Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

  • Catégorie: Sur le terrain

    2 février 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Malgré leur rhume, Bob Morane et Bill Ballantine se portent bien. Ils ont passé une belle journée. Audio: Cloche de l'école [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/cloche-de-lécole-1.mp3"][/audio] Le billet d'hier était empreint de grandes préoccupations. Cela ne change pas aujourd'hui, si ce n'est que nous avons vu de belles choses qui vont réjouir celles et ceux qui nous suivent et avons indiqué à Étienne les mesures que nous allons proposer lors de notre prochain comité fixé au 18 février prochain.

    L'enseignement

    Nous avons visité les quatre classes. Dans chacune d'entre elles, nous avons été impressionnés par la qualité de l'enseignement. À ce propos, nous vous invitons à écouter la leçon de connaissance de l'environnement dispensée par Matthieu. Audio: Leçon de connaissance de l'environnement avec Matthieu [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/Leçon-de-connaissance-de-lenvironnement-avec-Matthieu.mp3"][/audio] [caption id="attachment_5181" align="aligncenter" width="600"]Leçon de math dans la classe de Moussa Leçon de math dans la classe de Moussa[/caption]

    Travaux réalisé en 2015 à Boulsa

    Le dortoir ainsi que la nouvelle classe sont achevés et les abords sécurisés. Les réparations exigées par le comité de notre association pour les lits et pour les portes des latrines ont été effectuées, certainement à la dernière minute avant notre arrivée, comme d'habitude. Un portail solide comme celui d'une prison délimite dorénavant l'espace réservé à la cuisine du reste de la cour. Le vieux bâtiment qui abritait un poulailler a été abattu, ce qui donne un bon dégagement à la cour. [caption id="attachment_5184" align="aligncenter" width="450"]Des portes de WC flambant neuves Des portes de WC flambant neuves[/caption]

    Hygiène et santé

    Selon les dires de Bob, Bondex, la propreté des latrines étaient irréprochables. Le lavage des mains lui, semble laisser à désirer. En effet, les réservoirs installés à cet effet dans les classes et le réfectoire étaient souvent vides. Voilà qui ne va pas faire plaisir à la lionne blanche qui est à cheval sur les questions d'hygiène.

    Remise de leur salaire à nos tisserands

    Il y a deux ans, a-b-c-d s'est proposé de vendre des filets à commission réalisés par des personnes aveugles qui fréquentent le centre d'alphabétisation de l'école de Boulsa. À notre bonne surprise, cela a bien fonctionné. a-b-c-d vend en Suisse un filet pour la somme de CHF 3. Il va sans dire que notre association n'effectue aucun prélèvement sur cette somme et que l'intégralité de celle-ci va vraiment à ceux qui ont tissé. Nous avons remis à Casimir et à ses cinq collègues le produit de la vente de 283 filets, soit CFA 425.000. Les frais de fournitures déduits, il reste une somme rondelette qui va permettre à nos tisserands de nourrir leur famille et, tout d'abord, de faire la fête. Le chef, Casimir, nous a remis 110 nouvelles filoches que nous nous réjouissons de vous proposer. [caption id="attachment_5185" align="aligncenter" width="600"]L'équipe des tisserands L'équipe des tisserands[/caption]

    Dernière séance avec Étienne

    Nous avons dû mettre la pression afin que l'activité des moulins reprenne au plus vite. Nous ne pouvons pas ici vous donner les détails des propositions faites, car elles doivent être encore discutées au sein de notre comité. Cependant, sachez que notre Étienne n'a plus vraiment le choix. Il faut vraiment qu'il se secoue pour mettre sur pied des activités génératrices de revenus. Sans quoi??? À demain

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    1er février 2016

    Bonjour à toutes et à tous, L'équipe de choc soit Bouba Samsung, Bondex et Jean-Marc attaque sa première journée à Boulsa accueillie par les chants des enfants de l'école. Audio: Accueil avec le chant des enfants [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/accueil-avec-le-chant-des-enfants.mp3"][/audio] Ne nous voilons pas la face: la situation financière de l'école de Boulsa est difficile. L'arrêt de l'activité des deux moulins offerts par la MEB a des conséquences dramatiques.

    Le personnel de l'école

    Les collaborateurs attachés à l'enseignement sont au nombre de six qui dirigent quatre classes. À noter parmi eux, la présence depuis la rentrée 2016 de Martine, une enseignante aveugle.

    Notre première séance avec le directeur Étienne

    L'ambiance est un peu tendue. Nous avons eu le malheur d'aborder à nouveau le manque de réactivité d'Étienne pour recevoir les enseignants de l'Association pour la promotion des Aveugles et Malvoyants du Burkina. Cette visite avait pour objet d'échanger au sujet de la problématique des familles d'accueil et quant à l'expérience de l'utilisation des livres Lire au Burkina des quatre premières années du programme scolaire burkinabè. Nous avons été très surpris d'entendre qu'Étienne s'arrogeait le droit de déterminer quelles écoles pourraient bénéficier de ces livres. Il part du principe que seule son équipe est habilitée à juger si ces livres sont utiles ou non. Nous avons bien évidemment catégoriquement refusé d'entrer dans ce jeu-là. Nous avons amené les premiers livres à Boulsa il y a déjà plusieurs années et n'avons eu, jusqu'à maintenant, aucun retour sur l'utilisation de ces livres. Parfois, nous avons le sentiment qu'Étienne a un autre agenda comme dit Bouba, et qu'il cherche un financement ailleurs afin de ne plus dépendre de nous.

    Deuxième séance avec Étienne

    Les discussions sont vraiment difficiles, mais les esprits se sont un peu calmés. L'atmosphère qui règne dans le petit bureau d'Étienne est empreinte d'une certaine gravité. La subvention du FONAEF a baissé en 2015, ce qui a comme conséquence une baisse sur la qualité des prestations fournies par l'école.

    FONAEF

    Le Fonds pour l'alphabétisation et l'éducation non formelle (FONAEF) est alimenté par l'État burkinabè et des aides internationales. Il a pour objectif de permettre aux plus démunis d'avoir accès à l'alphabétisation. Les enfants ainsi que les adultes aveugles et malvoyants sont directement concernés par cette aide qui est versée aux centres d'alphabétisation tels que Boulsa ou Gaoua. Cette aide prend en compte pendant six mois:
    • Le salaire de l'enseignant
    • L'hébergement et de la restauration de l'apprenant
    • Divers frais comme le papier braille
    Les lycéens ayant suivi un cursus primaire sont considérés comme alphabétisés et sont donc, de fait, exclus de ce système. La participation du FONAEF constitue la plus grande partie du financement des écoles pour aveugles et malvoyants au Burkina Faso.

    Les lycéens, une difficulté

    Compte tenu de ce qui précède, les frais engendrés par la nourriture et le logement des lycéens ne sont pas pris en compte par le FONAEF. Cette situation occasionne un surcroît de charge pour l'association du centre de formation de Boulsa pour aveugles et malvoyants (ACFBAM) dont dépend l'école et un engorgement des dortoirs. En 2015, l'école n'a accueilli que quatre nouveaux enfants. Les lycéens qui se trouvent entre potes, voient d'un très mauvais œil le fait d'aller dans une famille d'accueil. Étienne tente de responsabiliser les familles des lycéens en leur demandant de prendre à leur charge les frais de scolarité qui ont été fixés à CFA 30.000 par an. Sur onze familles, seules cinq ont répondu favorablement à cette sollicitation.

    Étienne est au pied du mur

    Chiffres à l'appui, nous démontrons à Étienne qu'il doit impérativement faire repartir les moulins afin de combler le trou qui va inéluctablement se creuser. Compte tenu des événements politiques au Burkina Faso, a-b-c-d avait décidé de prolonger sa présence aux côtés de l'école. Cependant, le temps est venu de se désengager, car d'autres écoles ont besoin de nous. Toutefois, il faut se retirer dignement. Si l'on écoute Bouba, il faudrait mettre un terme aussi tôt que possible à la présence d'a-b-c-d à Boulsa. Nous ne partageons pas cet avis. Nous allons étudier divers scenarii que nous allons proposer au comité de notre association. Tout en vous ayant fait grâce des détails des discussions, nous croyons avoir relaté l'essentiel. À demain! [caption id="attachment_5166" align="aligncenter" width="600"]L'école de Boulsa au petir jour L'école de Boulsa au petit jour[/caption]

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    31 janvier 2016

    Bonjour, Le dossier Gaoua est mis de côté pour l'instant. Plongeons-nous dans celui de Boulsa. La matinée s'est déroulée entre le petit déjeuner, l'agencement de nos bagages et quelques petits travaux préparatoires pour notre séjour à Boulsa. À midi, nous sommes allés manger chez le roi Naré, le directeur aveugle de l'Association pour le Salut des Handicapés de la Vue du Burkina (ASHVB). Il s'agit du premier partenaire local avec lequel nous avons tissé des liens en 2008. Après avoir demandé à Rosalie de bénir notre bus, nous avons demandé la route. La traversée fut agréable, étonnamment sans contrôle policier. [caption id="attachment_5152" align="aligncenter" width="600"]Bénédiction du bus Bénédiction du bus[/caption] Audio: Bénédiction du bus [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/bénédiction-du-bus.mp3"][/audio]

    Rappel des faits

    Boulsa est une ville de 15.000 habitants située dans le centre nord du Burkina Faso dans la province du Namentenga, une des plus pauvres du pays. Depuis 2008, nous soutenons une école qui accueille entre quarante et quarante-cinq enfants aveugles ou malvoyants. Après avoir construit trois classes, des latrines et forer un puits en 2009, a-b-c-d a complété le dispositif en construisant une classe et un dortoir supplémentaires en 2015 avec  l'aide de l'Unitas, une des seize sections de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants et une généreuse donatrice demeurant à Genève. Cette année, onze enfants issus de l'école ont pu rejoindre le lycée de la ville.

    La communication est parfois difficile

    Depuis plusieurs mois, nous avons de la peine à communiquer avec notre partenaire. Malgré l'aide de Bouba, notre coordinateur, et celle de Heinz Rothacher, Étienne, le directeur de la structure dont dépend l'école de Boulsa, fait un peu la sourde oreille.

    Programme du séjour

    • Lundi 09:00: Première séance avec Étienne afin qu'il nous explique ce qui s'est passé depuis notre dernier séjour d'avril 2015.
    • Lundi 10:00: Michel s'enferme avec la comptable Lucie pendant que je mets la dernière main au projet de convention qui nous liera avec nos amis belges et que je visite les classes.
    • Lundi 15:00: Séance avec Étienne pour lui poser les questions qui ne manqueront pas de surgir après le dépouillement des comptes.
    • Mardi matin: Répartition de la somme recueillie suite à la vente en Suisse des filets tissés par quatre personnes handicapées de la vue.
    • Mardi après-midi: Très vraisemblable nouvelle séance avec le personnel
    • Mercredi matin: Remise du livre Lire au Burkina cinquième année.
    • Mercredi aux environs de 14:00: Retour à Ouagadougou.

    Logistique

    Nous dormons dans de bonnes conditions à Nassongdo, une sorte de gite tenu par l'église catholique. Par contre, nous prenons les repas chez Étienne. Je m'étais engagé dans ce blog à vous faire grâce de l'évocation de nos libations. Mais là, je ne peux pas résister. Comme cela était prévisible notre anisette a fait long feu. Comme nous avons constaté que le pastis avait des effets thérapeutiques incontestables sur nos organismes, Michel s'est renseigné pour en acheter une bouteille. Il faut tout prévoir. Quelle ne fut pas notre surprise: CHF 10 la bouteille: ramenons-en! Audio: Discours de Patrice Lumumba [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/Discours-de-Patrice-Lumumba.mp3"][/audio] Voilà c'est tout pour aujourd'hui!

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    30 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Bien que de transition, cette journée n'en demeure pas moins laborieuse. [caption id="attachment_5144" align="aligncenter" width="600"]La petite de Bouba sur les genoux de Jean-Marc La petite de Bouba sur les genoux de Jean-Marc[/caption]

    Battons le fer pendant qu'il est chaud

    Le frère Michel m'enjoint de rédiger une supplique à l'adresse de Monseigneur l'évêque de Gaoua, Modeste Kambou. Objectif: solliciter son excellence afin qu'elle nous propose une personne au-dessus de tout soupçon pour suivre le chantier à Gaoua. Il va sans dire que je m'exécute avec le plus grand empressement.

    Préparation de notre prochain comité

    Nous avons rédigé le rapport de notre expédition à Gaoua. Ainsi, nous espérons pouvoir déposer notre dossier à Valais Solidaire en mars prochain. Pour autant que la réponse de notre organisme faîtier soit positive, les travaux pourraient débuter en novembre de cette année et les premiers enfants ou jeunes apprenants être accueillis à la rentrée 2017.

    Les attentats laissent des traces

    Le patron italien de la Terra nostra, ancien coiffeur à Turin, a été très touché par les tragiques événements du 15 janvier dernier, ceci d'autant plus que ses amis ont échappé de peu au carnage puisqu'ils se trouvaient sur la même terrasse que Jean-Noël Rey et Georgy Lamont cinq minutes avant le début de la fusillade.

    Bilan intermédiaire

    Nous avons le sentiment d'avoir fait du bon boulot. L'ambiance est bonne. Nos organismes tiennent bien le choc. Demain, nous partons pour Boulsa à bord du célèbre Toyota convoyé depuis Lausanne en mars 2009. Audio: Je s'en va [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Je-sen-va.mp3"][/audio] À demain!

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    29 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Nous voici parvenus au terme de la première moitié de notre séjour au pays des hommes intègres. Il est possible que le plus dure reste à faire à Boulsa. En effet, nous ne sommes pas à l'origine de ce projet, au contraire de celui à Gaoua. [caption id="attachment_5129" align="aligncenter" width="600"]La galerie marchande de la gare routière de Gaoua La galerie marchande de la gare routière de Gaoua[/caption]

    Un pays sous haute surveillance

    Quatre contrôles à l'aller et cinq au retour. Imaginez une bonne soixantaine de passagers, hommes, femmes et enfants, en file le long du goudron, cartes d'identité et passeports en main. Les policiers et gendarmes armés sont tout à fait courtois. Pour nous, la première conséquence est un rallongement significatif du temps de trajet, sept heures au lieu de six. [caption id="attachment_5132" align="aligncenter" width="600"]Vos papier, s.v.p. Vos papiers, s.v.p.[/caption] Plus que la traque des djihadistes, c'est la situation politique nationale qui justifie ces mesures de sécurité exceptionnelles. En effet, les autorités en place redoutent les agissements du régiment de la sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré. C'est ce corps d'élite composé d'hommes triés sur le volet et très bien payés qui est à l'origine de la tentative de putsch de novembre dernier. Armée dans l'armée, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a été dissout en septembre 2015 par le conseil national de transition. Cela n'a pas empêché quelques éléments du RSP d'attaquer un magasin d'armes de l'armée burkinabè à Ouagadougou il y a dix jours. Comme disent certains: "On a tué le serpent, mais laissé ses œufs, ils vont éclore". À demain!

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    28 janvier 2016

    Bonjour, C'est la dernière ligne droite à Gaoua. Je crois que nous avons fait du bon boulot. Demain, nous rentrons sur Ouagadougou et nous nous réjouissons d'ores et déjà de manger chez Madame Ping ou à la Terra nostra, autre chose que des pommes-de-terre frites, des bananes frites et des spaghetti, si bons soient-ils.

    Réunion plénière avec le comité de l'AEMAG

    Tout s'est bien passé. L'ambiance était détendue, cordiale et constructive. Nous nous étions très bien répartis les rôles:
    • Introduction Yara, le "prési"
    • Les infrastructures, votre serviteur
    • Les activités génératrices de revenus, à nouveau Yara
    • Le budget prévisionnel sur cinq ans, Michel
    • Le mot de la fin, Bouba
    Comme nous avions préparé cette séance la veille avec Yara, nous avons été en mesure de répondre à toutes les questions posées et de préciser le rôle de chacun. Nous avons vraiment insisté sur le fait que ce projet était celui de l'AEMAG et non celui des "petits blancs". Les personnes présentes, soit tout le comité moins un membre, se sont confondues en remerciements. Cela n'a pas empêché que les gens participent activement. [caption id="attachment_5116" align="aligncenter" width="600"]Réunion du comité Réunion du comité[/caption]

    Activités génératrices de revenus

    En plus des activités mentionnées dans le billet d'hier, l'AEMAG, les femmes en particulier, vont faire du beurre de karité, des pommades et du savon ainsi que du sumbala, condiment à partir des graines de Néré. Ces activités semblent rentables. À l'instar de la transformation du moringa, un tiers du produit de la vente sera consacré à l'achat des matières premières, un tiers ira à la rémunération des masses laborieuses, et un tiers ira au futur centre. Cette activité servira également de cadre de formation pour les jeunes aveugles et malvoyants. [caption id="attachment_5119" align="aligncenter" width="600"]Fleur de karité Fleur de karité[/caption]

    Le comité de l'AEMAG

    Au contraire du Conseil d'administration de Boulsa, celui-ci est composé de personnalités marquées et marquantes. Outre la pimpante Thérèse qui était enseignante, le comité compte entre autres parmi ses membres, Justin, un attaché à la santé spécialisé en ophtalmologie fraîchement retraité. Son rôle: épauler l'AEMAG dans les soins oculaires, dépister les maladies et détecter les jeunes handicapés de la vue dans les villages. Voilà qui devrait donner un élément de réponse à la lionne blanche, ma femme Francine qui se préoccupe, à juste titre, de l'occupation du futur centre. Audio: Interview avec Justin Mandou [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/interview-avec-justin-mandou.mp3"][/audio]   [caption id="attachment_5120" align="aligncenter" width="450"]Thérèse et sa collègue Thérèse et sa collègue[/caption]

    L'administration de Gaoua, un exemple

    L'autre jour, Yara avait tout de même téléphoné pour que nous soyons reçus par le préfet. En ce qui concerne le receveur, nous nous sommes pointés sans prévenir, ce qui ne l'a pas dissuadé de nous recevoir. Devant nous, il a fait activer les choses en passant quelques téléphones. Tous les feux sont au vert afin que le terrain soit enfin enregistré et officiellement affecté aux activités de l'AEMAG. Le document devrait nous parvenir très prochainement.

    Pas d'euphorie

    Tout semble bien parti après trois ans de travail, sur des bases solides. Nous avons insisté sur la transparence qui doit prévaloir entre l'AEMAG et a-b-c-d. Mais nous sommes en Afrique, ceci dit sans aucune condescendance: faisons preuve de rigueur et non de rigidité.

    Gaoua, c'est fini!

    Hier soir, nous avons pris le dernier repas avec Yara et Désiré à qui nous avons loué la voiture pendant ces quatre jours. Ce repas dont je vous épargne l'ordonnance du menu, a été marqué par une triste nouvelle. En effet, Yara a appris le décès de son demi-frère. Bien qu'attendue, la mort de ce proche affecte beaucoup notre pote. Je profite de ces lignes pour lui présenter, à lui ainsi qu'à sa famille, nos sincères condoléances. À demain! Audio: PS message personnel pour la lionne blanche [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Message-personnel-pour-la-lionne-blanche.mp3"][/audio]

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    27 janvier 2016

    Bonjour, Une journée laborieuse, mais très constructive. Encore de bons moments avec notre équipe de choc!

    Séance de chantier

    Dès 09:30, Silver Nikiéma, l'architecte, Yara et sa secrétaire, Bondi, Bouba et moi nous retrouvons pour une séance qui durera plus de deux heures. [caption id="attachment_5101" align="aligncenter" width="600"]Yara et l'architecte Nikiema au travail Yara et l'architecte Nikiema au travail[/caption]

    Constructions prévues

    • Un puits
    • Une salle polyvalente
    • Deux dortoirs accueillant chacun seize enfants ou apprenants
    • Un bâtiment abritant des douches et des latrines
    • Une maison pour un gardien
    • Une cuisine
    • Une paillote
    Dans l'ensemble, nous sommes d'accords. Lors du dernier comité de notre association, nous avions constaté que la salle polyvalente était petite par rapport aux dortoirs. C'est pourquoi, nous avons demandé à Yara, quelles activités l'AEMAG avait l'intention d'organiser dans cet espace. Outre l'utilisation de la salle pour les formations dispensées aux apprenants et les activités propres à l'association, l'AEMAG souhaite louer cette salle pour générer des fonds. L'idée est bonne, mais la surface de 24 m2 prévues sur les plans nous paraît trop restreinte. Nous décidons donc d'augmenter sensiblement la surface, ce qui ne devrait pas trop grever le budget. Nous avons demandé à l'architecte à combien se montaient ses honoraires jusqu'à maintenant. Silver offre ses services au projet. Les coûts seront portés au budget mais indiqués comme offerts au titre de la participation du partenaire local.

    Personnel

    Yara joue cartes sur table. Pour lui, la gestion du centre va permettre de procurer un emploi aux membres de son association. Pourquoi pas? Par contre, nous attirons son attention sur le fait qu'il est aveugle et que, de ce fait, il ne peut non seulement pas tout faire, mais doit aussi pouvoir compter sur quelqu'un qui le seconde. Je pense que ce point a dû faire bouillonner les esprits. Finalement, Yara, en accord avec son comité, se rallie à l'idée d'avoir un bras droit et un moniteur chargé du maraîchage qui soient voyants. La discussion a dû également aller bon train au sujet des contrats de travail des futurs collaborateurs. Comme il s'agit d'un centre de formation dont l'activité se déroule sur neuf mois, mais que certaines activités comme le maraîchage et l'élevage exigent un suivi sur toute l'année, certains collaborateurs seront engagés sur neuf mois, d'autres sur douze. Tous les collaborateurs, même le directeur, seront engagés avec un contrat à durée déterminée, ceci dans un premier temps. Ainsi, l'AEMAG évite de payer les charges sociales. Cela ne correspond pas à notre manière de voir, mais, il faut respecter, non? Certains ne manqueront pas de dire que Bondi a vendu son âme syndicaliste au diable libéral le plus féroce. Il y a du vrai!

    Activités génératrices de revenus

    Les activités prévues sont les suivantes:
    • Maraîchage
    • Tissage
    • Séchage
    • Élevage de porcs
    • Location de la salle polyvalente
    • Vente de moringa
    Je vous fais grâce des détails. La seule activité qui pose réellement problème est l'élevage des porcs. En effet, nous trouvons que la somme prévue dans le budget est beaucoup trop élevée. Mais nous manquons de données précises. Ainsi, l'architecte Silver va prendre contact avec le vétérinaire local pour savoir exactement comment mettre sur pied cette activité à long terme. Nous avons visité une structure de séchage générée par une association pour la promotion des femmes de Gaoua. Cette activité qui semble rentable, est tout à fait accessible pour les personnes aveugles et malvoyantes. Le matériel utilisé est simple et parfaitement réalisable sur place.

    Le budget

    Nous avons passé en revue tous les points. Là aussi, je ne vais pas entrer dans les détails, ce blog n'est pas un procès-verbal. Et, de plus, le pragmatique comptable Bondi s'est retiré dans ses appartements pour faire ses comptes et, à l'heure où je rédige ces lignes, je n'ai pas encore les chiffres, heureusement peut-être!

    Maintenant, à l'essentiel

    À 14:00, nous avons pris le repas de midi chez Yara. C'était bon mais long: Pommes-de-terres et bananes frites et le soir, spaghetti sans viande et sauce poissonneuse commandés à l'avance dans un maqui. Là, on a bien rigolé. Bondex est un peu dure de la feuille et règles ses appareils auditifs en fonction du volume sonore ambiant. À notre arrivée en terrasse, une musique tonitruante nous accueille. Et Bondi de dire au serveur: "Eh! Je peux vous demander pour la musique, je n'entends pas bien". Résultat des courses, le serveur empressé augmente le son. Malgré mon rhume qui ne s'arrange pas, je viens de passer ma meilleure nuit au pays des hommes intègres. Je vous laisse. Je vais tirer sur ma bouffarde à la fraîche. Audio: Sankara [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/sankara.mp3"][/audio] À demain!

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    26 janvier 2016

    Bonjour, "Les champs du possible sont immenses, mais les ouvriers trop peu nombreux" Citation de Michel Bondi. Enfin une douche! Enfin des chants d'enfants! Enfin du travail sur plans et surtout, un bon repas! Voilà, j'ai repris mes habitudes burkinabè, soit de rédiger à la fraîche dans la cour en écoutant les coqs qui réveillent le quartier. Il est cinq heures, Gaoua s'éveille.

    Visite des classes catholiques

    [caption id="attachment_5088" align="aligncenter" width="600"]L'école catholique de Gaoua L'école catholique de Gaoua[/caption] Nous avons pu suivre quatre enfants dont deux étaient en classe d'observation. Ce cycle dure deux ans. Cela correspond au CP1 et CP2. Les enfants apprennent à lire et à écrire. Ensuite, ils sont intégrés dans les classes normales. Chaque classe compte en moyenne quatre-vingts enfants qui sont sages comme des images. Ils utilisent les mêmes livres que notre association transcrit mais sous forme de papier plastics thermoformés. Il est vrai que la durée de vie de ces livres est certainement plus longue que celle des livres papier que nous imprimons. Toutefois, lorsqu'on connait le prix d'une feuille thermoformée, CHF 0,2, on peut légitimement se demander s'il n'est pas plus économique de réimprimer des ouvrages papiers et de remplacer au fur et à mesure les pages détériorées. À noter qu'il est impossible d'imprimer recto verso avec ce système. Voilà un point qu'il serait nécessaire d'aborder avec Justine Kaboré, la responsable de ce projet à Ouagadougou. À ma surprise, une des petites filles suivant les cours du CM2 lisait dans un livre qui ne correspondait pas à son niveau. Y aurait-il pénurie de livres? C'est bien possible. [caption id="attachment_5086" align="aligncenter" width="600"]Yellé lit en braille Yellé lit en braille[/caption] Audio: Exercice de lecture et discours [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/lecture-discours-chant.mp3"][/audio] Audio: Chant des enfants [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Chant-des-enfant.mp3"][/audio] Parmi les quatre élèves, deux sont malvoyants. On les a contraints à apprendre le braille, écriture qu'ils maîtrisent mal, car ils veulent sans arrêt s'aider avec leur résidu visuel. Nous avons donc posé la question à savoir dans quelle mesure des livres en grands caractères ne leur faciliteraient pas le travail? Théophile qui s'occupe des enfants trouve que cela pourrait être une bonne solution. L'école va nous communiquer les besoins de livres que nous allons adaptés à partir de nos fichiers informatiques. Lorsque je pense au nombre d'appareils de lecture qui encombrent les caves en Suisse, ils seraient mieux là, mais il faudrait un container pour les acheminer au Burkina Faso. Michel cause avec Théophile. Il est le responsable de la transcription dans les deux sens, du noir au braille et du braille au noir des documents nécessaires aux petits handicapés de la vue. Il ressort de la discussion que, malheureusement, sa machine braille est proche de la mort. Une fois de plus, a-b-c-d déploie toute son efficacité. Par erreur, Bondi avait mis dans sa valise une machine destinée à une école près de Boulsa. Elle va demeurer là. Comme elle avait été promise à un autre établissement, je me suis engagé à procurer une autre machine.

    Nouvel horaire scolaire

    Prochainement, un nouvel horaire entre en vigueur. Il correspond à peu près à celui vécu pas les petits écoliers suisses. Plus d'école le samedi et le mercredi après-midi. Auparavant, la pause de midi était de trois heures ce qui permettait aux élèves de rentrer chez eux. Dorénavant, elle ne sera plus que de deux. Cela signifie que nombre d'enfants ne pourront plus rentrer chez eux. Les écoles devront donc mettre sur pied des cantines, mais avec quel argent? [caption id="attachment_5089" align="aligncenter" width="600"]Une classe de 80 gamins Une classe de 80 gamins[/caption] Pour le futur centre de l'AEMAG, le transport des enfants va poser un sérieux problème. En effet, l'école catholique se trouve à six kilomètres du centre où seront hébergés les enfants intégrés dans les classes de l'école catholique. Nous devrons donc trouver un véhicule. Voilà encore un poste qui va faire exploser le budget. À moins qu'une généreuse donatrice ou un généreux donateur mette un bus à notre disposition à l'instar de Corinne qui avait offert le Toyota que nous avions convoyé avec ce bon Philippe de Lausanne à Ouagadougou en 2009. De retour de l'école catholique, nous nous sommes penchés sur le blog tout en sirotant quelques bières et grignotant des tartines de parfait et de Vache qui rit.

    Les grandes manœuvres commencent

    La parcelle de terrain sur laquelle sera construit le centre n'est pas reliée au réseau national d'électricité. Et même si elle l'était, le coût en termes de consommation d'électricité serait trop élevé. Forts de ce constat, nous avons opté pour l'énergie solaire. Évidemment, les investissements sont importants. Deux devis nous sont soumis: un premier pour 10.000 watts et un second pour 6.000. Notre association privilégie, bien évidemment, la formule à 6.000 watts. Le montant de cette opération s'élève à 8.800.000 CFA. Il est impératif que cette somme soit ramenée à 6.000.000 CFA. Pour parvenir à ce montant, certains éléments du projet sont retirés, tels que les ventilateurs. Toutefois, le câblage de l'ensemble des bâtiments sera réalisé dans le cas où nous trouvions les moyens d'améliorer le confort dans le futur.

    Enfin, on a mangé!

    Nous avons trouvé un bistro sur la colline du pouvoir. C'est en effet sur cette hauteur que demeuraient les colons. Le personnel est parfaitement désagréable, mais la bière est fraîche et les pommes-de-terre frites délicieuses et les bananes frites, l'aloco, fondantes. On va revenir! Il est temps de rejoindre nos sacs à viande. À demain!

  • Catégorie: Sur le terrain

    25 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Toujours pas d'eau, la nourriture, un cauchemar. Ce soir, plus de Wi-Fi. Nous nous sommes occupés de nos âmes chez Monsieur l'abbé et Monseigneur. Visite chez le préfet. Du boulot par-dessus la tête et une belle émotion. Voilà le programme du jour. [caption id="attachment_5066" align="aligncenter" width="600"]Interview de Modeste Kambou, évêque de Gaoua Interview de Modeste Kambou, évêque de Gaoua[/caption]

    Les conditions sont vraiment difficiles.

    Heureusement que nous n'avons pas les chaleurs supportées avec abnégation lors de notre voyage d'avril 2015, 42 degrés en moyenne. Toujours pas d'eau dans notre hôtel. On se lave tels les éléphants en se balançant des sceaux de dix litres sur la carcasse. Quant à la nourriture: un enfer. La bouffe de la Grotte du militant est parfaitement exécrable. Tout a le goût de poisson. Espérons que nos organismes de "petits blancs" vont supporter cette épreuve. Je ne serais pas surpris que l'imodium entre en action avant notre retour à Ouagadougou. Demain, nous allons chercher un autre bistro ou, comme nous le faisons ce soir, demander à la dame de l'hôtel de nous cuire des pâtes achetées au magasin du coin. Heureusement Bondi pense à tout. Afin de préserver l'équilibre nutritif de notre festin, il a acheté une boîte de corn beef, du singe. Cela faisait longtemps que je n'avais pas touché à ça. À la première bouchée, cela rappelle des bons souvenirs. À la deuxième, des mauvais. Cerise sur le gâteau: ce soir, le Wi-Fi du Centre Shalom où nous survivons ne répond plus. Il ne manquait plus que ça!

    Le travail va bon train

    Nous avons eu notre première rencontre avec les membres du comité de l'Association pour l'Espoir des Aveugles et Malvoyants de Gaoua (AEMAG) Nous leurs avons soumis la liste de questions dressée par le comité de notre association et les avons invités à siéger dans un premier temps sans nous pour y répondre. Nous avons établi un programme de nos rencontres jusqu'à jeudi prochain. Outre les aspects techniques liés à la construction et à l'énergie solaire, les difficultés que nous rencontrons concernent essentiellement les activités génératrices de revenus pour que le centre soit autonome d'ici cinq ans et le salaire des futurs collaborateurs du centre.

    Les Cathos sont sympas!

    Après le petit déjeuner du matin, nous avons établi le programme du jour avec Yara. En premier lieu, rendre une visite de courtoisie à l'abbé du diocèse duquel dépendent les classes qui intègrent les enfants aveugles et malvoyants et lui demander de pouvoir visiter les classes. Il a suffi d'un coup de fil de Yara pour que Jean-Boniface Samda nous reçoive sur l'heure. Il est jovial. On rigole. Après lui avoir dit que Bondex et votre serviteur étaient, eux, de bons catholiques, Monsieur l'abbé a saisi son portable pour solliciter une rencontre avec l'évêque de Gaoua. Ni une, ni deux, nous voilà partis pour rencontrer Monseigneur Modeste Kambou. À nouveau, une franche rigolade et beaucoup de simplicité et de sympathie. Je ne suis pas loin de penser que les Cathos sont décidément plus cool que les Protos. Jean-Boniface et Modeste affirment d'une seule voix qu'ils feront tout ce qu'ils pourront pour soutenir notre projet. Bien sûr, ce ne sont que des mots, mais tout de même… Audio: Interview de Modeste Kambou [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/01/Interview-avec-Modeste-Kambou-évêque-de-Gaoua-2.mp3"][/audio] [caption id="attachment_5067" align="aligncenter" width="600"]De droite à gauche : Bouba, Jean-Marc, Modeste, Yara et Michel De droite à gauche : Bouba, Jean-Marc, Modeste, Yara et Michel[/caption]

    Les familles d'accueil, un problème récurant

    Que ce soit à Boulsa ou partout ailleurs au Burkina, les familles susceptibles d'accueillir des enfants aveugles et malvoyants sont très difficiles à trouver. Avant d'aller plus avant, il est indispensable de tenter de décrire la manière dont sont considérés les enfants aveugles. Au mieux, c'est une punition de dieu, au pire, ce sont des bouches inutiles à nourrir. Ils jouissent donc très souvent de très peu d'égard de la communauté villageoise et de leurs géniteurs. Une des raisons du projet de création d'un centre à Gaoua est de pouvoir héberger les enfants handicapés de la vue qui sont intégrés dans les classes de l'École catholique. Les familles d'accueil se plaignent que les enfants déficients visuels sont exigeants et difficiles et qu'ils ne sont pas en mesure de participer aux tâches ménagères. N'est-ce pas compréhensible qu'ils soient pénibles alors qu'ils ont été rejetés ou mis à l'écart par leur propre famille? On le serait à moins. Une des discussions qui roulaient ce matin tournait autour du sujet de la création d'un internat. Il est vrai que du point de vue généralement partagé, cela n'est plus dans l'air du temps de créer des "ghettos". Et pourtant… Un internat peut constituer un milieu stimulant pour les enfants qui peuvent se comparer, se copier et bénéficier des soins d'un personnel formé. À mon avis, l'internat pourrait, dans un premier temps, sociabiliser les enfants afin de les armer pour vivre dans une éventuelle famille d'accueil. Voilà un aspect des choses que nous n'avons pas évoqué. Pour l'instant, il n'y a que huit enfants intégrés dans les classes de l'École catholique, c'est très peu, trop peu. Pourtant, la province dont Gaoua est le chef-lieu compte autant d'enfants handicapés de la vue qu'ailleurs au Burkina. Il est donc indispensable de sensibiliser les familles sur la réalité du handicap visuel et les convaincre que ces enfants ont le même potentiel que les autres pour autant qu'on leur donne les moyens. Dans cette démarche, les femmes jouent un rôle fondamental. Cette sensibilisation constitue l'activité de base de l'association que nous allons peut-être soutenir depuis plusieurs années. Espérons que ce travail de longue haleine porte enfin ses fruits et que ces enfants soient sortis de leur isolement.

    La plante qui soigne 132 maladies

    Devant le centre communautaire qu'occupe notre partenaire, l'AEMAG cultive un petit lopin de 0,25 hectare. Là poussera une plante le moringa, l'arbre de paradis en langue vernaculaire, à laquelle les gens du coin attribuent notamment des vertus aphrodisiaques. J'espère simplement que nous n'allons pas contracter la cents-trente-troisième maladie. [caption id="attachment_5072" align="aligncenter" width="600"]Le terrain de l'AEMAG mis à disposition par l'Action sociale Le terrain de l'AEMAG mis à disposition par l'Action sociale[/caption]

    Le préfet au champ

    Après l'insurrection de 2014, tous les maires ont été suspendus. Toutes leurs prérogatives ont été confiées aux préfets. Compte tenu que les élections municipales auront lieu en mars prochain, c'est donc au préfet que nous avons l'intention de nous adresser. Yara reprend à nouveau son portable pour appeler la mairie. De suite, le préfet nous reçoit. Nous en avons profité pour tenter d'activer l'affectation du terrain à l'AEMAG. Devant nous, le préfet appelle un collaborateur pour faire bouger les choses. Nous pouvons espérer être en possession du sacrosaint papier dans les deux mois. Nous en avons profité pour lui demander si notre prochain voyage à Boulsa dans la région centre-nord du Burkina Faso était dangereux pour nous les "petits blancs". Selon lui, "y a pas de problème". Du reste, le couvre-feu a été levé sur l'ensemble du territoire national. "Voilà!"

    Une petite larme au coin de l'œil

    En sortant de la "réception" de notre palace pour aller fumer ma pipe. Je cherchais à localiser en claquant des doigts comme j'en ai l'habitude, la chaise posée à mon intention. À ce moment-là, j'ai senti une petite main se glisser dans la mienne. La main d'une petite fille? D'un petit garçon? Cette menotte m'a conduit jusqu'à la chaise en me disant "Tonton". En fait, c'était la fillette adoptée du gérant, une toute petite Emma, un des prénoms préférés de ma femme Francine. [caption id="attachment_5068" align="aligncenter" width="450"]Emma et Jean-Marc, main dans la main Emma et Jean-Marc, main dans la main[/caption] À demain, si vous le voulez bien!

  • Catégorie: Sur le terrain

    24 janvier 2016

    Bonjour à toutes et à tous, Nous quittons Ouagadougou pour nous rendre à Gaoua, à 400 kilomètres au sud-ouest de la capitale du pays des hommes intègres dans la ville-même où le capitaine Sankara a suivi une partie de sa scolarité. Hébergement sommaire, nourriture peu engageante. Par contre, nous sommes connectés et de bonne humeur. N'est-ce pas là l'essentiel?

    Bon pied, bon œil

    Après avoir pris un excellent petit déjeuner à la pension Yiri Suma en écoutant TV 24, nous avons organisés encore une fois nos bagages. Puis, nous nous mettons à lire installés confortablement sur la terrasse avant d'inaugurer la bouteille de Pastis de Michel. Il est particulièrement fier de lui, car il a même dégoté des glaçons. Avant que nous nous rendions en taxi à la gare routière, le repas de midi se réduit à des tartines de Parfait et de la Vache qui rit. Audio: Devant la gare routière [audio mp3="https://www.a-b-c-d.net/wp-content/uploads/2016/02/devant-la-gare-routière.mp3"][/audio] Nous avons pris place dans un bus climatisé dans lequel on est très mal assis. On est aussi mal installé que dans un Airbus d'Air France, le Champagne en moins. En route pour Gaoua Le voyage est ponctué de plusieurs contrôles de police, une preuve que le pays demeure sous tension. Sur place, nous avons loué une voiture que Bouba conduira durant ces quatre jours.

    Notre hébergement

    Le moins que l'on puisse dire est que le régime est spartiate: pas de drap, pas d'eau, pas de climatisation bien sûr. Heureusement, il ne fait pas trop chaud: 32 degrés la journée et peut-être 20 la nuit. Yara Kambou nous a amené dans un bistro où les gens de passage descendent volontiers. J'espère que nous sommes mal tombés. Sans quoi, il y a du souci à se faire. Petite anecdote: ce bistro, le flamboyant, a été créé par le capitaine Sankara. Durant le temps de la Révolution nationale, il portait le nom flamboyant de la Grotte du militant.

    Les affaires sérieuses commencent

    Demain, dès 9 heures, nous attaquons nos séances avec le comité de l'Association pour l'Espoir des Aveugles et Malvoyants de Gaoua (AEMAG). Premier objectif: établir un programme, le plus précis possible, de nos quatre jours ici.