Catégorie: Sur le terrain
22 et 23 mars 2012
Publié le 24 mars 2012
Nous arrivons au terme de notre voyage.
Les résultats de l'analyse de l'eau du puits de l'école Jean-Marc Meyrat sont bons. Rien de suspect n'a été détecté.
Et la Burkinette? Nous demanderez-vous
Nous avons réussi à trouver une solution à un problème, et non des moindres, pour trouver sur place l'élastique qui va de la poignée au bout de la canne. Il s'agit d'élastiques découpés à partir de chambres à air de gros véhicules. Les enfants s'en servent pour fabriquer des lance-pierres. La poignée et l'embout ne poseront pas de difficultés particulières. La principale difficulté résidera dans la réalisation des éléments cylindriques qui constituent la canne en elle-même. Il faudra absolument tester la résistance des plaques d'aluminium récupérées dans les cannettes de sodas, lorsque ces plaques seront roulées et collées. Si cette solution ne convient pas, nous devrons, très vraisemblablement, nous rabattre sur de la matière plastique. Là, se posera la question du coût, puisqu'il faudra réaliser un moule et celle des difficultés rencontrées par des personnes aveugles de réaliser ces cannes de façon autonome. Suite au prochain numéro.
Nous avons consacré cette dernière matinée à faire quelques achats. Nous avons retrouvé les vendeurs du marché artisanal populaire. Il semble qu'ils soient bien plus durs en affaire qu'auparavant. Cette situation peut être une conséquence de la hausse des prix au Burkina. C'était la cohue. Quatre gars qui vous mettent chacun trois objets dans les mains, comment faire pour se dégager?
Dans l'espoir de le diffuser dans l'émission A vous de jouer sur la RTS Espace 2, le samedi matin entre 9 et 10 heures, Bouba m'a aidé à réaliser un petit interview avec le chanteur aveugle, Keyt.
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Il est cool ce jeune musicien aveugle[/caption]
Allez à la rencontre de Keyt et de sa musique en visitant les liens ci-dessous.
Audio: Intergview avec keyt
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Audio: Keyt, Mon histoire
[audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2012/03/Keyt-Mon-histoire.mp3"][/audio]
Nous avons partagé un excellent repas de midi avec Tinou et Philippe. Bien évidemment, on suit ici la situation au Mali avec la plus grande attention. Certains burkinabé disent: "ils ont osé eux".
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Dernière photo chez les Fayet[/caption]
A 15 heures, je suis retourné donner des rudiments d'Internet à mes 6 étudiants qui sont très assidus. Malheureusement, nous n'avions qu'une connexion de très mauvaise qualité, si bien que nous avons dû nous résoudre à faire des exercices un peu théoriques. L'équipe m'a fait la demande d'équiper le surveillant d'étude qui soutient les aveugles à l'université, d'un scanner avec un programme de reconnaissance de caractères. Cela sera fait au plus vite.
A 17 heures, nous nous retrouvons tous pour les adieux sur la terrasse du jardin du SIAO. Samsung nous a donné des oignons, avec lesquels Francine peut réaliser les meilleures tartes d'Europe occidentale et de l'ouest africain.
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Dernières Brakinas et sucreries au jardin du SIAO[/caption]
Le frère Etienne a débarqué de Boulsa pour nous saluer. Il nous couvre de cadeaux que nous ne pouvons pas prendre, faute de place dans nos bagages. Il faudra prévoir de la place pour notre retour en Suisse en octobre prochain. Attention, ils sont devenus excessivement strictes pour le poids et la dimension des bagages.
Excellente nouvelle!
Fati Bovey, la collaboratrice de la coopération suisse, se rendra avec une collègue à Boulsa, le 29 mars prochain, pour aider Etienne à mettre au point sa comptabilité.
Je vous livre en pâture le dernier gag de Bondex avant que nous amorcions notre descente sur Paris. A la verticale de Toulouse, il me dit: "Eh! Meyrat, on est en dessus de Toulouse, ouvre la fenêtre et saute". Voici encore un exemple qui illustre, si besoin est, sa légendaire finesse et son sens de l'humour inégalé.
A Paris, l'assistance que nous avions demandée, n'a pas fonctionné. Autant se débrouiller par ses propres moyens. Nous avons bien évidemment manqué notre correspondance et nous tirons des bières en attendant le prochain avion, trois heures plus tard. On essaie d'imiter le rire de Philippe Fayet, ce qui nous fait inévitablement passés pour des pochards, qui rient grassement, la bière en main, à 8 heures du matin.
Conclusion
Tirer un bilan de ce séjour au Burkina Faso est, pour l'instant, un peu difficile. Il faut que nous nous repenchions sur tout ça, la tête reposée et le calme revenu. Ce bilan, vous en prendrez connaissance dans le troisième bulletin que nous allons prochainement adresser aux parrains des enfants de l'école de Boulsa. Ce document sera également disponible sur le site de l'association a-b-c-d:
www.a-b-c-d.net.
Dans tous les cas, les choses avancent, les enfants sont en meilleure santé, ils sont mieux nourris, la formation est enfin considérée comme un élément déterminant, les premiers livres scolaires en braille sont arrivés. Bien sûr, la tâche reste immense. Mais nous devons continuer, car ces enfants qui forcent notre respect, méritent qu'on les soutienne pour qu'ils puissent avoir une vie meilleure.
Que dire de Bondi?
Michel est très prévenant, parfois au-delà de ce qu'il devrait faire. Je me garde bien de le lui faire remarquer, car j'ai mes aises. Il est drôle, il est infiniment respectueux des gens tout en restant ferme, il s'intéresse à tout, il est curieux de tout et il s'adapte à tout. En résumé, c'est un magnifique compagnon de voyage avec lequel il fait bon vivre et entreprendre. Merci Bondex!
Quant à vous, chères lectrices et chers lecteurs, nous vous remercions d'avoir suivi nos aventures et surtout, d'être sensibles au destin de ces petits loulous aveugles qui ne demandent qu'à découvrir le monde.
Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat