Sur le terrain

Au départ, un séjour au Burkina Faso au printemps 2008. Depuis, les voyages se sont succédés et des projets ont peu à peu pris forme et mûris.

Lors de chaque séjour, suivez notre activité à travers nos comptes rendus quotidiens. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires!

Retrouvez ci-dessous, voyage après voyage, les comptes rendus de notre action sur le terrain:


Il y a 197 comptes rendus

  • Catégorie: Sur le terrain

    20 février 2018

    Bonjour, Aujourd'hui, visite de la classe d'observation de nos cinq petits loulous, rencontre avec le comité de réflexion de l'AEMAG pour l'établissement d'un cahier des charges et, la pluie sur les mangues. [caption id="attachment_5546" align="aligncenter" width="1200"] Un bel accueil des enfants du collège catholique de Gaoua[/caption] Nous nous rendons à l'école catholique. Le directeur qui rit tout le temps est bien disposé. Après l'avoir remercié d'avoir accueilli les enfants en catastrophe, nous passons aux aspects pratiques. L'État ne fournit que trois mois de cantine scolaire et cela quatre jours par semaine. Le reste du temps, les enfants rentrent à midi dans leur famille, quand ils en ont. D'emblée se pose le problème du transport des enfants du collège catholique au centre, le mercredi à midi et durant les six mois sans cantine scolaire. [caption id="attachment_5547" align="aligncenter" width="1200"] Le directeur qui rit tout le temps[/caption]

    Visite de la classe

    Michel remet une belle quantité de Duplos à la classe. Les livres transcrits par la Bibliothèque Braille Romande et livre parlé qu'a-b-c-d a imprimés et envoyés sont utilisés. Les enfants sont très calmes autant par timidité qu'à cause de la chaleur. [caption id="attachment_5548" align="aligncenter" width="800"] Théophile qui soutient les enfants apprécie bien les Duplos[/caption]

    Les familles d'accueil non payées

    Suite à des difficultés liées aux indigentes compétences d'un administrateur muté depuis, Sensorial Handicap Cooperation (SHC), une ONG belge, a dû suspendre son soutien pour l'alphabétisation des enfants aveugles ou malvoyants intégrés dans le collège catholique. Yara a rendez-vous dans deux semaines avec Justine Kaboré, la responsable de la gestion de ce programme d'alphabétisation des enfants déficients visuels  dans les provinces. Cependant, en attendant la mise en application des décisions prises, a-b-c-d va soutenir financièrement l'AEMAG. [caption id="attachment_5573" align="aligncenter" width="800"] La petite Jeudi a l'air de se sentir bien seule sans sa maman[/caption]

    Première round avec le comité de réflexion de l'AEMAG

    Tout se passe bien. Les membres de l'AEMAG posent des questions très intéressantes. Souvent liées à la compréhension de nos intentions, elles n'en initient pas moins des discussions tout à fait pertinentes qui nous permettent de clarifier les choses et, surtout, d'adapter notre jargon à la réalité du terrain.

    La bibliothèque de l'AEMAG

    Durant des décennies, la Bibliothèque Braille Romande et livre parlé, un service de l'Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants, a fait transcrire en braille par des personnes bénévoles des livres à l'aide du poinçon. Afin de ne pas perdre ce travail de bénédictins, a-b-c-d a procédé à une sélection de livres qui ont rejoint le centre. D'ores et déjà, des enfants prennent des ouvrages. Placé pour l'instant sous la responsabilité de Yara, ces livres sont mis gratuitement à la disposition des adultes en cours d'alphabétisation et à des étudiants aveugles intégrés dans une École sociale à Gaoua. [caption id="attachment_5551" align="aligncenter" width="800"] Les livres poinçonnés sont sous bonne garde[/caption]

    La soirée

    Associée à la chaleur, la fatigue a rapidement eu raison de nous. Au milieu de la nuit, une belle surprise nous attend: une belle averse. Il s'agit d'une des rares pluies à cette époque de l'année. Il s'agit de la pluie des mangues. La pluie lave les fruits ce qui va faciliter leur maturation. La récolte est proche. À demain à neuf heures sur les pistes!  

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    19 février 2018

    Bonjour à toutes et à tous, Première séance avec le comité de l'AEMAG, réception chez le Maire de Gaoua, réunion avec l'entrepreneur et prise de contacts avec les enfants hébergés dans le centre. [caption id="attachment_5530" align="aligncenter" width="1200"] Vu générale du bâtiment central du centre[/caption] Ce matin, Yara a goûté au Cenovis. Selon lui, cela ressemble un peu au kankankan, un condiment avec lequel les cuisiniers badigeonnent la viande de mouton.

    Première séance avec le comité de l'AEMAG

    Jean-Marc a réexpliqué les enjeux liés au projet. Ce projet qu'accompagne a-b-c-d n'est pas facile, car il fait intervenir de nombreux acteurs.
    • Valais solidaire;
    • La Direction du Développement et de la Coopération (DDC);
    • Les associations de femmes;
    • Les administrations communales, provinciales et nationales et nous en oublions certainement.
    Ce projet s'adresse à deux publics-cibles :
    • Les jeunes en formation professionnelle;
    • Les enfants en âge scolaire hébergés au futur centre qui fréquentent le collège catholique de Gaoua.§
      [caption id="attachment_5540" align="aligncenter" width="1200"] Première rencontre avec le comité de l'AEMAG[/caption] Michel entreprend sa tournée pour vérifier que les défauts constatés lors du dernier séjour en juillet 2017 ont été corrigés. Dans l'ensemble, c'est le cas. Par contre, il constate des fissures sur le sol. Nous allons voir avec le nouvel entrepreneur ce que l'on peut faire, car cinq % du coût de la première tranche des travaux n'a pas été versée pour remédier à ces défauts cachés. [caption id="attachment_5541" align="aligncenter" width="1200"] L'entrepreneur et le contrôleur discutent de l'emplacement des futurs bâtiments[/caption]

    La fête est finie

    Grâce à la fête du 11 décembre, fête de l’indépendance,  qui a eu lieu à Gaoua, le quartier s'est énormément développé. À 150 mètres du centre, une structure accueillant des jeunes filles mères est sortie de terre. Les maisons à prix modéré qui ont été construites dans le cadre de la fête sont pour l'instant inoccupées. L'État a confié les finitions et la gestion de ces maisons à des agences immobilières qui ont doublé les prix. C'est mal parti. Cela n'empêche pas Jean-Marc de rêver d'être propriétaire d'une maison à Gaoua.

    Visite chez le Maire

    Ce politicien frais moulu a l'air plein de bonne volonté. Il déclare qu'il s'engagera personnellement pour l'aménagement de la voie d'accès au centre.

    Séance avec le nouvel entrepreneur

    Il a pu répondre à toutes les questions qui, de notre part, exigeaient des éclaircissements. Cependant, le choix d’un système de toilettes pose problème. Nous n'allons pas entrer trop dans les détails techniques, mais des questions demeurent en suspens. Compte tenu de l'arrivée inopinée de nos cinq petits loulous, priorité est donnée à la construction des latrines et de la cuisine. La maison du gardien, la paillote et la porcherie suivront dans les meilleurs délais. Nous pallions au plus pressé.   Nous devons surtout veiller à la santé, à l'hygiène, à la sécurité, à la scolarité des enfants et à leur équilibre, car ils ont été balladés entre leur village et des familles d'accueil qui les ont rejetés.

    La soirée

    Nous avons assisté, médusés, à un évènement totalement inattendu. En effet, Bouba a bu un verre de vin rouge. Demain, nous nous rendons au collège catholique et organisons une première séance avec le comité de l'AEMAG pour étudier le cahier des charges. Alors, à demain !  

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    18 février 2018

    Bonjour, Une bonne surprise pour Jean-Marc à l'heure de sa première bouffée de pipe. Un des chats de la maison vient lui faire des câlins. [caption id="attachment_5517" align="aligncenter" width="900"] Deux minous qui se bagarrent[/caption] Dans le jardin de notre pension, nous prenons le petit déjeuner constitué de délicieuses confitures locales et d'un tube de Cenovis que Jean-Marc a pris le soin d'importer d'Helvétie.

    Départ pour Gaoua

    Nous embarquons à huit heures dans ce qui devait être, selon l'horaire, un car climatisé. En fait, il s'agit du véhicule le plus pourri parmi les nombreux cars en partance. L'avantage, nous n'aurons pas à subir le sempiternel couper décaler et les séries télévisées ivoiriennes à l'eau de rose.

    On n’est pas chez Car Postal

    Jean-Marc qui est un peu grand, déploie sa canne blanche à chaque halte pour dissuader celles et ceux qui souhaiteraient s'asseoir à côté de lui. Après à peine une heure de route, il faut enlever une roue pour changer le disque de freins qui a rendu l'âme. On n'est pas sorti de l'auberge [caption id="attachment_5522" align="aligncenter" width="1200"] Les causes de la panne[/caption] La réparation est effectuée par le chauffeur et ses assistants sur le bas-côté de la route. [caption id="attachment_5523" align="aligncenter" width="1200"] Début de la réparation[/caption] Une bonne heure plus tard, nous reprenons la route dans la chaleur qui monte inexorablement. Après deux contrôles des passeports en colonne en plein soleil, nous sommes à peu près morts. Nous arrivons à Gaoua avec plus de deux heures de retard. Nous sommes accueillis par Yara, le président de l'AEMAG et son neveu Ismael, ainsi que par Daniel, le propriétaire de la pension où nous allons dormir et manger.

    Objectif du séjour à Gaoua

    À Gaoua, chef-lieu de la province du Poni au sud-ouest du Burkina, a-b-c-d accompagne l'Association de l'Espoir des Aveugles et Malvoyants de Gaoua (AEMAG) pour la mise en place d'une structure pour la formation professionnelle de jeunes aveugles ou malvoyants ainsi que  pour l'hébergement des enfants handicapés de la vue intégrés dans le collège catholique de Gaoua. La première tranche des constructions achevée, nous devons examiner de près le programme des travaux à venir et les filières de formation avant de donner notre feu vert.

    Grande surprise!

    À notre arrivée à Gaoua, Yara nous annonce que le centre doit déjà accueillir des enfants. En effet, les familles d'accueil n'étant plus payées depuis des mois, elles ont   refusé d'accueillir les enfants commençant le CP2 en octobre 2017. Pour répondre à la sollicitation de l’école, Yara a pris sur lui d'aménager dès début février 2018 avec les moyens du bord un dortoir du futur centre. Ce sont cinq enfants qui sont hébergés couchés sur des nattes à même le sol surveillés par Yara et un gardien pendant la nuit. De plus, un jeune adulte en cours d'alphabétisation a un œil sur eux. Yara a été très réactif, une bonne chose. A-b-c-d va mettre tout en œuvre pour soutenir cette initiative mise sur pied dans l'urgence. Les enfants ont débuté leur année scolaire il y a deux semaines. Le retard qu'ils ont pris sur l'année n'aura pas beaucoup de conséquence puisque les enseignants étaient en grève. Nous allons examiner comment soutenir ces enfants par le biais des parrainages.

    La soirée

    La conversation roule agréablement. Nous ne tarissons pas d’éloge sur les spaghetti à la sauce tomate cuisinés par la fille du propriétaire Daniel. Dès demain, nos chères dames officieront. [caption id="attachment_5524" align="aligncenter" width="1200"] Retrouvailles autour de la table[/caption] À demain pour une première visite sur le chantier, une rencontre avec le Maire de Gaoua, l’entrepreneur des travaux et les cinq enfants hébergés dans le centre.  

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    17 février 2018

    Bonjour à toutes et à tous, Dans ce blog, nous vous invitons à prendre connaissance des évènements qui vont ponctuer le séjour de Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat, représentants d'a-b-c-d au Burkina Faso du 17 au 24 février 2018. N'hésitez pas à poster des commentaires. [caption id="attachment_5507" align="aligncenter" width="900"] Jean-Marc en pleine rédaction[/caption]

    Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures

    Cette fois, nous faisons dans la facilité en demandant l'assistance dès Genève. Ainsi, nous passons tous les contrôles pour nous retrouver les premiers dans l'avion. À Bruxelles, nous apprenons par le gars de l'assistance que nous étions dans le même avion que la reine de Belgique. Il nous semble qu'elle s'appelle Astride, sans garantie. Ce dont nous sommes certains, c'est que ce n'est pas Fabiola. Nous traversons l'aéroport et passons allègrement tous les contrôles juchés sur une petite voiture électrique. Dommage que nous n'ayons pas de photo pour illustrer ce moment. L'ambiance est bonne. Michel imite le sifflet du Général Dufour, un bateau de la CGN, en soufflant dans le goulot de sa bière Duvel. À part ça, le vol est ponctuel et sans histoire. À 17 heures TU, il fait 30 degrés à Ouaga. Nous sommes attendus à l'aéroport, à peine un quart d'heure pour faire toutes les formalités. Nous attendent:
    • Boubakar Ouedraogo, dit Bouba, le représentant d'a-b-c-d sur place;
    • Lucien Naré, dit le roi Naré, responsable de l'Association pour le Salut des Handicapés de la Vue du Burkina (ASHVB) avec son nouveau chauffeur Paul et son assistante dévouée.
    Nous arrivons à notre pension en pleine présentation d'un livre sur la créativité où nous rejoint Samsung et son rire incomparable.

    La soirée

    Nous mangeons chez Madame Ping, l'un des deux restaurants que nous avons l'habitude de fréquenter. Ce manque d'originalité s'explique pour éviter que Michel se perde dans le dédale des rues mal éclairées. Ils sont incroyables ces Chinois travailleurs et nomades. Soucieuse de la scolarité de son petit Léon, Madame Ping projette l'ouverture d'un take away à Chambéry parce qu'elle a une cousine à Lyon. Quant à son bistro à Ouaga, elle a une vague cousine dans le fin fond de la campagne chinoise qui le reprendrait. À demain pour le départ pour Gaoua.  

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    Voyage d’a-b-c-d à Gaoua du 17 au 24 février 2018

    Samedi prochain, Michel Bondi et Jean-Marc Meyrat s'envolent pour le Burkina Faso. Si la connexion internet ne nous joue pas de mauvais tours, nous posterons quotidiennement un billet sur notre blog. À dimanche !    

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    7 et 8 juillet 2017

    Bonjour, Voici le dernier billet relatant notre séjour débuté le 26 juin 2017 au Burkina Faso.

      Tout travail mérite sa bière

    Une rencontre passionnante

    La veille, nous avions rendez-vous avec un apiculteur. Retenu par les inextricables embouteillages qui paralysent Ouagadougou, il est arrivé avec une heure et demie de retard quand nous nous trouvions déjà chez Madame Ping sans téléphone portable. L’homme est tenace. À 8:00, il appelle Jean-Marc sur son mobile pour l’informer qu’il nous attend devant la pension.

    Gédéon, le plus suisse des apiculteurs burkinabè

    Le jovial et sympathique Gédéon a effectué de nombreux séjours en Suisse accueilli par plusieurs apiculteurs. Il a peur des précipices sur nos routes de montagne et se fait amener au Burkina Faso les fameux paquets rouges de la fondue Gerber. Sélectionnées, gavées et domestiquées, Gédéon qualifie volontiers les abeilles helvètes de « mouche à miel » alors que les abeilles burkinabè sont sauvages. L’organisation à laquelle collabore Gédéon propose des formations, ainsi qu’un circuit d’écoulement du miel sur le marché. Cependant, il invite les communautés villageoises à passer par toutes les étapes de la production, car le miel se vend bien sur le marché local.

    Comment ça marche ?

    Gédéon propose une formation d’une semaine qu’il peut dispenser à une trentaine de personnes. Il vend également l’équipement de protection et les ruches. Après la formation, il propose aux apprenants de commencer leur activité avec les ruches sauvages. Par la suite, si tout se passe bien, les communautés villageoises peuvent acquérir des ruches modernes dont le rendement est meilleur.

    La petite et la grande miellée

    Deux récoltes sont possibles. En mars et avril, c’est la grande miellée avec le miel de fleurs. En novembre, c’est la petite avec le pollen de céréales. Chaque ruche peut produire entre 15 et 20 kilos de miel. Le processus de production n’est pas entièrement accessible pour les personnes aveugles ou malvoyantes. La principale difficulté réside dans la détermination de la maturité du miel à retirer de la ruche. Selon nos enthousiastes réflexions, il pourrait être intéressant que Gédéon forme des membres de l’Association Espoir et Aveugles et Malvoyants de Gaoua, formation à laquelle pourraient être invitées d’autres associations locales. Ainsi, l’image des personnes handicapées de la vue et la reconnaissance de l’AEMAG ne pourraient qu’être favorisées.
    Gédéon présente l'équipement de protection des apiculteurs

    Rencontre avec Justine

    Justine Kaboré est engagée par l’ONG belge Sensorial Handicap Cooperation (SHC) qui soutient des projets d’alphabétisation pour les enfants aveugles et malvoyants avec l’enseignement catholique dans les provinces, dont celle de Gaoua. Michel et Jean-Marc s’étaient rendus en Belgique afin de nouer des liens avec SHC. Malheureusement, nous avons appris le départ du directeur de SHC avec lequel Michel et Jean-Marc s’étaient bien entendus. Il a été remplacé par une dame très motivée avec qui a-b-c-d va prendre contact afin de poursuivre la collaboration initiée il y a deux ans.

    Repas chez les Ouedraogo

    Aux environs des 13:00, nous nous rendons chez Bouba pour partager le délicieux repas préparé par la rayonnante Agnès, la femme de Bouba. Nous ne pouvons pas trop nous attarder, car la lionne blanche a donné rendez-vous à un fondeur dont elle aime beaucoup le travail. [caption id="attachment_5452" align="aligncenter" width="1200"] La famille Ouedraogo nous donne la route[/caption]

    Le départ est pour aujourd’hui

    Ce samedi sera consacré, pour les uns, à un saut chez Lucien Naré afin de lui donner un petit coup de main en matière informatique. Pour les autres, à la visite du jardin de Samsung. À midi, nous partagerons un repas chez Lucien et prendront une dernière douche dans notre pension avant de nous rendre à l’aéroport où nous demanderons la route à nos fidèles accompagnateurs, Bouba et Samsung.

    Une secrétaire de luxe

    Grandement merci à Dominique, la femme de Bondi, qui a pris des notes tout au long du voyage, notes qui nous seront très précieuses pour mettre au point notre future stratégie. Grandement merci à Bouba et à Samsung qui ont soutenu et supporté cette joyeuse bande d’helvètes et Également grandement merci à vous toutes et tous qui nous avez suivis sur ce blog tout au long de ces quinze jours.   Pour le comité d’a-b-c-d   Michel Bondi (trésorier)   Francine Meyrat-Berthoud (secrétaire)   Jean-Marc Meyrat (président)      

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    6 juillet 2017

    Bonjour, Aujourd’hui, une journée calme. Nous récupérons ! [caption id="attachment_5445" align="aligncenter" width="1200"] Avec la pluie, la nature s'épanouit[/caption] Durant le petit déjeuner, nous essuyons une averse qui transforme les rues de Ouagadougou en un véritable cloaque Après un repas de midi composé de Vache qui rit et d’œufs, nous faisons une petite sieste avant d’aller faire quelques achats :

    • 2 jeux de awalé pour l’institution dans laquelle travaille la lionne blanche ;
    • Un éléphant en matériel de récupération pour orner le balcon de Jean-Marc à Genève ;
      • Un échassier dans le même matériel pour Èvelyne, une copine de Francine.
    [caption id="attachment_5446" align="aligncenter" width="1200"] La lionne blanche s'initie à l'artisanat touareg[/caption]

    La soirée

    À 18:00, nous avons rendez-vous avec un gars qui s’occupe d’abeilles. Bondi a lu un article à ce sujet et se demande s’il ne pourrait pas s’agir d’une activité génératrice de revenus praticables par les personnes aveugles ou malvoyantes. Malheureusement, il n’est pas venu. Nous levons donc le camp pour nous rendre chez Madame Ping, le chinois près de notre pension où Bondi s’empresse d’explorer le frigidaire.   À demain pour l’avant-dernier jour au Burkina Faso !  

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    5 juillet 2017

    Bonjour, Il est 3:00, Jean-Marc se lève et s’attaque au blog entre deux coupures d’électricité. À 5:00 toute l’équipe est debout pour prendre son dernier petit déjeuner en « famille ». [caption id="attachment_5436" align="aligncenter" width="1200"] Palabres sur les escaliers de notre auberge[/caption]

    Voyage dans un car presque climatisé

    Départ de notre auberge à 6:15. À la gare routière, Yara, Ismael, son fidèle accompagnant, et Daniel, le patron de l’auberge sont présents. Pour ne pas faillir à la tradition de nos voyages en car, Francine demande à Yara une prière afin de bénir notre route. Très pragmatique, Yara commence sa prière en demandant au Seigneur que les pneumatiques et la mécanique résistent ! Pendant ce temps, Michel veille au grain pour l’embarquement des bagages. Avant de prendre la route, Francine et Dominique s’organisent afin de tenir le coup jusqu’à destination sans arrêt pipi, le port du pantalon n’est effectivement pas très pratique dans ce genre de circonstances. Elles vont donc gérer leur débit de boisson et lors du prochain voyage, elles suivront les conseils de notre belle Thérèse et se vêtiront du pagne traditionnel !

    Serrez vos danseuses et que le voyage commence !

    Le car démarre comme prévu à 7:00 sonnante, et d’emblée nous nous apercevons que la climatisation ne fonctionne pas. Heureusement, les fenêtres s’ouvrent et nous sommes placés à côté. Les sièges très étroits pourraient nous faire croire que Francine et Dominique ont des carrures d’athlètes car leurs épaules dépassent de chaque côté. Les Bondi se plongent rapidement dans leurs bouquins. Jean-Marc, casque sur les oreilles, navigue sur son Iphone. Malgré les secousses, Francine adopte, pour un moment, la posture « africaine », soit penchée en avant la tête dans les bras.

    La musique nous accompagne

    Les trois premières heures se déroulent au son de Bob Marley, Peter Tosh et Salif Keita. Ensuite, les choses se gâtent et nous en prenons plein les oreilles avec le Coupé-Décalé. La lionne blanche est à deux doigts de défunter et termine le voyage en se bouchant son unique oreille encore valide ! Aux différents arrêts qui jalonnent notre route, les enfants crient en souriant : « des blancs, des blancs ». En cours de route le car ralenti pour laisser monter un vendeur ambulant. Il nous fait la pube en nous ventant les bienfaits du produit Drobo qui soigne les sinusites, la cataracte, la chute des cheveux, le zona, les vergetures, les brûlures etc. Les kilomètres défilent et les heures passent : Kokologo, Boromo, Baporo, Drobo, Labou, Ipendo, Ouezindougou et enfin Ouagadougou. Notre déplacement aura duré 6:30, les pneumatiques n’ont pas crevés, la mécanique a résisté, la clim a foiré, mais nous voilà bien arrivés ! Super Samsung est là pour nous accueillir et nous conduire à notre auberge. [caption id="attachment_5437" align="aligncenter" width="900"] La précieuse eau versée dans le fut de notre auberge[/caption]

    Remerciements

    Merci à notre coordinateur et ami Bouba qui aura supporté avec vaillance les 4 minorités visibles en situation d’handicap que nous sommes. En clair, 4 blancs assez bruyants, bien malentendants, complétement aveugle et un brin éclopé ! Une reconnaissance particulière à nos porteuses d’eau Lydiane et Pricille, qui nous ont chaque jour fourni en eau potable. Le transport se fait sur la tête dans une bassine de 80 cm de diamètre contenant environ trente litres d’eau. Alors, selon la formule du coin : « grandement merci » ! [caption id="attachment_5438" align="aligncenter" width="900"] Lydiane porte sur la tête une bassine pleine d'eau[/caption]

    Rencontre avec Thérèse

    L’enseignante à la retraite Thérèse est le pilier du comité de l’AEMAG. Comme elle n’a pas pu participer à notre rencontre à Gaoua de la veille, nous profitons de son séjour à Ouagadougou pour lui relater nos discussions. Elle nous explique que des expériences ont déjà été tentées comme le séchage des fruits et le maraîchage. Mais que faute d’un cadre précis, ces activités ont peu à peu été abandonnées. Elle est particulièrement sensible à la problématique des familles d’accueil et attire notre attention sur l’extrême vulnérabilité des jeunes filles aveugles et malvoyantes qui pourraient être facilement abusées, d’où la nécessité de créer une structure d’accueil sécurisée. [caption id="attachment_5439" align="aligncenter" width="1200"] Rencontre avec la belle Thérèse[/caption]

    La soirée

    Filet de bœuf au poivre vert pour ces Messieurs et au roquefort pour ces Dames. Nous nous vautrons dans un indicible luxe :
    • Vin rosé ;
    • Excellente nourriture ;
    • Douche chaude et froide ;
    • Climatisation ;
    • Rafraîchisseur dans le jardin.
    Honnêtement, nous sommes de l’avis que nous l’avons un peu mérité !   À demain !  

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    4 juillet 2017

    Bonjour, Nous nous sommes levés tôt pour aller visiter l'école catholique où sont intégrés les enfants aveugles et malvoyants. [caption id="attachment_5427" align="aligncenter" width="1200"] Accueil par les enfants des classes de l'église catholique[/caption] Cette école compte 660 élèves dont seulement 6 enfants aveugles ou malvoyants. En début d'année passée, ils étaient 13. Suite à des difficultés rencontrées dans certaines familles d'accueil, 7 ont abandonné l'école.

    Comment ça marche?

    Les enfants handicapés de la vue peuvent rejoindre l'enseignement catholique à des âges très différents. Le plus âgé parmi les 6 actuellement scolarisés a 19 ans. À leur arrivée, les enfants rejoignent une classe de transition qui peut durer jusqu'à 4 ans selon les capacités de l'élève. Grâce aux jeux, ils apprennent à appréhender l'espace. Ils apprennent bien évidemment à lire et à écrire le braille avant de rallier les classes ordinaires. Le directeur de l'école et l'enseignant chargé des enfants handicapés de la vue nous ont fait très bonne impression. À leur retour, Michel et Jean-Marc vont imprimer les livres en braille nécessaires et vont ouvrir la chasse aux duplos et autres jeux d'éveil. [caption id="attachment_5429" align="aligncenter" width="1200"] Le comité de l'AEMAG[/caption]

    Dernière visite à l'AEMAG

    Le comité presqu'au complet nous accueille. Au risque de nous répéter un peu, nous rappelons les points abordés lors de la première rencontre. Nous proposons que deux groupes de travail soient constitués afin que le plus grand nombre des membres du comité soit impliqué:
    • Un premier groupe chargé du suivi du chantier;
    • Un second responsable de l'organisation de la formation.
    Nous invitons les membres présents à ne pas hésiter à prendre la parole quitte à s'opposer au président Yara. La rencontre s'achève avec le rappel des fondamentaux qui guident l’engagement d’a-b-c-d à Gaoua:
    • L'hébergement des jeunes aveugles et malvoyants intégrés dans les classes de l'enseignement catholique;
    • La formation professionnelle des handicapés de la vue;
    • La valorisation du travail et de la place des femmes;
    • Le développement durable.
    [caption id="attachment_5430" align="aligncenter" width="1200"] Présentation du moringa, la plante qui soigne plus de 130 maladies[/caption]

    Seydou le tisserand

    Seydou est Certainement pressenti comme formateur en matière de tissage. Au dire du camarade Kambou, Seydou et sa sœur ont perdu la vue parce qu’ils ont mangé de la viande de l'animal totem de leur famille, le lièvre. Pour Yara, ce n'est pas le fait d'avoir consommé du caïman, son animal totem, qui l'a rendu aveugle, mais la méningite à l’âge de 23 ans.

    La soirée

    Après avoir donné un petit coup de pouce à une de nos chères cuisinières dont la fillette s'est brûlée lors de la préparation du tô, nous partageons le dernier et délicieux repas qu'elles nous ont préparé. Pour l'hébergement, 3 repas par jour et la location d'un véhicule, le coût s'est élevé, par jour et par personne, à moins de 20 de nos francs, boissons et carburant non compris. [caption id="attachment_5431" align="aligncenter" width="1200"] Dominique s'exerce au Paris Dakar[/caption] À demain pour le retour à Ouagadougou !  

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    3 juillet 2017

    Bonjour, Petit à petit, nous nous habituons aux conditions qui règnent ici. L’ambiance entre nous y est pour beaucoup !

    La matinée

    Nous consacrons la matinée à la gestion du blog. Jean-Marc n’a de cesse de pester contre son ordinateur. Heureusement, il a réussi à atteindre Luc qui l’a tiré d’affaire. Merci à toi, cher Luc. Pendant ce temps, Dominique participe à une réunion consacrée au rôle et à l’utilisation de la carte d’invalidité au Burkina Faso. Lorsqu’on a vu celle de Yara, c’est pas gagné. Même son nom est illisible. Cependant, il est important qu’a-b-c-d soit présente, ne serait-ce que pour valoriser et encourager notre Yara. Merci à Dominique pour sa présence à cette réunion. De très agréables effluves viennent chatouiller nos narines. C’est donc avec impatience que nous nous mettons à table pour déguster un délicieux couscous avec légumes et, surtout, des aubergines frites que nous avons redemandées pour le repas du lendemain. L'entrepreneur est dans ses petits souliers

    Séance de signatures

    Bouba, Yara, l’entrepreneur Silver Nikiéma et Jean-Marc apposent leur signature sur le document qui liste les imperfections du bâtiment du centre qui doivent être corrigées d’ici au 31 juillet prochain. Puis c’est au tour de la charmante contrôleuse Évelyne de signer avec Yara son contrat d’engagement pour soutenir Yara et assurer le suivi du chantier. Yara et Èvelyne sont liés pour le meilleur, nous l'espérons!

    Les aveugles ne sont pas des sacs !

    Afin de détendre l’atmosphère un peu formelle, Jean-Marc expose les rudiments de technique de guidage d’une personne aveugle. En fait, il ne fait que relayer la messe qu’il a apprise au contact de son collègue Bernard. Le but est que la personne voyante propose son coude à la personne handicapée de la vue au lieu de la traîner par la main comme un sac de patates. Ainsi, ce tandem peut être très précis dans sa déambulation. Il suffit que le guide glisse le bras dans son dos pour que la personne aveugle se place automatiquement derrière son guide. Autres petits trucs : • Effectuer un court arrêt avant une marche ou un escalier pour décrire l’obstacle ; • Poser la main de la personne aveugle au milieu du dossier d’une chaise pour lui indiquer où elle doit s’asseoir ; • Inviter la personne handicapée de la vue à avoir sa canne blanche dépliée afin qu’elle se signale aux autres ; • Poser la main de la personne aveugle sur le bord du toit de la voiture afin qu’elle ne se tape pas la tête lorsqu’elle pénètre dans l’habitacle. La lionne blanche a sorti les bandeaux reçus dans l’avion pour faire dodo pour les exercices pratiques.

    La visite de la journée

    Nous nous rendons dans une ONG, Plan International, qui s’occupe de l’éducation inclusive. Un peu renfrogné, Jean-Marc exprime sa fatigue de constater que tout ce qui se fait ici l’est sous forme de projets. Mais où est donc la pérennité ? C’est bien joli de signer des conventions de l’ONU pour le respect et l’égalité des personnes handicapées lorsque l’état n’est pas même en mesure d’assurer une éducation de qualité pour ses enfants valides. Bref, ce n’est pas cela qui va nous décourager. Jean-Marc avait juste besoin de pousser un petit coup de gueule.

    La soirée

    Après l’apéro au Pastis et le repas, le gérant du lieu passe nous voir. Il nous demande si tout va bien. Nous lui répondons que oui car l’ambiance est bonne, la nourriture délicieuse et les deux cuisinières très sympathiques et serviables. Cependant, les conditions sont rudes. À demain pour la visite des classes de l’enseignement catholique où sont intégrés les enfants aveugles et une dernière rencontre avec le comité de l’Association Espoir des malvoyants et Aveugles de Gaoua.