align="aligncenter" width="450"]Une copine à Bondi le gourmand Une copine à Bondi le gourmand[/caption] Nous avons été surpris d'apprendre que ce ne sont pas moins de 70 personnes qui mangent quotidiennement à l'école. Aux dires de Bondi, c'est pas du tout mauvais et la quantité y est. [caption id="attachment_2594" align="aligncenter" width="600"]Coup de feu à la roulante Coup de feu à la roulante[/caption] Etienne nous propose de l'eau. Bondi préférerait de loin une bière. Son vœu, le mien aussi d'ailleurs, est immédiatement exhaussé. Même si tous les objectifs ne sont pas atteints et qu'il nous est difficile d'avoir une vue d'ensemble précise, on sent une réelle volonté de faire le mieux possible et d'appliquer au plus près les mesures qui justifient le parrainage de l'école braille Jean-Marc Meyrat. Bravo Etienne! Après le repas de midi, une petite sieste. Il fait une chaleur à crever. Michel et moi buvons un coca. Etienne s'inquiète: "c'est fini la bière?" Notre réputation est définitivement faite. Nous allons nous rendre à l'école pour tâter de l'imprimante braille. Inch Allah! Comme je l'avais pressenti, Allah ne nous a pas secourus dans cette terrible entreprise. Je n'ai jamais réussi à configurer une imprimante braille, ce n'est tout de même pas aujourd'hui que cela va commencer. Pendant que je m'escrime sur l'imprimante, Bondi a un long entretien avec Etienne. Il ressort de cette entrevue qu'il est vraiment indispensable qu'il y ait une comptabilité générale, afin que nous sachions précisément où nous allons. Du point de vue des salaires, Etienne n'a pas encore déclaré nos intentions aux enseignants. Nous allons donc peut-être revoir nos calculs. De toutes les façons, une intervention de la coopération suisse pour mettre un peu d'ordre dans tout ça, est absolument nécessaire. On peut faire confiance au caissier Bondi pour convaincre les services helvétiques d'intervenir au plus vite. [caption id="attachment_2591" align="aligncenter" width="600"]Tout le monde ne s'appelle Christine Cloux, la fée aveugle de l'informatique Tout le monde ne s'appelle Christine Cloux, la fée aveugle de l'informatique[/caption] Nous avons remis ce soir les deux machines Perkins que nous avons apportées. Nous en ramenons deux autres défectueuses en Suisse que nous ramènerons lors de notre prochain séjour. Bondex appelle ces machines des Pershing, car il vit encore au temps de la guerre froide. Le puits, c'est le centre de tout C'est incroyable le rôle que joue le puits dans la vie de l'école. Les enfants du voisinage se mêlent volontiers aux élèves aveugles et malvoyants. Selon Bondi, tous les enfants vivent de la même manière, ce qui est rassurant dans un certain sens. [caption id="attachment_2588" align="aligncenter" width="600"]Une ribambelle de petits louloups dans la cour Une ribambelle de petits louloups dans la cour[/caption] Nous avons d'ores et déjà pris contact avec une entreprise pour procéder à une analyse de l'eau du puits. On nous assure qu'après trois ans, la qualité de l'eau ne peut pas s'être altérée. Cependant, nous allons faire analyser l'eau afin d'en avoir le cœur net. Ce soir, je suis fatigué et ne vais pas tarder à aller me coucher. Mais avant cela, nous allons accompagner notre repas avec un petit coup de rouge extrait de la topette de Bourgogne à Bondi. Il a un méchant goût de bouchon. Mais à la guerre comme à la guerre: on boit ce qu'il y a! Malheureusement, il y avait du poisson au menu. Ceux qui me connaisse savent que j'entretiens avec cet animal des relations culinaires difficiles. Tous les plats en avaient le goût. Ce cher Etienne s'est empressé d'aller acheter une boîte de petits pois carotte pour moi. Demain, nous avons rendez-vous avec l'infirmier scolaire. A côté de cela, nous allons présenter le livre Lire au Burkina transcrit par Christine Berthoud, ainsi que les livres de contes choisis par Francine. A demain, si vous le voulez bien! [caption id="attachment_2593" align="aligncenter" width="600"]La cour de l'école Jean-Marc Meyrat sert de cadre à d'autres activités La cour de l'école Jean-Marc Meyrat sert de cadre à d'autres activités[/caption]

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    14 mars 2012

    [caption id="attachment_2584" align="aligncenter" width="450"]Encore un coup du père gepetto Encore un coup du père gepetto[/caption] Devant chez les Fayet, trône fièrement un Pinocchio, une copie, en plus petit, de celui que les automobilistes peuvent voir au bord de l'autoroute près de Villeneuve. Dans quelques années, il contemplera le lac Léman, lorsque Philippe aura pris une retraite bien méritée aux Granjettes. Mais avant cela, il fera un petit crochet par le Niger.

    Départ pour Boulsa

    Nous sommes passés chez Airtel, le Swisscom local, pour charger la clé USB qui nous permet d'alimenter notre blog. Cet opérateur indien est celui qui assure la meilleure couverture internet du Burkina. Francine, tu peux être fière du chauffeur Samsung. Il a trouvé 75 AG de riz burkinabé. Ce riz est plus cher que le thaïlandais, mais qu'importe. Nous appliquons à la lettre la devise du capitaine Sankara: produisons et consommons burkinabé. Ainsi, nous pourrons remettre un sac de riz aux trois centres que nous allons visiter sur la route qui nous mène à Boulsa. [caption id="attachment_2577" align="aligncenter" width="450"]Francine doit être contente Francine doit être contente[/caption] Tradition oblige, nous faisons bénir le bus par Rosalie et en profitons pour embarquer son mari Lucien et une dame que nous ne connaissons ni des lèvres ni des dents. Il semble qu'elle s'occupe du goutte à goutte que la coopération suisse a financé pour l'association de Lucien. Nous en saurons peut-être davantage au cours du voyage, mais elle n'est vraiment pas très causante. Le père Bondi est sur le cul en constatant les résultats atteints par la communauté des handicapés de la vue de Wayen. Depuis Ouagadougou, il n'avait pas vu de verdure. Tout cela a été possible grâce au puits offert par la Mission évangélique braille. Les légumes sont magnifiques. [caption id="attachment_2580" align="aligncenter" width="600"]Un paradis de verdure dans la caillasse environnante Un paradis de verdure dans la caillasse environnante[/caption] Nous quittons la célèbre école Alain Décoppet inaugurée à Zorgho en décembre 2011. Matthieu, le musicien aveugle qui joue sur son instrument constitué de deux cordes tendues sur deux bidons d'huile, chante maintenant en français. Il ne se casse pas pour les paroles: Dieu est parmi nous, et c'est tout. Vous pouvez retrouver Matthieu Ouedraogo sur ce blog, dans la catégorie A vous de jouer. Il me semble que l'émission a été diffusée courant décembre 2011. Nous filons maintenant vers Koupéla, où nous espérons retrouver le morceau de dent perdu par le père Bondi sur un méchant pilon de poulet bicyclette il y a trois ans. [caption id="attachment_2582" align="aligncenter" width="450"]L'arrivée du tour en africovision L'arrivée du tour en africovision[/caption]

    Le poulet bicyclette déboule la tête dans le guidon

    Excellentes pommes-de-terre frites, de la carotte, des haricots et, du poulet bicyclette grillé ou en sauce, très bon. Nous n'avons pas retrouvé le morceau de dent de Bondex. De toutes les façons, il n'en a plus besoin, puisqu'il s'est fait poser un piano. Nous demandons la route. Il commence à faire chaud, vraiment chaud. Nous allons attaquer la piste.

    La piste

    Cette année, elle me rappelle celle empruntée en 2008 avec Heinz dans la Golf bleue un peu métallisée. De la véritable taule ondulée jalonnées de trous. Mes doigts tressautent sur le clavier de mon appareil de prises de notes. J'évite de tirer sur ma pipe de peur de me faire sauter une dent. On ne s'entend plus. Je n'entends même plus la synthèse vocale du portable de Lucien, ce qui n'est pas fait pour me gêner. Ils sont complètement fous du portable. Ce matin, dans le bus, ils étaient trois à téléphoner en même temps. Il y a deux ans, Lucien en avait deux, à croire qu'ils s'appelaient l'un l'autre, un véritable enfer. Voilà, après à peine une heure de route depuis Koupéla, nous sommes arrivés à Boulsa, accueillis par le chant des enfants. Nous venons de découvrir une nouvelle sucrerie: le youki, une sorte de jus de pomme. Cela nous change du coca ou du fanta. Bondi boit du youki. Il est où le Youki à sa mamie? Il a beau dire que cela n'est pas mauvais, il n'en rêve pas moins d'une Brakina bien fraîche, dégustée dans notre petit salon en plein air. Première nouvelle: l'abri qui accueillait les enfants pour le repas a brûlé par les soins d'un élève qui voulait voir comment ça faisait. Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer. Les enfants sont tous venus nous serrer la main. Ils s'accompagnent les uns les autres et parlent si doucement, que les vieux que Michel et moi sommes, entendent à peine les petits louloups décliner leur nom. Nous avons vu le petit Wendinmi le chouchou à Francine. Il me semble qu'il a bien grandi. Nous assistons à une séance de formation pour la mise en train et les activités sportives des enfants. C'est bien, cela va complètement dans le sens de ce que préconise Francine. Beaucoup de gestes sont mis en parallèle avec les mouvements des animaux: le singe grimpe, le serpent rampe, le cheval court, la poule vole, ce n'est pas la seule. Mais tout commence et tout finit par la formation en rangs et la marche à pas cadencés, et on rompt les rangs pour entrer en classe et ça, tous les jours ouvrables. Ne manque que le salut au drapeau. C'est le frère Etienne qui est à l'initiative de cette formation, preuve que ce que Francine a expliqué l'année dernière commence à porter ses fruits. Et maintenant, Brakina! [caption id="attachment_2574" align="aligncenter" width="600"]Tout y est! Tout y est![/caption] Ah! C'qu'on est bien, la Brakina en main! A demain!

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    13 mars 2012

    La nuit n'a pas été trop mauvaise. Etonnamment, il ne fait pas trop chaud, presque frais pour la saison selon Samsung, 35 degrés tout de même. Après le petit déjeuner pris avec Bondi, nous partons pour l'ancien centre pour installer le nouveau PC de Lucien. Encore un grand moment d'angoisse. Encore une fois, merci à toi, chère Christine, pour tout le temps que tu as consacré pour configurer ce PC. Nous sommes bien évidemment installés dans le célèbre Toyote qui compte aujourd'hui 350.000 bornes au compteur, soit 60.000 de plus que lorsque nous avons quitté le Café de l'Ouest à Lausanne en mars 2009 pour convoyer ce bus jusqu'à Ouagadougou. La circulation est toujours intense. Les petites mobylettes chinoises pétaradent et klaxonnent pour se faufiler dans le trafic. Au milieu des vapeurs d'essence, on devine l'odeur de la viande grillée à même le trottoir. Aujourd'hui, je suis assez fier de moi. Tout fonctionne sur le PC de Naré. Si cela continue, je vais me convertir, à quoi? Je ne le sais pas encore. Bondi et Samsung sont passés pour acheter une puce pour mon téléphone portable. La préposée n'est pas parvenue à mettre mon portable en fonction. Il a fallu qu'il passe entre mes mains pour que tout soit en ordre. Un véritable miracle! Brakina à la main, nous voilà assis à notre table habituelle sur la terrasse du jardin du SIAO, le salon international de l'artisanat de Ouagadougou ou, aujourd'hui rebaptisé: le siège de l'informaticien aveugle de Ouagadougou.

    Un exemple pour la Suisse

    Chez Airtel, le Swisscom local, il n'y a pas de problèmes pour les aveugles. Les numéros des tickets de passage sont annoncés par une synthèse vocale. Ça nous en bouche un coin, non? A 13h00, petite omelette chez les Fayet avant une petite sieste réparatrice. Après la réussite de ce matin, je n'entreprendrai rien, histoire de rester sur une bonne impression. Espérons simplement que la chance nous sourie lorsqu'il s'agira de faire fonctionner l'imprimante braille de l'école Jean-Marc Meyrat à Boulsa. Aux environs de 17h, une brusque montée d'adrénaline. Où est-je mis mon poignon? J'ai tourné pendant une heure, dans un état d'inquiétude indescriptible. Finalement, c'est grâce aux enfants de Boulsa que je me suis souvenu que j'avais mis mes sous dans la poche extérieure de ma valise où se trouvait le crayon pour inscrire le titre des contes transcrits en braille que nous allons proposer aux enseignants et aux enfants de Boulsa. L'alerte fut chaude. Au dîner, roesti et émincé à la zurichoise. Nous sommes dès lors prêts pour le poulet bicyclette. On a refait le monde, comme d'habitude, en nous racontant quelques vieilles histoires en buvant quelques verres sur la terrasse par une température très agréable. Demain, nous partons pour Boulsa. Après quelques achats, nous irons faire bénir le bus par Rosalie et départ! Je vais écouter, grâce à mon iPhone, le match Marseille contre Milan. A demain, si vous le voulez bien et si Internet est d'accord. Michel et Jean-Marc

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    12 mars 2012

    C'est parti mon kiki!

    Je viens de quitter ma femme Francine sur le quai de la gare de Lausanne avec un petit pincement au cœur. Je me réjouis toujours de repartir, mais à chaque fois, je ressens un peu d'appréhension. Ce ne sont tout de même pas des voyages de tout repos, même si je suis habitué, puisqu'il s'agit de mon septième séjour au Burkina Faso, dont le troisième avec Bondi. En plus, j'ai un rhume que je traîne depuis une semaine. Je me suis installé en première classe. Mes deux énormes valises laissées dans le couloir, se jaugent comme deux boxeurs poids-lourds avant la pesée. Ce moment risque de s'avérer difficile, croisons les doigts. Au pire, nous devrons tout démonter avec Bondex pour répartir au mieux le poids. Lors de mon dernier voyage avec Francine en octobre 2011, nous avions eu une chance du tonnerre de dieu, car ma célèbre canne blanche nous avait permis d'être traités à l'égal des passagers de première. Pourquoi pas cette fois encore?

    Non, pas ce coup-là!

    On a dû tout ouvrir. Heureusement, Bondex avait une valise qui ne pesait que 14 KG. Dans cette aventure, le bel ordonnancement consciencieusement fait par Francine a été un peu mis à mal. Bondex a une machine braille et l'ordinateur du roi Naré comme bagages à main. Tout compte fait, nous avons environ 110 KG de bagages. Histoire de se mettre en forme et de se remettre de nos émotions, nous éclusons une première bière avec Jean, un des potes de Bondex, avant d'embarquer.

    Vive la France!

    Entre Genève et Paris, nos papilles ont été chatouillées par un Château Ducla, un redoutable Entre deux mers, qui nous prépare à ce que nous allons boire entre Paris et Ouagadougou. Ce qu'il y a de bien à Roissy, l'assistance fonctionne d'autant mieux, que lorsqu'on ne la pas demandée. Nous étions attendus au sortir de l'avion à Paris et conduits sans encombre à travers tous les contrôles jusqu'à notre porte d'embarquement où nous avons attendu patiemment notre avion en grignotant un sandwich avec de l'Heineken, si c'est pas malheureux des choses pareilles. Nous partons avec un léger retard. J'en profite pour faire un petit somme, très fatigué, après la nuit épouvantable que j'ai passée à cracher trippes et boyaux. L'apéritif arrive, champagne! Puis le plateau: salade, risotto, camembert Président, bâton d'ananas et une tartelette au goût parfaitement indéfinissable. Du poulet nous était également proposé. Mais nous nous sommes dit avec la prudence qui nous caractérise, que nous en mangerions assez durant notre séjour au pays des hommes intègres. Tout cela arrosé d'une syrah portant le joli nom de Couleur du sud, tout un programme. Attention! Turbulences sur la méditerranée, veuillez regagner vos places et tenir vos verres. Les petites bouteilles de vin rouge ne contiennent que 178 ML, pas un de plus. C'est un peu juste pour les baroudeurs que nous nous sentons peu à peu redevenir. Nous demandons deux autres petites bouteilles. Ainsi, notre réputation est faite et nous avons été menacés, gentiment il est vrai, d'être privés de digestif. Cognac en main, nous atteignons la côte africaine. Il y a encore de la neige sur les sommets du pays de mon ami Nasser, l'Algérie. A notre arrivée, le comité était présent: Lucien Naré et sa fille Valérie, les pasteurs Bouba et Samsung, Laurent Abga, le président de l'Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina et bien sûr: Philippe et Tinou. Le programme de notre séjour établi, deux bières et dodo. A demain!

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    11 mars 2012

    Bonjour à toutes et à tous, Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures, Michel Bondi, dit Bondex, et votre serviteur. Notre départ est fixé au lundi, 12 mars. Nous nous envolons à midi de Genève et seront rendus à Ouagadougou à 20h45 heure locale. A Paris, nous allons nous faire une petite bouffe, histoire de ne pas être obligés de se contenter de la tambouille d'Air France. Nous ne connaissons pas la composition du comité d'accueil à Ouaga, mais par contre, nous savons que nous allons boire un bon coup avec Anne-Christine et Philippe Fayet, qui nous hébergent, malheureusement pour la dernière fois, au Burkina du moins, puisqu'ils quittent l'ex Haute Volta pour le Niger en juin prochain. Comme d'habitude, nos bagages sont bien garnis: cadeaux, machines braille, deux ordinateurs portables, une ligne braille pour Lucien Naré, des textes pour les enfants de Boulsa imprimés en braille par les soins de mon amie Marianne Castella et les 12 premiers exemplaires du livre Lire au Burkina première année. Cet ouvrage a été généreusement transcrit par Christine Fayet-Berthoud, la sœur de ma femme Francine, corrigé par des enseignants burkinabé et imprimé bénévolement par Anne Pillet, la responsable de la Bibliothèque Braille Romande à Genève. Je profite de l'introduction à ce récit de voyage pour adresser nos chaleureux remerciements au directeur de l'Association pour le bien des aveugles de Genève, qui permet à Anne de profiter de l'infrastructure de la bibliothèque pour réaliser ce magnifique travail. Merci Christine, Anne et Louis.

    Un sauvetage réussi

    Avec l'aide de la ville de Lausanne et de la Bibliothèque Braille Romande, nous avons pu sauver 10 tonnes de papier braille entreposé au Centre pédagogique pour enfants handicapés de la vue à Lausanne. Grâce à la collaboration de tous, nous pourrons imprimer des centaines de volumes qui permettront aux enfants du pays des hommes intègres d'apprendre à lire et aux adultes de se cultiver et de se distraire.

    L'association a-b-c-d est née

    C'est en effet de 8 février dernier que nous avons créé cette association dont l'acronyme signifie: alphabétisation braille, conseil et développement. L'activité de l'association se concentre actuellement sur l'école Jean-Marc Meyrat à Boulsa. Cependant, nous n'en resterons pas là puisque nous envisageons l'impression de livres pour une structure pour adultes aveugles au Burundi. Et n'oublions pas la Burkinette, ce projet fou q-i trotte dans ma tête et celle de Heinz de créer une canne blanche au Burkina Faso uniquement fabriquée avec des produits locaux et réalisée par des aveugles. A ce propos, j'ai enroulé soigneusement des plans de la Burkinette établis par 6 étudiants de l'école d'architecture Athenaeum à Lausanne. Ça va bouillir! Le site de l'association réalisé par Fabio Teta sera prochainement mis en ligne: www.a-b-c-d.net. Le logo de l'association que vous découvrirez en vous rendant sur notre site, a été conçu gratuitement par Sandro, l'ami de Caroline, la nièce de Francine et fille de la transcriptrice Christine. Immense merci à toi, cher Sandro, un fameux cuisinier de surcroît. Tu es le bienvenu quand tu veux à Trogne. Je m'occuperai du pinard. J'ai 12 bouteilles d'un magnifique Amarone qui m'attendent chez Claudio au bistro du Flon qui aura un client de moins, et non des moindres, pendant 15 jours. Voilà, c'est tout pour l'instant. Sauf problèmes techniques, vous pourrez suivre régulièrement nos pérégrinations sur ce blog. Mais attention, au Burkina, les connexions internet sont capricieuses. Notre retour est fixé au vendredi 23 mars. Jean-Marc et Michel

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    19 octobre 2011

    Nous voici arrivés au terme de notre séjour au pays des hommes intègres. La journée d'hier a été consacrée à quelques achats, à la remise officielle à l'Alliance biblique de trois PC destinés à des étudiants aveugles de l'université de Ouagadougou à une rencontre très agréable avec le directeur de cette même Alliance biblique et, on ne recule devant rien, à une raclette partagée avec les Fayet sous les palles du ventilateur. Aujourd'hui, nous allons visiter une entreprise qi manufacture le plastique, histoire d'aller jusqu'au bout de ce processus de fabrication de cannes blanches au Burkina Faso. Suivra l'achat d'un cadeau pour la lionne blanche au village artisanal. Cet après-midi: calme avant notre départ fixé à 8 heures. Nous voici parvenus à la fin de ces dix jours. Nous espérons que vous avez pris du plaisir à suivre ce blog. A très bientôt! La patrie ou la mort nous vaincrons! Jean-Marc et Francine Meyrat

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    18 octobre 2011

    Nous avons poursuivi ce matin la conversation commencée la veille avec frère Etienne. Ce dernier souhaite que nous nous adressions aux enseignants avant notre départ pour Ouagadougou. [caption id="attachment_2225" align="aligncenter" width="450"]Palabres au petit matin Palabres au petit matin[/caption] Comme c'est peu à peu devenu l'usage, nous allons nous répartir les rôles: Francine va s'occuper de l'aspect pédagogique et moi, de l'aspect financier. Sans entrer dans les détails, voici quelques éléments qui ressortent de nos discutions. Frère Etienne est enchanté à l'idée de pouvoir bénéficier d'un soutien de la coopération suisse. Avec Bouba, Etienne va établir un budget prévisionnel prenant en compte l'adaptation des salaires des enseignants et l'amélioration du quotidien des enfants pour fin novembre. Ainsi, nous pourrons adapter le parrainage en 2012. Avec le soutien de la coopération suisse et de Bouba, nous l'avons invité à établir une prévision de recettes, suite à la mise en route du moulin et du poulailler. Cela sera Heinz, lors de son séjour en décembre prochain, qui fixera l'échéancier avec Etienne. En ce qui concerne le projet d'agrandissement de la structure avec le Lion's club de Ouagadougou, nous lui avons conseillé de séparer rigoureusement les domaines d'activité du centre de formation. Nous lui avons répété qu'il était relativement possible de trouver du financement pour les infrastructures. Mais comment va-t-il financer le quotidien? Nous lui avons encore une fois dit qu'il devait tout d'abord assurer les bases avant de se lancer dans d'autres projets. [caption id="attachment_2226" align="aligncenter" width="600"]Ca commence tôt pour la femme africaine Ca commence tôt pour la femme africaine[/caption] La femme africaine travaille vraiment beaucoup. Jacqueline, la femme du frère Etienne, balaie déjà sa cour à 5 heures du matin. Ensuite, elle lave les enfants, va s'occuper des cochons tout en portant dans son dos le bébé d'une de ses filles. Ensuite, elle va se mettre à la cuisine dans l'endroit en plein air, seul endroit qui a échappé à l'effondrement de sa maison, l'an passé suite à l'abondance des pluies. Jacqueline sera la dernière couchée. [caption id="attachment_2227" align="aligncenter" width="600"]Les décombres de la maison des Sawadogo Les décombres de la maison des Sawadogo[/caption] Toute la famille dort dehors sur des nattes et un matelas en mousse, alors que nous, nous bénéficions d'un lit confortable et de ventilateurs. [caption id="attachment_2234" align="aligncenter" width="450"]Salle de bain et chambre à coucher en plein air Salle de bain et chambre à coucher en plein air[/caption] Nous quittons l'école de Boulsa. Je crois que nous avons fait un bon boulot. Nous avons mis au point une stratégie pour l'adaptation des salaires des enseignants et proposé des mesures très concrètes pour l'amélioration du quotidien des enfants dont un apports nutritifs dans l'alimentation en augmentant de 2 à 4 kilos par jour le poisson pour confectionner les deux plats principaux, un œuf pour chaque enfant par semaine, un complément de vitamines sous forme de comprimés à prendre régulièrement. Nous avons pu posé toutes les questions qui nous sont venues sur les comptes en rapport avec le parrainage. Frère Etienne s'y est prêté de très bonne grâce et nous a photocopié toutes les pièces comptables que nous désirions. C'est le caissier Bondi qui va apprécier. Nos trois passagers malgré eux n'auront pas goûté longtemps à la quiétude du climat de Boulsa. Ils ont fini dans la casserole pour un repas de fête offert aux enfants à l'occasion de notre départ. C'est avec beaucoup d'émotion que nous quittons l'école braille Jean-Marc Meyrat et la cour du frère Etienne. A l'instante demande de nos deux vaillants pasteurs, c'est moi qui est mené la prière avant le dernier repas que nous avons pris chez Etienne et Jacqueline Sawadogo. Nous avons demandé la route, mais ils nous en ont donné que la moitié pour qu'ainsi, nous revenions. Klaxon au plancher, Etienne nous escorte sur sa moto yamaha, qui a parcouru plus de 13.000 kilomètres depuis six mois qu'il la possède. Merci à toi cher Etienne, chère Jacqueline, chers enseignants et chers élèves. Nous repartons plein de courage et de détermination.

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    17 octobre 2011

    Il est 5 heures 30. Je me trouve à nouveau dans la cour du frère Etienne. J'ai épouvantablement mal dormi. Je me demande même si je me suis vraiment assoupi. Il régnait une chaleur épouvantable. [caption id="attachment_2220" align="aligncenter" width="600"]Samsung et Bouba, nos deux vaillants pasteurs, sont cuits Samsung et Bouba, nos deux vaillants pasteurs, sont cuits[/caption] La cour s'éveille au cri du coq. Les poules déambulent et caquettent déjà. Le brave cochon qui me tenait compagnie l'an passé, n'est plus là. [caption id="attachment_2218" align="aligncenter" width="600"]Tata Jacqueline, la femme de frère Etienne, tire de l'eau Tata Jacqueline, la femme de frère Etienne, tire de l'eau[/caption] C'est tout de même absolument génial cette clé Internet. Depuis le fin fond du Burkina, je peux alimenter quotidiennement notre blog. C'est lent bien sûr, mais si on s'y prend tôt le matin, ça passe. Evidemment, il y a des photos qui sont dans le mauvais sens. Il s'agit-là d'un inconvénient d'être aveugle. On ne peut pas avoir de la chance tout le temps. Nous remettrons de l'ordre dans tout ça à notre retour en Suisse. Ce matin, j'ai eu l'immense plaisir de pouvoir féliciter frère Etienne pour le soin qui a été apporté aux ordinateurs que nous avions apportés et aux livres imprimés en Braille envoyés par la Bibliothèque braille romande à Genève. La poupée Brailline pour apprendre le Braille elle, a pris une bonne secouée. Cela prouve au moins qu'elle a été bien utilisée. [caption id="attachment_2219" align="aligncenter" width="600"]Les duplos, ici les briques, sont très utilisés Les duplos, ici les briques, sont très utilisés[/caption] Je n'ai bien évidemment pas réussi à installer l'imprimante braille. Bien que la configuration soit rigoureusement identique à celle que j'avais avec ce PC, cela ne fonctionne pas. C'est là une affaire de spécialiste. Je vais donc voir avec mes potes du Service romand d'informatique pour handicapés de la vue, si on peut faire quelque chose via Internet ou à l'occasion du séjour de Heinz ou idéalement, de celui de Pierre-Yves, le spécialiste informatique de la MEB. J'ai tellement chaud aux pieds dans mes baskets, que je me suis acheté des nu-pieds, des tapettes comme on dit ici. Frère Etienne m'appelle papa, et Francine maman. Nous avons été visité le dispensaire catholique où figure en bonne place une belle photo de l'école Jean-Marc Meyrat. Nous avons pris rendez-vous avec l'infirmier qui visite régulièrement l'école Jean-Marc Meyrat, pour voir dans quelle mesure nous pourrions améliorer l'équilibre alimentaire des enfants. [caption id="attachment_2221" align="aligncenter" width="450"]Ca, c'est de l'amitié, non? Ca, c'est de l'amitié, non?[/caption] A 15 heures, nous avons rendez-vous avec la responsable provinciale de l'éducation de base. De retour à l'école, je me suis livré à un petit test avec les élèves. Il faut bien se rendre à l'évidence, même en cinquième année, la plupart des enfants n'en sont qu'au stade du déchiffrage. La tâche à accomplir est énorme, au-delà de tout ce que l'on peut imaginer. Mais ce n'est pas ce constat terrible, qui nous fera baisser les bras. Allons-y pas à pas, tentons d'assurer déjà la base. Le niveau de certains enseignants est préoccupant. Nous allons aborder ce problème avec frère Etienne lors de notre entretien qui passera en revue tous les aspects de l'école. [caption id="attachment_2217" align="aligncenter" width="600"]Frère Etienne en sa cour Frère Etienne en sa cour[/caption] La discution a été très constructive. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vous en ferai un rapport circonstancié à notre retour en Suisse. Neuf heures d'avion, avec une escale à Niamey, c'est long!

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    16 octobre 2011

    Départ pour Boulsa. Avant de prendre la route qui nous mènera tout d'abord à Wayen. Nous passons chez les Naré, afin que Rosalie bénisse ce cher Toyote et son équipage. La lionne blanche est toute chamboulée et verse une petite larme. C'est vrai que cette femme a un rayonnement incroyable. [caption id="attachment_2209" align="aligncenter" width="450"]Rosalie bénit le bus Rosalie bénit le bus[/caption] Pneus gonflés et le plein d'essence effectué, nous quittons Ouagadougou. Avec Samsung au volant et la prière de Rosalie, rien ne peut nous arriver. Nous faisons encore une halte pour acheter des bananes et un sac de 50 kilos de riz importé de Thaïlande. Il est moins cher que le riz burkinabé, 20.000 francs CFA le sac, soit environ 40 de nos francs. Très émouvante cette visite à Wayen. Lorsque je suis venu pour la première fois à Wayen en 2008, la misère montrait son vilain visage. Aujourd'hui, un puits financé par la Mission évangélique braille a été foré, où les villageois de toute confession viennent tirer l'eau. La parcelle a été clôturée pour protéger les futures récoltes des dégâts causés par les animaux. Depuis que Francine est venue en avril 2010, les visages des membres de la communauté se sont épanouis. Bravo la MEB! [caption id="attachment_2212" align="aligncenter" width="600"]La communauté des handicapés de la vue à Wayen La communauté des handicapés de la vue à Wayen[/caption] Nous avons été couverts de cadeaux: une tenue traditionnelle pour chacun, des bijoux pour la lionne blanche et un coq, présent personnel du chef du village. En voilà encore un qui va rejoindre le poulailler de l'école Jean-Marc Meyrat. [caption id="attachment_2211" align="aligncenter" width="450"]Le chef du village de Wayen Le chef du village de Wayen[/caption] Lorsque je suis passé pour la première fois au Burkina, il n'y avait rien à Zorgho. Aujourd'hui, trois classes et deux bureau sont construits et un puits creusé. L'école Alain Décoppet sera inaugurée en grande pompe en décembre prochain. [caption id="attachment_2213" align="aligncenter" width="600"]Les bâtiments flambant neufs à Zorgho Les bâtiments flambant neufs à Zorgho[/caption] Deux nouveaux coqs rejoignent celui de Wayen dans le coffre du Toyote.. A trois c'est toujours mieux. C'est le poulailler de Boulsa qui rigole, c'est son jour. [caption id="attachment_2208" align="aligncenter" width="600"]Nos passagers bien malgré eux Nos passagers bien malgré eux[/caption] A Koupéla, à 150 kilomètres de la frontière avec le Togo, nous faisons halte dans un centre d'alphabétisation où nous avons mangé ce que vous savez. Après avoir demandé la permission, prendre congé, nous prenons la piste qui va nous mener à Boulsa. [caption id="attachment_2214" align="aligncenter" width="600"]Les emfamts du village viennent tirer de l'eau au puits Les emfamts du village viennent tirer de l'eau au puits[/caption] La taule ondulée commence. Je ne sais pas ce que ressentent nos trois passagers volatiles, mais moi, j'ai presque le foie dans les dents, malgré l'excellente conduite de Samsung, le meilleur chauffeur de tout l'ouest africain. Cependant, la piste me semble bien meilleure que les autres années. Nous sommes arrivés à Boulsa accueillis par les chants des enfants. Je vais boire une Brakina bien fraîche à la santé du père Bondi, dans la petite maison que nous avons partagée ensemble l'année dernière. [caption id="attachment_2210" align="aligncenter" width="600"]Accueil par les enfants à Boulsa Accueil par les enfants à Boulsa[/caption]

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    15 octobre 2011

    Hier soir, nous avons été acheté un peu de vin, histoire de remplacer, en parti, les bouteilles de Philippe et Anne-Christine que nous avons consommées. Dans le magasin tenu par des Libanais, nous avons vu un magnum de Château Pétrus 1975. Son prix: 5.000.000 de francs CFA, soit presque le double du prix de la diplomatique Mercedes du pasteur Bouba, son excellence l'ambassadeur du Braille au Burkina Faso. Je me demande bien quel goût peut avoir ce pinard après son long voyage et ses conditions d'entreposage. Levés à 7 heures, nous avons partagé le petit déjeuner avec Silvana et Mariel. La discussion a roulé sur la culture en Suisse. Ce matin, nous allons visiter la ferme du roi Naré à Rabèga, à 24 kilomètres de Ouagadougou. La route est parfaite, cela s'explique aisément, puisque c'est celle qui conduit à Ziniaré, le village natal de Blaise Compaoré, le président du pays des hommes intègres. Il s'agit de la ferme nourricière du centre Siloé. On y cultive le mile, le maïs, le haricot et l'arachide. Deux personnes aveugles gèrent cette exploitation qui couvre 1,5 hectares. Un poulailler de 50 poules fournit des œufs. Les poussins sont importés de France. La nuit, elles veulent de l'éclairage, car elles s'ennuient de leur batterie natale. [caption id="attachment_2192" align="aligncenter" width="450"]Daniel sort du poulailler Daniel sort du poulailler[/caption] L'année prochaine, le goutte à goutte financé par la coopération suisse sera installé. Quinze personnes aveugles seront formées à l'agriculture. Cela fait partie intégrante du projet soutenu par la Suisse. Le goutte à goutte sera alimenté par un forage de 50 mètres qui a été offert à l'association par la Mission évangélique braille. [caption id="attachment_2193" align="aligncenter" width="600"]Le maïs et le bisap sèchent devant la maison du gardien Le maïs et le bisap sèchent devant la maison du gardien[/caption] [caption id="attachment_2194" align="aligncenter" width="600"]Les arachides n'ont pas bien donné cette année Les arachides n'ont pas bien donné cette année[/caption] [caption id="attachment_2195" align="aligncenter" width="600"]Le gardien est à l'ombre Le gardien est à l'ombre[/caption] A midi, nous avons partagé le repas chez les Naré avec Bouba et Laurent. Comme d'habitude, l'accueil a été très chaleureux. Au menu, délicieux mais ressemblant à ce que nous avons mangé chez le pasteur Bouba. Depuis la salle où causaient les hommes, j'ai écouté ce qui se passait dans la cuisine. Ce n'étaient que chansons et discutions à bâton rompu. Francine a vraiment une faculté incroyable à s'intégrer en toutes situations. [caption id="attachment_2197" align="aligncenter" width="600"]Les femmes en cuisine Les femmes en cuisine[/caption] Nous sommes rentrés chez les Fayet en milieu d'après-midi, heureux de pouvoir se reposer un peu. Il y a tout de même des pointes à 40 degrés. Demain, nous partons pour Boulsa, sans auparavant avoir fait bénir ce cher Toyote par Rosalie, la femme du roi naré. Le roi Naré ne sera pas du voyage, car il a une inspection mardi matin et il désire s'y préparer. Nous partirons à quatre: Bouba, Samsung, la lionne blanche et son lion. Message personnel pour Bondi: le DDA n'est pas encore sorti du bois!